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Juin 1944 : Opération Neptune

Phase d'assaut de l'opération Overlord

 

L'opération Neptune est la phase d'assaut de l'opération Overlord

 

Neptune est la phase d'assaut du Débarquement destinée à exécuter, en partant du Royaume-Uni, une opération ayant pour but d'assurer sur le continent un établissement d'où pourront être développées, ultérieurement, des opérations offensives. Cette zone devra comprendre des possibilités portuaires suffisantes pour soutenir une force de 26 à 30 divisions et permettre son accroissement par des forces d'exploitation sur la base de trois à cinq divisions par mois."

 




Considérée comme une faiblesse dans le dispositif de l'Organisation Todt, le commandement allié prévoit, face à la VIIe armée allemande, la mise en place sur un front de 80 km, entre les embouchures de l'Orne et de la Vire, d'une première vague d'assaut de cinq divisions débarquées par mer sur cinq plages, Gold Beach, Juno Beach, Omaha Beach, Sword Beach, Utah Beach (initiative du général Montgomery qui dirigera le 21e corps d'armée britannique ), et précédées par trois divisions aéroportées pour assurer la sécurité des flancs.

 

 

Les opérations alliées du Débarquement. Source : SGA/DMPA

 

 

À l'aile, après le saut, dans la nuit précédente, des 82e et 101e divisions aéroportées US, les 4e et les divisions américaines de la l'armée du général Bradley débarquent sur les plages d'Utah et d'Omaha.

 

 

À gauche, flanquées par la 6e Air force division, la 50e division britannique, la 3e division canadienne, la 3e division britannique prennent position sur les plages de Gold, Juno et Sword. Au total, 50 000 hommes et 7 000 véhicules (4125 bâtiments amphibies, 735 bâtiments spécialisés, 864 bâtiments de "commerce") constituent la première armada. Le rassemblement a lieu dans les ports, au sud de l'Angleterre, de Falmouth à Newhaven. L'appui naval des armées britanniques et américaines comprend 1212 bâtiments de combat dont 23 croiseurs et 148 destroyers. Les Alliés veulent ainsi débarquer, en moins de deux mois, deux millions d'hommes et deux millions de tonnes de matériel, sans disposer de port en eau profonde, en construisant des ports artificiels à Arromanches et Saint-Laurent, chacun composé de quatre cents éléments de béton, soit cinq cent mille tonnes - ils nécessiteront 160 remorqueurs pour leur transport et dix mille hommes pour leur montage - alors que des oléoducs entre les navires citernes et la terre permettront le ravitaillement en carburant.

 

L'opération Neptune est dirigée par l'amiral Bertram Ramsay. L'amiral Kirk a en charge les zones américaines d'Utah (Force U : 4e division du VIIe corps d'armée, sur Varreville) et d'Omaha (Force O : 1e et 2e divisions du Ve corps d'armée sur Saint-Laurent). L'amiral Vian dirige celles de Sword (Force S : 3e division du Ier corps d'armée sur Ouistreham), Juno (Force J : 3e division canadienne du Ier corps d'armée sur Courseulles) et Gold (Force G : 50e division du XXe corps d'armée sur Asnelles) des Britanniques Canadiens et Français.

 

Les troupes quittent le Royaume-Uni le 4 juin, le 6 le général Eisenhower lance l'opération Overlord. Les dragueurs de mines dégagent 10 chenaux, 2 par secteur, à la force d'assaut. L'aviation et la marine préparent le terrain en bombardant les batterie côtières et, à 6h30 l'invasion terrestre commence ...

 

 

Source : MINDEF/SGA/DMPA

Les autres lieux d'internement en Ariège (09)

 

Le dispositif policier du gouvernement de Vichy a utilisé de nombreuses structures déjà en place pour contrôler et répartir les internés. Nombre de ces structures, secondaires, médicales, temporaires, ont été détruites ou ont retrouvé leur affectation d'origine.

 

Ainsi en est-il de ces lieux ariégeois :

 

  • Clarach de Vernet

Ce camp ou "Commando" du camp du Vernet était rattaché au camp du Vernet. Il était constitué de cabanes de rondins et a fonctionné jusqu'en 1940, puis à partir de 1943. Les internés étaient des hommes, dont des Espagnols, considérés comme des "étrangers à reclasser dans l'économie française".

 

  • Maison d'arrêt de Foix

Ce lieu de détention était rattaché au camp du Vernet. Les courriers des camps attestent de son fonctionnement en 1942.

 

  • Hôpital de Foix

Il s'agit d'une annexe du camp du Vernet. L'utilisation des locaux est attestée, par la correspondance, en 1941.

 

  • Guilloty

La ferme Guilloty, située sur le territoire communal du Vernet, a servi de lieu d'internement en 1940 puis à partir de 1943. Ce "Commando" rattaché au camp du Vernet a rassemblé des "étrangers à reclasser dans l'économie française" : Espagnols et ressortissants d'Europe centrale. Les détenus, regroupés d'abord au Vernet, ont été déportés en 1943 vers l'Allemagne.

 

  • Hôpital civil de Lavelanet

Dépendant du camp du Vernet, l'hôpital civil a été utilisé, au moins, d'après la correspondance, en septembre 1941.

 

  • Hôpital de Pamiers

Les locaux ont accueilli des détenus en avril 1941 et à partir de novembre 1942.

 

Hôpital du début du XXe siècle à Pamiers. Source : www.notrefamille.com

 



  •  Saint-Lizier

Rattachés au camp du Vernet, les locaux de l'hospice ont servi de lieu de détention au printemps et à l'été 1941.

 

  • Tarascon-sur-Ariège

Appelé GTE 558, ce camp a été en activité en 1942.

 

  • Hôpital de Tarascon-sur-Ariège

La correspondance atteste de l'utilisation des locaux en avril 1941.

 

  •  Sanatorium de Sabart à Tarascon-sur-Ariège Les courriers des camps en montrent le fonctionnement en mai-juin 1941 [list] Hôpital du Vernet Rattaché au camp, l'hôpital a accueilli des malades et infirmes jusqu'en novembre 1940 et à partir de juin 1943.

 


Lexique

  • GTE : Groupement de travailleurs étrangers
  • CTE : compagnie de travailleurs étrangers
  •  Prestataires : civils utilisés par le ministère de la défense nationale et de la guerre à l'exécution de tous les travaux nécessités par la défense nationale. Les "prestataires" sont placés sous le régime militaire. Ce statut concerne les étrangers sans nationalité ainsi que les bénéficiaires du droit d'asile. Au printemps 1940, 5000 Allemands sont concernés par ce statut.
  • Etrangers "en surnombre dans l'économie nationale" : le décret-loi du 27 septembre 1940 stipule que tous les étrangers sans travail et sans ressource âgés de 18 à 55 ans sont considérés "en surnombre dans l'économie nationale" et qu'ils sont tenus de rejoindre les groupements de travailleurs étrangers afin d'y prendre un emploi non rémunéré dans la mine, l'agriculture, le terrassement, l'industrie, la construction, etc.

 

 

 

Source : MINDEF/SGA/DMPA

Le déminage de la France après 1945

 

Aspect peu connu du retour à la paix, le déminage de la France après 1945 a pourtant été une tâche essentielle de la reconstruction du pays.

 

Avant même de songer à rebâtir, les pouvoirs publics issus de la Libération durent s'atteler à cette séquelle des récentes opérations militaires mettant en danger les populations civiles. La neutralisation des millions de mines restées tapies dans le sol national fut ainsi un préalable à la sortie définitive de la guerre.

 

Enlèvement d'une bombe Goliath de 1400 kg suite à un déminage. Source : Amicale des démineurs de France

 


Les mines telles qu'on les connaît aujourd'hui - petits dispositifs destinés à exploser sous la pression d'un char ou lors du passage d'un être vivant - sont une invention du XXe siècle. Elles ont été utilisées de façon massive lors de la Seconde Guerre mondiale par tous les belligérants. Mais tandis que les techniciens de l'art de la guerre avaient, dans les années 1920 et 1930, mobilisé tout leur savoir pour inventer des engins de destruction, invisibles et à retardement, peu d'entre eux s'étaient soucié de trouver les moyens de les désamorcer après la fin du conflit.

 

Le Gouillonneys ; démineurs sur les dunes, 1946. Source : Ministère de l'équipement/SIC

 

 

Offensives et défensives, des mines anti-chars et anti-personnel avaient été présentes sur tous les fronts au cours de la guerre.



La France en avait reçu plusieurs générations : des mines françaises avaient entouré la Ligne Maginot; des mines allemandes avaient été posées lors la construction des Murs de l'Atlantique et de la Méditerranée; puis les armées du Reich s'en étaient servi pour protéger leur retraite et les positions qu'elles gardaient comme les poches de l'Atlantique, tandis que les Alliés les avaient utilisées pour soutenir leur avancée vers l'Est. C'est pourquoi, en 1945, les spécialistes français firent une estimation haute du nombre d'engins à neutraliser. Les plus pessimistes avançaient le chiffre de 50 millions d'engins et d'obus non éclatés. Ils prévoyaient une dizaine d'années pour en venir à bout. Ramené en définitive à 13 millions, ce chiffre représentait tout de même 500 000 hectares, soit 1% de l'ensemble du territoire. Encore n'était-il qu'une moyenne. Certains départements, comme les Bouches-du-Rhône et le Calvados, atteignaient des proportions beaucoup plus élevées.

 

Des prisonniers allemands chargent des mines de plages dites "tombeaux" en vue de leur destruction. (Gard). Source : Amicale des démineurs de France

 



Les Alliés avaient commencé dès le débarquement à désamorcer les mines sous-marines et terrestres. Tendus vers la victoire sur l'Allemagne, la question du danger pour les populations civiles des régions libérées ne les concernaient pas. Ils avaient ainsi privilégié le littoral et les principaux axes de communication pour faciliter l'acheminement des troupes et du matériel. Les Français, pour leur part, voyaient dans le déminage, non seulement une tâche de protection civile, mais aussi une des prérogatives de leur souveraineté nationale. Au cours de l'été 1944, principalement en Normandie, la première organisation du déminage se fit de manière empirique par une collaboration entre le Génie rural relevant du ministère de l'Agriculture, des unités du Génie militaire de l'armée de la France libre et des individus pressés de remettre en culture leurs champs. Manquant d'expérience, les autorités françaises s'adressèrent aux démineurs britanniques. Ceux-ci formèrent les premiers démineurs français dans un centre d'apprentissage ouvert à Bayeux à l'été 1944. Non contents d'initier leurs collègues français à cet art délicat, ils leur prêtèrent du matériel pour les premières opérations, qui servit aussi de modèle à la production des détecteurs. En janvier 1945, le relais était pris et une école française commença à fonctionner à Houlgate, où enseignaient les spécialistes français formés à Bayeux. Mais, alors que la guerre se prolongeait, la Normandie n'était pas la seule région infestée de mines. Le gouvernement provisoire devait se préoccuper d'organiser le déminage sur tout le territoire, dans les zones des combats comme partout ailleurs. Quelle administration pouvait se charger d'une tâche où le militaire et le civil étaient indissociables ?

 



Le déminage, un préalable à la reconstruction

 

 

Dans le contexte de la Libération où les nouveaux pouvoirs s'étaient placés sous le signe de la restauration démocratique et des prérogatives de l'État, le déminage fut rapidement considéré comme une entreprise hors de portée de l'initiative privée. Le ministère chargé de la défense, occupé à refonder une armée nationale et à participer à la défaite finale de l'Allemagne, ne tenait pas à se charger d'une tâche ingrate, qui de surcroît semblait devoir se prolonger. Le ministère de l'agriculture comme celui de l'intérieur hésitaient à s'impliquer dans des opérations qu'ils tenaient pour militaires. C'est pourquoi le gouvernement provisoire, jugeant qu'il s'agissait bien d'un préalable à la reconstruction, confia le déminage au ministère de la reconstruction et de l'urbanisme, créé en novembre 1944. La direction du déminage y fut organisée en février 1945 sous la responsabilité de Raymond Aubrac, ancien commissaire de la République à Marseille.

 

Le déminage. Source : Amicale des démineurs de France

 


 



 

Cette décision correspondait au principe général de la prise en charge par l'État de la reconstruction et le passage du relais entre civils et militaires fut effectif au printemps 1945. L'urgence était alors de localiser les mines et de les dénombrer. La saisie des documents du commandement militaire qui suivit la reddition allemande permit de connaître les détails des plans des champs de mines, leur disposition et les différents types d'amorçage et d'explosifs employés. Dans le même temps, ne disposant toujours pas de matériel adéquat, les autorités françaises se préoccupèrent de l'acquérir. Après avoir été fournis par des forces alliées, les premiers détecteurs français, fabriqués sous licence, sortirent des usines à l'automne, moment du véritable démarrage du déminage. Restait à trouver la main-d'oeuvre qui accepterait un travail au cours duquel les accidents mortels étaient fréquents.

 

 

Volontaires et prisonniers de guerre

 

Pour l'encadrement des équipes et le désamorçage proprement dit, le Déminage recruta des volontaires - souvent jeunes et sans travail - attirés par des salaires élevés, alors que pénuries et restrictions étaient encore le lot quotidien de la population. Un peu plus de trois mille démineurs furent engagés jusqu'au début de 1946. Mais le désamorçage d'une mine, travail hautement qualifié qui demande une excellente connaissance des différents engins et une grande sûreté d'exécution, n'est que l'aboutissement d'un long travail préparatoire. Une fois la zone de déminage circonscrite, il fallait l'entourer de balises et de fils protecteurs, marquer les points précis où se trouvaient les mines, amener sur place le matériel, effectuer des terrassements, avec un risque constant d'erreur et donc d'accidents. Malgré l'article 31 de la Convention de Genève (1929) interdisant l'emploi des prisonniers de guerre à des tâches dangereuses, la direction du déminage obtient des Alliés l'autorisation de prélever un contingent de plusieurs milliers de prisonniers de guerre allemands sur les 500 000 affectés à la France pour des travaux d'intérêt public.

 

Porte explosif, 1946. Source : Ministère de l'équipement/SIC

 



La formation des démineurs était la meilleure garantie de leur efficacité. Une école fut ouverte à Septeuil, près de Paris au cours de l'été 1945 pour former des instructeurs avant qu'ils ne partent enseigner à leur tour dans les départements. Les responsables du déminage tenaient à ces centres d'instruction et de perfectionnement, car le taux d'accidents était inversement proportionnel au nombre d'ouvriers instruits. En septembre 1946, tout le personnel d'encadrement y avait suivi des cours et un ensemble cohérent de techniques et de savoirs y avait été mis au point. Le travail quotidien se faisait à l'échelon communal, les équipes travaillant en liaison étroite avec les autorités municipales. Au maire revenait de prévenir les habitants de leur arrivée et des dangers des opérations qui allaient commencer, de baliser les terrains, d'assurer l'intendance, en particulier pour les prisonniers qui suscitaient la méfiance des populations. Celles-ci, dans l'ensemble, accueillirent favorablement les démineurs dont elles admiraient le courage.



Méthode longue mais sûre, la détection manuelle fut utilisée chaque fois que les approches préalables avaient révélé la présence de mines difficilement décelables par les détecteurs électriques. Quatre hommes, en principe tous brevetés démineurs, avançaient en ligne sur une bande de quatre mètres de large. Dès qu'un obstacle était suspecté, le désamorçage commençait. Quand le type de mine ne le permettait pas, seule une mise à feu était préparée. Celle-ci avait lieu en fin de journée après évacuation de tout le personnel. Venait enfin le contrôle qu'on voulut parfait. Ce fut en général la tâche des prisonniers de guerre, conduisant charrues ou tracteurs sur la zone censée être déminée. Le traitement d'un terrain pouvait ainsi durer plusieurs jours.

 

Malgré les précautions et la formation, les accidents furent nombreux. Il y eût au moins 1 800 morts parmi les Allemands et 500 du côté français. Le nombre de blessés est difficile à évaluer, alors que les séquelles des blessures étaient très invalidantes (membres arrachés). On ne dispose pas plus de chiffres pour les victimes parmi la population.

 

Néanmoins, à la fin de 1947, les travaux de déminage étaient considérés comme achevés. La surestimation du nombre de mines à enlever fut sans doute l'une des raisons d'un succès aussi rapide qu'imprévu, car des moyens importants furent accordés à cette administration et son action fut efficacement relayée par des campagnes de presse, d'affiches et des émissions radiophoniques. Bien que toutes les mines n'aient pas été neutralisées et que l'on déplore encore aujourd'hui des accidents, ce succès a fait du déminage une spécialité française. Depuis 1945, les démineurs français sont présents sur les grands chantiers contemporains, au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie ainsi que dans l'ex-Yougoslavie.

 

Source : Danièle Voldman, Directrice de recherche au CNRS-Centre d'histoire sociale du XXe siècle. Revue "Les Chemins de la Mémoire" n° 153 - Septembre 2005 pour Mindef/SGA/DMPA

Les 128 Sénans ont répondu à l'Appel du 18 juin 1940

 

Ansquer Amédee - Ansquer Joseph - Bléomélen Jean - Caradec Jean-François - Caradec Jean-Louis - Canté François - Canté Jean-Louis - Canté Joseph - Canté Louis - Canté Marcel - Canté Pierre Michel -

Corfdir Jean-Yves - Couillandre Jean - Couillandre Jean - Couillandre Jean-Pierre - Couillandre Jean-François - Couillandre Joseph - Couillandre Prosper - Chevert Clet - Chevert Clet - Chevert Maurice -

Chevert Maurice - Fily Henri - Fouquet Ambroise - Fouquet Guénolé - Fouquet Guénolé - Fouquet Jean-Noël - Fouquet Jean-Noël - Fouquet Jean-Noël - Fouquet Jean-François - Fouquet Joseph

- Fouquet Louis - Fouquet Noël - Fouquet Paul - Fouquet Paul - Follic Jean-François - Follic Joseph - Guéguen François - Guéguen Gabriel - Guéguen Joseph - Guéguen Michel - Guéguen Thomas - Guilcher Clet

- Guilcher Félix - Guilcher Edouard - Guilcher François - Guilcher Paul - Guilcher Pierre - Guilcher Pierre Michel - Guilcher Joseph - Guilcher Henri - Guilcher Jean-François - Guilcher Jean-Pierre

- Guilcher Jean-Noël - Guilcher Jean-Pierre - Guilcher Louis - Guilcher Maurice - Guilcher Maurice - Guilcher Martin - Guillou François - Hervis Jean-Pierre - Jade Hervé - Kerloc'h Jean - Kerloc'h Joseph

- Kerloc'hYves - Le Dem Aristide - Le Drévès Jean - Menou Jean - Menou Jean-François - Menou Jean-Marie - Menou Joseph - Menou Maurice - Menou Noël - Milliner Désiré - Milliner Guénolé

- Milliner Jean-Louis - Milliner Jean-François - Milliner Jean-Pascal - Milliner Jean-Pierre - Milliner Joseph - Milliner Joseph - Milliner Joseph - Milliner Jules - Milliner Hippolyte - Milliner Stanislas

- Piton Jean-François - Piton Jean-Marie - Porsmorguer Guénolé - Porsmorguer Guénolé - Porsmorguer Henri - Porsmorguer Jean-Noël - Porsmorguer Jean-Yves - Porsmorguer Jean-Yves - Porsmorguer Louis

- Porsmorguer Pierre - Porsmorguer Simon - Quéméneur Charles - Richard Paul - Rozen Thomas - Salaün Guénolé - Salaün Jean - Salaün Jean-Noël - Salaün Paul - Salaün Pierre - Spinec Ambroise -

Spinec François - Spinec Jean - Spinec Jean-Pierre - Spinec Jean-Pierre - Tanguy François - Thymeur Guénolé - Thymeur Jean - Thymeur Henri - Thymeur Maurice - Thymeur Noël - Violant Barthélémy -

Violant Joseph - Couillandre Pierre - Fouquet Louis - Fouquet Paul - Fouquet Nicolas - Fouquet Jean-Noël - Fouquet Guénolé - Guilcher Joseph - Milliner Gabriel - Porsmorguer Jean-Marie - Spinec Noël

- Spinec Prosper.

 

Source : DMPA ; Ordre de la Libération

Opération Frankton

"Opération FRANKTON" Mise en valeur de l'itinéraire de repli d'un commando britannique entre Bordeaux et Ruffec Ce chemin de mémoire est l'aboutissement d'un partenariat technique, financier et culturel entre la DMPA, l'ONAC ... et l'association " Frankton Souvenir " en vue de faire connaître un aspect méconnu de la Résistance en Charente.

 

 

Le commando britannique des 10 Royal Marines en kayaks débarqué au large de l'estuaire de la Gironde.
Photo de la peinture "5 kayaks"

 

 

Le long des 160 km séparant Saint-Genès-de Blaye de Ruffec le visiteur pourra suivre l'itinéraire de repli (- - -) des deux Royal Marines britanniques seuls survivants du sabotage du 10 décembre 1942 dans le port de Bordeaux qui réussirent à regagner l'Angleterre.

 

Itinéraire de repli des Royal Marines. Source : Frankton Souvenir-Réalisation "Graphipub"



160 kilomètres de solitude et de tension, de faim et de froid, de caches plus ou moins de fortune, et une obsession pour le Major HASLER et le Marine SPARKS : trouver vite le contact de la Résistance française à Ruffec pour revenir en Angleterre avant que les Allemands, furieux du sabotage réussi contre leurs cargos «forceurs de blocus», ne les arrêtent.

 

 

Les deux Royal Marines-Dessin du Major Hasler. Source : Frankton Souvenir

 



Leur itinéraire d'évasion constitue une formidable épopée désormais jalonnée de plaques commémoratives et informatives bilingues apposées par l'association « Frankton Souvenir ». Après avoir sabordé leur kayak à Saint-Genès-de Blaye (33) ils traversent la Charente-Maritime puis arrivent en Charente par Barret et Saint-Médard de Barbezieux le 15 décembre 1942. Ils s'arrêtent ensuite à Nâpres près de Saint-Preuil où un résistant français, Clodomir Pasqueraud, leur donne le gîte et le couvert.

 

La ferme de Clodomir Pasqueraud à Nâpres. Source : Patrick Rullac ONAC 16

 


80 km d'efforts et ils franchissent, au petit matin du 16 décembre 1942, d'un pas assuré et rapide, le pont de Vinade après avoir croisé à Saint-Même les Carrières une section allemande en cantonnement.

 

Le Pont de Vinade (16). Patrick RULLAC-ONAC 16

 


Tout près de ce pont, à Angeac-Charente, se dresse le monument rappelant l'atterrissage en novembre 1943 de Claude Bonnier, Délégué Militaire Régional et héros de la Résistance. A proximité est apposée une plaque à la mémoire des deux pilotes britanniques qui avaient transporté Claude Bonnier décédés en opération quelques mois plus tard.Ce monument est le point de départ de la route Claude Bonnier qui mène jusqu'au Mémorial de la Résistance de Chasseneuil sur Bonnieure.

 

                          

Stèle Bonnier. Source : M. Heriard                                                    Le Monument des Fusillés de la Braconne (commune de Brie).
                                                                                                                                 Source : Patrick Rullac ONAC 16

 



Revoilà les deux Royal Marines presque au bout de leur peine. Ils savent qu'à Ruffec un réseau doit les prendre en charge. Puis c'est Benest, le 19 décembre 1942 où le «passeur» M. Dumas leur fait franchir la ligne de démarcation et les emmène dans la ferme d'Armand Dubreuille à Saint-Coutant lieu-dit «Marvaud». Ils y resteront sans bouger 41 jours parce que Marie-Claire, de son vrai nom Mary Lindell, l' organisatrice d'une filière rattachée au MI 9, service secret britannique spécialisé dans l'aide à l'évasion de militaires britanniques, est blessée en mission et n'a plus de contact radio.

 

 

La ferme d'A. Dubreuille à « Marvaud » Saint-Coutant (16). Source : Patrick Rullac ONAC 16

 



Par train jusqu'à Lyon, puis Perpignan, en voiture à travers l'Espagne jusqu'à Gibraltar, enfin par avion jusqu'à Londres, Hasler et Sparks regagnent l'Angleterre au début d'avril 1943.

 


 

 

Opération Frankton en détail



Au début du 2ème trimestre de l'année 1942, Lord Selborne, Ministre de la Guerre Economique, attira l'attention de Winston Churchill sur l'accroissement préoccupant du trafic des navires allemands forceurs de blocus qui, malgré les pertes qui leur étaient infligées par la Royal Navy et la R.A.F., déchargeaient à Bordeaux leurs cargaisons de latex, de métaux rares et de produits tropicaux en provenance d'Extrême-Orient, d'importance essentielle pour l'industrie de guerre du Reich et embarquaient des machines outils et des pièces destinées à l'industrie aéronautique livrées aux usines d'armement japonaises.

 

Le Premier Ministre chargea Lord Louis Mountbatten, Commandant en chef des Opérations Combinées de préparer un plan d'intervention. Une opération amphibie de grande envergure ayant été écartée d'emblée et Anthony Eden, Ministre des Affaires Etrangères s'étant opposé au bombardement du Port par les avions de la R.A.F., trop de vies humaines étant en jeu, la décision fut prise de recourir à une attaque par des commandos contre les forceurs de blocus à quai au sein même du Port Autonome de Bordeaux.

 

Cette mission allait être confiée à une unité spéciale du Corps des Royal Marines, le « Royal Marines Boom Patrol Detachment » constituée à l'initiative du Major Herbert G. Hasler, surnommé 'Blondie', qui allait être désigné par Lord Mountbatten comme commandant du commando. L'opération avait reçu le nom de code (sans signification) de 'Frankton'.

 

Sous couvert d'un entraînement de routine à la protection des installations portuaires , le RMBPD composé de deux sections allait préparer dans le plus grand secret une opération extrêmement risquée. A l'exception d'Hasler, aucun des membres du commando ne sut la destination ni le but de la mission avant d'être embarqué à bord du sous-marin.

 

Sélectionnés au sein de la lère section , 6 équipages de deux hommes à bord de six kayaks de mer (Cockle Mark H) mis au point par le Major Hasler et l'ingénieur Goatley seraient mis à l'eau à proximité de l'embouchure de la Gironde. Ils remonteraient le fleuve à la pagaie, se cachant de jour et naviguant au compas de nuit. Après avoir identifiés leurs cibles le long des quais, ils poseraient des mines « limpets » (arapèdes) à adhérence magnétique sous la ligne de flottaison des forceurs de blocus allemands dont les services de renseignements anglais savaient à quelle date ils seraient amarrés à quai à Bassens et à Bordeaux, sans qu'aucun membre de la Résistance eut jamais su à quoi serviraient ou à qui étaient destinées les informations recueillies et transmises aux services secrets à Londres.

 

Aucun recueil n'étant possible après l'attaque, ils redescendraient la Gironde en kayak jusqu'à la hauteur de la ville de Blaye, saborderaient leurs bateaux et tenteraient de rejoindre à pied la ville de Ruffec, distante de 160 km, d'où une filière d'évasion britannique dépendant du MI9 pourrait prendre en charge leur évasion vers l'Espagne, avec le concours de Résistants français.

 

Personne n'avait été informé de leur mission ni à Bordeaux, ni à Ruffec.

Dans la soirée du 7 décembre 1942, le sous-marin britannique H.M.S. Tuna, sous les ordres du Lieutenant Raikes, alors âgé de 28 ans, mit cinq kayaks à l'eau au large de Montalivet.

Dans l'ordre de mise à la mer :

  • Catfish ( Poisson-chat) : Major Hasler (Chef du Commando), Marine William E. Sparks.
  • Cuttlefish (Seiche) : Lieutenant John MacKinnon (Cdt en second), Marine James Conway.
  • Crayfish ( Ecrevisse) : Corporal A. S. Laver, Marine W.N. Mills.
  • Cachalot (Cachalot) : Marine Ellery, Marine Fisher.
  • Coalfish (Morue noire) : Sergeant Samuel Wallace, Marine Robert Ewart.
  • Conger( Congre) : Corporal George Sheard, Marine David Moffatt
  •  


Le flanc déchiré au passage du panneau d'accès à la chambre des torpilles avant du Tuna, où il avait été stocké durant la traversée, le Cachalot dut être rembarqué avec son équipage. Peu après 20 h, les cinq kayaks s'éloignèrent en formation, sous le commandement du Major Hasler en direction de la Pointe de Grave.

 

Vers minuit, au franchissement du ressac très dangereux même par temps calme sur les hauts-fonds au large du phare St-Nicolas, le kayak « Coalfish » chavira et le contact fut perdu avec le Sergent Wallace et le Marine Ewart.

 

Une demi-heure plus tard, ce fut au tour du « Conger » (Caporal Sheard et Marine Moffat). Cette fois, les deux R.M. purent être repérés et après sabordage du Conger, ils furent remorqués dans l'eau glaciale accrochés au « Catfish » (Hasler et Sparks) et au « Crayfish » (Laver et Mills). La mission étant primordiale, Hasler dut les abandonner au plus près du rivage après avoir passé la Pointe de Grave.

 

Les trois kayaks restants poursuivirent leur route portés par la marée montante vers le Verdon. Ils furent obligés de prendre leurs distances pour passer entre le môle et quatre bâtiments ennemis ancrés à quelques encablures. C'est à ce moment là que le contact fut perdu avec le « Cuttlefish » (Lieutenant Mackinnon et Marine Conway).

 

Le jour se levait quand les deux derniers kayaks, « Catfish » et « Crayfish », trouvèrent à la Pointe aux Oiseaux un abri où ils purent se dissimuler pour la journée dans les roseaux bordant la rive, à proximité de St-Vivien du Médoc. Ils continuèrent leur route durant la nuit du 8 au 9 vers le Port des Callonges, puis vers l'île Cazeau ( nuit du 9 au 10 ) à la faveur de l'obscurité et portés par le courant de marée. Le 11 décembre à l'aube ils trouvèrent enfin, sur la rive gauche du fleuve en face de Bassens, un endroit pour se cacher, se reposer et préparer l'attaque. Dans la nuit du 11 au 12 décembre, les équipages des deux derniers kayaks s'engagèrent dans la dernière phase de leur mission : le « Catfish » suivit la rive gauche jusqu'aux quais de Bordeaux et réussit à fixer ses mines sur trois grands navires et un pétrolier à l'amarre le long du quai ;Ie « Crayfish » traversa la Garonne vers Bassens et fixa ses mines sur deux navires à l'amarrage.

 

 

Le Dresden et le Tannenfels quai Carnot Port de Bordeaux. Source : Frankton Souvenir

 

 

Mission accomplie, entre minuit et une heure du matin le 12 décembre, les deux équipages entamèrent leur repli. Ils se rejoignirent miraculeusement dans l'obscurité au Sud de l'Ile Cazeau. Portés par le courant, ils firent route ensemble, longeant la rive droite du fleuve. A 1.500 m environ au Nord de Blaye, les deux équipes se séparèrent par mesure de prudence pour aborder à environ 400 m l'une de l'autre à la hauteur de St-Genès de Blaye. Us ne devaient jamais se revoir. Il était entre 3 h 30 et 4 heures du matin et il ne leur restait que 3 à 4 heures d'obscurité, quand ils entamèrent leur repli à pied par des itinéraires différents, pour tenter d'atteindre Ruffec, à 160 km de leur point de débarquement.

 

A partir de 07h00, les crayons retards mirent à feu successivement les mines limpets . A Bassens, l'«Alabama» et le «Portland», minés par Crayfish, furent gravement endommagés. Attaqués par Catfish, Quai Carnot à Bordeaux, le « Dresden », le «Tannenfels» commencèrent à s'enfoncer le long des quais auxquels leurs amarres les retenaient. Un 5eme bateau, le pétrolier Cap Hadid prit feu. Les limpets posées sur la coque d' un 6eme navire, le Sperrbrecher n° 5 (Patrouilleur allemand) se détachèrent et explosèrent sur le fond sans dommage pour la cible. Les explosions des mines se succédèrent de 7 heures jusqu'à la mi-journée causant la confusion et le désordre chez l'ennemi.
 

La compagnie des pompiers du Port Autonome au sein de laquelle l'ingénieur TPE Raymond Brard responsable de la sécurité du port et fondateur du Club des Girondins, avait placé une équipe de résistants, intervint immédiatement sous le Commandement du Commandant Paduch à la requête du HafenKommandant. C'est au cours de leur intervention que les pompiers, inversant l'action des pompes mises en batterie réussirent, sans être inquiétés, à aggraver la gîte des bâtiments les plus atteints.

 

Hasler et Sparks, aidés au long de leur route par des Français courageux, comme la famille Pasqueraud qui les hébergea une nuit à Napres entre St Preuil et Lignières, furent les seuls à atteindre Ruffec. Ils choisirent d'entrer au jugé, vers 13 h 30 le 18 décembre 1942, dans le restaurant " La Toque Blanche ", où ils eurent la chance d'être accueillis par M. René Mandinaud, sa femme et ses soeurs, une famille de Français patriotes. M. Mandinaud prit contact avec M. Jean Mariaud. Ce dernier organisa le passage des deux fugitifs dans l'ex zone libre après consultations successives de M. Paille ancien professeur en Angleterre qui confirma leur nationalité et de Mme Marthe Rullier qui alerta le passeur.

 

 

Hôtel de la Toque Blanche. Source : Patrick Rullac ONAC-16

 



Le 19 décembre, Hasler et Sparks, furent conduits en camionnette par M. René Flaud, boulanger, près de Benest, à proximité de la ligne de démarcation, toujours gardée par les Allemands . M. Fernand Dumas, le passeur, les conduisit à la ferme Marvaud où ils allaient être hébergés pendant 41 jours chez M. et Mme Armand Dubreuille.

 

Ils auraient dû être remis dans les deux jours suivant leur arrivée à Marvaud à Mary Lindell, alias «Marie Claire», Comtesse de Milleville par son mariage, qui connaissait les Dubreuille. Marie-Claire était un agent du MI9, organisation faisant partie des services secrets Britanniques, spécialisée dans l'aide à l'évasion et le rapatriement des personnels militaires en Angleterre.

Grièvement blessée dans un accident, sans contact radio, elle ne put être jointe par Armand Dubreuille qu'après plusieurs semaines de silence. Elle arriva enfin à Marvaud et c'est son fils Maurice de Milleville, âgé de 18 ans qui accompagna les deux fugitifs par le train de Roumazières à Lyon. Leur évasion se poursuivit jusqu'à la frontière espagnole via Marseille et Perpignan. Arrivés en Espagne, les deux survivants furent pris en charge par l'Ambassade à Madrid, d'où ils furent conduits à Gibraltar. Hasler regagna l'Angleterre par avion le 3 avril 1943 et Bill Sparks fut ensuite rapatrié par un transport de troupes.

 

Le Sergent Wallace et le Marine Ewart, capturés le 8 décembre 1942 au lever du jour furent fusillés sur ordre de l'Amiral Julius Bachmann dans la nuit du 11 au 12 décembre après de longs interrogatoires sans avoir parlé. Leur exécution eut lieu au château du Dehez ( aujourd'hui Château Magnol) à Blanquefort.

Le corps du Caporal Sheard, probablement noyé dans la nuit du 7 au 8 décembre, ne fut jamais retrouvé et celui de son coéquipier le Marine Moffatt fut découvert le 17 sur la plage de Bois en Ré.

Le Lieutenant Mackinnon et le Marine Conway, ayant poursuivi seuls leur route sur la Gironde atteignirent l'Ile Cazeau puis le Bec d'Ambès où leur embarcation coula, après avoir éperonné un obstacle sous-marin. Ils se replièrent jusqu'à Cessac où un couple de Français, M. et Mme Jaubert les hébergèrent 3 jours. Après avoir quitté leurs hôtes, ils cherchèrent à gagner l'Espagne. Capturés par la gendarmerie française près de La Réole, le 18 décembre, ils furent remis aux autorités allemandes qui les emmenèrent à Bordeaux.

 

Le repli de Laver et Mills s'acheva près de Montlieu - La Garde où ils furent dénoncés, arrêtés par la gendarmerie qui les remit aux autorités d'occupation. Enfermés à Bordeaux avec Mackinnon et Conway, puis transférés à Paris au début de janvier, tous les quatre furent exécutés le 23 mars 1943.



Gardés en vie pendant trois mois, sans doute parce que les services de renseignement allemands cherchaient à savoir par qui ils avaient été aidés durant leur repli, le Caporal Laver RM, le Marine Mills, le lieutenant Mackinnon RM et le Marine Conway moururent sans avoir parlé.

 

L'exécution des six Royal Marines pris en uniforme, en application de la directive secrète d' Hitler du 18 octobre 1942 concernant les commandos, constitue un crime de guerre dont l'Amiral Raeder eut à répondre au procès de Nuremberg en 1946 et l'Amiral Bachmann au procès d'Hambourg en 1948.

 



Pour information :

En 1955, parut le livre de CE. Lucas Phillips 'Cockleshell Heroes' tiré à 250.000 exemplaires en Angleterre, traduit en français en 1956 sous le titre 'Opération Coque de Noix'. Le Lieutenant Colonel Hasler OBE DSO RM, apporta sa collaboration à l'auteur qui eut accès à des sources fermées aux chercheurs.

 

Egalement en 1955, le film 'Cockleshell Heroes' ( version française : 'Commando dans la Gironde' sorti en 1956) produit par Warwick et distribué par Columbia Pictures, d'après un scénario de Bryan Forbes et Richard Maibaum. Tourné sur le Tage, mis en scène par José Ferrer qui interprétait le rôle d'Hasler, avec Trevor Howard dans un rôle de fiction, le film avait bénéficié de l'appui technique du Corps des Royal Marines. Malgré les libertés prises par les scénaristes avec la vérité historique, au grand déplaisir du Major Hasler, ' Commando dans la Gironde' fabriqué dans la lignée et des productions de films de guerre américains des années 50 connut un succès commercial.

 

Une biographie remarquable du Colonel Hasler, décédé en 1987, par le Major Ewen Southby Tailyour préfacée par S.A.R. le Duc d'Edimbourg, retrace la carrière de Blondie Hasler au sein du corps des Royal Marines, suivie après la guerre de celle d'un très grand marin puisqu'il fut le fondateur des courses transatlantiques en solitaire en 1960. Eric Tabarly qui participa à la seconde traversée devait devenir un de ses proches amis.

 

Un ouvrage historique, 'Le Commando de l'impossible ' par François Boisnier et Raymond Muelle , utilisant les archives anglaises, allemandes, françaises et les derniers témoignages des rares survivants encore en vie et des contemporains de l'opération Frankton, est paru en 2003 édité par Trésor du Patrimoine.

 

En 2004 deux films sur l'Opération Frankton ont été tournés :

 

  • En France : 'Des ombres dans la nuit Opération Frankton', durée 52 minutes, réalisé par Ramon Maranon diffusé par FR3 Aquitaine.
  • En Angleterre et en France : 'Frankton Shadows', durée 30 minutes, réalisé par Tom Keene diffusé par la BBC Le souvenir des héros de l'Opération Frankton est commémoré chaque année en France, notamment à Bordeaux, à Blanquefort à St Georges de Didonne et à Ruffec. 25 novembre 2004

 

 

Renseignements pratiques :

 

Association Frankton Souvenir M. François BOISNIER B.P.34 16300 BARBEZIEUX-SAINT-HILAIRE

 

 

Source : partenariat entre la DMPA, l'ONAC et l'association «Frankton Souvenir»

La conférence de Wannsee

20 janvier 1942

 

La conférence de Wannsee est considérée, même si les historiens en débattent, comme celle qui décide de la «solution finale de la question juive» parce qu'elle impose dans ce domaine l'autorité de Heydrich, réunit les principaux responsables de l'extermination et planifie l'annihilation.

 

Une définition de la «solution finale» de la question juive

 

Carte des principaux camps de concentration et d'extermination. Source SGA/DMPA


 

La conférence convoquée par Reinhardt Heydrich, le second d'Heinrich Himmler et le chef du RSHA (bureau principal de sécurité du Reich) se déroula le 20 janvier 1942 et dura, selon le témoignage d'Adolf Eichmann, entre une heure et une heure trente. Un nombre limité de protagonistes y assistèrent, représentant pratiquement toute la bureaucratie ministérielle et l'appareil nazi responsables de la «solution finale».

 

Reinhardt Heydrich, chef du bureau de sécurité du Reich. Source : German Federal Archive

 



Le procès-verbal est clair : "Dans le cadre de la solution finale du problème, les Juifs doivent être transférés sous bonne escorte à l'Est et y être affectés au service du travail. Formés en colonne de travail, les Juifs valides, hommes d'un côté, femmes de l'autre, seront amenés dans ces territoires pour construire des routes ; il va sans dire qu'une grande partie d'entre eux s'éliminera tout naturellement par son état de déficience physique. Le résidu qui subsisterait en fin de compte - et qu'il faut considérer comme la partie la plus résistante - devra être traité en conséquence. En effet, l'expérience de l'histoire a montré que, libérée, cette élite naturelle porte en germe les éléments d'une nouvelle renaissance juive" (1).

 

Cet extrait du procès-verbal, rédigé principalement par Adolf Eichmann, est souvent cité, parce qu'il a le mérite d'être presque limpide. L'expression "solution finale" est ici définie. Les "Juifs valides", "aptes au travail" comme ils sont souvent désignés, seront exploités au-delà de l'humain. Ceux qui auront survécu au travail mortel constituent le principal danger. Dans la vision biologique du monde qui est celle des nazis, ils contiennent en quelque sorte la souche d'un virus capable de contaminer le monde entier, que seul saurait éradiquer un "traitement spécial" dont on peut supposer qu'il signifie la mort.

 

 

 

Les travaux des historiens



Pourtant, divers travaux, menés depuis une vingtaine d'années par des historiens, allemands et américains pour l'essentiel, contestent l'importance même de cette conférence. Pour certains, et non des moindres - c'est le cas de Hans Mommsen dans un célèbre article, " La réalisation de l'utopique : la "solution finale de la question juive" sous le Troisième Reich" (2) -, il n'y eut jamais à proprement parler de décision de Hitler. Pour d'autres, qui considèrent qu'il y eu décision, elle est antérieure : la conférence se déroule alors qu'une grande partie des Juifs, ceux de l'Union soviétique notamment, a déjà été assassinée et que la mise à mort par le gaz a commencé puisque des camions fonctionnent depuis le 7 décembre 1941à Chelmno-sur-Ner, rebaptisé Kulmhof par les nazis, à 70 km environ à l'ouest de Lodz, désormais Lizmanntadt. Pour d'autres encore, peu nombreux et peu suivis, et qui se fondent pour l'essentiel sur le calendrier de la mise à mort à Auschwitz, la décision serait postérieure, datant du printemps 1942. Pour tous cependant, l'importance de Wannsee est toute relative.

 

Ghetto de Lodz. L'étoile distingue les Juifs. Source : DR

 



Un jeune historien allemand, Christian Gerlach, a revisité cette conférence, dans un texte qui atteste le dynamisme de la recherche et du débat outre-Rhin (3). Il s'appuie sur des sources récemment mises au jour, notamment les agendas de Himmler, retrouvés dans des archives à Moscou et publiés en Allemagne. C'est sous l'égide du RSHA que Heydrich convoque cette réunion pour aborder le problème de la "solution finale de la question juive". La conférence débute par l'annonce par Heydrich, chef de la police de Sûreté et du SD, de sa nomination par Göring au poste de "plénipotentiaire pour la préparation de la solution finale du problème des Juifs d'Europe". En effet, le 31 juillet 1941, Göring, chargé jusqu'alors de la coordination du programme anti-juif, avait signé un texte confiant à Heydrich "la mission de prendre "toutes mesures préparatoires" nécessaires à la réalisation "d'une solution d'ensemble de la question juive dans la zone d'influence allemande en Europe". Il lui demandait, en outre, de lui remettre "sous peu" un plan d'ensemble sur les mesures préalables nécessaires à l'exécution de cette solution finale" (4). Comme le note Philippe Burin, il s'agissait ici de compléter le mandat de Heydrich, donné le 24 janvier 1939, le chargeant de réaliser l'émigration des Juifs allemands. Il lui donnait à présent la mission d'étendre "son champ d'application à l'ensemble de l'Europe nazie [...]. Formellement, les solutions envisagées étaient l'émigration et l'évacuation".

 

Rafle de Juifs dans Berlin-Nord. Source : German Federal Archive

 

 

 

La question des Mischlinge



Pour certains historiens, l'objet de cette réunion se résume à faire reconnaître à tous l'autorité de Heydrich sur la «solution finale de la question juive». Ils tirent argument du fait qu'un des problèmes largement débattu concerne les Mischlinge, les «métis» d'«aryens» et de Juifs. Question capitale qui témoigne d'une obsession et d'une difficulté récurrentes. Wilhem Stuckart, secrétaire d'État aux ministère de l'Intérieur, connaît bien ce problème déjà soulevé lors de la rédaction des lois de Nuremberg sur la protection de la Race (1935). Alors que les nazis ont pour objectif de couper tous les liens entre les Juifs et la société allemande, les Mischlinge sont les témoins vivants de la réalité de ces liens. Mettre en cause leur appartenance «à la race» peut susciter protestations et remous dans une partie de la société allemande à laquelle ils sont liés par des attaches familiales. C'est ce qui explique que s'opposent, dès 1935, les experts du ministère de l'Intérieur, partisans d'une certaine modération, et les fanatiques du parti.



La question est à nouveau ouverte à Wannsee. Faut-il la régler pendant la guerre ou la laisser pendante jusqu'à la fin du conflit ? Si tous s'accordent pour considérer que celui dont trois grands-parents sont juifs l'est aussi, que celui dont un grand-parent est juif n'est pas juif, le débat est vif autour de ceux qui ont deux grands-parents juifs. Des résultats de ce débat dépend le sort de quelque 200 000 personnes, 70 000 à 75 000 Mischlinge au 1er degré (deux grands-parents juifs), 125 000 à 130 000 Mischlinge au 2e degré (un seul grand-parent juif). Il est alors proposé de «déclasser» les Mischlinge au 1er degré qui seraient considérés comme juifs, sauf s'ils sont mariés à des Allemand (e)s et donc père ou mère de Mischlinge au 2e degré ou s'ils ont rendu des services au peuple allemand. Quant aux Mischlinge au 2e degré, ils seraient considérés comme allemands à certaines exceptions près. Ces conclusions semblent fort compliquées à Stuckart. Pour lui, la solution réside tout simplement en la stérilisation (5). Dans ce domaine, on peut dire que la conférence n'apporte guère d'éléments décisifs. Les résultats de la mission confiée à Heydrich par Göring en janvier 1939, l'émigration des Juifs, font l'objet d'un bilan reproduit dans le procès-verbal de la conférence. Il s'agit «d'accélérer l'émigration des Juifs vivant sur le territoire allemand», en lui confiant la direction du service central pour l'émigration juive chargé «a) de prendre toutes les mesures utiles afin de préparer une émigration accélérée des Juifs, b) de diriger ce mouvement d'émigration, c) d'accélérer l'émigration dans tous les cas particuliers». Selon le procès-verbal, cette solution, dans laquelle s'illustra notamment Adolf Eichmann à Vienne, puis à Berlin, permit à 537 000 Juifs, au 31 octobre 1941 de quitter le Reich. Pourtant, «le Reichsführer SS et chef de la Police allemande, considérant les dangers que représenterait l'émigration en temps de guerre, et vu les possibilités qu'offrent les territoires de l'Est, a, depuis lors, interdit toute émigration aux Juifs».

 

La villa Marlier à Wannsee où se déroula la conférence. Source : GNU Free Documentation License

 

 

 

Les massacres perpétrés en Union soviétique en 1941


 

Si 537 000 Juifs ont pu émigrer, un nombre à peu près égal a été assassiné lors de l'avancée de la Wehrmacht en Union soviétique par les Einsatzgruppen agissant sur les arrières dans la seconde moitié de l'année 1941. Aucune allusion à ces meurtres de masse, par fusillades, ne se trouve dans le procès-verbal de la réunion. Pourtant, cette première phase de mise à mort d'hommes, de femmes et d'enfants pose précisément aux historiens la question de la décision, qui est au coeur du texte de Gerlach. Y a-t-il eu alors décision d'extermination ? Et si oui, a-t-elle été prise avant l'invasion, ou au cours de celle-ci ? Si certains documents signés de Heydrich permettent d'affirmer que les Einsatzgruppen ont comme tâche non seulement, comme ce fut le cas en Pologne en 1939, d'assurer de façon transitoire le contrôle des populations, mais encore d'exécuter certaines catégories de personnes et parmi elles des Juifs, ces Juifs ne sont pas TOUS les Juifs mais seulement ceux qui occupent des positions dans le parti communiste et dans l'État soviétique. Pour Philippe Burin, l'escalade dans l'assassinat des Juifs "connut un tournant décisif quelque part entre la fin de juillet et la fin d'août lorsque les femmes et les enfants furent inclus dans le massacre ; [...] Manifestement, les Juifs payaient de leur vie, en progression géométrique, le prolongement d'une campagne qui aurait dû se terminer en septembre" (6).

 

Si pourtant, indiscutablement, il y a, avec ces massacres, génocide, il reste régional. Si décision il y eut alors d'éliminer la population juive, rien ne permet d'affirmer qu'elle est générale et vaut aussi pour les Juifs de l'Europe occidentale. Le sens même de l'expression "solution finale" est ainsi posée.

 

 

Wannsee, un tournant dans l'élimination des Juifs d'Europe



Pour Gerlach, il n'y a réellement de «solution finale» que si les Juifs, sans exception aucune, notamment de nationalité, sont voués à la destruction. C'est donc en examinant le sort des Juifs de la nationalité provisoirement écartée de la mise à mort, c'est-à-dire allemande, que l'on pourra «dater» une éventuelle décision.

 

Aujourd'hui, un «des sites importants de la topographie berlinoise du crime est sans aucun doute la maison qui se dresse au 56-58 de l'avenue Am Grossen Wannsee» (7). À la suite de l'étude de Gerlach, la distance qui s'était creusée entre une histoire savante minorant l'importance de Wannsee et la mémoire collective la majorant se restreint. Si la destruction des Juifs d'Europe ne commence pas à Wannsee, ce serait là cependant qu'elle aurait pris un tour radical et serait devenue réellement «finale», c'est-à-dire n'épargnant plus aucune catégorie.

 

Wannsee - 1982. Source : MINDEF/SGA/DMPA


 

 

Notes

 

(1) In Le Procès de Jérusalem, Jugements-documents, Paris, Calmann-Lévy, 1963, pp. 340-345

(2) In Hans Mommsen, Le national-socialisme et la société allemande. Dix essais d'histoire sociale et politique, Editions de la Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 1997, pp. 178-223

(3) Christian Gerlach, Sur la conférence de Wannsee, Liana Levi, 1999

(4) Philippe Burin, Hitler et les Juifs. Genèse d'un génocide, Paris, Seuil, Point-Histoire, 1995, pp. 129-130

(5) Paul Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, Paris, Fayard, 1988, pp. 360-361

(6) Philippe Burin, op. cit., p.129

(7) Peer Reichel, L'Allemagne et sa mémoire, Paris, Odile Jacob, 1998, p.177

 

 

Source : Annette Wieviorka, Directeur de recherche au CNRS. Revue "Les Chemins de la Mémoire n° 116 pour Mindef/SGA/DMPA

Sur les chemins de la Résistance à Lyon

 

Médaillée de la Résistance avec Rosette par décret du 26 Novembre 1946, et de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur avec attribution de la Croix de Guerre avec palme le 28 février 1949, la ville de Lyon est un haut lieu de la Résistance.

 

Musée de la résistance et de la déportation. Source : www.lyon-photos.com

 


Le 19 juin 1940, les troupes allemandes entrent pour la première fois dans la ville.


Le 22 juin 1940, neuf mois seulement après la déclaration de la guerre, le Maréchal Pétain signe l'armistice avec l'Allemagne. La France est divisée en deux grandes zones principales et les forces d'Occupation se retirent dans la zone nord. Beaucoup refusent la défaite et se disent prêts à continuer le combat. Ainsi vont naître les premiers mouvements de Résistance. Leurs actions consistent tout d'abord à diffuser des tracts et des journaux appelant les Français à se mobiliser contre l'ennemi. Une grande variété de journaux clandestins apparaissent tels que Combat, Franc-Tireur, le Coq Enchaîné, Libération, les Cahiers du Témoignage Chrétien, l'Insurgé.

 

Puis la lutte devient de plus en plus rude, la traque des juifs s'intensifie. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, la zone libre est envahie par la Wehrmacht.
Le 11 novembre, les troupes allemandes occupent une nouvelle fois Lyon. L'occupation désormais totale, une union des mouvements de la Résistance s'impose. Jean Moulin crée alors le Conseil National de la Résistance, et le 26 janvier 1943 naissent à Lyon les Mouvements unis de la Résistance. Cette année est également marquée par la naissance des maquis au nord et au sud de l'agglomération qui accueillent les jeunes voulant échapper au Service du Travail Obligatoire (S.T.O.). Mais avec les débarquements, les massacres s'enchaînent. Les détenus de la prison Montluc sont exécutés massivement en différents lieux de la région lyonnaise. La Résistance riposte et déclenche l'insurrection de Villeurbanne mais la ville est réoccupée deux jours plus tard. Alors que la première Armée française approche de la ville, les Allemands font sauter les ponts du Rhône et de la Saône. Ce n'est que le 3 septembre que les troupes du général Brosset libère la ville.



Les chemins de mémoire suivants permettent de revivre une époque chargée d'Histoire.

 



Autour de Jean Moulin (Circuit n° 1)


Rue Jean Moulin, un mémorial se trouve entre les numéros 1 bis et 5 de la rue et rend hommage à Jean Moulin. Cet homme est nommé préfet en mars 1937, il est alors le plus jeune de France. Préfet d'Eure-et-Loir en 1939, il est à Chartres lorsque les troupes allemanders pénètrent dans la ville. Le 17 juin, il refuse de signer un document établi par le Allemands accusant à tort les troupes sénégalaises de l'Armée française de massacres sur les populations civiles. Il est alors brutalisé et séquestré et, pour échapper à la menace et le déshonneur il préfère se trancher la gorge. Il évite la mort de peu et est relâché. Il apprend par la suite la naissance de noyau de Résistance en zone sud. Il gagne alors Londres et demande des moyens au nom de ces mouvements. Le général de Gaulle lui confit la mission d'unifier ces différents mouvements et d'en faire une armée secrète des forces françaises libres complètement placée sous ses ordres. Le général Delestraint en deviendra le chef. En novembre 1942 a lieu la première réunion du Comité de Coordination qui deviendra les Mouvements Unis de la Résistance. Le général de Gaulle le charge également de créer un Conseil National de la Résistance.

 

Extérieur du Mémorial. Source : Mémorial Jean Moulin de Caluire

 



Jean Moulin est arrêté lors d'une réunion à Caluire. Il est torturé, incarcéré à Montluc et meurt à Metz au cours de son transfert en Allemagne. Il a occupé une place importante dans la résistance, il était le trait d'union entre la Résistance de l'intérieur et celle de l'extérieur.

 

La maison du docteur Dugoujon. le général Delestraint, chef de l'Armée secrète est arrêté le 9 juin 1943. Une réunion est alors prévu le 21 juin à Caluire, par Jean Moulin, pour pourvoir à son remplacement. Mais la Gestapo débarque et les participants sont arrêtés, incarcérés à Montluc et déportés.

 



L'Ecole de Santé de l'Armée, aujourd'hui Centre de la Résistance et de la Déportation.

 

Ecole de Santé de l'armée. Sourece : Carte postale

 

En ces lieux, des hommes et des femmes ont subi des tortures parfois jusqu'à la mort. D'autres ont été fusillés dans les sous-sols. Jean Moulin y a été interrogé par Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon. Ce dernier lui tendant un papier pour inscrire des noms, Moulin dessine la caricature de son bourreau. Le 26 mai 1945, le bâtiment est en partie détruit par l'aviation américaine, tuant des agents de la Gestapo.

 



Répression et détention (Circuit n° 2)


Prison Montluc (Rue Jeanne Hachette). Après l'invasion de la zone sud en novembre 1942, les Allemands réquisitionnent les lieux pour y emprisonner des résistants, des juifs et des otages. À proximité, ils installent un tribunal militaire qui cesse de fonctionner au printemps 1944 lorsque les événements se précipitent, surtout après le débarquement. Mais aussitôt les massacres de détenus s'enchaînent dans la région lyonnaise. La plupart s'effectuent sans jugement, les victimes étant choisies parfois au hasard. À cela doit s'ajouter le nombre de victimes mortes au cours de leur internement ou dans les locaux du siège de la Gestapo. Yves Farge, nommé par de Gaulle, Haut Commissaire de la République pour la région Rhône-Alpes en avril 1944, parvient à se faire remettre les clés de la prison le 21 août, soit douze jours avant la libération de la ville, par le général allemand qui tient la garnison de la ville, sauvant ainsi, in extremis, 800 otages qui risquaient d'être éxécutés. Lyon est libéré le 3 septembre.

 



Place Bellecour, Le Veilleur de Pierre. Dans la nuit du 26 juillet 1944, des résistants commettent un attentat au café "le Moulin à Vent", fréquenté par la Gestapo. Le lendemain matin, les Allemands bloquent la circulation pour abattre 5 hommes qui sont laissés sous le soleil aux yeux de tous mais qui ne sont pas les véritables auteurs de l'attentat. Les Allemands ont rassemblé sans le savoir des hommes de croyances, de milieux sociaux et de mouvements différents mais se battant pour une même cause, la libération de leur pays. Le Veilleur de Pierre se trouve à l'emplacement du café et rappelle les différents lieu de massacres dans la région.



Saint-Genis-Laval, le caveau des martyrs. Le 20 août 1944, quelques jours avant la libération de Lyon, les Allemands extraient 120 prisonniers de Montluc et les assassinent dans une local du Fort de Côte Lorette qu'ils incendient, le massacre achevé. Une dizaine de Français ont prêté leur concours. Une immense tombe abrite les cendres des victimes.



Bron (avenue général de Gaulle). Le 15 août 1944, les bombardement alliés occasionnent des dégâts sur l'aérodrome de Bron. 50 détenus y sont alors conduits pour effectuer des travaux de désamorçage. En retournant à la prison le soir, il sont emmenés sur un autre chantier où personne n'a jamais travaillé et disparaissent sans laisser de trace. Après la Libération, lors du déblaiement des lieux, 109 autres cadavres seront découverts.

 

Villeurbanne, La Doua. Entre octobre 1943 et juillet 1944, 77 prisonniers sont jugés par le tribunal militaire allemand et condamnés à mort. Ils peuvent être assistés par un prêtre et écrire une lettre à leurs proches avant d'être fusillés au stand de tir de la Doua.

 




 

Mémoire de l'Occupation dans l'Est lyonnais (Circuit n° 3)

 


Villeurbanne, square de la déportation. Ce square commémore la grande rafle des Villeurbannais, le 1er mars 1943, par les Allemands, dans le quartier de la place Grand-Clément. Déportés au camp de Mauthausen, 63 raflés reviennent, mais 15 d'entre eux décèdent dans les quatre mois qui suivent leur retour. Décines, au rond point orné d'une pyramide, prendre la direction moulin d'armont. Le mémorial, sur la droite, rend hommage à quatre membres des groupes-francs de l'Armée Secrète, morts en ce lieu. Les père et fils Danvaux assurent la logistique et le camouflage, ils hébergent deux résistants. Le 24 août 1944, tous se rendent dans une cache à Meyzieux pour récupérer des armes. Sur le chemin du retour, la voiture percute un barrage dressé par l'ennemi. Alors que certains trouvent la morts dans l'accident, les autres sont fusillés par les Allemands.


Bron, nouveau cimetière. Une stèle rend hommage aux agents du Service des transmissions nationales - Forces françaises combattantes de l'aérodrome de Bron, arrêtés sur place le 17 juillet 1944 par les Allemands et morts en déportation.


Vénissieux, route de Vienne, garage Renault. Le 9 août 1944, des résistants armés attaquent ce garage et font exploser les camions et voitures légères. Les Allemands procèdent à une enquête et débarquent sur les lieux avec cinq hommes aussitôt mitraillés. Les corps sont enlevés après plusieurs heures. Ils n'étaient pas les auteurs de l'attentat, mais des prisonniers de Montluc.



Vénissieux, place Léon Sublet. Musée de la résistance et de la déportation. Sur la façade du bâtiment sont apposés quatre bas-relief en bronze rendant hommage à 94 résistants, la plupart de nationalité étrangère, membres de la Main d'Oeuvre Immigrée, et appartenant au bataillon Liberté.


Saint-Priest, gare SNCF voyageurs. Une plaque apposée sur le mur du quai rend hommage aux agents de la SNCF, résistants, tués par faits de guerre.

 

Feyzin, 3, rue du docteur Long. Le docteur Long, membre du Coq Enchaîné, diffuse tracts et journaux, forme des équipes de sabotage, fait du renseignement militaire en espionnant les usines de fabrication de matériel de guerre et donne des soins aux résistants. Mais il est enlevé à son domicile et retrouvé mort en ce lieu avec un message des assassins : "Terreur contre terreur cet homme paie de sa vie la mort d'un national".
 

 


Parcours de Résistants (Circuit n° 4)



Angle rue Victor-Hugo et rue Sala. Dans cet immeuble fut crée le mouvement "France d'Abord" dirigé par Jean Cotton et le colonel Schwazfeld, chargé d'organiser le service de radio et de renseignement militaire et civil. Il est arrêté avec Jean Moulin et déporté. Jean Cotton est adjoint au Général Delestraint , qui possède son P.C. en ce lieu.


Place Bellecour et angle rue Saint-Exupéry. Dans cet immeuble occupé par la Gestapo et ses complices français, des internés de Montluc ont été torturés. Certains ont trouvé la mort dans le sous-sol, des suites des tortures endurées ou assassinés.


Place Bellecour et à l'angle rue De Gasparin. Dans la nuit du 26 au 27 juillet 1944, une explosion retentit dans le café "Le Moulin à Vent" (à la place de cet établissement se trouve aujourd'hui la statue dite du Veilleur de Pierre). Le soir, avant sa fermeture, des résistants y déposent des explosifs. Le café est essentiellement fréquenté par la Gestapo. Le lendemain matin, les Allemands ayant bloqué la circulation, une voiture s'immobilise et fait descendre cinq hommes jeunes qui sont aussitôt fusillés et laissés pendant 3 heures sous le soleil. Emprisonnés depuis plusieurs semaines, ils ne pouvaient être les auteurs de cet attentat.


Le 9, cours Gambetta. Lieu de réunion et d'arrestation de six responsables des Forces Unies de la Jeunesse, emprisonnés à Montluc et fusillés à Gênas.



Angle rue Puits-Gaillol et rue Romarin. Ici fut assassiné Antoine Fontlupt, qui a dirigé des attaques à mains armées, des explosions de trains et le détournement d'un fourgon postal Allemand.

 


Au 12, rue Ste-Catherine. Le lieu rend hommage à 80 juifs arrêtés le 7 février 1943, déportés dans les camps d'extermination.


Place Tolozan, une stèle rend hommage à Jean Moulin, fondateur du Conseil National de la Résistance, et André Lassagne, membre du mouvement Libération et Inspecteur Général pour la zone sud en juin 1943.


Au 14, rue bouteille, se trouvait une boite aux lettres qui servait à la transmission de messages codés de la Résistance. Les Allemands ont fini par la mettre sous surveillance, ce qui a conduit à l'arrestation du Général Delestraint.

 

Les Traboules. Source : www.iananwendy.com


Les traboules. Les résistants ont utilisé ce réseau de passages couverts entre les immeubles permettant de passer d'un rue à l'autre où la gestapo était sûre de se perdre. Elles servaient aussi de dépôt de colis.



 

Source : MINDEF/SGA/DMPA

La Résistance en actes

 

Née du refus de la défaite et de l'occupation ou de la lutte contre le nazisme et le fascisme, parfois de l'Appel du général de Gaulle, la Résistance a revêtu plusieurs formes.

 

Le renseignement

 

Après la signature de l'armistice franco-allemand, l'Angleterre se retrouve seule face à l'ennemi et sous la menace d'une invasion imminente. Dès juillet 1940, les Anglais et la France Libre cherchent à collecter des renseignements sur les préparatifs ennemis ou la situation en France ; des réseaux se constituent dans ce but, en relation avec l'Intelligence Service ou le BCRA, et sont bientôt équipés de moyens de transmission, notamment des postes de radio. Les informations ainsi collectées seront extrêmement précieuses pour la préparation et l'exécution du Débarquement. Mais, malgré l'abondance et la qualité des renseignements transmis à Londres, l'aviation alliée manquera souvent ses cibles : 65000 Français mourront sous ses bombardements.

 

 

L'aide aux personnes traquées

 

L'aide aux personnes traquées (résistants, opposants, réfractaires, juifs...)

 

 

 

L'évasion

 

Les activités d'évasion débutent dès la campagne de France de juin 1940, lorsque des groupes de soldats français ou anglais défaits tentent d'éviter la capture par la Wehrmacht. Spontanément, des personnes leur viennent en aide, leur fournissent cachettes et vivres et facilitent leur évasion vers l'Angleterre. Par la suite, des filières organisées se constituent pour secourir les aviateurs alliés, permettre le passage de la ligne de démarcation, faciliter la fuite des prisonniers et personnes recherchées, ou conduire ceux qui souhaitent rallier la France Libre vers l'Angleterre ou l'Espagne.

 

 

La propagande

 

Le journal France D'Abord. Source :  Collection DMPA

 

 

 

Le journal Combat. Source : Collection DMPA

 

 

Le sabotage et la préparation de l'insurrection

 

    

Déraillement d'un train. Source :  Collection DMPA

 

 

Manifestation de Romans contre le STO (10 mars 1943) Source : © CHRDD - Droits réservés

 

 

Les opérations de commandos

 

Les maquis

 

 

Les maquis en France. Source : MINDEF/SGA/DMPA

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Les maquis se constituent progressivement à partir de la fin de l'année 1942. Il s'agit au départ de zones de refuge pour des personnes recherchées par les Allemands ou la police de Vichy : juifs, communistes, républicains espagnols, résistants « grillés », antifascistes de toutes nationalités, déserteurs de l'armée allemande, etc. (ces zones rurales bénéficient de l'aide et du ravitaillement des habitants et des villages alentours). Ils sont rapidement encadrés par les mouvements de résistance déjà constitués.

 

 

C'est avec l'instauration de la conscription obligatoire de la main-d'oeuvre, et surtout avec la promulgation du service du travail obligatoire en Allemagne le 16 février 1943 que les effectifs des maquis grossissent grâce à l'afflux massif de réfractaires. Peu à peu, ces maquis s'organisent et deviennent des réserves de combattants potentiels, qu'il s'agit de former et d'armer ; en avril 1943, les Mouvements Unis de Résistance (MUR) créent un « Service national du maquis » dont la responsabilité est confiée à Michel Brault puis à Georges Rebattet (colonel « cheval »). La mystique du maquis, celle de la « Légion des Montagnes » (Maurice Schumann), armée populaire en constitution, se répand et attire de nouvelles jeunes recrues. « La mystique du maquis était à double tranchant. Elle inspirait l'action, mais elle engeandrait aussi la frustration.

 

En juin et juillet 1943, des rapports de gendarmerie concernant les régions montagneuses du Massif central et les contreforts des Alpes font état de réfractaires arrêtés facilement à la suite de dénonciations ou d'enquêtes de police et qui exprimaient leur déception et leur ennui en découvrant que le maquis, privé de moyens militaires, leur offrait une vie de désoeuvrement et sans héroïsme » (H. Roderick Kedward, « S.T.O. et maquis », dans Jean-Pierre Azéma et François Bédarida (dir.), La France des années noires, vol. 2 : De l'Occupation à la Libération, Le Seuil, 1993, page 270).

 

Mais la situation des maquis s'améliore peu à peu et à partir de mars 1944, les parachutages d'armes, de munitions et de matériel se multiplient, dans la perspective du débarquement.

 

 

Source Fondation de la Résistance

Les Frontstalags

 

Les Frontstalags sont des camps ouverts par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale mais implantés à l'extérieur du Reich ; ils étaient situés essentiellement en France et en Pologne.

 

Ils étaient destinés aux soldats prisonniers issus des colonies françaises. On en dénombre, en avril 1941, 22 sur le territoire occupé qui recueillent environ 69 000 "indigènes": près de 50 000 Nord-Africains, 16 000 Sénégalais, les autres se répartissant selon les engagements (Malgaches, Antillais, Indochinois, etc.).

 

Par le jeu combiné des libérations effectuées pour des raisons diverses (accords politiques, maladies, inaptitude au travail), et en raison des décès et de quelques évasions, le chiffre des prisonniers passe à 44 000 en mars 1942 et à 37 000 en mai 1943. Ces libérations ne concernent cependant ni les anciens combattants de 14-18 ni les pères de famille nombreuse.

 

Claude le Minous enfant avec des prisonniers africains à Pleudaniel (Côtes d'Armor), 1942/1943. Source : Fonds Claude Le Minous

 



La vie dans les camps n'est pas facile. Les prisonniers sont affectés à des détachements de travail dans les charbonnages, l'agriculture, les forêts et le bâtiment ; certains sont même utilisés dans les usines d'armement. Un certain nombre est frappé par la tuberculose. Malgré l'aide de la population locale et des organisations de secours, la faim n'est pas comblée et le froid est mal combattu. La solidarité des habitants permet également la réussite des évasions qui auraient été vouées à l'échec car les évadés sont trop facilement reconnaissables; cette complicité oriente de nombreux évadés vers les réseaux de la Résistance.

 

Prisonniers de guerre coloniaux. Source : Fonds Jeanne Joly

 



Les gardiens de ces camps sont des sentinelles allemandes, souvent anciens combattants de 14-18, et relativement cléments à l'égard des prisonniers. A partir de janvier 1943, devant les besoins du front de l'Est, la Wehrmacht mobilise tous ses moyens et le gouvernement français répond favorablement à la demande allemande de faire assurer la garde dans certains frontstalags par des officiers français. Ce transfert crée une situation inédite et suscite des interrogations puisque les anciens officiers français des troupes indigènes deviennent subitement leurs geôliers. Ceci accroîtra la démoralisation des prisonniers ainsi que le sentiment d'avoir été trahis au nom d'une raison d'Etat ...

 

Prisonniers de guerre coloniaux. Source : Fonds Jeanne Joly

 

 

 

Les sentinelles allemandes n'ont pas été remplacées partout

 

Des organismes caritatifs ou des personnalités locales ont mis en place un service de marraines pour une relation de proximité et non simplement de correspondance comme durant la Grande Guerre. La présence de marraines facilite les permissions de sorties notamment pour partager des repas familiaux. Selon le cas, ces marraines, parfois très jeunes, confectionnent des lainages, de la nourriture, échangent des lettres. Certaines ont dispensé des cours d'alphabétisation, de catéchisme et quelques prisonniers furent baptisés. Les relations amoureuses ont existé et des enfants métis sont nés. Mais dans un tel contexte, ces relations sont restées - le plus souvent - éphémères.



La Libération, paradoxalement, modifie peu la situation des prisonniers. Près de 30 000 hommes dont 17 000 Nord-Africains recouvrent la liberté mais ils restent soumis au statut militaire; ils sont donc regroupés dans des casernes.

 

Prisonniers de guerre coloniaux. Source : Fonds Jeanne Joly

 



Impatients de rejoindre leur terre et leur famille, ils vivent dans des conditions sanitaires difficiles, souvent mal nourris et mal habillés. Ils connaîtront des fortunes diverses lors de leur retour au pays constatant amèrement qu'ils ont été oubliés et trahis. En France les traces commémoratives sont quasiment absentes, mis à part quelques tombes éparpillées et le plus souvent anonymes.

 

 

© Armelle MABON, Maître de conférences Université Bretagne Sud

E-mail : armelle.mabon@univ-ubs.fr

 

Université de Bretagne Sud

4, rue Jean Zay - BP 92116 56321 LORIENT

 



Sources :

Cahiers de l'AMCB, 1995, n°1, Le Frontstalag 222 de Bayonne "La singulière captivité des prisonniers de guerre coloniaux durant la Seconde Guerre mondiale", French Colonial History, n° 7, 2006, Michigan, State University Press

 

Archives nationales

F9, 2258. Lettre de l'Adjudant-Chef Gernet, Frontstalag 194, à Monsieur Sacapini, Nancy, 21 août 1943.

F9, 2959. Wiesbaden, note n° 3690/PG du 9 septembre 1940 de la sous-commission des prisonniers de guerre, commission d'Armistice pour la commission allemande d'Armistice, signée Chauvin. F9, 2883.

  • Lettre pour Monsieur l'Ambassadeur de Brinon.
  • Lettre destinée à Monsieur le Commandant en Chef des Forces militaires en France. F9, 3811. Le ministre des Prisonniers de Guerre, 21 novembre 1945, signé Ciosi. F9, 3815.

 

Service Historique de la Défense / Département Terre

2P78.

  • Secrétariat d'État à la Guerre, Direction des Prisonniers de guerre, 3 juillet 1942. Rapport d'ensemble sur les frontstalags.
  • Rapport d'ensemble sur les Frontstalags, 3 juillet 1942.
  • Rapport du 23 juin 1943. 3P84, dossier 2.
  • Lettre pour Monsieur l'Ambassadeur de Brinon.
  • Lettre destinée à Monsieur le Commandant en Chef des Forces militaires en France.
  • Mai 1943. 6P6, dossier 5. Général Ingold, Directeur des Troupes coloniales, 2 mai 1945.

 

Centre des archives d'Outre-Mer

DAM 3, dossier 8. Rapport du général de Périer, inspecteur des troupes coloniales, 6 février 1945.

DAM 74. Rapport du Colonel Le Masie, chef d'Etat Major, Dakar, 5 décembre 1944.

 

Archives départementales du Maine et Loire

97W38. Communiqué de la Feldkommandantur, Angers le 4 mars 1941.

 

Archives privées

Jeanne Joly. Claude Le Minous.

 

Bibliographie de l'auteur

  • " La singulière captivité des prisonniers de guerre africains (1939-1945), in Les prisonniers de guerre dans l'Histoire, Contacts entre peuples et cultures ", sous la direction de Sylvie Caucanas, Rémy Cazals, Pascal Payen, Toulouse, Privat, 2003, pp.137-155.
  • " La tragédie de Thiaroye, symbole du déni d'égalité ", Hommes et Migrations, n° 1235, janvier-février 2002, pp. 86-97.
  • " Les prisonniers de guerre coloniaux durant l'Occupation en France ", Hommes et Migrations, n° 1228, novembre-décembre 2000, pp.15-28.
  • L'action sociale coloniale, l'exemple de l'Afrique occidentale française du Front populaire à la veille des Indépendances, Paris, L'Harmattan, 2000, 221 p.

 

Documentaire :

  • " Oubliés et Trahis Les prisonniers de guerre coloniaux et nord-africains " avec Violaine Dejoie-Robin (réalisatrice) et Grenade Productions (Paris).

 

Bataille d'El Alamein octobre-novembre 1942

 

 

La bataille d'El Alamein demeure la plus célèbre victoire des Alliés en Afrique du Nord face aux troupes germano-italiennes du maréchal Rommel.

 

 

Elle intervient lors de la seconde phase de la guerre, au moment où les Alliés, après avoir arrêté les forces de l'Axe en Égypte, cherchent à les repousser et à les vaincre en Afrique du Nord, étape essentielle avant la libération de l'Europe. El Alamein est une localité côtière égyptienne située à une centaine de kilomètres à l'ouest d'Alexandrie. La ligne de front part perpendiculairement de la côte vers l'intérieur désertique, difficilement accessible pour chacun des adversaires. Une des positions les plus éloignées dans le désert est tenue par des éléments des Forces françaises libres.

 

 

1942. Rommel dans le désert Libyen. Source : SHD

 

Les forces du maréchal Rommel sont composées de huit divisions italiennes mal équipées et quatre divisions allemandes, soit un total de 110 000 hommes, 500 chars et 700 avions. En face, la 8e armée, commandée par le général britannique Montgomery, dispose de 200 000 soldats, 1 000 chars et 750 avions.

 

La supériorité des Alliés est renforcée par la possibilité de compenser les pertes par des renforts basés en Égypte. En revanche, l'Axe n'est pas en mesure de faire venir de nouvelles troupes et du matériel de Crète ou d'Europe.

 

L'objectif allié est de percer le front allemand par une brutale poussée des blindés, d'amener l'Afrika Korps et les Italiens à retraiter pour les prendre en tenaille avec les troupes anglo-américaines qui, depuis le 8 novembre, ont débarqué en Algérie et au Maroc.

 

Le dernier espoir de Rommel est de regrouper ses forces pour résister en attendant les renforts qu'il réclame.

 

Le 23 octobre 1942, après l'ouverture de brèches dans les champs de mines de l'Axe, un formidable bombardement d'artillerie donne le signal du début de la bataille. Les Alliés progressent difficilement et le 25, le retour du maréchal Rommel à la tête de ses troupes se traduit par le durcissement de la résistance germano-italienne. La rupture du front espérée par Montgomery ne se produit pas.

 

 

Le général Sir Bernard Montgomery.Source : Imperial War Museum

 

 



Le 28 octobre, le général britannique décide de réorganiser son dispositif et de déployer des renforts pour compenser les importantes pertes. Il procède ensuite par coups de boutoir successifs pour soumettre l'ennemi à une pression croissante notamment sur l'axe principal de progression. Les lignes germano-italiennes commencent à céder et Rommel est obligé d'engager ses maigres réserves.

 

Le 2 novembre, Montgomery lance une nouvelle offensive de rupture. Ses troupes, suivies par les blindés, progressent malgré une résistance désespérée des Allemands. Rommel, constatant l'usure de ses forces, envisage un repli. Le 3 novembre, Hitler refuse, mais le lendemain, il doit accepter l'inéluctable. Ce même jour, le dispositif défensif de Rommel cède. De nombreux Italiens sont faits prisonniers et les dernières troupes allemandes entament leur "retraite sauvage" d'abord jusqu'à Benghazi, en Libye.

 

Mais, face au danger d'une prise en tenaille entre la 8e armée à l'est et les troupes anglo-américaines et l'armée d'Afrique à l'ouest, Rommel décide de rejoindre la Tunisie où combat l'armée germano-italienne du général von Arnim.

 

Après une terrible campagne, les Alliés parviennent à chasser les Allemands et les Italiens de Tunisie et d'Afrique au début de mai 1943. Cette victoire en Afrique du Nord survient en même temps que la victoire soviétique à Stalingrad. Cette période de la Seconde Guerre mondiale entre novembre 1942 et mai 1943 constitue un tournant : désormais les forces de l'Axe ne vont cesser de reculer.

 



La participation française à la bataille d'El Alamein 23 octobre-15 novembre 1942 La bataille d'El Himeimat, 23-24 octobre 1942

 

 

En octobre 1942, le général Montgomery accueille dans le dispositif de la 8e armée les Français libres : les 1ère et 2e BFL font mouvement vers El Alamein.

 

Montgomery veut percer les défenses germano-italiennes par une attaque massive de l'infanterie au nord, et une action de diversion au sud, dans le secteur du massif de l'Himeimat qui surplombe le champ de bataille. Malgré les objections du général Koenig, la 1ère BFL est chargée de cette opération.

 

El Himeimat. Vue du champ de bataille. Source : Musée de l'ordre de la Libération

 


Dans la nuit du 23 au 24 octobre, après une longue marche d'approche, la 13e demi-brigade de Légion étrangère (DBLE), commandée par le lieutenant-colonel Amilakvari, attaque l'Himeimat. Vers 2 h, le 1er bataillon de Légion étrangère (BLE) se lance à l'assaut. Les combats sont particulièrement difficiles face aux parachutistes italiens de la division Folgore appuyés par l'artillerie et les blindés allemands. À 6 h, le 2e BLE attaque à son tour. Le 1er BLE est soumis à un violent tir d'artillerie, tandis qu'une contre-attaque des chars allemands entraîne le repli des légionnaires du 2e bataillon. Vers 8 h, venant de l'ouest, un groupement blindé est lancé contre le 1er BLE. À 9 h 25, Amilakvari est obligé de donner l'ordre de repli. Fermant la marche au milieu des champs de mines, le lieutenant-colonel Amilakvari est mortellement blessé à la tête par un éclat d'obus.

 

Amilakvari à El Tahag, le 10 août 1942. Source : Musée de l'ordre de la Libération

 


Epuisés par les combats de la nuit, les Français libres rejoignent le Qor El Laban au début de l'après-midi. Le bilan des pertes françaises s'élève 23 tués dont 2 officiers et 100 blessés dont 8 officiers.

 

Le 4 novembre, le maréchal Rommel obtient du Führer l'autorisation de replier ses troupes sur Benghazi (Libye). Les Britanniques s'engouffrent dans les lignes allemandes, tandis que les unités FFL de la 1ère BFL et de la 2e BFL, qui combat au sein de la 50e division anglaise depuis le 23 octobre, poursuivent leurs missions de reconnaissance et de harcèlement jusqu'au 15 novembre. Elles passent ensuite en réserve, employées à des missions de garde et de récupération. Seuls le BIMP, à partir du 22 novembre, et la "colonne volante", à compter du 4 décembre, poursuivent les forces germano-italiennes en retraite jusqu'en Tunisie.

 

Même si en termes d'actions et d'effectifs, la participation française à la bataille d'El Alamein a été limitée, elle revêt une importance symbolique en marquant l'engagement de la France Libre aux côtés des Britanniques en Afrique du Nord.

 

 

Plan de la bataille d'El Alamein. Source : MINDEF/SGA/DMPA

 

 

 


Selon les états de service il apparaît que les unités suivantes des Forces françaises libres ont de près ou de loin participé à ces opérations :

  • la 13e demi-brigade de légion étrangère (1er et 2e bataillon de la Légion étrangère) ;
  • le bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique ;
  • le bataillon de fusiliers marins ;
  • le 1er régiment d'artillerie ;
  • le 1er régiment de marche de spahis marocains;
  • la 1ère compagnie de chars ;
  • l'ambulance Hadfield-Spears ;
  • l'ambulance légère chirurgicale ;
  • le 1er escadron du train ;
  • compagnie de transmissions ;
  • compagnie de réparation ;
  • compagnie du génie ;
  • les bataillons de marche n° 5 et n° 11 (2e brigade française libre).

 

 

Ordre de bataille de la 1ère BFL le 23 octobre 1942 dans la région de l'Himeimat

 

Commandant de la brigade le général de brigade Koenig

Etat-major et quartier général

Chef d'état-major lieutenant-colonel Masson

1ère compagnie de transmissions

 

 

 

Le général Koenig et ses officiers à Bir Hakeim. Source : SHD

 


Groupement A

 

Commandement le groupement et la 13e DBLE lieutenant-colonel Amilakvari

Adjoints capitaines Arnault et Saint Hillier

1er bataillon de légion étrangère chef de bataillon de Bollardière

22e compagnie nord-africaine capitaine Lequesne

2e bataillon de légion étrangère chef de bataillon Bablon

Une section de trois chars Crusaders de la 1ère compagnie

Une section de trois automitrailleuses et une section de trois autocanons du 1er RSM

Détachement du génie

 

 

Groupement B

 

Commandant du groupement et du bataillon d'infanterie de marine - Pacifique (BIMP) chef de bataillon Bouillon

Section du 1er régiment d'artillerie

Section de défense anti aérienne du 1er bataillon de fusiliers marins (BFM)

Section du génie

 

 

Groupement C

 

Commandant le groupement et le 1er régiment d'artillerie (RA) lieutenant-colonel Laurent-Champrosay

3e régiment d'artillerie britannique

2e compagnie anti char capitaine de Sairigné

1er bataillon de fusiliers marins (unité de DCA motorisé) capitaine de corvette Amyot d'Inville

Batterie de DCA britannique (42e régiment indien d'artillerie)

 

 

Groupement K ("colonne volante")

 

Commandant du groupement et du 1er régiment de marche de spahis chef d'escadron de Kersauson

1ère compagnie de chars Crusaders (lieutenant Divry)

Un escadron à cinq pelotons de trois automitrailleuses et un peloton de trois autocanons de 75 mm du 1er RMSM (capitaine Morel-Deville)

 

 

Source : MINDEF/SGA/DMPA

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