Place forte de Belfort

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Place forte verrouillant la Trouée de Belfort entre le Jura et les Vosges mais aussi ville de garnison et noeud routier d'où partent les routes de Paris, Colmar, Bâle et Montbéliard.

Le site de Belfort est situé au centre d'une large dépression entre Vosges et Jura : la trouée de Belfort. Cette trouée fait communiquer l'Alsace, l'Allemagne et la Suisse avec la Franche-Comté et le Sillon rhodanien. Autant dire qu'elle constitue un passage privilégié pour le commerce, mais aussi pour les invasions. C'est la raison d'être de fortifications en ce lieu.

  • Vue aérienne du Chateau de Belfort

    Vue aérienne du Chateau de Belfort. Source : club aerostatique de Franche-Comté - Photo Mercier Gilbert

  • Le château de Belfort

    Le château de Belfort. Source : Jean-Claude GIROUD ; La Caponnière

  • Entrée du château

    Entrée du château. Source : Alfred BREITEL ; La Caponnière

  • Le fort de la Miotte

    Le fort de la Miotte. Source : Jean-Claude GIROUD ; La Caponnière

  • Le fort des Barres (Hatry)

    Le fort des Barres (Hatry). Source : Jean-Claude GIROUD ; La Caponnière

  • Le fort de la Justice

    Le fort de la Justice. Source : http://esiblote.club.fr

Source texte : Antoine Brolli

Les Fortifications de la ville

 

 

L'enceinte urbaine et le Château

 

Au Moyen Age, un mur de pierre, comptant quelques tours, protège une petite bourgade tapie au pied du rocher sur lequel est bâti un château féodal dont l'existence est attestée dès 1226. Obsolètes depuis l'invention du boulet métallique au XVème siècle, ces fortifications, qui subiront entre temps sept sièges, sont en mauvais état quand survient leur première modernisation.

 

De 1637 à 1648, le comte de la Suze fait ajouter un front bastionné au château. Puis, à la demande du roi Louis XIV, le célèbre Vauban étudie à son tour la modernisation de la place forte. Il fait ajouter au château un ouvrage à cornes ainsi qu'une caserne. Mais c'est dans la ville elle-même que les transformations sont les plus spectaculaires : entre 1687 et 1703, l'ancienne enceinte urbaine est rasée et remplacée par une enceinte bastionnée pentagonale qui double la surface de la ville, dans laquelle sont construits des casernes et des magasins.

 

De cette nouvelle enceinte, représentative du "deuxième système de Vauban", il subsiste de nos jours d'importants éléments, en particulier trois tours bastionnées et la porte de Brisach avec son front bastionné complet. La valeur de ces fortifications est attestée particulièrement par le siège de 1815, qui laissa la place invaincue.

 


La première ceinture de forts

 

À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXème, par suite d'une augmentation de la précision et de la mobilité de l'artillerie, les villes peuvent désormais se trouver menacées par des canons installés par l'ennemi sur les collines les plus proches. Pour empêcher l'occupation de celles-ci, il faut y installer un ouvrage fortifié : c'est l'apparition des premières ceintures de forts autour des villes.

 

À Belfort, si l'on excepte quelques travaux de fortification de campagne réalisés pendant la Révolution et le siège de 1815, les premières modernisations de la place depuis Vauban interviennent à partir de 1817, sous les ordres du général Haxo. Le château est complètement remanié et transformé en une forteresse moderne, l'enceinte urbaine est retouchée, tandis qu'au nord-est de la ville se construit le camp retranché du Vallon avec les forts de la Miotte et de la Justice. Puis en 1857, une enceinte des faubourgs est esquissée avec l'édification, à l'ouest de la ville, du front 3 4.

 

L'accroissement de la portée des canons consécutive à l'apparition de l'artillerie rayée l'année suivante rend indispensables de nouveaux ouvrages à l'ouest et au sud de la ville. Le fort des Barres est construit de 1865 à 1870. Enfin, en 1870, avec les redoutes terrassées des Perches et celle de Bellevue (à l'emplacement actuel du cimetière du même nom) s'achèvent la première extension des défenses de la ville. Belfort va donc subir le mémorable siège de 1870-1871, duquel elle sortira invaincue, avec une ceinture de forts avancés situés à une distance d'environ 1 200 à 1 500 mètres du noyau initial Château-enceinte urbaine. Après la guerre, dans le cadre du programme "Séré de Rivières", les forts des Perches seront reconstruits et un mur d'enceinte des faubourgs édifié.

 


Le château

 

La citadelle de Belfort présente une succession de trois enceintes. En partant de l'extérieur de la forteresse, on rencontre d'abord l'enceinte extérieure, dans laquelle a été inclus l'ancien ouvrage à cornes de Vauban, puis l'enceinte intermédiaire qui comprend un groupe de casemates d'artillerie.


Ces deux enceintes (construites entre 1820 et 1840) sont l'oeuvre du général Haxo. Après l'enceinte intermédiaire, le couronné du comte de la Suze (1637-1648) offre aux regards sa masse imposante. Dominant ce couronné, un cavalier (terre-plein élevé au-dessus d'un autre ouvrage pour en doubler les feux) abrite des casemates d'artillerie (1819 1826), derrière lesquelles se trouvent la cour d'honneur et la caserne de grès rose qui date de 1826. Du château fort médiéval, il ne reste aujourd'hui que le puits, le fossé (recouvert et transformé en caserne en 1749) et la tour des Bourgeois (XIIIème siècle). Le Château était équipé d'une centaine de bouches à feu à l'air libre et sous casemates et pouvait procurer un abri sûr à plus de 1 000 hommes. Il joua un rôle clé durant le siège de 1870-1871 et abrita le poste de commandement de la place jusqu'en 1940.

 

 

Fort de la Miotte ou fort Kléber

 

Commencé en 1831, de forme grossièrement triangulaire, c'est un fort bastionné avec un cavalier, destiné à accueillir une dizaine de canons à l'air libre.
Sur le bastion ouest s'élève une tour servant d'observatoire. Frappée par des obus en 1870-1871 et en 1940, elle fut chaque fois reconstruite, plus pour des raisons sentimentales que militaires. En effet, avant la construction du fort, ce lieu était déjà occupé par une très vieille tour de pierre aux origines et à la destination incertaines, devenue un véritable symbole pour les Belfortains.

 

 

Fort de la Justice ou fort Lecourbe

 

Fort bastionné de forme grossièrement triangulaire comportant deux cavaliers et une caserne pour 300 hommes environ, le fort de la Justice a été construit à partir de 1826 pour une vingtaine de pièces d'artillerie à l'air libre.

 

Le 18 juin 1940, la petite garnison du fort résista à l'ennemi pendant 9 heures, au prix de lourdes pertes.

 

 

Front du Vallon

 

Commencé en 1831 et achevé en 1842, le front du Vallon est un rempart traversé par une porte, reliant les forts de la Miotte et de la Justice et barrant la route d'Alsace. Avec le rempart naturel créé par les collines de la Miotte et de la Justice, il forme un quadrilatère protégé : le camp retranché du Vallon, prévu pour servir, en temps de guerre, de lieu de rassemblement (et de refuge le cas échéant) à une armée de campagne.

 

 

Fort des Barres ou fort Hatry

 

Le fort des Barres est l'un des derniers ouvrages bastionnés construit en France. Bien que certains de ses éléments témoignent d'une réaction aux progrès de l'artillerie, en particulier à l'apparition de l'artillerie rayée, le fort des Barres reste imprégné par la tradition.


Ce grand couronné (un bastion et deux demi-bastions) est érigé de 1865 à 1870 pour occuper la hauteur des Barres afin d'éviter les entreprises ennemies contre les faubourgs de la ville et l'enceinte de Vauban. Le rempart est aménagé pour 25 pièces d'artillerie à l'air libre et une sous casemate. La gorge est fermée par un simple mur crénelé. Deux imposantes traverses s'avancent sur la vaste esplanade intérieure. Elles abritent chacune un magasin à poudre. Un troisième magasin à poudre ainsi qu'une caserne casematée sont aménagés sous le rempart.

Sur les fronts de tête, une galerie crénelée court le long de l'escarpe ; elle permet le tir au fusil dans le fossé. Le magasin à poudre de la grande traverse centrale est renforcé par une carapace de béton en 1889. En 1893, de grandes casernes sont construites sur l'esplanade intérieure pour accueillir le régiment d'artillerie à pied de la place. Après la démolition de ces casernes consécutive à sa réutilisation à des fins civiles, le fort a retrouvé son aspect d'origine, à l'exception d'un flanc, défiguré par le passage d'une route.

 

 

Renseignements pratiques :

 


Maison du Tourisme

2 rue Clemenceau 90000 Belfort

Tel.: 03 84 55 90 90

Fax : 03 84 55 90 70

E-mail : tourisme90@ot-belfort.fr

 

Fortifications et le Château de Belfort

Parking Gratuit. Visite libre. Visites guidées. Pas d'accès pour les personnes handicapés. Visites guidées pour groupes Sur RV.

 

 

La Caponnière

 

Index des fortifications françaises de 1874 à 1914

 

 

Quizz : Forts et citadelles

 

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