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Juin 40 - Peur sur la route

Philippe Barbeau
"Le vacarme des moteurs s'amplifia, enfla, puis les hurlements aigus des sirènes le couvrirent. Soudain, une déflagration phénoménale le plaqua au sol. Georges eut l'impression que la terre allait se dérober sous lui..."

Préserver la mémoire de ceux qui ont été acteurs ou témoins des conflits du XXè siècle, c'est d'abord s'interroger sur les valeurs qu'ils ont été amenés à défendre, et sur lesquelles se fonde la démocratie actuelle. En replaçant le lecteur au coeur de ces périodes difficiles de notre Histoire, Les Romans de la mémoire, proposés par la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la défense, en partenariat avec les éditions Nathan, se veulent une contribution à son approche de la citoyenneté. Fuir sous les bombes ! "Le vacarme des moteurs s'amplifia, enfla, puis les hurlements aigus des sirènes le couvrirent. Soudain, une déflagration phénoménale le plaqua au sol. Georges eut l'impression que la terre allait se dérober sous lui, que le monde s'écroulait. Quelque chose lui tomba sur les jambes et lui arracha un cri."

Juin 40 - Peur sur la route - Philippe Barbeau Editions Nathan / en partenariat avec la DMPA Prix : 5 €

Auteur :
Philippe Barbeau
Editeur :
Nathan/DMPA - Jeunesse
Source : MINDEF/SGA/DMPA

Juillet 42 - Sous une mauvaise étoile

Stéphane Descornes
Traqués, piégés, raflés ! "Horrible été que celui de 1942. Le plus étouffant que Paris eût connu depuis longtemps. C'était le dernier jour de juin, en fin d'après-midi..."

Préserver la mémoire de ceux qui ont été acteurs ou témoins des conflits du XXè siècle, c'est d'abord s'interroger sur les valeurs qu'ils ont été amenés à défendre, et sur lesquelles se fonde la démocratie actuelle. En replaçant le lecteur au coeur de ces périodes difficiles de notre Histoire, Les Romans de la mémoire, proposés par la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la défense, en partenariat avec les éditions Nathan, se veulent une contribution à son approche de la citoyenneté. Traqués, piégés, raflés ! " Horrible été que celui de 1942. Le plus étouffant que Paris eût connu depuis longtemps. C'était le dernier jour de juin, en fin d'après-midi. Munis d'un maigre sac à provisions, les trois enfants remontaient le quai de Grenelle, la gorge sèche, fourbus, en nage. "

Juillet 42 - Sous une mauvaise étoile - Stéphane Descornes Editions Nathan / en partenariat avec la DMPA Prix : 5 €

Auteur :
Stéphane Descornes
Editeur :
Nathan/DMPA - Jeunesse
Source : MINDEF/SGA/DMPA

Paris Sur Scène

Christian Grenier
" J'allais avoir seize ans et j'étais amoureux. Depuis toujours, j'avais rêvé qu'il m'arrive quelque chose de très important. D'exceptionnel. Un événement qui changerait ma vie. Et voilà. C'était arrivé. Le 20 juillet, tout avait commencé¿ "

Préserver la mémoire de ceux qui ont été acteurs ou témoins des conflits du XXè siècle, c'est d'abord s'interroger sur les valeurs qu'ils ont été amenés à défendre, et sur lesquelles se fonde la démocratie actuelle. En replaçant le lecteur au coeur de ces périodes difficiles de notre Histoire, Les Romans de la mémoire, proposés par la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la défense, en partenariat avec les éditions Nathan, se veulent une contribution à son approche de la citoyenneté. " J'allais avoir seize ans et j'étais amoureux. Depuis toujours, j'avais rêvé qu'il m'arrive quelque chose de très important. D'exceptionnel. Un événement qui changerait ma vie. Et voilà. C'était arrivé. Le 20 juillet, tout avait commencé... "

Août 44 - Paris sur scène - Christian Grenier Editions Nathan / en partenariat avec la DMPA Prix 5 €

Auteur :
Christian Grenier
Editeur :
Nathan/DMPA - Jeunesse -
Source : MINDEF/SGA/DMPA

Soldats sans armes, la captivité de guerre : une approche culturelle

François Cochet
Hormis les prisonniers de guerre eux-mêmes qui ont livré leurs souvenirs dans leurs carnets de routes et autres témoignages, l'étude de la captivité de guerre est rare.

La mémoire ne concerne pas que les monuments et les lieux, elle est aussi dans les têtes et les c?urs. Hormis les prisonniers de guerre eux-mêmes qui ont livré leurs souvenirs dans leurs carnets de routes et autres témoignages, l'étude de la captivité de guerre est rare. L'ouvrage de François Cochet à l'époque contemporaine répond à des normes, à des lois et s'intègre parfaitement à la conduite de la guerre. Néanmoins, malgré les conventions signées successivement sur le traitement des prisonniers de guerre, la manière de traiter les captifs diffère selon les conflits. La totalisation de la guerre avec le conflit de 1914-1918 et l'idéologisation des conflits qui suivent n'y est pas étrangère. Les guerres contemporaines, de puis la défaite de 1870, sont passées toutes en revue, sous leurs aspects les plus divers, du bilan et du comportement des armées à la vie quotidienne derrière les barbelés, le travail, la propagande, la libération en passant par le travail de mémoire des Prisonniers de guerre. L'étude, s'appuyant sur de solides recherches universitaires, offre l'opportunité de dépasser le cadre anecdotique, en effet, qui n'a pas entendu les plus anciens raconter leurs souvenirs de guerre, dont la captivité fait, hélas, souvent partie ?

Soldats sans armes, une approche culturelle de la captivité Editions Bruylant, Bruxelles et L.G.D.J., Paris Collections Histoires ISBN 2-8027-1180-6 1998 ? 463 pages François Cochet est membre du comité d'experts "tourisme de mémoire".

Auteur :
François Cochet
Editeur :
Editions Bruylant, Bruxelles et L.G.D.J., Paris
Source : François Hanscotte

Paroles de déportés

Yves Ménager
Dans les camps de concentration nazis, des hommes et des femmes déportés de toutes nationalités ont écrit clandestinement. Certains de ces poèmes, réunis dans cette anthologie, ont pu être sauvegardé ...

Dans les camps de concentration nazis, des hommes et des femmes déportés de toutes nationalités ont écrit clandestinement. Certains de ces poèmes, réunis dans cette anthologie, ont pu être sauvegardés et rapportés de l'enfer concentrationnaire. Défi lancé à leurs bourreaux et à la mort, ces paroles de déportés nous parviennent, fragiles, transcrites au prix d'ultimes efforts pour sauver la dignité humaine, la nôtre aussi. Ces textes appartiennent à la mémoire de l'humanité. Entendons-les.

Le ciel est noir, la terre est noire, Dur est le gel, lourd est le c?ur. Tristes victimes expiatoires Nourries de haine et de ranc?urs Nous attendons. L'aube blafarde Sans cesse creuse nos rangs. Nul sang ne ranime et ne farde Ces visages de chiens errants. Reverrons-nous ces jours qu'en rêve Nuit et jour nous imaginons? Visages aimés, heures brèves, Un feu, un pain, une maison. Se souvient-on encore d'elles, Celles qui paient argent comptant Pour que la vie soit libre et belle Et que la France ait un printemps ? Et si nous revenons un jour Comme un troupeau de spectres hâves, Affamées de joie et d'amour, Serons-nous les tristes épaves Qu'on enfouit sous un sable lourd ? Denyse CLAIROUIN Poème écrit à Ravensbruck Disponible auprès des éditions de l'Atelier, Les éditions ouvrières, 12, avenue Soeur Rosalie, 75013 Paris

Auteur :
Yves Ménager
Editeur :
Ed de l'Atelier
Source : MINDEF/SGA/DMPA et FNDIRP

Dunkerque l'extrême 1939-1940

Patrick Oddone
Publié à l'occasion des commémorations du 60e anniversaire de la bataille de Dunkerque, ce livre est utile à ceux qui veulent comprendre comment est né « l'esprit de Dunkerque » qui anima les Alliés, Churchill et De Gaulle en tête, entretenant leur espoir de reconquête et de délivrance.

La tourmente de 1940 est inscrite dans toute les mémoires en Europe : pour les Allemands, c'est la preuve de la supériorité de ses armées, pour la France, elle est le symbole de sa défaite et pour les Anglais, elle offre l'occasion de manifester une résistance hors du commun. Autant dire que la bataille de Dunkerque fait l'objet de toutes les attentions et les regards se sont portés vers la cité de Jean Bart, soumise aux bombardements, offerte aux combats. C'est une ville martyre qui devient synonyme de défaite mais aussi d'abnégation, au point que les Britanniques parlent du « spirit of Dunkirk ». Pourtant la défaite ne fut pas totale au vu du succès de l'opération Dynamo, gigantesque opération de rembarquement du Corps expéditionnaire britannique, dans des conditions extrêmes, avec des embarcations hétéroclites qui emmenaient avec elles aussi des Français.

L'ouvrage de Patrick Oddone invite à suivre la percée foudroyante des troupes allemandes, qui maîtrisent le ciel et bousculent les troupes à terre pour enfermer Français et Britanniques au coeur d'une nasse, acculés à la mer d'où seule peut venir le salut. C'est dans une situation désespérée que se réalise le "miracle" de Dunkerque. Qui permet à 338 000 soldats alliés dont 123 000 Français de rejoindre la Grande-Bretagne, dernier bastion du refus à l'oppression nazie en Europe. Publié à l'occasion des commémorations du 60e anniversaire de la bataille de Dunkerque, ce livre est utile à ceux qui veulent comprendre comment est né "l'esprit de Dunkerque" qui anima les Alliés, Churchill et De Gaulle en tête, entretenant leur espoir de reconquête et de délivrance. Il permet aussi de mieux saisir l'opiniâtreté qui conduira aux débarquements de Normandie et de Provence au moment où l'Europe, unie dans un projet commun, s'apprête à les commémorer. Ouvrage richement illustré à ne pas négliger, d'autant plus qu'il existe une édition anglaise. Dunkerque l'extrême 1939-1940 Auteur : Patrick Oddone Editions Alan Sutton Collection évocations ISBN 2-84253-453-0 Première édition mai 2000, 128 pages Prix : 18,29 €

Auteur :
Patrick Oddone
Editeur :
Editions Alan Sutton
Source : François Hanscotte

Signes de la collaboration et de la Résistance

ESAD Strasbourg
La lutte des signes qui s'engagea en France dans le sillage nazi où un puissant langage visuel soutenait le culte de la personnalité et visait à exclure, puis à éliminer, des groupes entiers...

Très tôt, en Allemagne, le régime national-socialiste a créé et mis en place un langage visuel qu'il a utilisé à l'envi tant dans la production d'affiches que dans l'utilisation de signes (d'emblèmes) destinés à exclure puis à éliminer des groupes entiers, notamment les juifs. Le culte de la personnalité et l'organisation de manifestations et d'expositions mégalomaniaques en constituèrent les étendards. Par bien des aspects, le régime de Vichy a rapidement emboîté le pas - on pense notamment au culte du maréchal Pétain et aux expositions organisées à Paris contre les juifs et les francs-maçons, véritables célébrations de la collaboration. En France, la Résistance, pour répondre à la propagande et aux signes créés et diffusés par l'occupant, s'est employée à forger les siens en détournant ceux produits par les nazis ou Vichy. On assiste ainsi, à côté des combats armés, à une véritable lutte des signes dont le plus bel exemple est peut-être la "bataille des V". Ce combat symbolique devient partie intégrante du conflit. Symboliques aussi sont les formes prises par la "politique visuelle" des nazis en Alsace-Moselle. Ces régions, annexées de fait par l'Allemagne, subissent l'emprise d'autres signes ; alors que les caractères gothiques, considérés comme l'écriture par excellence de la "race des seigneurs" ne sont ni imposés ni utilisés en France occupée, ils le sont en Alsace-Moselle, sur les panneaux signalétiques ou les affiches...

Pour montrer l'ampleur et l'importance de ces combats graphiques et symboliques, les auteurs prennent le parti de confronter plus de 300 images de la collaboration et de la Résistance ; affiches, journaux, plaques de rues, etc. Ils expliquent comment un simple trait ou un ajout sur une affiche changent la signification d'origine et envoient ainsi un message à ceux qui résistent. Cette démarche didactique fait de cet ouvrage un outil vivant et pédagogique, unique en son genre, original et passionnant. Sous la direction de l'École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg et de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (ministère de la défense). Signes de la collaboration et de la Résistance Auteur : ouvrage collectif Editions : Autrement Prix : 24,90 €

Auteur :
ESAD Strasbourg
Editeur :
Éditions Autrement en partenariat avec la DMPA
Source : Editions Autrement

Jean-Marie de Lattre de Tassigny

1889-1952

Jean-Marie de Lattre de Tassigny, né le 2 février 1889 à Mouilleron-en-Pareds en Vendée d'une vieille famille aristocratique des Flandres françaises, il reçoit une éducation de qualité au collège Saint Joseph de Poitiers.

Carrière militaire
De 1898 à 1904 il prépare l'École navale et Saint-Cyr où il est reçu en 1908. Il effectue ses classes au 29e Dragons à Provins. Il est élève de Saint-Cyr de 1909 à 1911, dans la promotion « Maurétanie » où il en sort 4e de promotion. Il entre en 1911 à l'école de cavalerie à Saumur. En 1912 il est affecté dans le 12e Dragons à Pont-à-Mousson puis sur le front. Pendant la Première Guerre mondiale il est capitaine du 93e régiment d'infanterie et termine la guerre avec 4 blessures et 8 citations. Il est ensuite affecté au 49e régiment d'infanterie de 1919 à 1921 à Bayonne. En 1921 il est envoyé au Maroc dans le 3e bureau et dans l'état-major de la région de Taza jusqu'en 1926. De 1927 à 1929 il suit les cours de l'école de guerre avec la 49e promotion. Il se marie avec Simone de Lamazière en 1927 et obtient d'elle un fils en 1928. En 1929 il devient chef de bataillon au 5e régiment d'infanterie à Coulommiers.
    
En 1932 il est promu à l'état-major de l'armée puis à celui du général Maxime Weygand, vice-président du Conseil Supérieur de la Guerre au titre de lieutenant-colonel. En 1935 il devient colonel, commandant le 151e régiment d'infanterie à Metz. Entre 1937 et 1938 il suit des cours au centre des hautes études militaires et devient en 1938 chef d'état-major du gouverneur de Strasbourg.

Seconde guerre mondiale
Promu général de brigade le 23 mars 1939 il est chef d'état-major de la 5e armée le 2 septembre 1939. Le 1er janvier 1940 il prend le commandement de la 14e division d'infanterie qu'il commande pendant les affrontements avec la Wehrmacht à Rethel, où sa division résiste héroïquement, jusqu'à la Champagne et l'Yonne, et conserve miraculeusement sa cohésion militaire au milieu du chaos de la débâcle. De juillet 1940 à septembre 1941, il est adjoint au général commandant la 13e région militaire à Clermont-Ferrand puis devient général de division commandant des troupes de Tunisie jusqu'à la fin 1941. Par la suite il commande la 16e division à Montpellier et est promu général de corps d'armée. Lorsque la zone libre est envahie par les troupes allemandes il refuse l'ordre de ne pas combattre et est arrêté. Il est condamné à 10 ans de prison par le tribunal d'État de la section de Lyon. Parvenant à s'évader de la prison de Riom le 3 septembre 1943 il rejoint Londres puis Alger où il arrive le 20 décembre 1943 après avoir été promu au rang de général d'armée le 11 novembre 1943 par le général de Gaulle. En décembre 1943 il commande l'armée B, qui devient la première armée française. Il débarque en Provence le 16 août 1944, prend Toulon et Marseille, remonte la vallée du Rhône, puis le Rhin, libère l'Alsace, et entre en Allemagne jusqu'au Danube. Il représenta la France à la signature de l'armistice du 8 mai 1945 à Berlin au quartier général du Maréchal Joukov.

Après la guerre
Entre décembre 1945 et mars 1947, il est inspecteur général et chef d'état-major général de l'armée. En mars 1947 il est inspecteur général de l'armée, puis inspecteur général des forces armées. D'octobre 1948 à décembre 1950, il est commandant en chef des armées de l'Europe occidentale à Fontainebleau.
Il devint haut-commissaire et commandant en chef en Indochine et commandant en chef en Extrême-Orient (1950-1952) et met sur pied une armée nationale vietnamienne. Epuisé par le surmenage auquel il s'est astreint tout au long de sa carrière et que n'a pas arrangé sa blessure reçue en 1914, très affecté par la mort de son fils Bernard, tué au cours de la campagne d'Indochine, et atteint d'un cancer, il meurt à Paris le 11 janvier 1952 des suites d'une opération. Il est élevé à la dignité de maréchal de France, à titre posthume, lors de ses funérailles le 15 janvier 1952. Il est inhumé dans son village natal de Mouilleron-en-Pareds.

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Les cimetières militaires de la campagne de France 1940

Les inhumations des années quarante
Les morts de la campagne de France furent abandonnés sur les lieux mêmes des combats. Si certains ont été enterrés rapidement par les autorités locales ou grâce à des particuliers, les plus nombreux gisèrent, sans sépulture, là où la mort les avait frappés.

L'âpreté des combats (pertes comparables aux plus dures batailles de la Première Guerre mondiale), l'évolution rapide du front due aux percées ennemies, la retraite des troupes françaises, la désolation des zones évacuées ou désertées par les civils, l'occupation allemande, toutes ces conditions ne permirent pas alors une inhumation systématique des combattants français tombés à leur poste. Sur quelques points du front, les formations sanitaires françaises procédèrent à l'ensevelissement des blessés décédés durant les soins en créant de petits cimetières tel celui du sanatorium de Zuydcoote (poste de secours en juin 1940), ou dans la zone arrière des armées, à proximité des hôpitaux militaires, comme à Villeurbanne-La Doua, près de Lyon, ou à Sainte-Anne-D'Auray (Morbihan). Parfois, des unités allemandes enfouirent les morts, en particulier ceux du fort des Dunes à Leffrinckoucke, ou ceux de l'ouvrage de La Ferté (Ardennes).

En 1941, des prisonniers de guerre, le lieutenant Robardet et le sergent-chef Peupin avec quelques hommes, assuraient le déminage du département de la Moselle. En accomplissant cette mission, ils découvrirent sur le théâtre des combats les corps des défenseurs restés tels quels, gisant dans des blockhaus détruits, des tranchées pilonnées, des casemates éventrées par les bombes ou brûlées au lance-flammes. Ces morts appartenaient en majorité à la Coloniale et à des régiments d'infanterie de forteresse. Le lieutenant proposa alors aux autorités allemandes d'utiliser son équipe afin de leur donner une digne sépulture. Le travail dura deux années et plus de 2 500 corps furent identifiés puis inhumés.

Sur l'ensemble du front, le retour des réfugiés dans les villages, la vie quotidienne reprenant son cours, la recherche et l'ensevelissement des corps dans les petits cimetières communaux furent facilités. Ainsi, en 1941, dans les Ardennes, les habitants de Villy exhumèrent les corps enterrés sommairement par l'ennemi, soit une partie de la garnison de l'ouvrage de La Ferté et surtout des Coloniaux de la 3e DIC tombés dans le secteur. En avril 1942, ils relevèrent encore 307 corps à Malandry, aux bois de Neudan et d'Inor, à Olizy-sur-Chiers, qui trouvèrent place dans le cimetière militaire communal créé un an plus tôt, disposés en tombes individuelles ou dans l'ossuaire qui recueillit 138 inconnus. A Haubourdin, près de Lille, en 1941, la commune aménagea un petit cimetière où furent groupés les corps des défenseurs.

   
Les nécropoles nationales de regroupement
En application des décrets-lois des 22 février 1940, 19 octobre 1946 et 21 mars 1950 relatifs aux sépultures, restitutions aux familles, regroupement des tombes, le ministère des Anciens Combattants entreprit après la guerre de vastes opérations destinées à "honorer dignement la mémoire des morts pour la France en 1939-1945". A partir de 1946, les corps purent être restitués aux familles qui en manifestèrent la volonté.
Les restes mortels non restitués furent soit réinhumés dans des nécropoles nationales de 1914-1918 où ils formèrent des carrés de tombes "1940", ainsi à Verdun, à Bras, à Dugny(Meuse), à Ambleny, Champs, Soupir, Vauxaillon (Aisne), à Beauvais (Oise), à la Ferme de Suippes, à Sainte-Menehould, dans la Marne, à La Targette (Pas-de-Calais), à Zuydcoote (Nord), etc.

Des tombes furent maintenues dans des cimetières britanniques ainsi les 218 sépultures de la 2e DLC à Saint-Valéry-en¬-Caux (Somme). D'autres corps restèrent dans des cimetières à l'étranger, en Belgique (à Chastre, créé en 1969), au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Norvège.
   
Les opérations de regroupement et les inaugurations de nouvelles nécropoles nationales s'étalèrent de 1950 à 1975 environ.

De grands cimetières de regroupement furent réalisés à Floing (Ardennes), à Cambronne-lès-Ribecourt (Oise), à Condéfolie (Somme), à Fleury-les-Aubrais (Loiret).

Les exhumations concernèrent des milliers de communes. De nombreux petits cimetières furent désaffectés, sauf lorsque quelques municipalités exprimèrent l'intention de conserver les tombes de leurs défenseurs : Villy-La Ferté, réaménagé puis inauguré en 1962, La Horgne (Ardennes) où reposent des Spahis, Marc¬kolsheim (Bas-Rhin) qui a recueilli des tués du 42e RIF, Mau¬beuge et Avesnes-sur-Helpe, dans le Nord.

   
Le soldat inconnu de 1939-1940

Le 16 juillet 1950, grâce à l'initiative de l'association "les Fils des Tués" et en présence de Messieurs Guy Mollet, vice-président du Conseil, et Jacquinot, ministre des Anciens Combattants, un soldat inconnu amené solennellement dans la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette, à Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais) fut réinhumé dans un des caveaux de la crypte de la tour-lanterne. Sa dépouille avait été choisie parmi 27 soldats français, non identifiés, tués en mai-juin 1940, exhumés pour la circonstance du cimetière de l'Ouest, à Calais.

Le 20 juin 1940, la mairie de Chasselay (Rhône), procéda à l'inhumation des corps disséminés sur le terrain.

En 1942, Monsieur Marchiani, secrétaire général de l'Office du Rhône des Mutilés anciens combattants et Victimes de guerre, qui avait acquis à titre privé le terrain où les Allemands massacrèrent leurs prisonniers sénégalais, y fit édifier un "Tata", c'est-à-dire un cimetière typique du Sénégal, clos de murs, une enceinte sacrée destinée aux dépouilles des guerriers. Il entreprit ensuite, seul, la difficile recherche des corps et exhuma 188 gradés et soldats, surtout du 25e RTS, qui furent réinhumés dans le Tata.
   

L'inauguration se déroula le 8 novembre 1942 en présence de Monsieur Galandou-Diouf, député sénégalais, et de nombreuses personnalités françaises.

  • Le mémorial de Villy la ferté. Source : Mémorial du fort de Villy-la-Ferté

  • Cimetière Marckolsheim. Un petit cimetière rassemblant les corps de soldats français tombés près de Marckolsheim. Source : Mémorial de la ligne Maginot de Marckolsheim

  • Cimetière Marckolsheim. A l'occasion du 14 juillet, les habitants des villages environnants ont confectionné un drapeau tricolore qui décore la tombe de deux soldats du 42e RIF. Source : Mémorial de la ligne Maginot de Marckolsheim

  • Le cimetière de Chastre. Source : D.R.

  • La ferme de Suippe. Source : Philippe Crozet

  • Floing. Source : site et forum des Bataillons de Chasseurs et des Diables Bleus du 30°. Photo Vincent Bourgeois

  • Cambronne les Ribecourt. Source : Josianne Ferret

  • La tour Lanterne. Source : Jean-Pierre Le Padellec

  • Le tata sénégalais de Chasselay. Source : Richard Monléon SGA/DMPA

  • Kapelle panneau indicateur cimetière français, auteur Havang. Source : Licence Creative Commons

  • Chastre 17 mai 2010 Commémoration de la bataille de mai 1940. Source : DR

Les principaux cimetières

La bataille de Belgique

Aux Pays-Bas :
VREDENHOF : 21 corps...................................
En Belgique
ANVERS : 23 corps.
CHASTRE : 1 058 corps
La bataille des Ardennes
Nécropole nationale :

FLOING (Ardennes) : 1 952 corps, 1,9 hectare. 266 tombes sont garnies d'une stèle musulmane

Carrés militaires communaux :
LA HORGNE (Ardennes) : 40 corps
SEDAN (Ardennes) : 33 corps

   
La bataille du Nord
Nécropoles nationales :

HAUBOURDIN (Nord) : 1 960 corps dont 178 Soviétiques. 707 tombes sont garnies d'une stèle musulmane. 7 425 m2.
LEFFRINCKOUCKE (Nord) : 190 corps. 1 770 m2.

Carrés 1940 dans des nécropoles nationales de 1914-1918 :

ZUYDCOOTE (Nord) : 916 corps 39-45, 1 342 corps 14-18. Un ossuaire. 7 230 m2. LA TARGETTE (Pas-de-Calais) : 818 corps 39-45, 11 323 corps 14-18. Trois ossuaires. 4,5 hectares
   
Carrés militaires communaux
AVESNES-SUR-HELPE (Nord) : 62 corps.
MAUBEUGE (Nord) : 32 corps.
FEBVIN-PALFART (Pas-de-Calais) : 117 corps.

Les batailles de l'Aisne et de Champagne
   
AMBLENY (Aisne) : 567 corps 39-45, 10 674 corps 14-18. Quatre ossuaires. 3,6 hectares.
CHAMPS (Aisne) : 186 corps 39-45, 2 809 corps 14-18. Deux ossuaires. 2 hectares.
FLAVIGNY-LE-PETIT (Aisne) : 431 corps 39-45, 2 736 corps 14-18. Deux ossuaires. 1,3 hectare.
SAINT-QUENTIN (Aisne) : 207 corps 39-45, 5 066 corps 14-18. Deux ossuaires. 1,8 hectare.
SOUPIR N° 2 (Aisne) : 544 corps 39-45, 2 251 corps 14-18. Un ossuaire. 1,3 hectare.
VAUXAILLON (Aisne) : 169 corps 39-45, 1 909 corps 14-18. Deux ossuaires. 8 911 m2.
FERE-CHAMPENOISE (Marne) : 161 corps 39-45, 5 733 corps 14-18. Un ossuaire. 1,6 hectare.
LA FERME DE SUIPPES (Marne) : 1 911 corps 39-45, 7 349 corps 14-18. Deux ossuaires. 4,7 hectares.
   
SAINT-THOMAS-EN-ARGONNE (Marne) : 88 corps 39-45, 8 024 corps 14-18. Deux ossuaires. 2,4 hectares.
SAINTE-MENEHOULD (Marne) : 215 corps 39-45, 5 755 corps 14-18. Huit ossuaires. 2 hectares.
VITRY-LE-FRANÇOIS (Marne) : 62 corps 39-45, 4 067 corps 14-18. Un ossuaire. 8 612 m2.

La bataille de la Somme
Nécropole nationale :

CONDE-FOLIE (Somme) : 3 279 corps. Un ossuaire. 12 818 m2. 829 tombes sont garnies d'une stèle musulmane.
Carré 1940 dans une nécropole britannique :
SAINT-VALERY-EN-CAUX (Seine Maritime) : 218 corps.
La bataille de l'Oise
Nécropole nationale :

CAMBRONNE-LES-RIBECOURT (Oise) : 2 129 corps 39-45,126 corps 14-18. 9 780 m2. 171 tombes sont garnies d'une stèle musulmane.
Carrés 1940 dans des nécropoles nationales de 1914-1918 :
BEAUVAIS (Oise) : 95 corps 39-45, 1 091 corps 14-18. Un ossuaire. 5 655 m2. Carré de 164 Alliés 39-45.
VERBERIE (Oise) : 41 corps 39-45, 2 559 corps 14-18. Deux ossuaires. 6 518 m2.

   
Les batailles de l'Est
Carrés 1940 dans des nécropoles nationales de 1914-1918 :
AVOCOURT (Meuse) : 49 corps 39-45, 1 847 corps 14-18. 1,2 hectare.
BELLERAY (Meuse) : 111 corps 39-45, 4 123 corps 14-18. 7 217 m2.
   
BRAS (Meuse) : 151 corps 39-45, 6 386 corps 14-18. Deux ossuaires. 3,2 hectares.
CHATTANCOURT (Meuse) : 27 corps 39-45, 1 697 corps 14-18. 1,5 hectare.
DUGNY (Meuse) : 135 corps 39-45, 1 836 corps 14-18. Un ossuaire. 1,5 hectare.
VERDUN BEVAUX (Meuse) :485 corps 39-45, 3 107 corps 14-18. 2,3 hectares.
VERDUN FAUBOURG PAVE (Meuse) : 602 corps 39-45, 4 906 corps 14-18. 1,9 hectare.
ALTKIRCH (Haut-Rhin) : 32 corps 39-45, 1 749 corps 14-18. Deux ossuaires. 5 153 m2.
ORBEY WETTSTEIN (Haut-Rhin) : 58 corps 39-45, 3 534 corps 14-18. Deux ossuaires. 9 902 m2.
GRANDFONTAINE (Bas-Rhin) : 24 corps 39-45, 300 corps 14-18. Deux ossuaires. 2 468 m2.

PLAINE (Bas-Rhin) : 142 corps 39-45, 1 018 corps 14-18. Trois ossuaires. 3 562 m2.
BADONVILLER (Meurthe-et-Moselle) : 28 corps 39-45, 2 563 corps 14-18. Deux ossuaires. 7 900 m2.
NEUFCHATEAU (Vosges) : 47 corps 39-45, 836 corps 14-18. 6 206 m2.
Carré militaire communal :
BRUYERES (Vosges) : 22 corps.
   
Les combats de la ligne Maginot
Nécropole nationale :
VILLY-LA-FERTE (Ardennes) : 105 corps. Un ossuaire. 334 m2. Des tombes de 1940 se trouvent dans les nécropoles nationales d'HAGUENAU et de STRASBOURG (Bas-Rhin), de SARREBOURG-BUHL, METZ-CHAMBIERE (Moselle), CERNAY (Haut-Rhin).
Carrés militaires communaux :
BITCHE (Moselle) : 21 corps.
PHALSBOURG (Moselle) : 33 corps.
MARCKOLSHEIM (Bas-Rhin) : 25 corps.

Les combats du Rhône
Nécropole nationale :
CHASSELAY (Rhône) : 196 corps. 785 m2.

Les combats de la Loire
Nécropole nationale :
FLEURY-LES-AUBRAIS (Loiret) : 2 881 corps 39-45, 635 corps 14-18. Un ossuaire. 2,5 hectares. 870 tombes sont garnies d'une stèle musulmane.

La bataille des Alpes
Carré militaire communal :
La zone de l'intérieur
Nice (Alpes-Maritimes) : 631 corps 39-45 dont une proportion de tués de 1940.

Nécropoles nationales :
VILLEURBANNE, LA DOUA (Rhône) : 2 565 corps 39-45, 3 348 corps 14-18. 8,5 hectares.
SAINTE-ANNE-D'AURAY (Morbihan) : 1 369 corps 39-45, 701 corps 14-18. Deux ossuaires. 1,7 hectare.
Ces deux nécropoles ont recueilli les morts de 1940 décédés durant leur séjour dans les hôpitaux militaires de la zone de l'intérieur.

Le 11 novembre : Un jour mémoire

Pourquoi le 11 novembre est-il de nos jours une des grandes dates de la vie commémorative française ? Si le 11 novembre est devenu un jour de mémoire, c'est aussi la mémoire d'un jour, celui de l'Armistice de 1918 qui mit fin aux combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918).

 

Le train de l'Armistice, le 11 nov.1918. © collection SHD

Au Palais Bourbon, à 16 heures, Clemenceau lit les conditions d'armistice, salue l'Alsace et la Lorraine et rend hommage à la Nation.

 

Des canons allemands sont traînés, le 11 novembre 1918, sur la place de l'Opéra
et les boulevards, au milieu des farandoles. Source : l'album de la guerre 1914-1919. © L'illustration


Ce "jour de bonheur" ne peut faire oublier à l'ancien combattant, revenu à la vie civile, l'expérience tragique et le message dont il est porteur. Il importe en effet que le courage et les sacrifices des soldats durant ces quatre années de guerre restent dans chaque mémoire.

 

 

Le 11 novembre 1918. © Paris – Roger-Viollet

 


Ce sont les anciens combattants qui vont imposer peu à peu le 11 novembre comme une fête nationale.

 


   
Le 11 novembre 1919 : une journée d'hommage discret

 


Le 11 novembre 1919, une seule cérémonie est organisée dans la chapelle des Invalides en présence du maréchal Foch.

 

Cette même année, deux journées commémoratives avaient déjà marqué les esprits :


- Le 14 juillet 1919, on a fêté la Victoire et la Paix dans le faste et dans la liesse. Un hommage a été rendu à tous les combattants, aux vivants comme aux morts. Clemenceau a voulu que ce soit "leur" jour. À Paris, mille mutilés ont précédé le défilé victorieux des armées alliées qui sont passées sous l'Arc de Triomphe, devant une foule innombrable. Un cénotaphe édifié sous l'Arc reçoit, dans la nuit du 13 au 14, l'hommage du peuple aux morts pour la patrie.

 

Les fêtes de la Victoire à Paris - 14 juillet 1919 - Les Maréchaux Joffre et Foch. Source : carte postale

 


- Le 2 novembre 1919, premier Jour des morts depuis le retour de la paix, de nombreuses cérémonies symboliques ont été organisées. Le Parlement a voulu que les morts fussent glorifiés dans toutes les communes de France, le même jour à la même heure. Moins qu'une journée de cérémonies officielles, ce 2 novembre est plutôt consacré aux hommages individuels des mères, veuves et orphelins, dans les cimetières et les nécropoles du front.

 


Le 11 novembre 1920 : le premier hommage au Soldat inconnu

 


L'année 1920 est une date importante pour la Troisième République, qui fête son cinquantenaire.
Le 11 novembre de cette année-là, la République rend pour la première fois un hommage à un soldat inconnu mort pendant la Grande Guerre, représentant anonyme de la foule héroïque des "Poilus", symbole de ses frères de combat.
 

Evoquée en 1916, l'idée d'honorer un soldat inconnu fut adoptée en 1918. Le 12 novembre 1919, on décida du Panthéon comme lieu de sépulture. Mais en 1920, une campagne menée par des écrivains est à l'origine du choix définitif de l'Arc de Triomphe.
   

Le Parlement vote alors à l'unanimité la loi suivante :
"Article 1er : les honneurs du Panthéon seront rendus aux restes d'un des soldats non identifiés morts au Champ d'Honneur au cours de la guerre 1914-1918. La translation des restes de ce soldat sera faite solennellement le 11 novembre 1920.
Article 2 : le même jour, les restes du Soldat inconnu seront inhumés sous l'Arc de Triomphe".
Les députés adoptent le texte le 8 novembre, le Sénat le 9.

 

 

Le 10 novembre 1920, Verdun. © Roger-Viollet

 

Le 10 novembre, le soldat Auguste Thin désigne à Verdun le Soldat inconnu. Le cercueil arrive à Paris et rejoint, pour la cérémonie du 11 novembre, la châsse renfermant le coeur de Gambetta qui doit être transférée dans la crypte du Panthéon.
Une foule immense accompagne le cortège au Panthéon puis à l'Arc de Triomphe. Provisoirement, le cercueil est déposé dans une chapelle ardente au premier étage du monument et accessible à tous.

 

 

 Le 11 novembre 1920, Paris © Roger-Viollet

 


1921 : l'inhumation du Soldat inconnu

 


Le 28 janvier 1921, le Soldat inconnu est inhumé sous la voûte de l'Arc de Triomphe.
Sur la dalle de granit sont gravés ces mots : "Ici repose un soldat français mort pour la Patrie (1914-1918)".

 

 

Le 28 janvier 1921, Paris. © Roger-Viollet

 


1922 : le 11 novembre, jour de commémoration nationale

 


Tout au long de l'année 1922, les anciens combattants insistent pour que le Parlement déclare le 11 novembre fête nationale, ce qu'établit la loi du 24 octobre 1922.

 


1923 : la Flamme du souvenir

 


Le 11 novembre 1923, en présence de nombreuses associations d'anciens combattants, André Maginot, ministre de la guerre et des pensions, allume pour la première fois une flamme du souvenir. Le foyer de la flamme est réalisé par le ferronnier Brandt.

 

Le 11 novembre 1923, Paris. © Roger-Viollet

 


Le Comité de la Flamme aura désormais la tâche de la faire raviver chaque jour au crépuscule.

Au fil des années, la Flamme est ravivée par les associations d'anciens combattants et le Livre d'or du Souvenir est signé par de nombreux hôtes de la France. En quatre années seulement, un cérémonial annuel est né et il deviendra vite une tradition.

 


Parallèlement, on a assisté à l'érection d'un monument aux morts dans chaque commune de France, autour duquel chaque municipalité organise la cérémonie du 11 novembre : cortège des autorités, des associations patriotiques, des enfants des écoles, de la population.

 

Le 11 novembre au service de la Résistance (1940-45)

 


Le 11 novembre 1940 : un défi à l'occupant


À l'approche du 11 novembre 1940, les autorités allemandes ainsi que la préfecture de police prennent la décision d'interdire toutes les manifestations commémoratives.

Le recteur de l'académie de Paris juge nécessaire d'envoyer une circulaire aux proviseurs des lycées pour qu'ils empêchent leurs élèves d'aller manifester. Depuis la rentrée scolaire, en effet, tracts appelant à la lutte et inscriptions sur les murs de slogans anti-allemands sont apparus dans les facultés et les lycées parisiens. L'arrestation, le 30 octobre, de Paul Langevin, professeur au Collège de France et physicien de renommée internationale, entraîne une réaction immédiate.


Le 8 novembre, une première manifestation est organisée et même si elle ne revêt pas la dimension escomptée, l'idée d'une manifestation de plus grande ampleur s'y fait jour. Tracts et mots d'ordre d'origines diverses appellent à un grand rassemblement à l'Arc de Triomphe le 11 novembre.

 

 

Tract d’appel à la manifestation du 11 novembre 1940. © BDIC

 


Ce jour-là, plusieurs cortèges rassemblant 3 000 à 5 000 étudiants et lycéens, convergent vers les Champs-Élysées. L'hostilité à l'occupant est générale, les références au général de Gaulle présentes.
La répression est brutale : il y a de nombreux blessés, une centaine d'étudiants sont arrêtés et emprisonnés.

 

 

Manifestation du 11 novembre 1940. Des étudiants de l'Institut agronomique s'apprêtent à défiler sur
les Champs Élysées pour fleurir la Tombe du Soldat inconnu. © Musée de la Résistance nationale - Champigny-sur-Marne

 


Pour la première fois depuis juin 1940, des Français se sont heurtés aux forces d'occupation. Ce 11 novembre 1940 est devenu un véritable symbole pour la résistance parisienne, pour l'ensemble des Français, en zone occupée comme en zone libre, mais aussi pour les Français libres qui, de Londres à Brazzaville, ont eu connaissance de cet acte de résistance dont la radio de Londres ne manque pas de souligner l'importance.

 

 

Le 11 novembre 1943 : Défilé des maquis de l'Ain

 

A  l’occasion du 25e anniversaire de l’armistice de 1918, le capitaine Romans-Petit chef des Maquis de l’Ain et du Haut Jura organise un défilé militaire à Oyonnax pour célébrer le 11 novembre et montrer aux Allemands la force et la discipline de la Résistance.

Cette parade militaire vise, tout en honorant le souvenir des morts de la Grande Guerre, a montrer que les combattants de la Résistance armée sont des soldats en uniforme, militairement organisés et encadrés.

 

 

Les maquisards dans les rues d'Oyonnax. © Coll. Musées départementaux de l'Ain.

 

 

Le défilé se déroule dans la plus parfaite tradition militaire jusqu’au monument aux morts où une gerbe de fleurs en forme de croix de Lorraine portant la mention « Les vainqueurs de demain à ceux de 14/18 », est déposée. Après une minute de silence et la sonnerie « aux morts », éclate la Marseillaise, entonnée avec ferveur par toute la population rassemblée.

Cette action par son caractère symbolique reste dans les mémoires.

 

 

Le 11 novembre 1944 : une cérémonie franco-britannique dans Paris libéré


En 1944, la majorité du territoire est libérée. Le 11 novembre est commémoré à Paris en présence d'une délégation britannique menée par le Premier ministre Winston Churchill et du général de Gaulle, chef du Gouvernement Provisoire français.
Le Gouvernement Provisoire présente cette invitation comme une sacralisation de la grande alliance de la guerre. C'est l'occasion pour les deux gouvernements de se consulter pour poursuivre l'effort commun contre les forces de l'Axe.

 

Défilé du 11 Novembre 1944 sur les Champs-Elysées. Le général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire
de la République française
  et Winston Churchill, Premier ministre britannique, suivis du cortège des officiels. © Ecpad

 


C'est ce que rappelle le général de Gaulle :
"Nous nous plaisons à voir dans la présence de nos hôtes, non point seulement l'occasion longtemps attendue de les saluer dans notre capitale, mais encore la manifestation pratique d'une alliance, que de cruelles vicissitudes font apparaître plus nécessaire que jamais" .

 

 

Le 11 novembre 1944, Churchill et de Gaulle. © Roger-Viollet

 


Le 11 novembre 1945 : un hommage à tous les combattants

 


L'année suivante, les cérémonies du 11 novembre 1945 reflètent la volonté du général de Gaulle de faire du Mont Valérien, théâtre du martyre de nombreux résistants, un haut lieu de mémoire pour les combattants et les victimes du nazisme.
Le 10 novembre, les corps de quinze Français morts pour la patrie sont amenés en trois cortèges, des portes de Paris aux Invalides : combattants des trois armes, prisonniers, déportés, hommes et femmes, ils symbolisent à la fois l'unité nationale et les différents théâtres d'opération et lieux de souffrance.
Le 11 novembre, un cortège unique accompagne ces quinze cercueils sous l'Arc de Triomphe, où le général de Gaulle les accueille. Dans la journée, la foule leur rend hommage. Puis, la nuit tombée, ils sont déposés au Mont Valérien.

 


Le 11 novembre au service de la mémoire (de 1945 à nos jours)

 

 

11 novembre 2012. © Jacques Robert

 


Le 11 novembre, jour de commémoration de l'armistice de 1918, est progressivement devenu l'occasion de questionner et donner à comprendre l'histoire.


Désormais, ce jour de mémoire permet d'évoquer régulièrement un épisode particulier de la Grande Guerre, éventuellement associé, en fonction des anniversaires, à une thématique plus large : en 1989, la Grande Guerre et la mémoire de la Révolution française ; en 1992, les troupes coloniales dans la Première Guerre mondiale ; en 1998, la contribution des Alliés à la Première Guerre mondiale ; en 2003, le 85e anniversaire de l'Armistice de 1918 et le 80e anniversaire du premier allumage de la Flamme du souvenir par André Maginot ; en 2004, le début de la guerre et la victoire de la Marne ; en 2006, Verdun; en 2008, le 90ème anniversaire de l'Armistice de 1918.


   
Cette cérémonie garde aujourd'hui tout son sens car elle est l'occasion de rendre hommage aux combattants pour que ne sombrent pas dans l'oubli les sacrifices et les souffrances de toute une génération. Il importe à cette occasion de faire de la jeunesse l'héritière des valeurs qu'ils ont défendues.

 

Le 28 février 2012, le Parlement a fait du 11 novembre une journée d'hommage à tous les Morts pour la France (loi n° 2012-273). Sans abandonner l'héritage historique de la Première Guerre mondiale et les autres journées nationales commémoratives, cette loi confère à cette célébration du 11 novembre une solennité encore plus grande.

 

La flamme sous l'Arc de Triomphe. © Jacques Robert

 

 

 

 

Source : MINDEF/SGA/DMPA

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