Le fort Royal de l'île Sainte-Marguerite

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Situé dans la baie de Cannes, le fort royal, prison d'Etat, a accueilli la Masque de fer de 1687 à 1688 puis, après la guerre de 1870, le maréchal Bazaine.

 

Au sud-est de la Croisette, l'archipel des îles de Lérins sépare le golfe de Napoule à l'ouest du golfe de Jouan à l'est. Il est composé de quatre îles : deux grandes (Sainte-Marguerite et Saint-Honorat) et deux petites (îlot de la Tradelière et îlot Saint-Féréol).

 

L'île Sainte-Marguerite est la plus proche de Cannes, à 700 mètres de la pointe du Palm-Beach, et la plus étendue, sur plus de 160 hectares. L'île doit son nom à une chapelle élevée sur son territoire en honneur de la martyre d'Antioche, dans les premiers siècles du christianisme.

Après l'occupation de l'île par les Romains, dont les traces subsistent encore de nos jours, Sainte-Marguerite appartient pendant de nombreux siècles aux moines de Lérins. En 1617, le Duc de Guise charge Jean de Bellon de réaliser la construction d'un fort destiné à verrouiller l'accès à Cannes. Édifié de 1624 à 1627 sur l'emplacement de vestiges datant de l'antiquité romaine, il ne s'agit alors qu'une modeste maison fortifiée.

 

 

Ce petit ouvrage est agrandi et renforcé par les Espagnols qui occupent les îles de Lérins à partir de 1635. Deux bastions et les premiers casernements sont ajoutés à l'ouvrage existant.

 

Disposant d'une garnison d'environ 800 hommes sur l'île Sainte-Marguerite, les troupes espagnoles sont confrontées à la question vitale du ravitaillement en eau potable et imaginent un système de récupération d'eau de pluie qui vient alimenter un grand puits édifié au-dessus d'imposantes citernes. On peut encore observer aujourd'hui les quatre bassins de décantation où l'eau était purifiée, avant de remplir une des deux citernes placées sous le puits.

En 1637, les Français reprennent les îles de Lérins, et baptisent la citadelle du nom de fort Royal. L'ouvrage est alors considérablement renforcé : les fossés sont approfondis, les courtines surélevées, et deux demi-lunes sont désormais reliées au fort par des passerelles surélevées, disparues depuis. Le gouverneur royal Guitaut fait également construire une tenaille, bastion bas placé à l'avant des portes d'accès du fort, qui porte aujourd'hui son nom.

 


A la fin du XVIIème siècle, le commissaire général aux fortifications de Louis XIV inspecte en personne le fort, et donne des instructions pour renforcer la place. Les travaux effectués à la suite du déplacement de Vauban donnent au fort l'essentiel de la physionomie qu'on lui connaît de nos jours. A

 

26 mètres d'altitude, l'ouvrage surplombe une falaise rocheuse sur la côte nord de l'île Sainte-Marguerite, face au cap Croisette. Il s'agit d'un petit fort de forme pentagonale, flanqué de quatre bastions en ses points faibles, côté terre. Côté mer, les remparts en pierre de l'ouvrage sont appuyés sur un remblai de terre, et remarquablement intégrés à la falaise abrupte. 


A l'intérieur de l'enceinte, subsistent encore aujourd'hui une chapelle, et plusieurs hangars affectés à l'hébergement des troupes et aux magasins d'artillerie. Parmi ceux-ci, on trouve l'imposant bâtiment que constitue la poudrière, cernée par les murs du bastion royal au sud du fort, sans doute dans le but de réduire les conséquences d'une explosion accidentelle. Par la suite, l'ouvrage fait l'objet d'aménagements mineurs. Ainsi, un sémaphore est construit en 1862, par surélévation d'une ancienne tour du fort.

 

Plus tard, lors de l'occupation par les troupes allemandes durant le second conflit mondial, un poste de surveillance est aménagé sur une avancée triangulaire du fort.

Aujourd'hui, plusieurs bâtiments sont en ruine, et une végétation envahissante conquiert peu à peu les demi-lunes et les remparts.

Cependant, les chantiers de jeunes Provence-Alpes-Côte-d'Azur participent à la rénovation du fort depuis plus de trente ans. Sécurisation des remparts, réfection de bâtiments, de nombreuses restaurations sont effectuées de manière à favoriser l'accès à la visite de cet ouvrage unique sur le littoral cannois.


Les premières cellules sont aménagées dans le château du gouverneur à partir de 1637. Mais c'est en 1685, à l'heure où le fort Royal accueille une importante garnison, que l'ouvrage est voué définitivement et à titre principal à servir de prison d'État. Ainsi, en 1687, le gouverneur Saint-Mars, sur ordre de Louis XIV, fait construire un bâtiment parallélépipédique de pierre à l'intérieur de l'enceinte, au sein duquel sont bientôt aménagées plusieurs cellules. Parmi les prisonniers enfermés au sein du fort, on compte notamment :

 

- Le célèbre, mais néanmoins non identifié, Masque de Fer, détenu pendant 11 ans de 1687 à 1698 ;

- Six pasteurs protestants, enfermés après la révocation de l'Édit de Nantes, de 1689 jusqu'à leur mort en 1713 ;

- Jean-Baptiste Suard, futur secrétaire perpétuel de l'Académie française, incarcéré de 1751 à 1753 ;

- La Smala d'Abd el-Kader, à partir de 1843 ;

- 600 prisonniers autrichiens, détenus en 1859 après la bataille de Montebello ;

- Le maréchal Bazaine, seul prisonnier à s'être échappé du fort Royal, après une évasion en 1873 que la légende qualifie de rocambolesque et dont une terrasse du fort porte aujourd'hui le nom.

 

Le fort Royal possède également un lieu de détention plus modeste, réservé aux soldats.

 

  • Le fort Royal de l'île Sainte-Marguerite

    Le fort Royal de l'île Sainte-Marguerite. Source : ECPAD

  • Le fort vu de la rade de Cannes.

    Le fort vu de la rade de Cannes. Source : Qypchak. Licence Creative Commons. Libre de droit

Source : MINDEF/SGA/DMPA

 

Le Musée de la Mer, installé au coeur du fort, permet au visiteur de découvrir certaines des cellules, dont celle du Masque de Fer, ainsi que celles occupées par les pasteurs protestants, auxquelles un mémorial rend aujourd'hui hommage.

Si le Musée de la Mer permet de découvrir l'intérieur de l'enceinte du fort Royal et ses sombres cellules, il dispose également d'un second espace muséographique, rassemblant une importante collection d'archéologie sous-marine et terrestre. Au coeur des anciennes citernes romaines et de salles récemment restaurées, le musée expose des épaves de bateaux échoués au large des îles de Lérins. Le visiteur y découvre également une maquette reconstituant le système hydrologique des citernes romaines, une collection de décors peints datant de l'Antiquité, et une salle d'aquariums animée par le centre permanent d'initiatives pour l'environnement présentant la faune et la flore sous-marine de la Méditerranée.

Installé au sein du fort, un centre d'animation et d'hébergement dispose de structures d'accueil permettant de recevoir des publics variés dans le cadre de différents types de séjours : classes de découverte et stages sportifs ou culturels pour les scolaires, accueil d'associations ou de comités d'entreprise, organisation de séminaires...

 

Enfin, si l'île Sainte-Marguerite accueille environ un demi-million de visiteurs par an, c'est aussi parce qu'elle offre un patrimoine naturel exceptionnel. L'île est parcourue de long en large par des chemins forestiers, le chemin de ceinture permettant d'en faire le tour à proximité des fonds marins limpides. Un parcours itinérant botanique permet, grâce à sa signalisation, de repérer de nombreuses essences d'arbres et de plantes maritimes. À l'ouest de l'île, l'étang des Batéguiers offre un abri à de nombreux oiseaux migrateurs que l'on peut observer tout au long de l'année. Ses 150 hectares de forêts peuplées de pins et d'eucalyptus font de l'île Sainte-Marguerite un cadre unique de calmes promenades sur le littoral des Alpes-Maritimes. 


L'office national des forêts assure la protection des peuplements forestiers remarquables de l'île et accueille le public en lui proposant des activités de découverte de ce riche milieu naturel. Sur l'île Saint-Honorat L'île Saint-Honorat possède plusieurs chapelles, érigées très tôt pour accueillir les pèlerins. Si l'une d'entre elles est en ruines aujourd'hui, les six autres ont été restaurées au XVIIe siècle, ou plus récemment à l'aide des plans originaux. À l'extrémité de l'île se trouve un four à boulets, utilisé par l'artillerie du Premier Empire pour faire rougir les projectiles chargés d'incendier les bateaux en bois menaçant les côtes. 


L'île abrite également l'abbaye de Lérins qui regroupe une communauté d'environ trente moines de diverses nationalités, cultivant la lavande et exploitant la vigne. Joyau de l'architecture féodale en terre de Provence, le monastère fortifié a été construit du XIe au XIVe siècle et est ouvert à la visite. L'abbaye produit une liqueur élaborée à partir d'une trentaine de plantes aromatiques dont la recette reste secrète, et la consommation nécessairement modérée.

 


Office du Tourisme de Cannes 


Esplanade Georges Pompidou BP 272 06403 Cannes Cedex 


Tél. 04.92.99.84.22

Fax 04.92.99.84.23

e-mail : tourisme@semec.com

 

 

Le Musée de la Mer 


Ouvert tous les jours, sauf le lundi et certains jours fériés.

Fermeture annuelle courant novembre. 


Le musée est gratuit le premier dimanche de chaque mois, et de manière permanente pour les moins de 18 ans, et les étudiants de moins de 26 ans. Des visites commentées gratuites peuvent être organisées sur rendez-vous. 

 

Fort de l'île Sainte-Marguerite

Tél. 04.93.38.55.26 


Accès par la mer depuis Cannes.

De nombreuses compagnies de transport maritime sont implantées sur le quai des îles, à l'extrémité du parking Laubeuf. Les liaisons vers les îles de Lérins sont assurées toute l'année (compter environ vingt minutes de traversée pour atteindre l'île Sainte-Marguerite).

 

 

Site de l'Office du Tourisme de Cannes

 

Quizz : Forts et citadelles

 

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