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La campagne d'Alsace

Le 12 septembre 1944, la 1re DFL qui remonte de Provence, et des éléments de reconnaissance de la 2e DB, venant de Normandie et de Paris, font leur jonction à Nod-sur-Seine, au nord-ouest de Dijon. Les trois quarts du territoire national ont d’ores et déjà été libérés par l’action combinée des forces alliés américaines, britanniques et canadiennes, ainsi que par celle de la Résistance et de l’armée française. Fin août-début septembre, l’armée B commandée par le général de Lattre de Tassigny intègre en son sein les combattants FFI : c’est l’amalgame. Au total, 114 000 soldats issus des FFI rejoignent les rangs de l’armée française, dont 94 000 sur le front du Nord-Est. Le 20 septembre 1944, l’armée B change de nom pour s’appeler officiellement  1re armée française. Au début de novembre 1944, elle est chargée de couvrir le flanc droit de la 7e armée américaine qui avance vers la haute-Alsace.


Le 14 novembre, les Français rompent le front allemand de Franche-Comté et libèrent Héricourt et Montbéliard. Le 20, ils entrent à Belfort qui n'est toutefois totalement nettoyée que le 25. Plus au sud, longeant la frontière suisse, la 1ère DB, suivie de la 9e DIC, parvient à Seppois, premier village alsacien et atteint le Rhin à Rosenau, au soir du 19.
Les premiers chars français sont à Mulhouse le 26. Altkirch, Masevaux, Rimbach sont libérées. Après de dures contre-attaques de la 19e armée allemande et des combats acharnés autour de Mulhouse et de Friesen, le front s'enlise sur la Doller.
Au nord, la 7e armée américaine s'enfonce dans les Vosges et la Haute-Alsace. Elle s'empare de Saint-Dié le 23 et de Schirmeck le 24. Venant de Lunéville, la 44e DIUS a repris Sarrebourg le 20 tandis que la 2e DB du général Leclerc, débouchant des Vosges, atteint Saverne et fonce vers Strasbourg où ses chars entrent le 23 novembre : au soir de cette journée, le serment de Koufra est tenu.
Fin novembre, la 19e armée allemande, comprimée dans la "poche de Colmar", est dans une situation difficile et doit reculer. Certaines de ses unités se replient au-delà du Rhin. Mais à partir du 6 décembre, elle raidit sa défense et tente de reprendre l'initiative sous le commandement du général Wiese.

 


De son côté, le général de Monsabert, qui commande le 2e corps d'armée français, lance une offensive sur un front de 20 km depuis le col du Bonhomme jusqu'au nord de Sigolsheim, avec Orbey pour objectif. Les combats, qui se déroulent dans le froid et la neige, sont d'une violence extrême. Mais finalement les Français débouchent dans la plaine. Au même moment, les Américains prennent Kaisersberg et Ammerschwihr. Colmar n'est plus qu'à 6 km.
Mais l'ennemi passe à l'offensive et parvient à se maintenir sur ses nouvelles positions. Les combats tournent à la bataille d'usure. Le général de Lattre de Tassigny décide alors d'arrêter l'offensive dans les Vosges : les unités sont épuisées, ont subi de terribles pertes ; les soldats encore en tenue d’été – depuis la Provence - souffrent du froid et manquent de munitions.


Durant ce temps, dans le nord de l'Alsace, la 7e armée américaine poursuit son avance jusqu'à Wissembourg. En revanche, dans les Ardennes, la situation des Alliés est difficile : le 22 décembre, devant la pression allemande, les Américains abandonnent Saint-With.
Vers le 25 décembre, les attaques allemandes semblent contenues mais elles ont absorbé les réserves des Alliés et obligé ces derniers à prélever des troupes sur l'aile droite du front.
Une puissante offensive est lancée le 31 décembre par les Allemands, de Bitche vers Saverne. Devant la menace de percée, les Américains envisagent d'évacuer le Bas-Rhin et Strasbourg pour se retirer au pied des Vosges.
Le 3 janvier 1945, à Versailles, le général de Gaulle convainc le général Eisenhower et Winston Churchill de n'en rien faire et de défendre Strasbourg qui commençait déjà à être évacuée.La 1ère armée française (3è DIA), aidée des F.F.I. alsaciens, est chargée de la défense de la ville. De leur côté, les Américains doivent reculer sur une ligne de défense allant de Haguenau à Wingen.

  • Début décembre 1944, des fantassins de la 4e DMM (Division marocaine de montagne) appuyés par des chars de la 1re DB se déploient pour mener une contre-attaque dans la forêt de la Hardt, au nord-est de Mulhouse. Copyright ECPAD, photographe Louis Viguier Réf. : TERRE 10001 R28

  • Colonne de prisonniers de guerre allemands sur une route dans le secteur de de Dannemarie capturés lors de la reconquête de la région par la 5e DB, 28 novembre 1944. Copyright ECPAD, photographe Robert Moisy Réf. : TERRE 355-8556

  • Un tank destroyer TD M10 du régiment blindé de fusiliers marins (RBFM) de la 2e DB postés dans le village de Kogenheim, décembre 1944. Copyright ECPAD, photographe Jacques Belin Réf. : TERRE 357-L8589

  • Des véhicules du 1er régiment de marche de spahis marocains (RMSM) de la 2e DB stationnent face à la halle aux blés sur la place du marché d'Obernai, 26-27 novembre 1944. Copyright ECPAD, photographe Jacques Belin Réf. : TERRE 354-L8541

  • Le canon automoteur M7 Priest "Place de la Nation" de la 32e batterie du 64e régiment d'artillerie de division blindée (RADB) en batterie aux abords de l'Ill, fin novembre-début décembre 1944. Copyright ECPAD, photographe Philippe Héritier Réf. : TERRE 366-8738

  • Bivouac de la 2e division d'infanterie marocaine (DIM) dans les environs de Masevaux et de Than, fin novembre-début décembre 1944. Copyright ECPAD, photographe Philippe Héritier Réf. : TERRE 378-8995

  • No man's land entre Strasbourg et Kehl, 16 janvier 1945. Copyright ECPAD, photographe Henri Malin Réf. : TERRE 10087-G15

Revue septembre/octobre 2017 n°260 Revue septembre/octobre 2017 n°260

Le dossier

Pour apprendre l’Histoire dans le Calvados

Applis ou parcours numériques

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Date de création : Juin 2014 - Le parcours Numérique : Caen, Eté 44 « les Civils dans la Bataille »

(F/GB) accessible depuis smartphone grâce à des QR Codes et tags NFC 

Au cœur du centre historique de Caen, cet itinéraire vous entraîne en 12 étapes dans le quotidien des Caennais pris dans la Bataille de Normandie du 6 juin au 19 juillet 1944. Comment ont-ils assuré leur approvisionnement en vivres et biens de consommation courante ? Comment étaient organisés les secours, les soins médicaux ? Quels furent les moyens mis en place pour lutter contre les incendies après la destruction de la caserne des pompiers ?

Les douze arrêts proposés sont en lien direct avec le sujet traité et ne s'appuient donc pas sur le patrimoine architectural mais sur des lieux de vie des Caennais pendant la bataille. Le circuit peut être parcouru à pied en environ une heure trente. Sans point de départ, chacun parcourra le circuit à sa guise, seul le respect de la chronologie conseille de clore sa promenade par la libération de la ville.

Caen été 44 est constitué d’une riche iconographie et présente des documents d’archives, des photos et vidéos d’époque ainsi que des reconstitutions 3D de l’ancienne mairie de Caen et de l’université, détruites en juin et juillet 1944

http://musee-de-normandie.caen.fr

 

Date de création : Printemps 2014 : SOLDAT LEON : Un vétéran dans l’AppStore !  

Léon Gautier, a débarqué avec les français du commando Kieffer le 6 juin 1944. Agé de 90 ans, le héros du jour-j a élu domicile à Ouistreham. Il raconte aujourd’hui le récit du commando Kieffer (notamment la prise du casino) sur une appli que l’on télécharge sur son smartphone. L’appli permet de revivre le Jour-J en vidéo immersive : procédé permettant de superposer les images  d'aujourd'hui et celle du 6 juin 44 avec les bruits, les effets de char qui avance, les destructions …  www.soldatleon.fr

 

Date de création : mars 2013 - Appli POINTE DU HOC

L’ABMC  (American Battle Monuments Commission) en charge de la gestion du site de la Pointe du Hoc  propose depuis mars 2013 une application mobile en français et en anglais. Créée à la fois pour les appareils iPhone et Android, cette application GPS vous permet de découvrir le site où les Rangers de l’armée américaine ont escaladé les falaises hautes de 30 mètres, détruit une batterie allemande essentielle et pris le contrôle de la route côtière, jouant ainsi un rôle crucial dans le succès des Alliés le Jour J.

Appli POINTE DU HOC gratuite, Version F /GB

 

Date de création : juin 2013 - Appli ARROMANCHES 1944

Développée avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication,

ARROMANCHES 1944 propose offre une vue à 360° du port artificiel d’Arromanches de 1944 reconstitué en 3D (on pourra voir fonctionner le port tel qu’il était vraiment en 44). Elle permet également, grâce à la réalité augmentée, de revisiter les défenses côtières allemandes, ainsi que les villages de Saint-Côme de Fresné et Courseulles sur mer (pour observer les opérations du Débarquement, entre 5 h et 7 h 25 du matin du 6 juin).

Appli ARROMANCHES 1944 gratuite, version F/AL/GB sur Googleplay et Itunes

 

Date de création : 2011 - Appli Mémorial de Caen

Et aussi  depuis 2011, une appli pour découvrir le Mémorial de Caen : cinq univers totalement différents issus des parcours muséographiques et de la visite guidée des plages du Débarquement sont à découvrir grâce à des vidéos, des photos ou des extraits de la visite virtuelle.
www.memorial.fr

 

D-DAY CONNECTE

D-Day Box

Depuis 2014 et à l’initiative de la start-up caennaise Normandy Audio Tours les touristes peuvent visiter à leur rythme le littoral historique du Jour-J avec la D-DAY Box, comprenant carte et mp3. Cet outil vous guide, avec la voix française de Morgan Freeman !, sur les principaux sites du débarquement.

www.at-normandy.com

 

WI-VI au Memorial Pegasus (Ranville)  et au Centre Juno Beach (Courseulles-sur-Mer)

En 2015, la jeune société caennaise Normandy Audio Tours continue de proposer de nouvelles outils de visite via la WI-VI (réseau d’aide à la visite sans fil) dans les musées  de Ranville et de Courseulles-sur-Mer :

A Ranville, au Mémorial Pegasus, le WI-VI  permet aux visiteurs, avec leurs smart phone ou tablette, de profiter du musée en 10 langues (allemand, italien, thèque, portugais, espagnol, néerlandais, danois, suédois et aussi anglais et français) à l'aide des QR codes placés sur les panneaux d’exposition. Une façon simple pour les visiteurs étrangers de découvrir le Mémorial Pegasus Bridge.

www.memorial-pegasus.org

 

Au Centre Juno Beach de Courseulles-sur-Mer, Normandy Audio Tours a développé un questionnaire interactif gratuit pour le public (Explore Juno Beach Centre) et les scolaire (la Course Contre la Pendule), adaptée à l’exposition « Mamie, c’était comment pendant la guerre ? », qui sera visible jusqu’en fin d’année 2016. L'exposition permet de mieux comprendre le vécu des enfants durant la Seconde guerre mondiale en France et au Canada.      

www.junobeach.org

Étape 1 Autres lieux de mémoire

La plage d’Omaha

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Un des plus beau circuit de Normandie sur la plage célèbre de Omaha Beach lieu de débarquement des américains.

 

     

Balade située sur une des plus belles plages du Calvados, site historique du D-Day ou les terribles affrontements du 6 juin 1944 ont eu lieu. Le circuit propose de magnifiques panoramas sur la côte normande et traverse les espaces naturels du conservatoire du littoral. Balade en forme de 8 possibilité de faire les deux boucles (8km) ou une seule (4km). Accès possibles au cours de la balade pour visiter le cimetière américain.

Étape 1 Autres lieux de mémoire

Die 7. kanadische Brigade

Topoguide « Des 3 Vallées aux Sentiers de la Liberté »

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Au cours de ce circuit cyclable, vous découvrirez une partie de l’histoire de l’avancée des troupes canadiennes au travers de différents panneaux et sites à visiter. Brochure en lien

 

   

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Étape 1 Autres lieux de mémoire

De la batterie de Longues au cap Manvieux

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Depuis le site de la Batterie allemande de Longues-sur-Mer, ouvrage majeur du Mur de l'Atlantique, partez cheminer sur les hauteurs des falaises du Bessin. Ce circuit vous offrira un panorama imprenable sur les vestiges du port artificiel d'Arromanches. Brochure en lien

 

   

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Étape 1 Autres lieux de mémoire

231ème Brigade Britannique

Topoguide « Des 3 Vallées aux Sentiers de la Liberté »

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Au cours de ce circuit pédestre, vous découvrirez une partie de l’histoire de l’avancée des troupes britanniques au travers de différents panneaux et sites à visiter. Brochure en lien

 

 

 

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Étape 1 Autres lieux de mémoire

69ème Brigade Britannique

Topoguide « Des 3 Vallées aux Sentiers de la Liberté »

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Au cours de ce circuit pédestre, vous découvrirez une partie de l’histoire de l’avancée des troupes britanniques au travers de différents panneaux et sites à visiter. Brochure en lien

 

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Étape 1 Autres lieux de mémoire

La libération de la Lorraine

Depuis leur succès, difficilement acquis, en Normandie, les forces alliées semblent opérer une marche triomphale, à laquelle la Wehrmacht ne paraît plus être en mesure de s'opposer. L'objectif allié est triple puisqu’il s’agit à la foi de poursuivre l’ennemi vers la Bretagne, de libérer les ports de la Manche et de progresser vers le Vosges. Après avoir franchi la Seine, la route de Paris est ouverte. Le 25 août, Paris est libérée. Au lendemain, les forces américaines parviennent aux portes de la Lorraine. En cette fin du mois d'août 1944, le haut-commandement américain est convaincu que la 3e armée peut atteindre le Rhin en seulement trois jours. Finalement, la campagne de Lorraine va durer deux mois et demi.


La 3e armée est commandée par le général George Patton. Ce cavalier, bon stratège et habile tacticien, s'est récemment illustré dans la percée d'Avranches. Connaissant bien cette région de Lorraine puisqu'il fut chargé en septembre 1918 de conduire l'offensive américaine sur Saint-Mihiel, il dispose d'une force supérieure à celle qu'alignent les Allemands. Bien entraînée, la 3e armée possède un armement moderne, notamment une artillerie lourde totalement mécanisée. Le 20e corps US est chargé de prendre Metz tandis que le 12e corps se voit assigner la libération de Nancy. En face, les forces allemandes du général Blaskowitz, sont constituées de troupe de valeur inégale, en particulier dans l'infanterie. Son élément le plus solide reste la 5e Panzer Division du général von Manteuffel dont les qualités de tacticien lui ont attiré la bienveillance d'Hitler. Au début de septembre, le haut commandement de la Wehrmacht (OKW) doit contenir la poussée alliée pour permettre la retraite de  leurs forces venues du Sud de la France.


Au cours  de ces opérations libératrices, les populations civiles du département, intégré depuis 1940 à la zone interdite, payent un lourd tribut. Les contraintes de l'Occupation se renforcent devant l'avance des Alliés. La pénurie est générale et le rationnement de plus en plus sévère. Par ailleurs, les accrochages avec la Résistance rendent l'ennemi en retraite nerveux et agressif, prompt à exercer des représailles tant sur les résistants que sur les civils, soupçonnés d'aider les maquis. En juin 1944, le département avait été divisé en huit secteurs, aux limites assez floues ; deux ont à leur tête des chefs issus de l'Organisation de Résistance de l'Armée (ORA), et les six autres venus de l'Armée Secrète (AS). Leurs effectifs sont fluctuants et prennent de l'importance au fur et à mesure des semaines. En septembre 1944, on recense 8000 maquisards. Les 1er et 2 septembre, les villages de Mamey et Martincourt sont pillés et incendiés par les soldats allemands. Au cours de ces journées, 15 civils sont tués. Le 6 septembre, 400 parachutistes allemands répandent la terreur à Villey-le-Sec. Le lendemain, le bourg de Saint-Rémy-aux-Bois est totalement détruit par l'artillerie et brûlé.


En raison des obstacles naturels et du manque de renseignements sur les forces ennemies, Patton décide de ne pas engager directement ses forces comme il l'a fait à Commercy. Au lieu de cela, il vise l'encerclement de Nancy. À cet effet, la 80e division d'infanterie du général Horace McBride est chargée de fixer trois points pour traverser la Moselle : à Pont-à-Mousson avec le 317e régiment d'infanterie où les Allemands se sont retranchés dans le quartier Saint-Martin, à Toul avec le 319e et enfin à Marbache avec le 318e. Le 4e régiment blindé doit progresser plus au nord de Pont-à-Mousson pour atteindre Nancy depuis l'Est. Mais sans reconnaissance et sans préparation préliminaire d'artillerie, cette première tentative du 7 septembre est un échec. Après d'apparents succès, l'ennemi contre-attaque et rejette les troupes américaines sur leurs positions de départ. A Toul, les défenseurs allemands reculent pas à pas pour atteindre une ligne défensive. Grâce au renfort progressif de ses forces, Patton planifie une seconde tentative pour franchir la Moselle. Moins précipitée que la précédente initiative, elle se traduit par un vaste mouvement offensif qui répond à trois objectifs : briser la résistance allemande, franchir d'un bond la Moselle et occuper les collines, et enfin atteindre Château-Salins (centre ferroviaire important dans la région).


Bien qu'appuyée par la Résistance, et l'US Air Force, la progression alliée est lente et particulièrement meurtrière. Le 10 septembre, les bombardiers américains détruisent un pont à Custines pour empêcher les renforts ennemis d'atteindre le secteur de Nancy. En dépit d'accrochages sérieux comme celui de Gondreville, les Américains se rapprochent de Nancy. Le 13 septembre, les combats d'une extrême violence opposant artillerie et blindés se déroulent dans le secteur de Sainte-Geneviève et Loisy. Le même jour, la 35e division d'infanterie américaine du général Baade progresse vers le sud et des éléments de la 4e division blindée parviennent  à franchir la Moselle et canal de l'Est entre Crévéchamps et Bayon. Pour Patton, la prise de Nancy représente un enjeu stratégique primordial, de façon à contourner au sud les forces ennemies stationnées sur le front Metz-Thionville et à forcer le passage entre la 1re et la 9e armées allemande, en direction de la Sarre. Menacés d'encerclement, les Allemands évacuent Nancy alors que demeure un contingent de 2000 hommes aguerris pour tenir l'agglomération et ses abords.

Au matin du 14 septembre, le commandement FFI déclenche l'action insurrectionnelle depuis son quartier général de la laiterie Saint-Hubert. Partout, des proclamations sont affichées dans les rues. Le 15, les FFI prennent possession des services publics. A cet instant, trois colonnes américaines guidées par des FFI, progressent jusqu'à la place Stanislas où la foule afflue et congratule ces soldats venus d'outre-Atlantique. Les FFI s'emploient à chasser les derniers Allemands des quartiers du canal et la Meurthe, puis, le 16, libèrent Saint Max et Malzéville.

Le 25 septembre, la capitale des ducs de Lorraine, dont la croix à deux branches est devenue le symbole de la France Libre, réserve un accueil enthousiaste au général de Gaulle. Malgré une pluie incessante, la foule se presse devant l'homme du 18 juin et les 2000 maquisards qui défilent. Depuis le balcon de l'hôtel de ville, avec à ses côtés Maurice Schumann, le chroniqueur de la radio de Londres, le chef du gouvernement affirme sa volonté de conduire la France à la victoire, dans l'ordre républicain rétabli.
Au lendemain de la perte de Nancy, Hitler et haut commandement de la Wehrmacht (OKW) veulent déployer une offensive de grande ampleur. Mais en raison de l'insuffisance des renforts reçus, Blaskowitz suggère une opération plus limitée. Finalement, les Allemands s'accrochent au terrain difficile du Grand Couronné pour freiner l'avance américaine sur Château-Salins. Jusqu'au 19-20 septembre, la résistance est acharnée ; c'est ainsi qu'Agincourt change de mains à quatre reprises en deux jours.
Après de rudes affrontements, les deux armées ont besoin de se renforcer. Depuis le début du mois, la 3e armée américaine a perdu en Lorraine près de 300 chars, et les Allemands près de 500 chars. La résistance inattendue de la Wehrmacht a porté des coups terribles aux Américains. C'est alors que pour des raisons stratégiques et logistiques, le haut commandement allié suspend sa progression sur l'ensemble du front occidental. C'est la "pause d'octobre" que les Allemands mettent à profit pour organiser la défense de la frontière, de la Moselle aux Vosges, faisant peser sur les populations de nouvelles menaces. Tous les hommes sont requis tandis que se multiplient les arrestations et les exactions.
À la fin d'octobre, l'offensive reprend. Le 31, c'est la 2e DB qui entre dans Baccarat. Le 20 novembre, les Américains défilent à Metz. Le département est désormais libre. Mais en Lorraine, il faut panser ses plaies et oublier quatre ans d'occupation et les violents combats pour la libération. On recense ainsi entre 250 et 300 résistants tués auxquels s'ajoutent plus de 1200 victimes civiles. Par ailleurs, des milliers de personnes ont été déplacées ou sinistrées. Le mauvais état des voies de communication freine le retour à une vie économique normale. Aussi, un rationnement strict est maintenu et le marché noir sévit toujours.
Peu à peu, des comités locaux de libération se mettent en place. Tous s'emploient à rassurer les populations, tout en veillant à garantir l'ordre public et le ravitaillement. À Nancy, la délégation spéciale est conduite par l'architecte Jean Prouvé. Cependant, la reprise de la vie administrative et matérielle s’avère difficile. Le 24 novembre, Gabriel Hocquard, maire de Metz jusqu’en 1940, revient dans la ville libérée pour y reprendre ses fonctions. Le préfet Rebourset, nommé à la tête du département de Moselle le 5 septembre, rejoint Metz le 21 ; il ne peut s’installer dans une préfecture qui a subi des dégâts importants. Il en est de même au palais du gouverneur, pour le général Dody venu de Verdun le même jour. En liaison avec les Américains, toutes les autorités auront fort à faire, dans une ville isolée et manquant de tout : ravitaillement, transport, charbon, électricité, gaz et eau... Mais enfin libérés, les Lorrains peuvent désormais s’atteler à la reconstruction.

  • Nancy, place Stanislas, visite du général de Gaulle dans la ville libérée, 25 septembre 1944. Copyright collection particulière.

  • La ville d'Epinal en ruines après les combats de la libération. Fin septembre 1944. Copyright collection particulière.

  • La ville d'Epinal en ruines après les combats de la libération. Fin septembre 1944. Copyright collection particulière.

  • Pièce de 87mm américaine en batterie contre la préfecture de Metz où les Allemands sont retranchés, novembre 1944. Copyright collection particulière.

  • Devant un abri marqué par une grande flèche blanche, des prisonniers allemands sous la surveillance de soldats américains, Metz, 22 novembre 1944. Copyright collection particulière.

  • Metz en ruines après les combats de la libération, 22 novembre 1944. Copyright collection particulière.

  • Distribution de vivres à la population civile, Metz, 22 novembre 1944. Copyright collection particulière.

  • Metz, 29 novembre 1944, place d'armes. Soldats du 20e corps d'armée de la 3e armée du général Patton. Copyright collection particulière.

  • Metz, 29 novembre 1944, place d'armes. Soldats français du 8e bataillon de chasseurs à pied. Copyright collection particulière.

  • Morsbach, 9 décembre 1944. Canon anti-char en batterie, à 2,5km de Forbach, toujours tenue par les Allemands. Copyright collection particulière.

  • Morsbach, 9 décembre 1944. Les civils assemblés voient des soldats français (du 8e bataillon de chasseurs à pieds) pour la première fois depuis juin 1940. Copyright collection particulière.

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