Bataille d'El Alamein octobre-novembre 1942

 

 

La bataille d'El Alamein demeure la plus célèbre victoire des Alliés en Afrique du Nord face aux troupes germano-italiennes du maréchal Rommel.

 

 

Elle intervient lors de la seconde phase de la guerre, au moment où les Alliés, après avoir arrêté les forces de l'Axe en Égypte, cherchent à les repousser et à les vaincre en Afrique du Nord, étape essentielle avant la libération de l'Europe. El Alamein est une localité côtière égyptienne située à une centaine de kilomètres à l'ouest d'Alexandrie. La ligne de front part perpendiculairement de la côte vers l'intérieur désertique, difficilement accessible pour chacun des adversaires. Une des positions les plus éloignées dans le désert est tenue par des éléments des Forces françaises libres.

 

 

1942. Rommel dans le désert Libyen. Source : SHD

 

Les forces du maréchal Rommel sont composées de huit divisions italiennes mal équipées et quatre divisions allemandes, soit un total de 110 000 hommes, 500 chars et 700 avions. En face, la 8e armée, commandée par le général britannique Montgomery, dispose de 200 000 soldats, 1 000 chars et 750 avions.

 

La supériorité des Alliés est renforcée par la possibilité de compenser les pertes par des renforts basés en Égypte. En revanche, l'Axe n'est pas en mesure de faire venir de nouvelles troupes et du matériel de Crète ou d'Europe.

 

L'objectif allié est de percer le front allemand par une brutale poussée des blindés, d'amener l'Afrika Korps et les Italiens à retraiter pour les prendre en tenaille avec les troupes anglo-américaines qui, depuis le 8 novembre, ont débarqué en Algérie et au Maroc.

 

Le dernier espoir de Rommel est de regrouper ses forces pour résister en attendant les renforts qu'il réclame.

 

Le 23 octobre 1942, après l'ouverture de brèches dans les champs de mines de l'Axe, un formidable bombardement d'artillerie donne le signal du début de la bataille. Les Alliés progressent difficilement et le 25, le retour du maréchal Rommel à la tête de ses troupes se traduit par le durcissement de la résistance germano-italienne. La rupture du front espérée par Montgomery ne se produit pas.

 

 

Le général Sir Bernard Montgomery.Source : Imperial War Museum

 

 



Le 28 octobre, le général britannique décide de réorganiser son dispositif et de déployer des renforts pour compenser les importantes pertes. Il procède ensuite par coups de boutoir successifs pour soumettre l'ennemi à une pression croissante notamment sur l'axe principal de progression. Les lignes germano-italiennes commencent à céder et Rommel est obligé d'engager ses maigres réserves.

 

Le 2 novembre, Montgomery lance une nouvelle offensive de rupture. Ses troupes, suivies par les blindés, progressent malgré une résistance désespérée des Allemands. Rommel, constatant l'usure de ses forces, envisage un repli. Le 3 novembre, Hitler refuse, mais le lendemain, il doit accepter l'inéluctable. Ce même jour, le dispositif défensif de Rommel cède. De nombreux Italiens sont faits prisonniers et les dernières troupes allemandes entament leur "retraite sauvage" d'abord jusqu'à Benghazi, en Libye.

 

Mais, face au danger d'une prise en tenaille entre la 8e armée à l'est et les troupes anglo-américaines et l'armée d'Afrique à l'ouest, Rommel décide de rejoindre la Tunisie où combat l'armée germano-italienne du général von Arnim.

 

Après une terrible campagne, les Alliés parviennent à chasser les Allemands et les Italiens de Tunisie et d'Afrique au début de mai 1943. Cette victoire en Afrique du Nord survient en même temps que la victoire soviétique à Stalingrad. Cette période de la Seconde Guerre mondiale entre novembre 1942 et mai 1943 constitue un tournant : désormais les forces de l'Axe ne vont cesser de reculer.

 



La participation française à la bataille d'El Alamein 23 octobre-15 novembre 1942 La bataille d'El Himeimat, 23-24 octobre 1942

 

 

En octobre 1942, le général Montgomery accueille dans le dispositif de la 8e armée les Français libres : les 1ère et 2e BFL font mouvement vers El Alamein.

 

Montgomery veut percer les défenses germano-italiennes par une attaque massive de l'infanterie au nord, et une action de diversion au sud, dans le secteur du massif de l'Himeimat qui surplombe le champ de bataille. Malgré les objections du général Koenig, la 1ère BFL est chargée de cette opération.

 

El Himeimat. Vue du champ de bataille. Source : Musée de l'ordre de la Libération

 


Dans la nuit du 23 au 24 octobre, après une longue marche d'approche, la 13e demi-brigade de Légion étrangère (DBLE), commandée par le lieutenant-colonel Amilakvari, attaque l'Himeimat. Vers 2 h, le 1er bataillon de Légion étrangère (BLE) se lance à l'assaut. Les combats sont particulièrement difficiles face aux parachutistes italiens de la division Folgore appuyés par l'artillerie et les blindés allemands. À 6 h, le 2e BLE attaque à son tour. Le 1er BLE est soumis à un violent tir d'artillerie, tandis qu'une contre-attaque des chars allemands entraîne le repli des légionnaires du 2e bataillon. Vers 8 h, venant de l'ouest, un groupement blindé est lancé contre le 1er BLE. À 9 h 25, Amilakvari est obligé de donner l'ordre de repli. Fermant la marche au milieu des champs de mines, le lieutenant-colonel Amilakvari est mortellement blessé à la tête par un éclat d'obus.

 

Amilakvari à El Tahag, le 10 août 1942. Source : Musée de l'ordre de la Libération

 


Epuisés par les combats de la nuit, les Français libres rejoignent le Qor El Laban au début de l'après-midi. Le bilan des pertes françaises s'élève 23 tués dont 2 officiers et 100 blessés dont 8 officiers.

 

Le 4 novembre, le maréchal Rommel obtient du Führer l'autorisation de replier ses troupes sur Benghazi (Libye). Les Britanniques s'engouffrent dans les lignes allemandes, tandis que les unités FFL de la 1ère BFL et de la 2e BFL, qui combat au sein de la 50e division anglaise depuis le 23 octobre, poursuivent leurs missions de reconnaissance et de harcèlement jusqu'au 15 novembre. Elles passent ensuite en réserve, employées à des missions de garde et de récupération. Seuls le BIMP, à partir du 22 novembre, et la "colonne volante", à compter du 4 décembre, poursuivent les forces germano-italiennes en retraite jusqu'en Tunisie.

 

Même si en termes d'actions et d'effectifs, la participation française à la bataille d'El Alamein a été limitée, elle revêt une importance symbolique en marquant l'engagement de la France Libre aux côtés des Britanniques en Afrique du Nord.

 

 

Plan de la bataille d'El Alamein. Source : MINDEF/SGA/DMPA

 

 

 


Selon les états de service il apparaît que les unités suivantes des Forces françaises libres ont de près ou de loin participé à ces opérations :

  • la 13e demi-brigade de légion étrangère (1er et 2e bataillon de la Légion étrangère) ;
  • le bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique ;
  • le bataillon de fusiliers marins ;
  • le 1er régiment d'artillerie ;
  • le 1er régiment de marche de spahis marocains;
  • la 1ère compagnie de chars ;
  • l'ambulance Hadfield-Spears ;
  • l'ambulance légère chirurgicale ;
  • le 1er escadron du train ;
  • compagnie de transmissions ;
  • compagnie de réparation ;
  • compagnie du génie ;
  • les bataillons de marche n° 5 et n° 11 (2e brigade française libre).

 

 

Ordre de bataille de la 1ère BFL le 23 octobre 1942 dans la région de l'Himeimat

 

Commandant de la brigade le général de brigade Koenig

Etat-major et quartier général

Chef d'état-major lieutenant-colonel Masson

1ère compagnie de transmissions

 

 

 

Le général Koenig et ses officiers à Bir Hakeim. Source : SHD

 


Groupement A

 

Commandement le groupement et la 13e DBLE lieutenant-colonel Amilakvari

Adjoints capitaines Arnault et Saint Hillier

1er bataillon de légion étrangère chef de bataillon de Bollardière

22e compagnie nord-africaine capitaine Lequesne

2e bataillon de légion étrangère chef de bataillon Bablon

Une section de trois chars Crusaders de la 1ère compagnie

Une section de trois automitrailleuses et une section de trois autocanons du 1er RSM

Détachement du génie

 

 

Groupement B

 

Commandant du groupement et du bataillon d'infanterie de marine - Pacifique (BIMP) chef de bataillon Bouillon

Section du 1er régiment d'artillerie

Section de défense anti aérienne du 1er bataillon de fusiliers marins (BFM)

Section du génie

 

 

Groupement C

 

Commandant le groupement et le 1er régiment d'artillerie (RA) lieutenant-colonel Laurent-Champrosay

3e régiment d'artillerie britannique

2e compagnie anti char capitaine de Sairigné

1er bataillon de fusiliers marins (unité de DCA motorisé) capitaine de corvette Amyot d'Inville

Batterie de DCA britannique (42e régiment indien d'artillerie)

 

 

Groupement K ("colonne volante")

 

Commandant du groupement et du 1er régiment de marche de spahis chef d'escadron de Kersauson

1ère compagnie de chars Crusaders (lieutenant Divry)

Un escadron à cinq pelotons de trois automitrailleuses et un peloton de trois autocanons de 75 mm du 1er RMSM (capitaine Morel-Deville)

 

 

Source : MINDEF/SGA/DMPA