Mémorial de la prison de Montluc

Construite dans les années 1920, la prison est située en face du fort du même nom, dans un quartier industriel de Lyon.

En 2009, la prison de Montluc est désaffectée au profit d'établissements reconstruits à proximité de Lyon.

A la demande du préfet de la région Rhône-Alpes, les services de l'Etat protègent alors une grande partie du site de Montluc au titre des monuments historiques, répondant ainsi au souhait porté depuis de longues années par les associations mémorielles et combattantes et notamment l'association des rescapés de Montluc.

  • Couloir de la prison

    Couloir de la prison. Source : Photo Frédéric Bellay

  • Visite de la prison

    Visite de la prison. Source : Photo Frédéric Bellay

Au-delà de cette protection, une réelle réflexion s'amorce afin de réaliser une mise en valeur du lieu permettant à la fois de témoigner de la violence de la répression nazie exercée à Lyon et de le rendre accessible au public.

 

Construite dans les années 1920, la prison militaire de Montluc est située en face du fort du même nom, dans un quartier industriel de Lyon. Après l'armistice de 1940, la prison accueille quelques droits communs, des militaires et des auteurs de "menées antinationales" essentiellement des résistants gaullistes et communistes. Suite à l'invasion de la zone sud, en novembre 1942, les Allemands réquisitionnent la prison et la placent sous leur contrôle exclusif. Montluc devient alors le lieu d'internement pour des résistants, des otages, mais aussi pour les victimes des mesures raciales, en attente de leur départ vers Drancy et leur déportation vers les camps de concentration et d'extermination. Montluc fonctionne en liaison quotidienne avec le siège de la Gestapo, avenue Berthelot dans les locaux de l'Ecole de Santé Militaire, où sont effectués les interrogatoires (locaux actuels du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation).


A proximité de la prison, les Allemand installent à l'été 1943 un tribunal militaire compétent pour la zone sud. Les condamnations capitales prononcées sont vraisemblablement exécutées sur le stand de tir de la Doua (aujourd'hui nécropole nationale). D'autres condamnés sont fusillés à l'intérieur même de la prison, sur le chemin de ronde à un emplacement désormais appelé "Mur des fusillés" et toujours visible aujourd'hui. Après le débarquement de juin 1944, de nombreux massacres de détenus de Montluc sont perpétrés dans les communes entourant Lyon, en représailles à l'avance alliée et aux actions de la Résistance. Entre avril et août 1944, plus de six cents prisonniers sont ainsi exécutés à Saint-Didier de Formans, Toussieu, Bron, Saint-Genis-Laval, pour ne citer que les principaux lieux d'exactions. Le massacre de Saint-Genis-Laval le 20 août 1944, où 120 détenus sont massacrés dans des conditions abominables, donne lieu à une protestation vigoureuse du Cardinal Gerlier auprès des autorités allemandes. Dans le même temps, Yves Farges, commissaire de la république encore dans la clandestinité menace d'exécuter autant de prisonniers allemands si les massacres continuent. Le 24 août, les prisonniers sont libérés à la fois par l'intervention de la Résistance et par le départ des geôliers, une semaine avant la libération de Lyon le 3 septembre.


Le Mémorial de la prison de Montluc, inauguré par le Premier Ministre le 21 juin 2010, a donc rejoint les sites gérés par le Ministère de la Défense, qualifiés de Haut Lieux de Mémoire, et a ouvert ses portes au public à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine 2010. Depuis, le site ne cesse d'attirer toujours plus de visiteurs, lui permettant ainsi de s'insérer, de manière légitime et complémentaire, dans le réseau des lieux de mémoire régionaux aux côtés du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon et le Mémorial Jean Moulin de Caluire, mais également à une plus large échelle avec, notamment, la Maison d'Izieu - Mémorial des enfants juifs exterminés. Le Mémorial de Montluc contribue donc aux réflexions initiées par les problématiques propres à ces sites mémoriaux, tant sur le plan scientifique et historique, que sur les thématiques liées à l'accueil du public et aux actions pédagogiques.


Mémorial de la prison de Montluc
1 rue Jeanne Hachette - 69003 Lyon

 

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Réservation pour les groupes de plus de 12 personnes auprès de

l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre au 04 78 27 15 61.

 

Seuls le rez-de-chaussée et les extérieurs sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Source : Aurélie DESSERT, chargée de la valorisation du Mémorial de la prison de Montluc