Le moral du soldat allemand devant Verdun

 

Quel était donc l'état d'esprit du Soldat Allemand devant "l'objectif Verdun" ?

 

 

 "Il était là par devoir. Il ne savait rien du plan si terrible de Falkenhayn qui voulait terminer la guerre en saignant à blanc l'adversaire de premier ordre - le fantassin français. Les cadres des régiments du premier et du deuxième choc étaient composés par des anciens qui avaient vu maintes batailles. Beaucoup d'entre eux portaient des traces de blessures, reçues en 19J4 ou en 191-5 en Flandre ou devant Vimy. Ils connaissaient le Poilu, leur adversaire de demain et savaient bien qu'il ferait face et que le combat serait terrible. Les jeunes, hommes de recrue, qui venaient remplir les rangs, n'avaient plus l'élan des volontaires de 1914, car des récits des anciens ils avaient appris qu'une attaque n'est pas une promenade. Le mauvais temps clouait les unités dans les positions d'alerte. Le soldat devait supporter jours, nuits et semaines d'une attente qui pouvait ronger le moral.

 

C'est alors que le "Lied", le chant dans les abris pendant les heures sans service, qui devait aider à supporter l'ennui. Et c'est le "Lied" qui dévoilait la pensée du soldat et en même temps son moral. Non, ce n'était plus les chansons d'entrain de marche, mais plutôt des airs de nostalgie, peut-être déjà la prévision d'un avenir qui sera terrible. Quand même, on était prêt pour le devoir qu'on savait dur, mais était à supporter pour finir enfin cette guerre maudite. Et la haine, existait - elle ? Non, on ne haïssait pas l'adversaire, parce qu'on l'avait connu dans les rencontres homme à homme pendant les Batailles précédentes. Les anciens le connaissaient et le savaient courageux. Ah oui, il faisait son dur devoir, il était pour ainsi dire un camarade de souffrance, peut-être demain déjà le voisin dans la fosse commune.

 



Non, trois fois non, le soldat allemand ne haïssait pas son adversaire, même s'il était forcé de le tuer pour ne pas être tué lui-même dans la fureur déchaînée du combat terrible entre fils de Charlemagne, qui s'acharnaient l'un contre l'autre sous deux drapeaux et deux uniformes différents. Ainsi arriva ce qui était inévitable et dont le soldat allemand n'était pas responsable: - à huit heures douze minutes le 21 février 1916, la MORT Seigneur suprême des Batailles et seul gagnant dans chaque guerre, tournait froidement son sablier - et 1225 bouches à feu entonnaient le glas funèbre et les obus hurlaient le Deprofondis pour 700. 000 hommes qui devaient mourir.

 

 

sites externes :

Bataille de Verdun     

Verdun tourisme

Librairie du Mémorial de Verdun                                                           

Site de l'association Connaissance de la Meuse              

Source : Colloque international sur la bataille de Verdun. 6-7-8 juin 1975. Résumé de l'intervention de Ettighoffer, écrivain et historien.