"Déshumanisations"

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Le Concours national de la Résistance et de la Déportation offre aux élèves l’opportunité d’aborder différemment le thème de la mémoire de la Seconde Guerre Mondiale. C’est grâce à leurs travaux interdisciplinaires éclairant la dimension civique de ces évènements que les jeunes du lycée Henri Bergson se sont vus décerner de nombreux prix.

 

Les élèves du lycée Bergson visitent le centre de mise à mort d’Auschwitz Birkenau, février 2017. © Lycée Henri Bergson

 

"Les chiffres, les récits, c'est une chose. Voir ce qui reste, c'est énorme", témoigne Marie, élève de 1re au lycée Henri Bergson d’Angers, en se remémorant son séjour en Pologne sur les traces des victimes de la Shoah. L’établissement a permis à 44 élèves, cette année encore, d’effectuer un voyage pédagogique en Pologne et en République Tchèque (Prague), à la découverte des lieux emblématiques de la persécution juive : le camp de concentration d’Auschwitz, le centre de mise à mort d’Auschwitz Birkenau, le musée de l’occupation allemande-Oscar Schindler, le quartier juif (Kazimierz) et  l’ancien ghetto de Cracovie. Afin de pérenniser le souvenir de ce voyage, les élèves ont réalisé un film d’animation en 2D et 3D, "Déshumanisations", dans lequel ils traitent la question du nazisme, de l’antisémitisme et de la vie dans les camps. 

 

Ce projet a été élaboré en réponse à la problématique "déshumanisation" du CNRD, sous le prisme "représentation de la mémoire personnelle et de la mémoire collective", programme d’Arts plastiques de 1re. M. Dominique Terasas, professeur supervisant ce travail, a encouragé ses élèves à trouver "comment plastiquement exprimer cette ‘métamorphose’, cette ‘disparition’". Ce projet s’est déroulé sur cinq semaines, à raison de trois heures hebdomadaires. Les deux premières semaines ont été consacrées à l’expérimentation des techniques du cinéma d’animation et à l’élaboration du tournage, les semaines 3 et 4 à la mise en place de tournage, et la cinquième semaine au montage. Les 18 élèves de la classe, répartis en groupes, ont travaillé de manière autonome sur la recherche narrative et esthétique du projet. Les différentes productions ont été mises en commun en semaine 5, la phase de montage permettant à chacun de découvrir la diversité des productions, et à l’ensemble de la classe d’organiser ces différents travaux au sein d’une œuvre commune cohérente.

 

Ce court métrage a gagné le 1er prix départemental catégorie "travaux collectifs" du Concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD). Depuis plusieurs années, l’établissement scolaire cherche à mettre en lien son programme pédagogique avec la thématique annuelle du CNRD, tout en l’adaptant aux réalités locales et en veillant à favoriser l’interdisciplinarité.

 

Marie-José Chombart de Lauwe et Bernard Maingot, anciens déportés, témoignent devant les lycéens. © Lycée Henri Bergson

 

L’approche transnationale ou européenne de la mémoire est de plus en plus présente dans les projets pédagogiques. Sur l’année 2016-2017, plus de 200 des 533 écoles, collèges et lycées ayant bénéficié d’un soutien de la part de la Direction des patrimoines, de la mémoire et des archives (DPMA) du ministère des armées ont donné à leur projet une dimension de mémoire partagée. Parmi eux, 7 établissements scolaires, dont le lycée Henri Bergson, ont organisé une cérémonie d’hommage à 7 déportés, rescapés des camps. Mr Loïc Cochennec, professeur d’histoire au lycée Henri Bergson, décrit la cérémonie comme "une action inédite" pour les lycées impliqués, qui "a fédéré un maximum d’établissements et réuni autant de témoins que possible, dans un projet de mise en commun et de partage" du travail réalisé tout au long de l’année scolaire sur la Seconde Guerre mondiale et le sort des personnes juives.

 

Vaea Héritier