Fort de Metz-Queuleu

Camps de prisonniers, Camp de concentration, Camp spécial, Centre de Séjour Surveillé

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Le fort de Queuleu appartient à la première ceinture fortifiée de Metz. Les travaux de construction, commencés par les Français entre 1867 et 1868, ont été en grande partie repris par les Allemands pendant l’Annexion.

 

Entre octobre 1943 et août 1944, un camp spécial géré par la Gestapo est installé dans la Caserne II/Casemate A. Le camp voit l’internement de résistants, saboteurs, passeurs, réfractaires et otages.

 

Les conditions d’internement sont terribles : les prisonniers sont interrogés sous la torture et sont parqués les yeux bandés avec les pieds et mains liés. Trente-six personnes y succomberont et quatre personnes réussirent à s'évader.

 

Entre 1 500 à 1 800 prisonniers y seront internés avant d’être envoyés en camps de concentration et en prison ou condamné à mort. A la Libération, un Centre de Séjour Surveillé y est établi entre décembre 1944 et mars 1946.

 

Un fort français modifié par les Allemands de la première ceinture de la défense de Metz (1867-1918)

 

Le fort de Queuleu appartient à la première ceinture fortifiée liée à la défense de la ville de Metz. Les travaux de construction, commencés par les Français pendant le Second Empire en 1867, ont été en grande partie repris par les Allemands pendant la première annexion suite à la défaite de 1870-1871. Le fort avait été occupé par les troupes françaises pendant le siège de la ville entre août et octobre 1870. Les casernes, poudrières, positions d’artillerie, batteries annexes, galeries de contre-mines, abris témoignent de l’évolution de l’architecture militaire et des progrès de l’armement entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Par ailleurs, la Caserne centrale de cavalier constitue un très important témoignage de l’architecture de type Serré des Rivières à Metz.

 

Avec la construction de la deuxième ceinture fortifiée de Metz à partir de 1899, le fort de Queuleu perd cependant de son intérêt stratégique et les aménagements qui y sont alors effectués sont légers. Le fort a donc conservé son aspect de la seconde moitié du XIXe siècle.

 

Pendant la Première Guerre Mondiale, un camp allemand de prisonniers de guerre français y est vraisemblablement installé mais les informations disponibles à ce sujet sont rares. Un réseau complexe de tranchées, conservé à l’extérieur de l’enceinte du fort témoigne des aménagements allemands liés à la défense de Metz entre 1914 et 1918.

 

Un camp de concentration nazi à Metz (1943-1944)

 

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le fort sert de casernement pour les soldats de la Ligne Maginot. Suite à défaite de 1940, le fort est brièvement utilisé comme camp de détention pour prisonniers de guerre (Stalag). Puis entre mars 1943 et septembre 1944, le camp de concentration de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin) y installe une annexe (KZ-Außenkommando) principalement destinée au service des SS. Une centaine de prisonniers, principalement des Allemands de droit commun et des Polonais, y est rattachée. Certains participent à des travaux sur l’aérodrome de Metz-Frescaty. Il s’agit d’une des annexes de camp de concentration située la plus à l’ouest du Reich.

 

Un camp spécial au centre de la répression nazie en Moselle (1943-1944)

 

Entre octobre 1943 et août 1944, un camp spécial (Sonderlager) géré par la Gestapo est installé dans la Caserne II. Entre 1500 et 1800 prisonniers (femmes et hommes) y sont interrogés et internés avant d’être envoyés dans des camps de concentration (Natzweiler-Struthof, Dachau…), de redressement (Schirmeck) ou des prisons. Le camp spécial du fort de Queuleu voit l’internement de résistants, saboteurs, passeurs, réfractaires, otages et prisonniers russes. La plupart sont enfermés dans des cellules collectives surpeuplées, sans possibilité de se laver ni parler ni bouger sous la féroce surveillance des gardiens SS et du commandant Georg Hempen. Les chefs de la résistance sont isolés dans des cellules individuelles, cachots sombres et humides auxquels seul le commandant peut accéder. Les officiers de police « industrialisent » l’interrogatoire et utilisent la torture. Les conditions d’internement sont terribles et la plupart des prisonniers sont parqués les yeux bandés avec les pieds et mains liés. Trente-six personnes succombent dans le fort et quatre personnes réussissent à s’évader en avril 1944.

 

Un important témoin de la bataille de Metz (1944)

 

Lors de la libération de Metz, le fort connaît son baptême du feu entre le 17 et le 21 novembre 1944 lors de combats opposant l’armée américaine aux troupes allemandes assistées par le Volksturm (civils armés, vétérans de la Première Guerre Mondiale, membres de la Jeunesse Hitlérienne…) retranchées dans le fort. Ce dernier est bombardé et subit d’importants dommages avant de se rendre.

 

 

Un des plus grands Centre de Séjour Surveillé (1944-1946)

 

 

Un Centre de Séjour Surveillé est établi par l’administration française dans le fort entre décembre 1944 et mars 1946. D’abord réservé aux civils allemands et à leurs familles, le site sert aussi de lieu de détention aux internés administratifs arrêtés pour motifs de collaboration, propagande, antipatriotisme ou dénonciation (jusqu’à 4400 personnes y furent internées). Il s’agit d’un des centres les plus importants de ce type installé sur le territoire français. Des étrangers de différentes nationalités y sont internés (Allemands, Espagnols, Français, Italiens, Luxembourgeois, Polonais, Yougoslaves…).

 

Un camp de prisonniers allemands de guerre (1946-1947)

 

Entre 1946 et 1947, le fort de Queuleu accueille un camp de prisonniers où sont enfermés des soldats allemands. Ce détachement, formé le 1er juin 1946, dépend du dépôt de prisonniers de guerre 211 de Metz. Géré par M. Massu, le camp est visité le 13 février 1947 par la Croix Rouge. 145 prisonniers sont alors logés dans la Caserne II/Casemate A du fort. Les locaux sont chauffés, les rations sont suffisantes et de l’eau chaude est disponible pour la toilette. Une infirmerie est gérée par le Dr. Dietrich Ostler. Les prisonniers sont affectés au déchargement de wagons, au nettoyage d’un canal et au transport de matériaux de construction.

 

Un camp de travailleurs indochinois (1948-1950)

 

Afin de remplacer la main-d’œuvre mobilisée, le « plan Mandel » élaboré en 1938 par Georges Mandel alors ministre des colonies prévoyait la mobilisation de travailleurs coloniaux destinés à renforcer les manques liés à la mobilisation des hommes. Environ 20000 travailleurs indochinois arrivent en France au début de la Seconde Guerre Mondiale. Le Service de la main-d’œuvre indigène nord-africaine et coloniale (MOI) est chargé au sein du ministère du travail de recruter les travailleurs coloniaux requis, de les acheminer par bateaux et de les mettre au service des industries de la défense nationale. La majorité des recrutements est effectuée de force au sein de la paysannerie pauvre des protectorats de l’Annam, du Tonkin et de la colonie cochinchinoise. Ces ouvriers non spécialisés sont pour la plupart employés à des travaux forestiers, agricoles et industriels notamment dans les usines d’armement et les poudrières. Après la défaite française, ils sont logés dans d’immenses camps de la zone libre et soumis à une discipline militaire ainsi qu’à des conditions de vie très dures. À la Libération, la majorité de ces hommes aspire à un rapatriement rapide, reporté à cause de la désorganisation de l’après-guerre et des événements qui affectent l’Indochine française. Ainsi, quelques centaines de travailleurs indochinois stationnent dans le fort de Queuleu entre 1948 et 1950 : 537 en octobre 1948, 438 en décembre 1948, 323 en mars 1949, 296 en avril 1949, 188 en mai 1949, 163 en août 1949, 176 en septembre 1949, 213 en octobre 1949, 156 en décembre 1949, 191 en janvier 1950, 35 en avril 1950 (les rapatriements vers le Viet Nam s'accélèrent à cette période), 79 en mai 1950. A la souffrance de l’exil, succèdent alors l’exaspération et la colère. En écho au mouvement indépendantiste vietminh en Indochine, les travailleurs indochinois revendiquent en métropole leur émancipation et l’égalité des droits avec les autres travailleurs. Quelques graffitis témoignent encore aujourd'hui de leur présence dans le fort de Queuleu.

 

Le lieu de mémoire (depuis 1971)

 

Situé à l’entrée du fort, le monument de la résistance et de la déportation, inauguré le 20 novembre 1977 marque l’entrée du lieu de mémoire. Cette flamme qui renferme les cendres d’un déporté inconnu a été réalisée par l’architecte messin de la reconstruction Roger Zonca qui participa à la reconstruction de la région.
 

Depuis 1971, la sauvegarde et la mise en valeur du fort de Queuleu à Metz est confiée à l'Association du Fort de Metz-Queuleu pour la mémoire des internés-déportés et la sauvegarde du site (anciennement Amicale des anciens déportés du fort de Queuleu et de leurs familles) constituée de bénévoles.

  
 
  
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De gauche à droite : Grille d’entrée et entrée du camp spécial nazi - Cellules
- Partie endommagée par les bombardements de 1944 - Bureau du commandant
- Couloir du camp - Passerelle d’accès principale du fort de Queuleu.

 

Bulletin d'adhésion

 

 

Sources : ©Fort de Metz-Queuleu

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