Robert, Georges Nivelle

1856-1924

Né à Tulle dans une famille protestante franco-britannique par sa mère, le 15 octobre 1856, Robert Nivelle se révèle être un bon élève en plus de son bilinguisme. Il intègre l'Ecole Polytechnique (promotion 1876) dont il sort diplômé dans le corps des artilleurs en 1878.

Nivelle commence sa carrière militaire en Outre-Mer. Il rejoint le corps expéditionnaire français envoyé en Chine lors de la révolte des Boxers (été 1900), et sert ensuite en Afrique où il est particulièrement apprécié pour ses qualités relationnelles.

Devenu colonel au début de la Première Guerre mondiale, il se fait à nouveau remarquer par sa conduite exemplaire en Alsace et, en septembre 1914, lors de la bataille de l'Ourcq. Il lance en effet son infanterie contre les lignes du 4e corps de la 1e armée du général von Kluck, autour de Meaux, sauvant ainsi la capitale de la menace allemande. Il est alors promu général de brigade en même temps que Philippe Pétain, en octobre 1914.

Devenu général de division l'année suivante, Robert Nivelle reçoit le commandement de la IIe armée française au mois de mai 1916, alors qu'il sert sur le front de Verdun à la tête du 3e corps de ladite armée depuis février.
    
Ayant succédé à Pétain le 19 avril 1916, il conduit les engagements victorieux de Vaux, de la cote 304, et la reprise du fort de Douaumont, le 24 octobre 1916, aux cotés de son subordonné, le général Mangin. Ces victoires ponctuelles lui valent une popularité grandissante auprès des troupes malgré le peu de respect pour les vies humaines qu'il manifeste alors, lançant sans relâche ses hommes à l'assaut.

À la suite de ces victoires, Robert Nivelle apparaît comme le successeur désigné de Joffre, jugé trop statique après deux ans de combats de tranchées et élevé à la dignité de maréchal de France. Le général Nivelle bénéficie également de contacts très étroits avec l'état-major anglais en raison de son origine familiale. Il prend ses fonctions de commandant en chef de l'armée le 12 décembre 1916 en promettant une victoire rapide à la commission de l'Armée à la Chambre. Guidé par sa foi dans la rupture, il décide de rompre avec la guerre de position pour revenir à une offensive dynamique en attaquant de front les lignes allemandes fortifiées du secteur du Chemin des Dames avec l'appui de troupes britanniques dont Lloyd George lui a confié le commandement. Bravant les réticences de ses généraux arguant le manque de préparation des soldats, mais aussi de nombreux chefs militaires comme Lyautey, éphémère ministre de la guerre, et surtout Pétain et des autorités politiques, inquiètes de la possibilité d'un revers, il lance l'offensive du Chemin des Dames le 16 avril 1917. Cet assaut, qu'il espérait éclair, tourne court : les Allemands, ayant saisi une copie de son plan d'attaque dans une tranchée qu'ils avaient conquise, ont renforcé leurs positions et opposent une résistance farouche ; l'opération est un échec coûteux en hommes (350 000 hommes hors de combat pour un gain de terrain insignifiant) et en matériel. George Nivelle s'obstine, suspend l'assaut le 21 avril avant de le reprendre au début du mois de mai. Les troupes sont démoralisées, elles perdent la confiance en leurs chefs ; les premières mutineries éclatent. Nivelle est remercié et remplacé le 15 mai 1917 par Philippe Pétain.

Une commission d'enquête est alors instituée. Dirigée par le général de division Henri Joseph Brugère, elle statue sur la responsabilité du général Nivelle : "Pour la préparation comme pour l'exécution de cette offensive, le général Nivelle n'a pas été à la hauteur de la tâche écrasante qu'il avait assumée".

Tombé en disgrâce, il rejoint l'Afrique du Nord en décembre 1917 afin d'y prendre la tête du 19e corps d'armée à Alger en qualité de commandant des troupes françaises d'Afrique du Nord, fonction qu'il assume jusqu'à sa retraite en 1921 ; il retourne alors en métropole, s'installe à Paris où il décède trois ans plus tard.

 

Source : MINDEF/SGA/DMPA

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