Guillaumat et la défense de Paris

 

Parallèlement à la mise en garde des armées alliées, visant en particulier la défense éloignée de Paris, on avait organisé, en toutes éventualités, la défense rapprochée de la capitale.

Le général Guillaumat, rappelé d' Orient, fut spécialement chargé de cette dernière mission. Le 15 juin, au cours d' une conférence réunie au grand-quartier-général des armées alliées, à Bombon, sous la présidence de M. Clemenceau, les attributions de chacune des autorités militaires intéressées à la question furent définies et délimitées.

 

Le principe ayant été tout d' abord posé que la défense de Paris était assurée par les armées qui avaient reçu du général Foch la mission de défendre pied à pied le territoire et la capitale avec la dernière énergie, il fut décidé que, si l' avance ennemie sur Paris venait à atteindre la ligne générale Meaux, Creil, vallée du Thérain, le gouverneur militaire, commandant les armées de Paris, prendrait, sous les ordres du général en chef français, le commandement des armées défendant les vallées de l' Oise et de la Marne, ainsi que la région comprise entre ces vallées.

 

En attendant, il préparerait la défense rapprochée de la capitale, sur toute l' étendue du camp retranché, depuis les Andelys jusqu' à Nogent-sur-Seine, par la construction et l' armement des lignes de défense, l' établissement des plans de défense et la préparation de l' entrée en ligne des troupes de défense, tant au point de vue de leur action que de leurs communications.

 

Pour lui donner toutes facilités dans l' accomplissement de sa mission, il fut en outre décidé que Paris serait placé dans la zone des armées, et que, par une liaison établie et entretenue avec le grand-quartier-général français, le général Guillaumat se tiendrait soigneusement au courant de la situation des armées françaises.

 

 

Source : Foch, Ferdinand, Mémoires pour servir à l'histoire de la guerre de 1914-1918 , Paris, Plon, 1931, pp. 122-123