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Juin 1944 : Plan "Overlord"

Nom de code des opérations de débarquement en Normandie.

C'est le nom de code des opérations de débarquement en Normandie.

 

Début juin 1944, la BBC avertit la Résistance française que le débarquement allié est imminent grâce à ce message codé : "Les sanglots longs des violons de l'automne" (Verlaine - Chanson d'Automne). Le 5 juin, elle annonce l'opération elle-même par la suite de la première stance : "Blessent mon coeur d'une langueur monotone" et donne ainsi le signal à la Résistance de désorganiser immédiatement les voies de communication et les arrières de l'ennemi.

 

5 juin 1944


L'Opération « Neptune » débute à 22 h 00. Formation des cinq forces d'assaut au départ de l'Angleterre en convois (6 939 navires) et traversée de la Manche pour 130 000 hommes dans les couloirs déminés.

Composition : 1 division d'assaut par plage et 2 forces de renfort dites de "suite immédiate" par secteur (U et O pour les Américains, G, J et S pour les Britanniques et les Canadiens).

 

Mustangs P51 modèle D des escadrons de chasse américains. Source : U.S. federal government, libre de droit.

 

 

 

6 juin 1944


Opération de débarquement.

Préparation aérienne (0 h 05) : bombardement des batteries côtières entre le Havre et Cherbourg. Intervention des divisions aéroportées : 82e et 101e américaines : 15 500 hommes, 1 682 avions et 512 planeurs Objectifs : - assurer une tête de pont sur la rive Ouest du Merderet, - Prendre Sainte-Mère-Eglise, Beuzeville, Pont-l'Abbé, - Neutraliser l'espace compris entre l'Orne et la Dives, - S'emparer de la batterie de Merville et des ponts désignés. - 0 h 10 : Parachutage des éclaireurs. - 0 h 20 à 0 h 40 : Opérations "commandos" par les planeurs de la 6e Division aéroportée sur les ponts, dont celui de "Pegasus Bridge", sur l'Orne et sur la batterie de Merville. - 1 h à 2 h 30 : Parachutages par vagues successives des régiments et brigades constituant les divisions américaines et anglaises. - 3 h 20 : Arrivée du matériel lourd et des renforts par planeurs. - 4 h 30 : Prise de Sainte-Mère-Eglise par la 82e Division américaine (505e régiment).

 

 

Bombardement naval

 

- 5 h 50 : Début du "tir d'arrosage" des positions allemandes jusqu'à l'approche des péniches et bateaux de débarquement.

 

L'USS Nevada bombardant des positions allemandes près d'Utah Beach le 6 juin. Source : U.S. federal government, libre de droit.

 

 

Bombardement aérien


- 6 h 00 : Passages des bombardiers lourds et moyens sur les fortifications de la côte normande ( 1 333 bombardiers - 5 316 tonnes de bombes) Arrêt des bombardements 5 minutes avant l'heure H.

 

Débarquement des troupes

 

- 6 h 30 : "Heure H" pour les Américains (Utah et Omaha).

- 7 h 10 : Attaque par le 2e Bataillon de Rangers de la Pointe du Hoc.

- 7 h 30 : "Heure H" pour les Britanniques (Gold et Sword).

- 8 h 00 : "Heure H" pour les Canadiens (Juno). Déferlement par vagues successives des unités d'assaut, de déminage, d'artillerie, etc...

 

 

Objectifs fixés


UTAH : assurer une tête de pont entre Quineville et Sainte-Marie-du Mont. Faire la jonction avec les 82e et 101e divisions aéroportées.

OMAHA : atteindre la ligne Isigny-Trévières-Vaucelles. Neutraliser la batterie de la Pointe du Hoc.

 

Ohama Beach le 6 juin 1944. Source : National Archives USA, libre de droit.

 


GOLD : atteindre la nationale 13 et prendre Bayeux. Faire la jonction avec la 3e division canadienne à l'Est et les troupes américaines à l'Ouest.

JUNO : assurer une tête de pont en profondeur comprenant les hauteurs de Caen et Carpiquet. SWORD : s'emparer de Caen. Faire la jonction avec la 6e Division aéroportée.

 

L'infanterie canadienne débarque sur la plage de Juno Beach et marche en direction de Bernières-sur-Mer, le 6 juin 1944. Source Archives Nationales du Canada.



A la fin du Jour J, les armées alliées ont débarqué plus de 135 000 hommes et constitué des têtes de pont variables en profondeur, le long des côtes normandes. Dans les différents secteurs, les objectifs désignés n'ont pas tous été atteints et la situation reste précaire à Omaha. Certaines positions allemandes résistent, un travail énorme reste à faire pour consolider le front. Les pertes importantes en hommes, dépassant le chiffre de 10 000 (tués, blessés ou disparus), sont cependant inférieures aux prévisions. Le 6 juin 1944 restera à jamais une date mémorable dans l'Histoire de la Libération de la France et de l'Europe.

 

Véhicules et navires alliés au lendemain du débarquement. Source : National Archives USA, libre de droit.

 

 

sites internet externes :

Overlord 44

Dday_overlord

Source : MINDEF/SGA/DMPA

Août 1944 : le débarquement de Provence

 

 Débarquement et libération

 

 Dès la conférence de Québec (août 1943), un plan américain de débarquement en Provence, complémentaire de celui de Normandie, a été étudié.

 

Lors de la conférence de Téhéran (novembre 1943), Staline s'est montré d'accord avec ce plan dont l'application soulagerait d'autant le front soviétique. Churchill y est opposé, lui préférant la priorité aux opérations déjà engagées en Italie, pour attaquer directement le Reich par le sud. C'est finalement le président Roosevelt qui tranche, en faveur de la solution américaine.

 

Ce sera l'opération Anvil, rebaptisée Dragoon, qui a pour buts de fixer des troupes ennemies, de disposer de ports en eau profonde, de protéger ensuite le flanc droit de l'armée américaine venant de Normandie. La présence des hauts-fonds, la disposition des batteries ennemies, ont déterminé le choix des plages du débarquement.

Le jour J a été fixé au 15 août 1944.

 

Carte du débarquement et bataille de Provence 15-28 août 1944. DR

 

 

Le commandant suprême du théâtre d'opérations méditerranéen est alors le général britannique Wilson. La 7e armée américaine, que commande le général Patch, va constituer le corps expéditionnaire. Elle est composée du 6e corps d'armée (général Truscott) et d'une division aéroportée (général Frederick). Elle comprend également l'armée B placée sous les ordres du général de Lattre de Tassigny, officier déjà auréolé d'une légende de fonceur et d'homme de panache. Pour la suite des événements, de Lattre a aussi un avantage : il a conscience du rôle que peuvent jouer les maquisards.

 

 

Le général de Lattre, le général de Larminat et des officiers d'état-major<br>sur le bateau qui les amène en France. Source : SHD

 

 

 

Un compromis a précisé la situation des troupes françaises : le général Patch les commandera lors de la première phase de l'opération, le général de Lattre en assumera le commandement tactique dès leur engagement. L'armée B regroupe cinq divisions d'infanterie, deux divisions blindées (la lre et la 5e), deux groupements de tabors et plusieurs éléments de réserve non endivisionnés. S'y retrouvent les combattants du corps expéditionnaire qui s'est couvert de gloire en Italie et des soldats fraîchement embarqués en Afrique du Nord : Français de souche, soldats musulmans d'Algérie, de Tunisie, du Maroc, troupes venues d'Afrique Occidentale française, d'Afrique Equatoriale française, etc.

 

600 bateaux de transport, 1 270 péniches, vont faire débarquer cette force terrestre sous la protection de 250 navires de guerre (dont 14 français) constituant la "Naval Western Task Force" de l'amiral américain Hewitt, appuyée par les avions de la "Mediterranean Allied Air Force" (2 000 appareils) du général américain Eaker.

 

 

Août 1944. Débarquement allié sur la Plage de Dramon. Source : Photo Wikipedia libre de droit

 

 

Du côté allemand, les 8 divisions de la XIXe armée, commandée par le général Wiese dont le Q.G. est à Avignon, sont en état d'alerte depuis la deuxième semaine d'août. Ayant réuni au large de la Corse des navires venus en dix convois, pour des raisons stratégiques, de ports aussi éloignés les uns des autres qu'Oran, Naples ou Tarente, la flotte alliée s'est d'abord dirigée vers Gênes pour tromper l'adversaire. Mais, le 14 au soir, elle met le cap sur la côte provençale.

 

Ce même soir, les Forces Françaises de l'Intérieur reçoivent de Londres trois messages dont le dernier, "le chef est affamé", signifie le lancement des opérations.

 

Le 15 août, peu après minuit, la "lst Special Service Force" (colonel Walker) neutralise les batteries des îles d'Hyères, tandis que les commandos d'Afrique (colonel Bouvet) atteignent la côte près du cap Nègre dont ils vont s'emparer.

Le groupe naval d'assaut (commandant Seriot), arrivé à la pointe de l'Esquillon, se heurte aux champs de mines du Trayas. Vers 4 heures du matin, 400 avions larguent au-dessus de la vallée de l'Argens plus de 5 000 parachutistes alliés, tandis que des renforts et du matériel arrivent par planeurs (10 000 parachutistes au total seront à pied d'oeuvre à la fin de la journée).

 

 

 

 

Au cours du débarquement de Provence, ces troupes furent parachutées derrière les lignes allemandes, dans le sud de la France. Source : SHD

 

 

Avec l'aide des résistants locaux, ils vont verrouiller les voies d'accès aux zones de débarquement. A l'aube, un terrible bombardement aérien et naval s'abat sur la côte, écrasant les positions allemandes tenues par la 242e division du général Basler.

 

A 8 heures du matin, les vagues d'assaut américaines des 3e DIUS (général O'Daniel), 36e DIUS (général Dahlquist) et 45e DIUS (général Eagles) s'élancent des péniches de débarquement pour prendre pied, entre Cavalaire et Saint-Raphaël, sur les plages aux noms de code respectifs d'Alpha, de Camel et de Delta.

 

 

Les péniches de débarquement. Source : SHD

 



Parmi ces soldats se trouvent les Français du Combat Command 1 (CC1 ) du général Sudre. Au soir du 15 août, deux têtes de pont sont assurées de part et d'autre de Fréjus. Sur près de 100 000 hommes débarqués, on compte un millier de tués et disparus dans les rangs alliés. Le lendemain, le gros de l'armée B débarque : la 1re DFL à Cavalaire, la 3e DIA à la Foux... Le 17 août, de Lattre installe son PC à Cogolin.

 

                                

15 aout 1944. Débarquement des troupes franco-alliées sur la plage de Sainte-Maxime,                           

dans le sud de la France, à 56 kms de Cannes. Source : SHD La 5ème D.B. en vue des côtes

françaises de Provence. Source : SHD

La 5ème D.B. en vue des côtes françaises de Provence. Source : SHD

 

 

La stratégie a été fixée : les troupes américaines avanceront par la haute Provence vers l'Isère et la vallée du Rhône. Les Français prendront les ports de Toulon et de Marseille.

 

 



Débarquement des troupes alliées dans le sud de la France. Une unité de débarquement chargée de véhicules et de soldats approche d'une plage, à l'est de Toulon. Source : SHD

 

 

Le 17 août, en effet, Hitler a donné l'ordre à la XIXe armée allemande de remonter vers le nord : seules les divisions stationnées dans les deux grands ports devront résister à tout prix. La 11e Panzer division, partie le 13 août de la région de Toulouse pour initialement se porter au devant des troupes débarquées, sera harcelée par les maquisards de l'Hérault et du Gard, attaquée par l'aviation américaine, et, durement éprouvée, remontera vers le nord sans avoir accompli sa mission.

 

Le 18 août, la zone occupée par les Alliés atteint 30 km de profondeur. La veille, 130 B26 ont à nouveau bombardé les défenses côtières. La 3e DIUS entre dans Cuers, Castellane... Les Américains poursuivront désormais leur route vers la Durance. Une partie de la "1st Spécial Service Force", aux côtés des FFI, refoulera d'autres unités allemandes vers les Alpes en libérant les villes de la Côte d'Azur. De Lattre veut aller vite : il faut déborder l'ennemi sans lui laisser le temps d'assurer ses positions. Mais la logistique doit aussi être prise en compte : sur les côtes, les navires débitent lentement hommes et matériels. Il décide que le rassemblement se fera en avant, les unités étant envoyées vers la zone des combats au fur et à mesure de leur arrivée.



La lre DFL (général Brosset), qui prendra Hyères, progressera par la côte et la 9e DIC (général Magnan) manoeuvrera par la montagne. La 3e DIA (général de Monsabert) prendra Toulon à revers et avancera vers Marseille. Les opérations seront soutenues par l'artillerie des navires.

 

A Toulon, la garnison allemande s'est renforcée de la 242e division, repliée dans le port : au total, près de 25 000 hommes sous le commandement de l'amiral Ruhfus, commandant de la Kriegsmarine en Provence. Du côté allié, de Lattre ne dispose alors que d'environ 16 000 hommes. Le 19 août, le 3e RTA (colonel de Linarès) est aux abords de la ville. La 9e DIC est progressivement engagée sur un axe Pierrefeu-Toulon, appuyée par des éléments de la 1re DB (général du Vigier).

 

Ce même jour, après avoir pris d'assaut la batterie de Maurannes, les commandos d'Afrique s'emparent du Coudon ; les jours suivants, c'est au tour du bataillon de choc (colonel Gambiez) d'enlever le Faron, ces deux forts dominant la rade de Toulon. Les 22 et 23 août, la 9e DIC et la lre DFL combattent dans la ville : "Marsouins", Algériens, Sénégalais, Français Libres, rivalisent de courage pour progresser.

 

 

Libération de Toulon. Une toulonnaise, vibrante de joie, signale au conducteur français du char d'écraser l'emblème à croix gammée. Source : SHD

 


La garnison allemande se réfugie dans la presqu'île de Saint-Mandrier que défend une batterie de 340 : elle y résistera jusqu'au 28 août, alors qu'un défilé victorieux s'est déjà déroulé la veille dans la ville en liesse.

 

 

Libération de Toulon. Le défilé des F.F.I. A droite : M. Diethelm, le général de Lattre et le général Cochet. Source : SHD

 

 


De Lattre a prévu l'attaque sur Marseille dès la prise de Toulon, espérée aux alentours des 22-23 août. Mais les combats se poursuivant dans cette dernière ville, il faut brusquer les événements. Le général de Monsabert décide de surprendre l'ennemi. Le 21 août, l'insurrection a éclaté dans Marseille : les FFI affrontent les troupes allemandes.

 

 

Les combattants des FFI pendant la libération de Marseille. Source : SHD

 

 

Le 22 août, le 7e RTA est au Plan de L'Aigle, tandis que le GTM du colonel Le Blanc ferme la route d'Aix. Aubagne, Géménos, ont été le cadre de violents accrochages. Les Tabors du général Guillaume encerclent Marseille. Le 23, le 7e RTA et les résistants lancent les combats dans la ville insurgée. Une tentative de pourparlers avec le commandement allemand n'aboutit pas. Le 25 août, 3e et 7e RTA, CCI, FFI, avancent vers Notre-Dame de la Garde.

 

 

Libération de Marseille. Eléments du 3e R.T.A. acclamés par la population marseillaise. Source : SHD

 



Les pertes sont sévères, mais les points d'appuis ennemis tombent peu à peu. Le 27 août, le 1er Tabor marocain s'empare du fort Saint-Nicolas.

 

 

Libération de Marseille. Progression des goumiers marocains à Marseille. Source : SHD

 



Le 28, le général de Monsabert reçoit du général Schaeffer, commandant la 244e division allemande, l'acte de capitulation.

 

Ce même jour, à Toulon, l'amiral Ruhfus se rend au commandant de la 9e DIC. La capture des deux grands ports s'est faite avec un mois d'avance sur les prévisions. Marseille et Toulon vont jouer, jusqu'à la victoire, un rôle précieux pour le ravitaillement des armées alliées : plus de 900 000 hommes, 4 millions de tonnes de matériel, y transiteront.

 

Parallèlement, dans l'arrière-pays, les forces de la Résistance ont pris l'offensive : par des sabotages, des actions de guérilla, les maquisards harcèlent la retraite ennemie. Les Français vont pouvoir rejoindre les Américains et entamer la poursuite de la XIXe armée allemande : dès le 15 août, des éléments de la lre DB ont atteint Avignon.

 

 

Libération d'Avignon. La foule s'amasse dans l'attente des libérateurs. Source : SHD

 

 



Le 28 août, de Lattre envoie un télégramme au général de Gaulle : "... aujourd'hui J+13, dans le secteur de mon armée, il ne reste plus un Allemand autre que mort ou captif". La Provence est libérée.

 

 

Aout 1944. Libération de Marseille. Le maréchal de Lattre salue les combattants. Source : SHD

 


Entre le 5 et le 25 septembre, la deuxième vague de l'armée française aux ordres du général Béthouart (2e DIM, 5e DB, etc.) débarque à son tour et va rejoindre les unités de la première vague. Dans les Alpes-Maritimes, Américains et Résistants poursuivront les combats durant l'automne. Après de durs affrontements dans le massif de l'Authion, la lre DFL réduira les dernières poches ennemies (Saorge, Fontan...) en avril 1945.

 

De ces événements, il ne reste souvent que la mémoire, matérialisée par les plaques et les monuments qui, de Villecroze à Cogolin, d'Allauch au Thoron, rappellent aux yeux de tous les actions d'éclat ou les fusillades, les victimes civiles et militaires. Le promeneur retrouvera aussi le souvenir du débarquement dans les vestiges des fortifications qui ponctuent la côte. Il pourra aussi se rendre au mémorial du Mont-Faron, inauguré le 15 août 1964 par le général de Gaulle, Président de la République. Sur deux niveaux sont présentés l'historique des combats, grâce à l'audio-visuel et aux expositions, des objets ainsi que des documents personnels ayant appartenu aux protagonistes.

 

Le mémorial du Mont Faron. Source : Photo Jean-Noël Liabeuf

 

 

Les cimetières nationaux :


Trois cimetières nationaux ont recueilli les corps des militaires de l'armée française tombés au cours de la bataille de Provence. A l'issu des combats d'août 1944, les morts furent enterrés sur place ou inhumés dans les cimetières communaux de divers villages et villes de Provence. Au Rayol-Canadel (Var), les membres du commando Texier tombés lors de l'assaut du Cap Nègre furent inhumés dans un terrain aménagé dès 1946 en petit cimetière.

 

Celui-ci étant susceptible d'être supprimé, le maire de la commune, M. Gola, et le général Bouvet, ancien chef des Commandos d'Afrique, intervinrent auprès de M. Jacquinot, ministre des Anciens Combattants, qui décida, en août 1950, de maintenir sur place les tombes et d'en faire ultérieurement un cimetière national. Cinq tombes in memoriam évoquent les soldats du commando dont les corps ont été restitués aux familles.

 



Dès 1955, un vaste projet de regroupement des corps des militaires tués dans le Midi de la France en 1939-1945 fut étudié. Parallèlement, le général Koenig demandait la réalisation d'un cimetière commémorant le débarquement de Provence. La création fut décidée en mars 1960, M. Triboulet, ministre des Anciens Combattants acceptant le don de la municipalité de Saint-Raphaël d'un terrain à Boulouris. Les travaux se déroulèrent en 1962 et 1963. En mars 1964 commencèrent les opérations de regroupement de 464 corps exhumés de cimetières communaux du Var : Draguignan, Toulon, Hyères, Solliès-Pont, etc.

 

Le 15 août 1964, jour du 20e anniversaire du débarquement, le général de Gaulle, Président de la République, inaugura le cimetière national. En 1957, le choix d'un grand cimetière national du Sud-Est de la France s'était arrêté sur le site de Luynes à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

Les travaux commencèrent en 1965, visant à regrouper les corps de militaires décédés au cours des deux guerres mondiales et inhumés dans des cimetières communaux. Les opérations s'étalèrent en 1967 et 1968 sur 9 départements : Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Var, Alpes de Haute-Provence, Alpes-Maritimes.

 

Les corps réclamés par les familles furent restitués tandis que les autres, 11 424 dont 3 077 de la guerre 1939-1945, étaient réinhumés à Luynes. Le ministre des Anciens Combattants, M. Duvillard, inaugura le nouveau cimetière le 27 septembre 1969. A Luynes et à Boulouris, chaque sépulture est marquée par un pupitre en béton blanc grésé, pourvu d'une plaque individuelle et gravé d'un symbole confessionnel selon les cultes.

 

Ces trois cimetières sont entretenus à perpétuité aux frais de l'Etat.

 

 

site internet externe : Office de tourisme de Toulon

Source : MINDEF/SGA/DMPA

La guerre 39-45 dans le Nord

Les contrées du Nord de la France ont vu se succéder trois types d'événements qui ont meurtri tant les terres que les hommes de ce pays :

 

- Les combats de mai-juin 1940,

- Les actes de résistance, plus précoces que dans le reste de la France,

- Les constitutions d'ouvrages intéressant le Mur de l'Atlantique.

 

Nord de la France - Mur de l'Atlantique, bunkers. Source : German Federal Archive (Deutsches Bundesarchiv)

 


 

Dès le 13 mai, la 7ème Panzer d'Erwin Rommel réussit sa percée du front. Le 16, Avesnes et Maubeuge sont atteintes, tandis qu'en provenance de la Meuse, la 6ème Panzer se trouve le même jour entre Vervins et Laon. Dans la région de Sedan - Charleville, les blindés de Guderian passent en force et s'ouvrent les couloirs de la Sambre et de l'Oise. Les Néerlandais ayant déposé les armes le 15 mai, les Allemands étant aussi sur l'Aisne le 16 mai, les forces françaises et alliées en Belgique étaient menacées par le mouvement tournant qui s'opérait alors depuis le sud-est vers le nord-ouest. Péronne, Cambrai puis Abbeville tombent.

 

Heinz Guderian. Source : German Federal Archive (Deutsches Bundesarchiv)

 



La contre-attaque alliée entre Cambrai et Arras se solde par un échec. La retraite vers la mer du Nord se précise. Les batailles acharnées à Valenciennes, Lille et les communes environnantes , à Haubourdin, Phalempin, Loos, Lambersart ne retardent que faiblement l'ennemi. Le repli vers Dunkerque s'opère inéluctablement, Lille et Boulogne étant perdues. Dans ces conditions, l'armée Belge enserrée capitule le 28 mai, jour même du massacre des troupes Britanniques par les Allemands à Lestrem. C'est alors le temps fort de l'opération Dynamo, dont le but était de permettre le sauvetage par rembarquement des Britanniques et de l'armée française du Nord.



Dynamo a été décidée le 19 mai et s'est déroulée, après un arrêt momentané des chars allemands du 24 au 26 mai, du 26 mai au 4 juin. La retraite se déroule le long de la côte pour les villages des Flandres des environs de Gravelines, Bourbourg, Bergues et Dunkerque. A Gravelines, devant le pont mobile Vauban, fermé par les Alliés, les réfugiés Belges sont pris entre deux feux le 24 mai. A Esquelbecq le 28 mai, des Waffen S.S. assassinent les prisonniers Britanniques qui leur ont vaillamment résisté avant de se rendre. A Bergues, les Britanniques jusqu'au 1er juin et les Français jusqu'au 2 juin, tiennent sous les bombardements. A Zuydcoote au Sanatorium, on soigna des milliers de soldats alliés en pleine bataille jusqu'au 4 juin. Le fort des Dunes tout proche, fortification à la Séré de Rivières, vit le 2 juin la mort de l'intrépide Général Janssen. Plus près de Dunkerque, ce fut sur la digue de Malo que de petites embarcations, les "little ships", assurèrent l'embarquement des soldats sur les navires restés plus au large. Le 4 juin, peu avant l'aube les derniers embarquements ont lieu. Le même jour, dans Dunkerque qui n'est plus que ruines, 35 000 soldats français sont faits prisonniers mais près de 340 000 alliés dont 123 000 français ont réussi à être évacués. Ensuite, tout le Nord de la France étant occupé, ce qu'il restera jusqu'en 1944 et même jusqu'au 9 mai 1945 pour Dunkerque, les armées allemandes envahirent le Sud.


Sous l'occupation allemande, le Nord-Pas de Calais fut marqué d'une part par le rattachement au commandement militaire allemand de Bruxelles, d'autre part par le terrible souvenir de l'occupation de la précédente guerre, ravivé par les exactions qui s'étaient notamment produites en mai 1940 à Oignies, Lestrem et Esquelbecq, enfin par la misère et l'exploitation des mines et des mineurs par l'occupant.

 

Dans ce contexte, la Résistance se développa plus vite qu'ailleurs en France, et la mémoire du Bassin Minier et des exécutions dans les forts environnant Lille et dans la citadelle d'Arras doit ici être soulignée. Peu avant la libération, d'autres événements terribles ont lieu, ainsi à Ascq et à Lomme, non loin de Loos, oû stationne un train de sinistre mémoire. De nombreux mémoriaux perpétuent le souvenir des héros et des victimes innocentes.


Pendant l'occupation, l'armée allemande, dont le centre de détection des messages de la Résistance installée à Tourcoing était pourtant efficient, renforça le littoral qu'elle croyait être celui du débarquement en y édifiant un véritable "mur" de l'Atlantique. Plusieurs ouvrages côtiers ou de l'immédiat arrière-pays témoignent aujourd'hui encore de ce que fut l'organisation systématique de cette défense mais aussi des ultimes tentatives hitlériennes de terroriser les Britanniques en faisant bombarder l'Angleterre par des obus de canons géants ou des fusées V1 et V2.

 

 

Source : MINDEF/SGA/DMPA territoire Nord

Pierre Chaillet, jésuite atypique

 

Une grande figure de la Résistance

 

Etonnante histoire que celle de ce jésuite, l'une des figures de proue de la Résistance, à la fois professeur, théologien, agent du 5e bureau, fondateur d'un réseau de résistance spirituelle et d'une organisation oecuménique d'aide aux victimes du nazisme, président du Comité des oeuvres sociales de la Résistance, patron de presse, « Juste parmi les Nations » : Pierre Chaillet (1) a été tout cela.

 

C'est à Budapest que Pierre Chaillet apprend la signature de l'armistice. En novembre 1939, le 5e bureau de l'État-major de l'armée l'avait envoyé en Hongrie sous couvert de conférences de propagande française (2). Mais l'appel du général de Gaulle lui donne espoir : "Le cauchemar était dissipé"...

 

Dans les plis du drapeau en berne, passait le chant d'un nouveau départ » (3). Une bataille perdue n'enlevait rien à la justice d'une cause et, aux yeux du jésuite, sa mission devait continuer. Bien décidé à regagner la France, il arrive à Marseille le 28 décembre 1940 après un périple qui l'a conduit d'Istanbul à la Syrie et à Beyrouth, où il embarque sur un bateau envoyé de France. À peine débarqué, il part rendre compte de sa mission à Vichy. Très vite, il quitte la ville muni de nouveaux documents. « Étant recherché par la Gestapo en raison de ses activités en Europe centrale, le sergent Chaillet a reçu l'identité auxiliaire de "Charlier Prosper", sous laquelle il a été démobilisé à Lyon » (4).

 

 

L'itinéraire de Pierre Chaillet

 

Portrait de Pierre Chaillet


 

 

Né dans une famille de fermiers, Pierre Chaillet a été très marqué par ses origines franc-comtoises. Chaque matin, le jeune garçon accompagnait sa mère à la messe avant de se rendre à l'école communale où l'instituteur inculquait à ses élèves un patriotisme ardent, renforcé par l'annexion de l'Alsace-Lorraine toute proche.

 

Quand il entre au noviciat de la Compagnie de Jésus en 1923, Chaillet a déjà fait plusieurs années d'études aux séminaires de son diocèse. Il est ordonné prêtre en août 1931. Au cours des années 1930, il poursuit sa formation ignatienne, à Alger comme professeur, à Lyon où il enseigne la théologie fondamentale, à l'étranger : Allemagne, Autriche, Europe Centrale, Rome, où il fait sa profession religieuse de jésuite en 1937. Il quitte Rome avec soulagement car, écrit-il, « l'atmosphère fasciste devient de plus en plus irrespirable » (5). Excellent germaniste, il oriente ses recherches vers l'étude de l'école de Tubingen, courant théologique novateur du XIXe siècle, et de son chef Jean-Adam Möehler. Jusqu'à l'entrée en guerre, il se consacre à des travaux sur ce grand ecclésiologue allemand - articles, ouvrage, conférences - . Ses voyages à travers l'Europe centrale et balkanique lui font prendre conscience de la séparation des Églises chrétiennes. De retour à Lyon, il rejoint les pionniers du mouvement oecuménique. Ses nombreux séjours en Allemagne et en Autriche le confirment dans sa prise de conscience des dangers de l'idéologie nazie. En 1946, il écrit : « Je connaissais dès ses débuts le nazisme, et son monstrueux défi... J'avais tenté avant la guerre par des articles et des conférences de troubler la quiétude des aveugles et des ignorants... » (6).

 

 

L'engagement résistant


 

De la colline de Fourvière où il a repris son enseignement, « M. Charlier » descend à Lyon en clergyman, en quête de complicités résistantes. La ville semble assoupie dans le pétainisme ambiant ; mais déjà se cherchent les pionniers de la dissidence. Une tâche s'impose au religieux : arracher le pays à sa torpeur, rompre les silences complices et alerter les Français sur le mortel péril qui les menace. Sa rencontre avec le capitaine Frenay l'oriente vers la presse souterraine. Il donne des chroniques religieuses pour les feuilles clandestines Petites Ailes, puis Vérités, sous le pseudonyme de Testis. Ces articles s'adressent « aux consciences chrétiennes pour leur montrer le vrai visage du national-socialisme » (7). Lorsque Henri Frenay et François de Menthon s'associent pour fonder le journal Combat, le jésuite se retire et, avec l'aide de Frenay, lance un premier numéro des Cahiers du Témoignage chrétien. Désormais cette aventure sera indépendante. Ce qui n'empêchera pas l'ex-agent du 5e bureau d'avoir des contacts discrets avec de nombreux dirigeants d'autres mouvements et des agents parachutés d'Angleterre. Toujours secret, « M. Charlier » n'en dira mot. C'est l'extraordinaire aventure du mouvement Témoignage chrétien qui fait du Père Chaillet ce résistant pour lequel Michel Debré déclarait que « l'histoire de France mérite de conserver le nom, tant il a compté dans la résistance spirituelle au poison nazi » (8).

 

 

«Nous ne pouvons pas ne pas en parler»

 

De 1941 à 1944, le jésuite va mener un double combat, celui de la vérité et de la charité. En novembre 1941, dans Lyon et la zone dite « libre », commencent à circuler à la barbe de la police, et par milliers, des brochures de 17 pages, sans nom d'auteur, au titre retentissant : France, prends garde de perdre ton âme. Cet opuscule, le premier des quatorze Cahiers du Témoignage chrétien que va diriger le Père Chaillet, est l'oeuvre d'un jésuite parisien, le Père Gaston Fessard, rédacteur à la revue Les Études. Son confrère Pierre Chaillet, l'audacieux fondateur et chef de file du mouvement, prend le risque de publier dans l'illégalité des textes anonymes sans imprimatur (9). Certes, tous les journaux clandestins ont fait le même choix, mais il convient de réaliser l'audace de ces jésuites rompus à l'obéissance à leurs supérieurs et à l'Église, qui, dans une situation exceptionnelle où les autorités religieuses se taisaient, ont obéi à leur conscience de chrétiens et se sont appuyés sur l'Évangile et les directives « doctrinales » de l'Église. Une nécessité s'imposait : non possumus non loqui (nous ne pouvons pas ne pas en parler). Dès ce premier opuscule, le nom original Cahier du témoignage catholique est modifié en Cahier du témoignage chrétien, car ce combat se veut oecuménique, manifeste conjoint des catholiques et des protestants. Ce premier cahier donne le ton de la lutte que va entreprendre une modeste poignée de théologiens auxquels s'associent quelques intellectuels chrétiens (10).

 

Dès le deuxième fascicule, paru en janvier 1941, Chaillet précise : « Comme Français et comme chrétiens, nous opposons au combat de Hitler notre Combat ». Face aux mensonges et aux camouflages quotidiens de la presse, de la radio, du cinéma, face au danger des silences imposés par une censure de l'occupant, se taire serait un reniement tandis que la liberté de la plume reste entière. Il importe, pour préserver les âmes des séductions perverses de la propagande nazie ou pro-nazie, de faire oeuvre indispensable de documentation et de dénoncer la Weltanschauung antisémite et néopaïenne. De plus, refusant l'enfermement à l'intérieur de l'hexagone, le Témoignage chrétien révèle, hors de nos frontières, les criminelles exactions. Deux exemples, un cahier de 60 pages consacré à l'Alsace-Lorraine et le cahier Défi qui dévoile le martyr de la Pologne. Pour le Témoignage chrétien, il s'agit d'un duel à mort entre la croix gammée et la croix du Christ mené avec « les armes de l'esprit ». Quatorze Cahiers (de 20, 30, 60 pages) et douze Courriers français du Témoignage chrétien sortiront régulièrement jusqu'au Courrier n° 13 qui sera distribué dans les rues de la capitale la veille de la Libération. Maurice Schumann écrit alors : « Mon Père, vous avez été notre dix-huit juin spirituel » (11).

 

 

L'aide apportée aux victimes du racisme et de la répression



Pierre Chaillet est aussi un témoin au service de la charité. Lui qui disait : « Nous sommes revenus à la loi de la jungle », a tout fait pour répondre par une charité active à l'inhumanité de la guerre en venant en aide à toutes les victimes du racisme et de la répression. Il s'associe à une oeuvre de solidarité initiée par l'abbé Glasberg, à caractère nettement interconfessionnel (catholiques, protestants, et dans les coulisses, des amis israélites) qui prend le nom d'Amitié chrétienne, organisme semi-officiel jusqu'à l'occupation complète de la France par les troupes allemandes. Le but : protéger et sauver tous ceux et celles, étrangers et juifs, que traquaient les polices de Vichy et des Allemands. Le 27 janvier 1943 au matin, le jésuite est arrêté à la permanence par des agents de la Gestapo, qui le conduisent, avec deux collaborateurs, à l'hôtel Terminus, dans une salle, le dos au mur. Le Père en profite pour avaler tous les papiers compromettants et réussit à se faire passer pour un pauvre curé de campagne. Il est relâché par les policiers ! L'association, devenue clandestine, poursuivra son oeuvre d'entraide et de secours jusqu'à la Libération. Quant au jésuite, nommé par le Comité français de Libération d'Alger à la tête du Comité des oeuvres sociales de la Résistance (COSOR) en février 1944, il gérera les oeuvres du comité jusqu'à sa mort. À la Libération, il est, pour quelques semaines, secrétaire d'État auprès du ministre de la santé. À ce titre, le 1er octobre, il prononce dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, un hommage à la mémoire des morts de la Résistance. Vite oublié, il revient sur le devant de la scène comme négociateur dans l'affaire Finally (12). Mais le silence se fait autour de lui. Jésuite, rebelle et fidèle, Pierre Chaillet demeure un témoin de la vérité et de la charité.



En décembre 1980, une place Pierre-Chaillet a été inaugurée dans le XIe arrondissement de Paris. En juillet 1981, à Jérusalem, le jésuite est reconnu comme « Juste parmi les nations ».

 



Notes

 

(1) 1900-1972

(2) En avril 1940, sur mandat de la légation de France, le Père Chaillet se rendit à Paris, pour prendre contact avec un général allemand, porte-parole d'une organisation d'officiers supérieurs antinazis, décidés à faire disparaître Hitler. L'émissaire allemand, qui se cachait dans la capitale, tentait en vain d'approcher un membre du gouvernement français. Le jésuite réussit à contacter le général et à le mettre en relation avec un haut fonctionnaire des Affaires étrangères, et repartit pour Budapest. Mais le brutal déclenchement de l'offensive allemande à l'Ouest le 10 mai interrompit tous pourparlers.

(3) Courrier français du Témoignage chrétien, premier numéro de l'hebdomadaire, 2 septembre 1944.

(4) " Attestation concernant le sergent Chaillet Pierre de la 7e Section d'infirmiers militaires ", signature illisible.

(5) Lettre au Père Henri de Lubac, 16 mai 1937, archives privées.

(6) Rapport du Père Chaillet s.j. Arch. priv.

(7) Henri Frenay, La nuit finira, Paris, Robert Laffont, 1973, p. 87.

(8) Michel Debré, Trois républiques pour une France, Mémoires, T. 1, Paris 1984, p. 272.

(9) Cf. Renée Bédarida, Pierre Chaillet, témoin de la résistance spirituelle, Paris Fayard, 1988, 330 p.

(10) Cf. François et Renée Bédarida, La résistance spirituelle 1941-1944, Les Cahiers clandestins du Témoignage chrétien, Paris, Albin Michel, 2001, 412p.

(11) Courrier français du Témoignage chrétien, n° 16, 16 septembre 1944.

(12) En 1945, deux garçons juifs sauvés de la déportation (alors que leurs parents périrent) par des catholiques grenoblois furent baptisés et soustraits aux demandes d'une tante juive. Pierre Chaillet, choisi comme négociateur, réussit à retrouver les enfants et à les confier à leur famille.

 

 

Source : Renée Bédarida, historienne, membre du mouvement de résistance du Témoignage chrétien. Revue "Les Chemins de la Mémoire n° 139 - mai 2004 pour Mindef/SGA/DMPA

Historique du RICM, le régiment le plus décoré de France

 

Le Régiment d'Infanterie - Chars de Marine, formation blindée et entièrement professionnalisée, est l'un des deux Régiments blindés de reconnaissance de la 9ième Brigade Légère Blindée de Marine.

 

Jeune Régiment, il naît à Rabat au Maroc au début du mois d'août 1914 sous l'appellation de 1er Régiment Mixte d'Infanterie Coloniale. En décembre, il devient le 1er Régiment de Marche d'Infanterie Coloniale. Le RICM, Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc est officiellement crée le 9 juin 1915. Le 17 août 1914, il débarque à Cette (ancien nom du port de Sète). Quatre années durant, il livre des combats qui feront de son emblème le plus décoré de l'armée française.

 

Le 24 octobre 1916, il écrit l'une des pages les plus glorieuses de son histoire lors de la prise du fort de Douaumont.

 

 

Le RICM à Douaumont. Source : Collection RICM

 

 

Le RICM dans les tranchées de Douaumont. Source : Collection RICM

 



Après plusieurs années d'occupation en Allemagne, le RICM retourne au Maroc en 1925 où le maréchal Lyautey l'a fait appeler. Dans le Rif marocain, ses opérations sont couronnées de succès. Il rejoint la France et Aix-en-Provence en 1932.

 

En 1939, il quitte Aix-en-Provence pour combattre aux avant-postes en Alsace. Défendant pied à pied le sol français, il perd les deux tiers de ses effectifs. Dissous après l'Armistice, il est reformé à Rabat en 1940. En 1943, il devient régiment blindé de reconnaissance de la 9ème DIC. Débarqué en Provence le 20 août 1944, il prend Toulon, Mulhouse et arrive sur le Rhin à Rosenau le 13 novembre 1944, le premier de toutes les armées alliées. Il atteint Constance quand a lieu la capitulation de l'Allemagne.

 

Le RICM à Rosenau. Source : Collection RICM

 


Pour le RICM, il n'est pas question de repos ; il débarque à Saigon le 4 novembre 1945. Partout en Indochine, le régiment se montre égal à lui-même au cours de dix années de combats incessants.

 

Patrouille fluviale en Indochine. Source : Collection RICM

 

 

Présent durant sept années en Algérie, le RICM s'est illustré lors des grandes opérations de l'Oranais et du maintien de l'intégrité du barrage algéro-marocain.


A la fin de l'année 1958, il change d'appellation et devient Régiment d'Infanterie - Chars de Marine. Le 22 janvier 1963, le RICM arrive à Vannes et s'installe au quartier Delestraint. En 1978, il obtient une 18ème Citation à l'ordre de l'Armée en participant aux opérations du Tchad et du Liban. Après deux nouveaux séjours à Beyrouth en 1982 et 1984, deux escadrons sont engagés au Moyen-Orient dans l'Opération Daguet en 1990-1991.

 

Dans le cadre des efforts de paix de l'ONU en ex-Yougoslavie, le RICM effectue deux mandats en 1992-1993, puis en 1995.

 

En 1994, le Régiment participe avec plus de la moitié de ses effectifs à l'Opération Turquoise déclenchée par la France au profit des populations du Rwanda. Durant l'été 1996, le RICM quitte Vannes et s'installe à Poitiers. Il part aussitôt pour un troisième mandat à Sarajevo en Bosnie, de septembre 1996 à février 1997. Puis en avril, un escadron participe à l'Opération Alba en Albanie jusqu'en juillet. De septembre 1997 à janvier 1998, le RICM met sur pied l'élément de réaction immédiate de la SFOR en Bosnie.

 

A partir de 1998, se succèdent l'Opération d'assistance militaire Aramis au Cameroun, la RCA pour un peloton du 2ème escadron, Djibouti pour les 1er, 2ème et 3ème Escadrons, la Côte d'Ivoire pour 2 pelotons et une partie de l'ECL, la Bosnie encore pour le 4ème Escadron, le Tchad pour le 1er Escadron, le Kosovo pour une SRR et la liste est toujours prête à s'allonger.

 

Ce siècle d'histoire s'achève pour le RICM à Mostar avec le Groupement Tactique Français.

 

Le RICM en opérations de débarquement. Source : Collection RICM

 

 

Le drapeau du RICM est l'emblème le plus décoré de l'armée française



Sur l'avers

République française Régiment d'Infanterie - Chars de Marine

 

Sur le revers

Honneur et Patrie

La Marne 1914-1918

Verdun-Douaumont 1916

La Malmaison 1917

Plessis de Roye 1918

L'Aisne - L'Ailette 1918

Champagne 1918

Argonne 1918

Maroc 1925-1926

Toulon 1944

Delle 1944

Kehl 1945

Indochine 1945-1954

 

Sur la cravate 

la Légion d'Honneur

la médaille militaire

la croix de guerre 1914-1918 avec 10 palmes

la croix de guerre 1939-1945 avec 2 palmes

la croix de guerre des T.O.E. avec 5 palmes

la croix de guerre de l'ordre Portugais de la Tour et de l'Epée

la cravate bleue de la "Distinguished Unit", inscription "Rosenau"

La croix de l'ordre du mérite chérifien

 

 

Hymne de l'Infanterie de Marine

 

Qu'ils soient fantassins, cavaliers, artilleurs ou tirailleurs, les régiments coloniaux ont été parmi les premiers à rejoindre la France Libre.

Outre les régiments de la 9° DIC, il y a le régiment de marche du Tchad (2° DB), le bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique (1° DFL) tous deux décorés de la croix de la Libération.

De son coté, le régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc, régiment blindé de la 9° DIC, est la formation la plus décorée de France.

Aux ordres du lieutenant colonel Le Puloch, le RICM participe à la prise de l'île d'Elbe en 1944 puis à la bataille de Toulon où l'un de ses détachements s'empare de la porte d'Italie et du fort Lamalque.

 

 

 

Site officiel du Régiment d'Infanterie Chars de Marine 

Source : RICM

Historique des tirailleurs sénégalais

 

 

Les tirailleurs sénégalais sont des troupes d'infanterie coloniale recrutées en Afrique subsaharienne. Les premiers soldats noirs à servir la France sont d'anciens esclaves de confiance, les "laptots", recrutés, au XVIIIe siècle, pour assurer la sécurité des navires de la Compagnie générale des Indes qui commerce avec l'Afrique.

 

Le corps des tirailleurs sénégalais est créé, en 1857, par un décret de Napoléon III. De cette date à leur suppression, dans les années 1960, les tirailleurs participent à toutes les campagnes coloniales menées par la France. Ils combattent en Afrique noire à la fin du XIXe siècle et 150 d'entre eux participent notamment à la mission Marchand (1896-1899), expédition française sur le Nil pour y contester l'hégémonie britannique. Ils interviennent encore au Maroc (1912-1934).

 

Tirailleurs sénégalais en 1915. Source : SHD

 

Les tirailleurs sénégalais jouent un rôle actif dans la défense ou la reconquête du territoire national lors des deux conflits mondiaux. Entre 1914 et 1918, sur les 161 250 tirailleurs recrutés, 134 000 interviennent sur différents théâtres d'opération, notamment aux Dardanelles et sur le front de France, à Verdun ou sur la Somme (1916), sur l'Aisne en 1917, tandis que les autres servent outre-mer comme troupe de souveraineté. Durant la Seconde Guerre mondiale, ils participent aussi bien à la bataille de France, en 1940, qu'à l'ensemble des combats menés par la France Libre, intervenant notamment au Gabon (1940), à Bir-Hakeim (1942) ou encore débarquant en Provence avec la 1re armée (1944).

 

Prisonniers en 1940. Source : German Federal Archive (Deutsches Bundesarchiv)



Des tirailleurs interviennent également lors des deux grands conflits de décolonisation, en Indochine (1945-1954) et en Algérie (1954-1962). Les régiments de tirailleurs sénégalais sont transformés en régiments d'infanterie de marine en 1958 avant d'être définitivement supprimés entre 1960 et 1962.




 

Aux Tirailleurs Sénégalais morts pour la France

 

Tirailleurs sénégalais. Source : Ruth Production

 

 

Voici le soleil

Qui fait tendre la poitrine des vierges

Qui fait sourire sur les bancs verts les vieillards

Qui réveillerait les morts sous une terre maternelle.

J'entends le bruit des canons - est-ce d'Irun ? -

On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat Inconnu.

Vous, mes frères obscurs, personne ne vous nomme.

On promet cinq cent mille de vos enfants à la gloire des futurs morts, on les remercie d'avance futurs morts obscurs

Die schwarze Schande !

 

Écoutez-moi, Tirailleurs Sénégalais, dans la solitude de la terre noire et de la mort

Dans votre solitude sans yeux sans oreilles, plus que dans ma peau sombre au fond de la Province

Sans même la chaleur de vos camarades couchés tout contre vous, comme jadis dans la tranchée, jadis dans les palabres du village

Écoutez-moi, Tirailleurs à la peau noire, bien que sans oreilles et sans yeux dans votre triple enceinte de nuit.



Nous n'avons pas loué de pleureuses, pas même les larmes de vos femmes anciennes

Elles ne se rappellent que vos grands coups de colère, préférant l'ardeur des vivants.

Les plaintes des pleureuses trop claires

Trop vite asséchées les joues de vos femmes, comme en saison sèche les torrents du Fouta

Les larmes les plus chaudes trop claires et trop vite bues au coin des lèvres oublieuses.

 

Nous vous apportons, écoutez-nous, nous qui épelions vos noms dans les mois que vous mouriez

Nous, dans ces jours de peur sans mémoire, vous apportons l'amitié de vos camarades d'âge.

Ah ! puissé-je un jour d'une voix couleur de braise, puissé-je chanter

L'amitié des camarades fervente comme des entrailles et délicate, forte comme des tendons.

Écoutez-nous, morts étendus dans l'eau au profond des plaines du Nord et de l'Est.

Recevez ce sol rouge, sous le soleil d'été ce sol rougi du sang des blanches hosties

Recevez le salut de vos camarades noirs, Tirailleurs Sénégalais

Morts pour la République !

 

Léopold Sédar Senghor, Hosties noires, 1948

 

Source : MINDEF/SGA/DMPA

Camps dans les Pyrénées-orientales (66)

 

Les autres camps dans les Pyrénées-orientales (66)



En raison de leur situation géographique (frontière pyrénéenne avec l'Espagne, littoral méditerranéen), les Pyrénées-Orientales ont joué un rôle de premier plan dans les politiques françaises à l'égard des réfugiés ou des personnes considérées comme indésirables sous le régime de Vichy. Les lieux suivant sont à jamais empreints de leurs parcours :

 

 

Amélie-les-Bains

 

Centre de rassemblement puis centre d'accueil pour Espagnols et membres des Brigades internationales, ouvert en février 1939.

 

Camp provisoire près d'Amélie-les-Bains. Source : Collection Rodriguez (fonds Chauvin).

 



Argelès-sur-Mer

 

Le Camp ou Centre d'hébergement, fonctionne de février 1939 à novembre 1941. Il était constitué d'abris creusés à même le sable, puis de baraquements construits par les internés. Il réunissait des hommes, des femmes et des enfants, Basques espagnols (5 000), ressortissants d'Europe centrale, latino-américains, coloniaux des colonies françaises ou espagnoles, Arméniens, au motif d'être des "étrangers en surnombre dans l'économie nationale", des "individus susceptibles de nuire à la sécurité nationale".

 

Argelès-sur-Mer.  Source : Cartes postales APA

 



Le Groupe de Travailleurs Etrangers n°427 était rattaché au camp d'Argelès. Il comprenait 400 personnes employées dans une usine de confection à Yzeaux. Son activité est connue entre janvier 1941 et juin 1942. La ville d'Argelès a décidé de créer un Centre de la Mémoire de la Retirada, des exils et des camps du Sud de la France de 1939. Ce lieu s'inscrit dans le cadre du programme INTERREG III A France-Espagne 2000-2006. Ce projet est mené en partenariat avec la ville de La Jonquera en Catalogne sud, qui crée de son côté le "Museu de l'Exili".

 

 

Arles-sur-Tech

 

Il s'agit d'un centre de rassemblement puis centre d'accueil pour Espagnols et membres des Brigades internationales. Il est ouvert en février 1939.

 



Le Barcarès

 

Le dispositif de Barcarès se compose :

 

  • d'un camp centralisateur, dont le fonctionnement est connu de février 1939 à juin 1942, et constitué d'abris creusés à même le sable, puis de baraquements construits par les internés, qui réunissaient des hommes, des femmes et des enfants espagnols au motif d'être des "étrangers en surnombre dans l'économie nationale" (février 1939 : 13 000 personnes, avril 1942 : 600 en raison d'une mortalité élevée pour cause de dysenterie) ;
  • d'un Groupe de Travailleurs Etrangers n° 416 "camp du maréchal Joffre", dont l'activité est connue d'avril 1942 à juin 1942 ;
  • d'un Groupe de Travailleurs Etrangers, n° 319, attesté en août 1942.

 

Républicains Espagnols au camp de Barcarès en 1939. Source photo : Inconnue

 


La Bouleternère accueillait un Groupe de Travailleurs Etrangers.

 

Bourg-Madame a été pourvue d'un centre d'accueil créé lors de la guerre civile espagnole, pour les Espagnols et les membres des Brigades internationales "indésirables soumis à des mesures de surveillance étroite" (décret-loi du 12 novembre 1939).

 

Canet Village a connu un Groupe de Travailleurs Etrangers d'avril 1941 à octobre 1942.

 

 

Gèdre

 

Camp de prestataires (14, dont quelques uns à Luz-le-Sauveur), connu en août 1940.

 

Latour-de-Carol a servi de centre de rassemblement pour Espagnols et les membres des Brigades internationales (connu en février 1939). Le Groupe de Travailleurs Etrangers 412 a été implanté à l'Ille-sur-Têt (attesté par la correspondance en septembre 1942).

 

 

 

Gare de Latour-de-Carol dans les années 20. Source : Carte postale



 

Mont-Louis a été un centre de rassemblement pour Espagnols et les membres des Brigades internationales à partir de févier 1939.

 

L'Hôpital Saint-Louis de Perpignan a accueilli des hommes, des femmes et des enfants Espagnols, ressortissants du Reich, d'Europe centrale et d'Amérique latine de février 1939 à novembre 1941 - il est encore utilisé en mars 1942. Le site était rattaché aux camps d'Argelès, du Barcarès et de Saint-Cyprien.

 

Prats-de-Mollo fut un centre d'accueil pour Espagnols et membres des Brigades internationales (dès janvier 1939).

 

Enfants de réfugiés espagnols, autour du professeur José Brocca, à Prats en 1939. Source : GNU Free Documentation License.

 



Le Camp d'hébergement pour Espagnols (environ 80 000) de Saint-Cyprien, a fonctionné de février 1939 au 31 octobre 1940. Il a servi ensuite à l'Internement d'hommes, de femmes et d'enfants, Espagnols, des Brigades internationales, puis des ressortissants allemands, Juifs apatrides, Polonais, Hongrois, Tchèques, Belges et Hollandais, en raison de la guerre civile espagnole, puis de leur statut d'"étrangers en surnombre dans l'économie nationale" ou pour "espionnage en faveur du Reich". Les locaux ont été creusés à même le sable. Des cabanes "Adrian" par la suite.

 

Le camp était divisé en quatre îlots (100X70 m). Il avait une annexesà l'hôpital Saint-Louis de Perpignan. En mai 1940 on compte 5 000 internés, en août 1940 : 3 168 (en raison du rapatriement des ressortissants du Reich), en octobre 1940 : 6 000 personnes. La mortalité était élevée (262 décès) notamment chez les jeunes enfants, en raison de la diphtérie. En octobre 1940, 3870 hommes sont transférés vers le camp de Gurs avant leur déportation à Auschwitz. A l'été 1940, les autorités procédèrent au transfert de quelques volontaires vers les mines de sel de Theresienstadt (Pologne).

 

 

 

Camp Saint Cyprien. Source : Collection Yadvashem

 

 

Soler a été dotée d'un Groupe de Travailleurs Etrangers entre avril 1941 et octobre 1942.


 

Sources : Amouroux Henri, La grande histoire des Français sous l'Occupation ; Carrasco Juan, Album souvenirs de l'exil républicain espagnol en France ; Klarsfeld, Serge, Mémorial de la déportation des Juifs en France ; Laharie Claude, Le camp de Gurs ; Vormeier Barbara, dans : Emigrés Allemandes en France 1685-1945 ; Weill Joseph, Contribution à l'Histoire des camps d'internement dans l'Anti-France. Moine André, La déportation et la résistance en Afrique du Nord ; Peschanski Denis, La France des camps (1938-1946)

Le 11 novembre 1940

 

14 juin 1940 : après cinq semaines de combats, la France chancelle. Les Allemands pénètrent dans Paris déclarée ville ouverte. Le 17 juin, le maréchal Pétain ordonne la cessation des combats et, le 22 juin, un armistice est signé.

 

Soldats allemands sur le toit de l'Arc de triomphe. Juin 1940. Source : ECPAD

 

 

A la fin de l'été, les réfugiés parisiens reviennent et la capitale française occupée retrouve progressivement une animation. Les vacances scolaires terminées, les cours reprennent dans les écoles, les lycées et les universités. En apparence, la vie commence à redevenir normale.

 

Le principal souci des Parisiens est de s'adapter à la nouvelle situation. Si les tous premiers mouvements de résistance s'esquissent, la plupart de ceux qui pensent qu'il "faut faire quelque chose" n'ont pas encore trouvé le moyen de traduire leur pensée.

 

Il en va ainsi dans le milieu étudiant et enseignant où la présence ennemie dans la capitale suscite un rejet pour des raisons diverses, naissant, à droite, du spectacle offert par le désastre et l'humiliation nationale, et, à gauche, de l'extinction des libertés et du règne du fascisme abhorré, la position des étudiants communistes étant quant à elle plus nette que celle du parti.

 

Soldats allemands visitant Paris et découvrant pour la première fois la Flamme sacrée. A l'arrière plan, on distingue les Gardiens de la Flamme. Source : ECPAD



Vont ainsi entrer dans l'action des hommes et des femmes aussi différents que Roger Morais, de la Corpo des lettres, l'un des fondateurs, dès septembre, du groupe Maintenir ; Philippe Viannay, étudiant en philosophie, et Robert Salmon, élève au lycée Louis-le-Grand, qui, avec Hélène Mordkovitch, bibliothécaire à la faculté des sciences, vont être à l'origine du mouvement Défense de la France qui naît à l'hiver 40-41 ; Jean Ebstein, sympathisant de l'Action française, qui, avec ses amis fait du comité de la Corpo de Droit un bloc d'opposition ; Claude Lalet, étudiant en histoire, qui réunit des étudiants communistes pour rédiger des tracts et écrire un journal clandestin, La Relève.

 

Dans cette atmosphère, le milieu étudiant, traditionnellement indocile, s'agite : des "V" - initiale du mot "Victoire" - sont tracés sur les murs, des "Vive de Gaulle" sont criés dans les couloirs du métro, des tracts sont lancés dans des amphithéâtres... Des incidents, voire des bagarres, éclatent parfois entre jeunes et soldats allemands.

 

Après la parution du décret du 3 octobre excluant les juifs de l'enseignement conformément au Statut des juifs, des professeurs manifestent leur sympathie envers les collègues évincés. La rencontre, le 24 octobre à Montoire, d'Hitler et du maréchal Pétain, et le discours du 30 octobre où apparaît le mot "collaboration", jettent le trouble parmi ceux qui font confiance au chef de l'Etat français.

 

La poignée de main entre Philippe Pétain et Adolf Hitler le 24 octobre 1940 à Montoire. A l'arrière plan, le Dr. Schmidt, interprète de Hitler et sur la droite, von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères. Source : Deutsches Bundesarchiv



Ce même 30 octobre, le professeur Langevin - physicien réputé et fondateur en 1934 du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes - est arrêté et interné. En riposte, les étudiants proches du Parti communiste français manifestent devant le Collège de France où enseigne cet universitaire, le 8 novembre.

 

Le 28 octobre, le préfet de police Langeron note : "On parle de manifester le 11 novembre. (..) Montoire a déjà eu un résultat, celui de stimuler la propagande gaulliste chez les étudiants".

 

La date du 11 novembre est un symbole : si l'Allemagne l'emporte aujourd'hui, elle fut vaincue le 11 novembre 1918. La célébration de ce 22e anniversaire donne aux Parisiens l'occasion de témoigner leur opposition à l'ennemi et à ses partisans.


Dès les premiers jours de novembre, des tracts circulent dans les lycées parisiens, à Janson de Sailly, Carnot, Condorcet, Buffon, Chaptal, Saint-Louis et Henri IV, ainsi qu'à la Corpo de Droit, dans le Quartier latin... Parmi ces tracts, celui émanant d'un groupe lié au réseau Maintenir et tiré au Centre d'entraide aux étudiants mobilisés et prisonniers, appelle à manifester le jour de l'armistice, place de l'Etoile à 17h30.

 

Monument érigé à Paris, dans le jardin du Luxembourg, en hommage Aux étudiants résistants. Source : SHD

 

La radio de Londres, voix française de la France Libre, invite d'ailleurs la population parisienne à commémorer la victoire de 1918 en fleurissant la statue de Clemenceau et la tombe du Soldat inconnu.

 

Le 10 novembre, les journaux parisiens publient un communiqué de la préfecture de police stipulant que : "Les administrations publiques et les entreprises privées travailleront normalement le 11 novembre à Paris et dans le département de la Seine. Les cérémonies commémoratives n'auront pas lieu. Aucune démonstration publique ne sera tolérée."



L'avis interdisant de manifester pour le 11 novembre est affiché dans les lycées et les facultés parisiennes, avec des instructions très fermes aux inspecteurs d'Académie et aux chefs d'établissement. Cette interdiction provoque un mouvement spontané contre l'injonction assimilée à une brimade.

 

Les initiatives lancées pour le 11 novembre émanent de petits groupes, souvent sans liens entre eux mais dont l'action converge, influençant plus ou moins une masse de jeunes qui veut surtout défier l'occupant.


Ils bravent à la fois le communiqué du 10 novembre, l'ordonnance allemande du 20 juin 1940 qui interdit les manifestations, et l'article 4 du décret-loi du 23 octobre 1935 qui prévoit des sanctions correctionnelles à l'encontre de ceux qui participent à une manifestation non déclarée ou interdite.

 

Les autorités se méfient des éventuelles réactions de la jeunesse. Au matin de ce lundi 11 novembre, des inspecteurs de police visitent les lycées parisiens mais ne constatent rien d'anormal.

 

Statue de Clemenceau sur les Champs Elysées. Source : Photo Franck Segretain

 

 

Or, vers 5h30, André Weil-Curiel, Michel Edinger et Léon-Maurice Nordmann, membres d'un groupe d'opposants rassemblant des avocats, des professeurs et des intellectuels, déposent, en toute hâte, une gerbe au pied de la statue de Georges Clemenceau sur les Champs-Élysées, "En témoignage d'admiration envers l'homme qui ne voulut jamais capituler et ne désespéra pas de la Patrie". La gerbe est entourée d'un ruban tricolore et accompagnée d'une grande carte de visite au nom du général de Gaulle.

 

Carte et ruban disparaissent au cours de la matinée, mais des mains anonymes continuent à placer des bouquets près de la gerbe.

 

Vers midi, une centaine de jeunes gens arborant des cocardes tricolores se heurte à la police sur les Champs-Elysées. Un professeur qui s'interpose est arrêté.

 

Entre 16h30 et 17h30, à la sortie des cours, ou les ayant "séchés", des lycéens, des étudiants, des enseignants, se mêlent aux promeneurs venus flâner sur la grande artère.



Individuellement, en petits groupes, en cortèges un instant compacts et celui d'après éclatés puis reformés à nouveau, les Parisiens convergent vers les Champs-Elysées et la Place de l'Etoile. Des cortèges viennent des Lycées Carnot, Buffon, Janson de Sailly...

 

Plaque apposée sur l'actuelle ambassade du Qatar, rappelant le lieu de rassemblement des lycéens de Janson. Cette plaque a été inaugurée en 1954 par le président Coty. Depuis lors, une cérémonie est organisée tous les 11 novembre. Source : Jacques Robert

 

Dans ce dernier établissement, les lycéens ont organisé une quête pour acheter une gerbe, à laquelle le fleuriste choisit de donner une forme de Croix de Lorraine. Peu avant 16 h, les élèves de Schotten et Dubost, la déposeront sur la tombe du Soldat inconnu, avec l'accord tacite des policiers, avant de rejoindre leurs camarades.

 

Cette gerbe rejoint de nombreux bouquets et quelques gerbes dont une aux couleurs de la Belgique. Les manifestants offrent un large échantillonnage politique, du sympathisant royaliste Alain Griotteray au guadeloupéen communisant Tony Bloncourt...

 

Des lycéens et des étudiants, mais aussi des professeurs comme Edmond Lablénie, de Janson de Sailly ou Raymond Burgard, de Buffon. La foule ne cesse de grossir sur les Champs-Elysées, estimée entre 3 000 et 5 000 personnes. Sur toute l'avenue, alors que la nuit tombe, des cortèges défilent, se dispersent, se regroupent en fonction des interventions de la police.

 

Croix de Lorraine accrochées au revers des vestons des manifestants, saisies et détenues encore dans les archives de la Préfecture de Police. Source : Franck Beaupérin

 



 

Certains manifestants, cravatés de noir, arborent des rubans tricolores ou portent une croix de Lorraine à la boutonnière. L'esprit estudiantin inspire à certains de brandir deux cannes à pêche au cri de "Vive" suivi d'un bref silence (sous-entendu "deux gaules" - "de Gaulle"), sous le sourire des passants. Des drapeaux tricolores font leur apparition. Pourchassant sans ardeur les manifestants, la police se contente surtout de canaliser la foule ou conseille aux jeunes de déguerpir.

 

De ces attroupements fusent bientôt des acclamations : "Vive la France", "A bas Pétain", "A bas Hitler"... Ça et là éclatent la Marseillaise et le Chant du Départ.

 

Les plus surpris sont sans doute les Allemands installés dans les cafés ou qui stationnent dans le hall des cinémas.

 

Manifestation du 11 novembre 1940. Des étudiants de l'Institut agronomique s'apprêtent à défiler sur les Champs Élysées pour fleurir la Tombe du Soldat inconnu. Source : Coll. Musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne - Fonds Nicolo-Vachon

 



Tandis qu'à l'Etoile, des bouquets sont encore déposés sur la tombe du Soldat inconnu, des bagarres éclatent plus bas, devant le siège de deux organisations collaborationnistes. Des Allemands interviennent et arrêtent des étudiants.

 

C'est vers 18 heures que débouchent sur les Champs-Elysées et la place de l'Etoile des soldats de la Wehrmacht, armés de fusils, de mitrailleuses et de grenades, pour disperser violemment la manifestation.

 

Tandis que certains soldats chargent entre l'avenue Georges V et le rond-point des Champs Elysées, maniant la matraque ou la crosse de fusil, d'autres tirent au jugé en direction de la foule, tandis que des véhicules militaires ratissent les trottoirs en roulant en zigzag. La confusion est totale.

 

La police interdit l'accès à l'Arc de Triomphe. Ayant fait le vide sur les Champs-Elysées, les soldats allemands déboulent sur la foule amassée place de l'Etoile, tout en poursuivant les fuyards par les rues de Tilsitt ou de Galilée. Les fourgons de police et les camions militaires se remplissent.

 

Moins de trente minutes plus tard, les abords de la place de l'Etoile sont déserts de tout manifestant. Des groupes d'étudiants continuent à manifester aux environs de la place de la Concorde ; des échauffourées ont encore lieu vers 19 h.

 

Vers 18 h 30, comme de tradition depuis 1923 et en dépit des évènements de la journée, la Flamme du Souvenir est ravivée par le Comité en présence d'une centaine de personnes.

 

La flamme sur la tombe du Soldat Inconnu. Source : Jacques Robert



Le lendemain, la radio de Londres va dénoncer la mort de plusieurs manifestants. Il n'y a eu de fait, que des blessés, dont quelques-uns, certes, grièvement, et des arrestations.

 

Le nombre exact de ces arrestations est difficile à établir. Une liste de la Préfecture de Police de Paris énumère 105 noms (93 étudiants et lycéens, 1 professeur, 11 personnes de professions diverses et plus âgées que les étudiants, dont 4 femmes) ; un communiqué de la vice-présidence du Conseil, en date du 8 décembre 1940, énonce 123 arrestations dont 104 étudiants et lycéens. Un communiqué du Commandement militaire allemand en France, du 13 décembre, évoque l'arrestation de 143 étudiants. Le nouveau recteur, Jérôme Carcopino, avance le chiffre de 150 étudiants arrêtés.

 

Plaque : A la mémoire des lycéens du 11 novembre 1940. Angle rue de la Santé et du boulevard Arago, 13ème, Paris (75013), Ile de France, France. Source : http://www.plaques-commemoratives.org



Beaucoup d'entre eux font un court séjour dans les postes de police. D'autres sont emmenés dans les prisons du Cherche-Midi et de la Santé, molestés et incarcérés. Ils seront, pour la plupart, relâchés dans les semaines qui suivent. En cette fin de 1940, le souhait de ne pas abimer l'image de la politique de collaboration qu'essaient d'entretenir aussi bien les autorités allemandes que le gouvernement pétainiste peut expliquer cette clémence.

 

Premier témoignage massif de l'opposition des Parisiens à l'occupant, la manifestation du 11 novembre 1940 est perçue aujourd'hui comme le premier acte collectif de résistance.

 

Menée en grande partie par des lycéens et des étudiants, une part de romantisme entre, certes, dans cette action. Mais, en manifestant contre les Allemands, la jeunesse intellectuelle a surtout affirmé sa résolution de combattre pour la liberté. Moins de trois semaines après l'entrevue de Montoire, l'événement est significatif.

 

Le journal collaborationniste "L'œuvre" titre sur la manifestation des jeunes parisiens et la fermeture des universités. Source : DR



Cette manifestation heurte d'ailleurs le gouvernement de Vichy qui voudrait mobiliser la jeunesse autour de son programme. Le 13 novembre, l'Université de Paris et une trentaine d'autres établissements d'enseignement supérieur sont fermés (ils rouvriront avant les congés de Noël). Gustave Roussy, recteur de l'Université de Paris, est limogé et remplacé par Jérôme Carcopino. Plaçant le quartier latin sous haute surveillance, les autorités allemandes procèdent à des arrestations préventives - plus d'un millier, pour quelques heures seulement - le 21 novembre. Les journaux parisiens ne parlent de la manifestation, de manière plus ou moins directe, qu'à partir du 15 novembre et ne publient un communiqué du gouvernement donnant un "bilan officiel" des manifestations que le 8 décembre.

 

Vue de Londres, où vient de parvenir la nouvelle du ralliement du Gabon à la France libre, la manifestation parisienne est ressentie comme un opportun témoignage d'encouragement pour le général de Gaulle.



Au lendemain de l'évènement, beaucoup d'étudiants, craignant pour leurs études, préfèrent se vouer à celles-ci dès que les cours reprennent. Mais d'autres, encouragés par leur propre audace et choqués par la répression disproportionnée, vont entrer en résistance.

 

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Tract des Jeunesses Communistes de la Région Parisienne, suite aux manifestations du 11 novembre 1940. Source : Coll. Musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne - Fonds Nicolo-Vachon

 


Clandestinement, ils vont constituer des petits groupes qui, peu à peu, se rapprocheront des grands mouvements de résistance, commençant leur action par l'impression et la diffusion de tracts ou de journaux, et la poursuivant avec la falsification de papiers, la récupération et le stockage d'armes...

 

Tandis que certains manifestants rejoindront par la suite des réseaux de résistance, d'autres choisiront de gagner les rangs de la France Libre.

 

Les Parisiens ne sont pas les seuls à avoir manifesté le 11 novembre 1940. Rouen ou Dijon ont vu éclore les rubans tricolores, à Nantes, c'est un drapeau français qui est hissé sur la cathédrale. Des arrêts de travail ont lieu dans les houillères du Nord.

 

Durant toute la Seconde Guerre mondiale, le jour du 11 novembre, par ailleurs toujours célébré par les autorités officielles, va donner lieu à des gestes symboliques, dont le plus célèbre est le défilé des maquisards à Oyonnax, en 1943.

 

Plaque commémorant le défilé des maquisards le 11 novembre 1943. Source : Gilles Roland

 

Source : MINDEF/SGA/DMPA

Maillé et son histoire

 

En 1940, lorsque les Allemands s'installent à Maillé et ses environs, la commune compte un peu plus de 500 habitants.

 

Le village se trouve sur un axe stratégique, à proximité de la ligne de démarcation, coupé du nord au sud par la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux. Le village est longé par l'ancienne route nationale 10 (RD 910). Et à proximité du village s'étend le camp de l'intendance militaire de Nouâtre.

 

Le 25 août 1944, pendant que Paris fête sa Libération, Maillé est pratiquement rayé des cartes. Cerné par les troupes allemandes vers 9 heures du matin, le village vit les premiers instants d'un drame qu'aucun objectif militaire ne justifiera. Les habitants de Maillé sont traqués, massacrés dans leurs champs, leurs maisons, leurs jardins, leurs caves... 124 personnes de 3 mois à 89 ans sont sauvagement assassinés : 37 hommes, 39 femmes, 48 enfants de moins de 15 ans dont 26 de moins de 5 ans et 2 nouveau-nés.

 

Le village de Maillé après le massacre des civils par les soldats allemands en août 1944. Photograph: Jean Chauvin/Maison du Souvenir

 

Les seuls qui échappent à la mort sont ceux qui ont pu se cacher avant l'arrivée des Allemands ou qui ont simulé la mort au milieu des cadavres. Le bétail n'est pas épargné. Tout ce qui bouge ce jour là est tué. 52 habitations sont brûlées, il n'en reste que 8 sur la totalité du bourg après le passage de la barbarie nazie.

 



Seul le sous-lieutenant Gustav Shlueter a été reconnu responsable d'homicides volontaires "accomplis à l'occasion ou le prétexte de l'état de guerre mais non justifiés par les lois et coutumes de la guerre" par le tribunal militaire permanent de Bordeaux. Malheureusement, il n'a jamais été retrouvé, et les troupes qui étaient sous ses ordres ce 25 août 1944 n'ont pas été identifiées.

 

Le surlendemain, les 124 massacrés sont enterrés dans une fosse commune dans le cimetière du village.

 

La Maison du Souvenir, les enfants. Source : Maison du Souvenir

 

L'entraide est immédiate et les gestes de solidarité sont divers de la parts de particuliers ou d'organisations, locales ou nationales, comme le Secours National, la Croix-Rouge, les communes du département, ainsi que l'A.E.F. (Afrique Equatoriale Française) qui réalisa une importante souscription pour le village.

 

En octobre 1944, un couple américain, Kathleen et Girard Van Barkaloo-Hale, vont parrainer le village, en fournissant aux habitants une multitude de meubles ou de vêtements venant des Etats-Unis.

 

Le village sera entièrement reconstruit par l'Etat, sur les ruines de l'ancien.

 

La reconstruction sera officiellement terminée en 1960.

 

Source : Maison du Souvenir

Monuments aux Morts

 

Dans de très nombreuses communes, le monument aux morts rappelle le souvenir des soldats « morts pour la France ».

 

 

Ces monuments, dont la grande majorité a été construite après la guerre de 1914-1918 ont des dimensions et une architecture très variées L'expression « monuments aux morts » s'applique ici aux édifices érigés par les collectivités territoriales - le plus souvent les communes - pour honorer la mémoire de leurs concitoyens « morts pour la France », sauf dans les départements d'Alsace et de Moselle où, pour des motifs historiques, cette notion est remplacée pour la guerre de 1914-1918 par celle de « morts à la guerre ».

 

Apparus après la guerre de 1870-1871, ils ont été élevés dans leur grande majorité à la suite de la guerre de 1914-1918, les noms des « morts pour la France » des conflits postérieurs y étant alors simplement ajoutés.

 

De nos jours, des monuments aux morts sont encore édifiés. S'appuyant sur l'esprit de la loi du 25 octobre 1919, un usage s'est imposé, depuis la Première Guerre mondiale, comme référence pour les décisions municipales en la matière : l'inscription d'un nom se justifie pleinement lorsque le défunt, décédé au cours d'une guerre ou d'opérations assimilées à des campagnes de guerre, est titulaire de la mention "Mort pour la France", et est né ou domicilié légalement en dernier lieu dans la commune considérée. Certaines municipalités ont parfois étendu cette possibilité aux victimes dont le décès est consécutif à un fait de guerre, dès lors que les deux conditions susvisées - octroi de la mention "Mort pour la France" et lien direct avec la commune - sont respectées. Juridiquement, les monuments aux morts sont pour la plupart des biens communaux et relèvent comme tels de la compétence des municipalités.

 

A l'origine, la fonction de ces édifices a été de rassembler la population autour du souvenir de ceux qui ne reviendront plus vivre dans la cité, faisant ainsi participer la commune au travail de deuil des familles. Par ailleurs, graver les noms des morts revenait à donner à ceux-ci un peu de cette gloire dont étaient alors parés ceux qui s'étaient sacrifiés pour la victoire des armées françaises.

 

Ces monuments sont de nos jours souvent méconnus. Ils demeurent pourtant à plusieurs titres des témoins historiques, qu'il s'agisse de l'histoire des mentalités, de l'histoire de l'art, de l'histoire de la commune tout simplement : les noms gravés traduisent le poids des guerres sur la vie locale quand ils ne sont pas aujourd'hui la seule trace de certaines familles.

 

Leur emplacement, leurs dimensions et leur ornementation sont très variés.

 

Renseignements pratiques :

 

À consulter : le projet "Monuments aux morts de 1870" mis en ligne par les archives départementales du Bas-Rhin.

 

Contact : Bureau de la vie associative et des cérémonies E-mail : dmpa-sdace-bvac@sga.defense.gouv.fr

Source : SGA/DMPA/SDACE/BVAC

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