Chemin de la Paix et de la Liberté

Ce parcours n’est pas une boucle. 5 circuits/boucles complémentaires ont été créés sur ce parcours.

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Dans les pas des soldats américains d’origine japonaise         Carte à consulter en lien

 

Le 100ème/442ème Régiment de combat composé de soldats américains d’origine japonaise s’est vaillamment illustré dans les Vosges au sein de la 36ème Division US durant la Bataille de Bruyères qui permit de libérer la ville de Bruyères et le village de Biffontaine. Aujourd’hui, elle est considérée aux Etats-Unis comme l’une des 10 plus grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale.

 

Après l’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941 par la flotte aéronavale japonaise, les Etats-Unis prennent part à la Seconde Guerre mondiale. Les Américains d’origine japonaise (AJA), très nombreux sur le Territoire d’Hawaï et la côte Ouest des Etats-Unis, sont rapidement suspectés d’espionnage, exclus des institutions militaires et enfermés dans des camps d’internement sur le continent.

 

Désireux de prouver leur loyauté, les Américains d’origine japonaise ou Nisei, intègrent malgré tout une unité ségrégationniste : le 100ème/442ème Régiment de combat.

 

Envoyé en Italie durant l’été 1943 puis en France à l’automne 1944, le 100ème/442ème RCT surprend par le courage et la volonté de ses soldats. Connus pour leur devise « Go for broke » (le tout pour le tout), les Nisei sont appelés pour mener les combats les plus difficiles comme à Monte Cassino ou dans les Vosges.

 

A partir du 30 septembre 1944, Bruyères devient la cible de l’artillerie américaine qui tire depuis le village de Tendon. Au total, 15 000 obus vont s'abattre sur la ville et 20 000 de plus sur ses forêts et les environs. Malgré les bombardements intensifs, les soldats allemands résistent à Bruyères. Sous les ordres du général Wilhelm Richter, héros de la Bataille de Normandie, les Allemands tiennent bon et fortifient leurs positions dans les hauteurs entourant la ville. Pendant près de 2 mois, les Bruyèrois vont se réfugier dans les caves pour échapper aux obus américains puis allemands, une fois la ville libérée par les Alliés. Devant la résistance farouche des Allemands, les Américains demandent des renforts. L’Etat-Major ordonne l’envoi du 100ème/442ème RCT à Bruyères afin de prendre la ville et briser la ligne de front. Les Nisei sont chargés de prendre les hauteurs dominant la ville. Partis de Fays le 14 octobre, ils prennent possession de la colline de Buémont et de celle du château le 18 octobre. Le jour suivant les collines de l’Avison et de Pointhaie tombent aux mains des Alliés ; une contre-attaque des Allemands leur permet d’occuper à nouveau Pointhaie qui est définitivement reprise le 20 octobre.

 

En parallèle de cette progression dans les positions hautes, les soldats du 100ème/442ème RCT pénètrent dans la ville par l’actuelle rue de la Libération et la rue de 442ème R.I. La bataille est dantesque et les pertes humaines très élevées. Le 18 octobre, les Nisei arrivent au carrefour du Bayeux et opèrent la jonction avec le 143ème Régiment (36ème Division US) venant du Sud de Bruyères. La place Stanislas tient toujours et la ville est libérée maison après maison lors d’un véritable combat de rue. Le Général Jacob Devers, commandant le 6ème Corps d’Armée US déclare : « On se souviendra longtemps de Bruyères comme un des plus vicieux combats pour prendre une ville, dans toute l’avancée américaine en Europe ».

 

Les Bruyèrois sont très surpris par leurs libérateurs. En sortant des caves, ils découvrent ébahis ces jeunes soldats (17, 18, 19 ans…) de petite taille. Toujours souriants et d’une grande gentillesse, les AJA traitent la population avec compassion et respect. Contrairement aux ordres reçus, ils partagent leurs rations alimentaires avec les civils. Très vite, les Bruyèrois les baptiseront les « Gentlemen ».

 

Le 24 octobre 1944, après 10 jours de combat pour libérer Bruyères et ses environs, le 100ème/442ème RCT a perdu 50% de son effectif. Les hommes, épuisés, espèrent récupérer pendant quelques jours lorsque la nouvelle tombe. Le 1er bataillon du 141ème Régiment de la 36ème Division US, le célèbre régiment du Fort Alamo, est tombé dans un piège et devient « le Bataillon Perdu ». 700 Allemands encerclent les « As du Texas » sur les collines de Biffontaine. On fait appel au 100ème/442ème RCT afin de libérer les 252 Texans. Les 111ème et 232ème ingénieurs construisent une route pour rejoindre les Texans. Ils travaillent nuit et jour, 57 hommes y perdront la vie.

 

Les Nisei s’engagent dans une nouvelle furieuse bataille pour libérer le Bataillon Perdu, entre le 26 et le 30 octobre 1944. Les positions retranchées allemandes sont arrachées les unes après les autres, à la baïonnette, au cours de charges héroïques. En 4 jours , les Nisei remportent une nouvelle victoire et le Bataillon Perdu est sauvé. Les Texans sont enfin libres après 7 jours presque sans vivres ni munitions. Encore une fois le 100ème/442ème RCT paie le prix fort ; on dénombre plus de 800 victimes dans les rangs Nisei.

 

Parmi les troupes françaises, allemands et alliées, 16 000 hommes ont été tués ou blessés lors de la Bataille de Bruyères.

 

Aujourd’hui, des liens puissants hérités de 1944 unissent toujours les habitants de Bruyères et leurs libérateurs. Depuis 1961, les villes de Bruyères et Honolulu (Hawaï) sont jumelées.

 

Association du Chemin de la Paix et de la Liberté – Jumelage Bruyères Honolulu

 

4, rue Louis Marin – 88600 BRUYERES - 06 07 72 55 95


Site internet : www.cheminpaixbruyereshonolulu.com - email : jumelagebruyereshonolulu@gmail.com

 

Crédits photos : Archives US Army et Bernard HANS

Étape 1 Epinal

Epinal

Vosges (88)

Étape 2 Fort d'Uxegney

Fort d'Uxegney

Vosges (88)

Le fort d'Uxegney présente un raccourci saisissant de l'évolution des techniques de fortification entre 1870 et 1914.