8 mai

Journée nationale de commémoration de la victoire du 8 mai 1945

HISTORIQUE

 

Capitulation allemande

 

Le 7 mai 1945 à Reims est signé l’acte de capitulation des armées allemandes, par le général Bedell Smith pour le commandement suprême allié, le général Sousloparov pour l’Union soviétique, le général Sevez pour la France et le général Jodl pour l’Allemagne. Le 8 mai, à 15h00, les cloches de toutes les églises sonnent officiellement la fin de la guerre, tandis que le général de Gaulle en fait l’annonce radiophonique : « La guerre est gagnée. Voici la victoire. C'est la victoire des Nations Unies et c'est la victoire de la France ». Le 8 mai après-midi et le 9 mai sont déclarés exceptionnellement fériés, et la foule en joie envahit les rues, entonnant la « Marseillaise » et des chants patriotiques. Toutefois, la date du 8 mai ne marque pas la fin de la présence militaire allemande sur l’ensemble du territoire, les dernières poches de résistance –Dunkerque, Lorient, Saint-Nazaire- ne tombant que les jours suivant la capitulation du Reich. Surtout, la victoire ne peut effacer ni les atrocités commises par l’Allemagne nazie, ni ces années durant lesquelles la population s’est trouvée confrontée à des choix qui l’ont divisée.

 

 

ENJEU MEMORIEL

 

Le 8 mai, de 1945 à nos jours : le jour de victoire devient jour férié et fête nationale

 

Dès 1945, le général de Gaulle préfère réunir les Français dans de grandes célébrations patriotiques, telle que la commémoration du 16 mai à l’occasion de la fête de Jeanne d’Arc, ou celle du 11 novembre, pour insister sur le caractère indissociable des deux conflits mondiaux. Comme les communistes, le général de Gaulle considère qu’il convient de célébrer une victoire unique. Jusqu’au milieu des années 1950, les commémorations de la Première Guerre mondiale restent ainsi les plus importantes.

 

Progressivement, la question s’est posée de savoir s’il conviendrait d‘instaurer une journée commémorative unique pour les deux conflits ou de célébrer les deux dates indépendamment, mais avec la même solennité.

 

 

1946 : la loi consacre le dimanche 8 mai (ou dimanche suivant) pour célébrer la victoire

 

La loi n° 46-934 du 7 mai 1946, adoptée sous la présidence du gouvernement provisoire de Félix Gouin par l’Assemblée constituante, pose le principe de la commémoration de la victoire et en fixe la date.

« Article unique : la commémoration de la victoire remportée par les armées françaises et alliées le 8 mai 1945 sera célébrée le 8 mai de chaque année si ce jour st un dimanche et, dans le cas contraire, le premier dimanche qui suivra cette date. »

Le 8 mai s’inscrit parmi d’autres journées commémoratives telles que le 18 juin (anniversaire de l’appel du général de Gaulle de Londres), la Libération de paris ou, surtout, le 11 novembre, qui rassemblent la population autour de grandes manifestations.

Cependant, la commémoration de la victoire, repoussée le cas échéant au dimanche suivant, se trouve d’emblée capté par la fête de Jeanne d’Arc, commémorée le même jour. Aussi, dès 1947, les associations de résistants et de déportés font entendre leur souhait de voir la victoire célébrée à son jour anniversaire et organisent leur cérémonie à cette date.

 

 

1953 : le 8 mai devient un jour férié

 

Par la loi n° 53-225 du 20 mars 1953, d’origine parlementaire, le 8 mai devient un jour férié. Il peut de ce fait s’imposer comme date symbolique de la Seconde Guerre mondiale, au même titre que le 11 novembre pour la Première Guerre mondiale.

Ce consensus difficilement établi est cependant compromis par un certain nombre d’évènements, comme la coïncidence avec le désastre de Diên Biên Phu en 1954 et les divisions engendrées par la guerre d’Algérie dès 1955, en particulier les manifestations des Français d’Algérie demandant le retour au pouvoir un général de Gaulle le 13 mai 1958…

 

 

1959 : la loi consacre le deuxième dimanche de mai pour célébrer la victoire

 

Afin de limiter le nombre des jours fériés en mai, le décret n° 59-533 du 11 avril 1959, renouant avec l’esprit de la loi de 1946, prévoit que la victoire de 1945 sera célébrée le deuxième dimanche du mois de mai. Cette décision suscite de nombreuses protestations parmi les anciens combattants qui continuent à commémorer la victoire le 8 mai. La plupart d’entre eux ne vont pas aux cérémonies officielles.

 

 

1965 : le 8 mai exceptionnellement férié pour le 20e anniversaire de la victoire

 

Par dérogation, pour le 20e anniversaire, le 8 mai est exceptionnellement déclaré férié par décret du 1er avril 1965.

 

 

Jusqu’en 1981 : nouveaux débats sur la façon de célébrer la victoire du 8 mai 1945

 

Pour répondre au souhait des anciens combattants de voir la victoire célébrée à sa date anniversaire sans augmenter le nombre des jours fériés en mai, un décret du 17 janvier 1968 prévoit une célébration annuelle à nouveau fixée à la date du 8 mai, mais en fin de journée.

 

En 1975, le président de la République Valéry Giscard d’Estaing prend la décision de ne plus conférer un caractère gouvernemental à cette cérémonie en supprimant la commémoration officielle et nationale. Il propose d'y substituer une journée de l’Europe tandis que le gouvernement envisage l’idée de faire du 11 novembre une journée nationale du souvenir. Motivée par une volonté de réconciliation franco-allemande, cette décision s’inscrit dans une perspective européenne. Elle provoque toutefois de vives réactions en entraîne des protestations, tant dans le monde politique que chez les anciens combattants qui souhaitent depuis longtemps, pour nombre d’entre eux, que le 8 mai soit commémoré à l’égal du 11 novembre.

 

Ainsi, jusqu’en 1981, un grand nombre de communes ont continué à célébrer officiellement le 8 mai à sa date d’anniversaire.

 

 

A partir de 1981 : le 8 mai est déclaré jour férié, puis jour de fête nationale

 

Par modification du Code du travail, la loi n° 81-893 du 2 octobre 1981 ajoute le 8 mai à la liste des jours fériés.

 

En 1982, après de nombreux d »bats, la commémoration est reconnue comme une fête nationale. Cette « journée de la liberté, fériée et chômée, doit être abondamment présentée dans les écoles et les universités et les commémorations qui la ponctuent faire l’objet d’une large couverture médiatique.

 

Malgré une évolution lente et parsemée d’embuches, le 8 mai est bel et bien une date symbolique, célébrée par presque toutes les communes. Commémoration nationale, il s’est progressivement imposé comme un second 11 novembre, auquel il emprunte une grande part de son rituel. Lors de cette journée, l’ensemble des évènements de la Seconde Guerre mondiale est commémoré : aussi bien la victoire des Alliés que la fin de l’oppression nazie en Europe. Aujourd’hui, l’unité semble se faire autour du message à transmettre : la lutte pour la liberté et la démocratie.