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Débarquer avant le D-Day

Les opérations de Libération de la France ne débutent pas avec le débarquement du 6 juin 1944. Il aura en effet fallu plusieurs étapes pour préparer et mettre en œuvre les deux débarquements alliés de Normandie et de Provence, en juin et août 1944.

Au début de l’année 1942, les forces de l’Axe paraissent en mesure de l'emporter sur tous les fronts. À l’Est, l'Armée rouge souffre et les Soviétiques réclament à cor et à cri l'ouverture d'un "second front" par les Alliés à l'Ouest. Si aucun débarquement ne peut y être envisagé avant 1943, les Anglo-saxons lancent toutefois des opérations-commandos sur les côtes françaises, à Saint-Nazaire et surtout à Dieppe, port de Haute-Normandie qui paraît pouvoir être occupé temporairement : l’opération « Jubilee », initialement prévue au 4 juillet, est repoussée au 19 août 1942. 4 965 Canadiens, 1 000 Britanniques, une cinquantaine de rangers américains et quelques hommes de la France combattante composent alors les forces de ce commando. Une fois débarqués à Dieppe, mais aussi à Puys et à Pourville, les hommes sont immédiatement pris sous les tirs ennemis. L’opération est un total échec et les pertes sont terribles : 128 hommes sur 650 sont tués et 250 sont faits prisonniers à Puys ; près de la moitié des 1 000 hommes débarqués tombent à Pourville. À tous égards, le raid de Dieppe est un désastre, coûteux en vies humaines et inutile du point de vue stratégique.

 

En revanche, le débarquement de 1942 en Afrique du Nord est un succès et modifie le rapport des forces. Initialement prévue pour octobre, l’opération « Torch » débute par un débarquement en Algérie et au Maroc le 8 novembre 1942. 107 000 hommes sont placés sous le commandement du général Eisenhower. Ils constituent désormais une menace pour les Allemands. La reconquête de la Tunisie est la première étape d'un cycle de libérations successives.

 

La réaction des forces de l’Axe ne se fait pas attendre : en France, le 11 novembre 1942, les Allemands envahissent la zone Sud, laissant aux Italiens le soin d'occuper le Sud-Est de la métropole et la Corse. A partir de juin 1943, où les 80 000 Italiens stationnés en Corse sont rejoints par 14 000 Allemands de la brigade SS Reichsführer. Les premiers Mouvements de résistance se constituent alors dans l'île autour d'agents de la France libre, en particulier Fred Scamaroni. Mais celui-ci, arrêté et torturé par l'OVRA (police politique italienne), se donne la mort dans sa prison le 19 mars 1943 à Ajaccio. Le Front National d'obédience communiste se développe ensuite. Le général Giraud, qui copréside, avec le général de Gaulle, le Comité français de la Libération nationale (CFLN) prépare un débarquement : le sous-marin Casabianca débarque en Corse agents, armes et munitions. L’insurrection populaire éclate le 9 septembre 1943, au lendemain de la signature de l’armistice entre les responsables italiens opposés à Mussolini et les Anglo-saxons. L’île est totalement libérée le 4 octobre par l’action conjointe des maquisards corses, des Italiens non fascistes ralliés, des hommes du 1er Bataillon de choc de l'armée d'Afrique et des goumiers marocains envoyés depuis Alger par le général Giraud. La Corse devient alors une base stratégique méditerranéenne de premier plan.

 

 

 

 

 

  • Sentinelle allemande en faction, Dieppe, après le débarquement des Canadiens en août 1942. Copyright ECPAD - Photographe inconnu (DAA 2815-L28)

  • Dieppe, août 1942, tentative de débarquement des Canadiens. Copyright ECPAD - Photographe inconnu (DAT 2126 L44)

  • Débarquement. Les Français s'entraînent à Arzew en Algérie, 1944. Copyright ECPAD - Photographe inconnu (TERRE 123-2606)

  • Arzew, en Algérie, débarquement des Français, 1944. Copyright ECPAD - Photographe inconnu (TERRE 123-2609)

  • Visite du général Rommel au Mur de l'Atlantique (1943-1944) qui doit empêcher le débarquement allié en France. Copyright Archives allemandes

  • Fortification du Mur de l'Atlantique, France, été 1943. Copyright Archives allemandes

Oradour-sur-Glane, village martyr

Oradour-sur-Glane, 10 juin 1944

Le village d’Oradour-sur-Glane est situé à une vingtaine de kilomètre de Limoges, en Haute-Vienne. En juin 1944, c’est une bourgade de 300 à 400 habitants, à l’écart des grandes voies de communication. Avec les hameaux et les fermes des environs, la commune compte au total 1 200 habitants, dont un certain nombre de réfugiés, parmi lesquels quelques dizaines en provenance du village de Charly, en Moselle. C’est un bourg tranquille qui n’a jamais eu de contact véritable avec l’occupant. On n’y fait mention d’aucun maquis, ni dans le village, ni dans ses environs immédiats. D’ailleurs, le bourg ne figure pas sur les cartes murales des maquis retrouvées dans les locaux de la Gestapo de Limoges. Le samedi 10 juin, le village est animé : c’est un jour de distribution de viande et de tabac et nombre de gens du voisinage s’y sont rendus. Le samedi 10 juin, au matin, le général Heinz Lammerding, commandant la division blindée de Waffens-SS «  Das Reich », donne pourtant  à la 3e compagnie du bataillon I du régiment « Der Führer » l’ordre de détruire Oradour-sur-Glane. La veille, 99 habitants de Tulle ont été pendus aux balcons et aux réverbères de la ville par ses hommes. Le commandant de la compagnie, Adolph Diekmann, planifie l’opération avec ses adjoints, le capitaine Kahn et le sous-lieutenant Bart. Tout comme celui de Tulle, le massacre d’Oradour-sur-Glane résulte de la radicalisation de la répression allemande à l’œuvre dès le début de l’année 1944.  Le 8 juin précédent, la circulaire du commandant en chef sur le front Ouest, le maréchal von Rundstedt, autorisait explicitement « les mesures les plus sévères pour lancer un avertissement à l’ensemble de la population ». Le crime d’Oradour-sur-Glane est perpétré par des hommes ayant conscience d’appartenir à une unité d’élite, fortement marquée par l’idéologie national-socialiste et ayant participé à des opérations de lutte contre les partisans sur le front de l’Est où elle a commis de nombreux massacres de populations civiles.

 

Le 10 juin 1944, en provenance de Saint-Junien, des chenillettes chargées de soldats allemands pénètrent dans le village.  Au même moment, d’autres soldats allemands ratissent les champs des environs et poussent les habitants vers le village. En début d’après-midi, les trois principales voies d’accès à Oradour sont barrées et le bourg est cerné : un cordon de sentinelles empêche toute sortie. La population est rassemblée sur le champ de foire sous le prétexte d’une vérification d’identité, y compris les enfants des trois écoles, sous la surveillance de leurs institutrices et instituteurs.


Les hommes de plus de 14 ans sont séparés des femmes et des enfants, et divisés en six groupes d’une trentaine de personnes, conduits sous bonne garde vers les locaux les plus grands du village : granges, garages, hangars qui sont alors bourrés de foin et de paille. En quelques minutes, les hommes sont mitraillés, puis les SS mettent le feu aux lieux d’exécution. Ceux qui tentent de fuir sont pourchassés impitoyablement dans les rues et les champs. Un groupe est jeté dans un puits. Seuls cinq hommes réchappent au massacre.
De leur côté, les femmes et les enfants ont été enfermés dans l’église du village. Après avoir disposé de la paille, des fagots, ainsi qu’une grande caisse bourrée d’explosifs dans la nef, les SS lancent des grenades. De l’extérieur, ils mitraillent les femmes et les enfants qui tentent de sortir de l’église et de fuir le brasier. Une seule femme parvient à s’enfuir et à survivre à ses blessures.
Leur massacre accompli, les SS pillent méthodiquement le village et achèvent de l’incendier. Au total, ils laissent 642 victimes sur leur passage. Parmi elles 246 femmes et 207 enfants, dont 6 de moins de 6 mois. Le martyre d’Oradour-sur-Glane, par son ampleur, est sans précédent dans l’Europe de l’Ouest occupée.

 

  • Les ruines d'Oradour-sur-Glane, un an après le massacre. Vue aérienne. Copyright collection particulière.

  • Les ruines d'Oradour-sur-Glane, un an après le massacre. Le garage incendié. Copyright collection particulière.

  • Les ruines d'Oradour-sur-Glane, un an après le massacre. Le puits dans lequel furent précipités des corps. Copyright collection particulière.

  • Les ruines d'Oradour-sur-Glane, un an après le massacre. Copyright collection particulière.

  • Les ruines d'Oradour-sur-Glane, un an après le massacre. Copyright collection particulière.

  • Les ruines d'Oradour-sur-Glane, un an après le massacre. Copyright collection particulière.

  • Les ruines d'Oradour-sur-Glane, un an après le massacre. Copyright collection particulière.

  • Les ruines d'Oradour-sur-Glane, un an après le massacre. Copyright collection particulière.

  • Les ruines d'Oradour-sur-Glane, un an après le massacre. Copyright collection particulière.

Les pendaisons de Tulle

Le massacre de Tulle s’inscrit dans le processus de radicalisation de la répression à l’œuvre au sein  des forces d’occupation allemandes au cours de l’année 1944. Au printemps 1944, les actions insurrectionnelles des maquis se multiplient dans la région de Clermont-Ferrand et de Limoges. Le 7 juin, les Francs-tireurs et partisans (FTP) déclenchent une opération contre la garnison allemande de Tulle qui subit des pertes sévères (entre quarante et soixante selon les sources). Le jour-même, le commandement allemand à l’ouest décide une action de grande envergure pour réprimer les maquisards et dissuader la population de les soutenir. La 189e division de réserve et tous les éléments mobiles de la 2e division blindée Waffen-SS « Das Reich » - soit environ 10 000 hommes sur 18 000 -  sont alors mobilisés pour mener une entreprise d’ « intimidation » (Abschreckung) contre la ville. Selon la terminologie allemande de l’époque, il s’agit de réprimer les « bandes communistes», les « groupes de résistance » et les « terroristes ».


Le 8 juin, les FTP se replient devant l’arrivée de renforts allemands lourdement armés. Ce même jour, le général d’armée Jodl, chef d’état-major opérationnel de la Wehrmacht, reproche à l’état-major du commandant à l’ouest son manque de fermeté dans le Massif central et lui ordonne d’appliquer des mesure répressives beaucoup plus dures à l’encontre des résistants. De son côté, le général qui commandait la « Das Reich », Heinz Lammerding, partageait ce point de vue, lui qui avait servi sur le front de l’Est pendant quelques mois l’année précédente. Il recommandait d’appliquer la répression de manière radicale et préconisait la pendaison comme peine de mort infâmante dans un mémorandum en date du 5 juin 1944.


Le 9 juin, une affiche est placardée sur les murs de Tulle. Elle annonce : « 120 maquis ou leurs complices seront pendus. Leurs corps seront jetés dans le fleuve. À l’avenir, pour chaque soldat allemand qui sera blessé, trois maquis seront pendus ; pour chaque soldat allemand qui sera assassiné, dix maquis ou un nombre égal de leurs complices seront pendus également ». Les troupes allemandes ont regroupé des centaines d’otages dans la manufacture d’armes de la ville. Les victimes choisies parmi ceux-ci : ce sont des hommes de dix-huit à quarante-six ans. Ils sont pendus par groupes de dix aux balcons et aux réverbères. Il s’agit clairement de terroriser la population. Sans que l’on sache avec certitude pourquoi, les pendaisons s’arrêtent après le quatre-vingt-dix-neuvième supplicié. Probablement, le fait que des blessés allemands ont été soignés à l’hôpital de la ville a-t-il pu jouer un rôle, de même que les interventions répétées de l’abbé Espinasse, l’aumônier qui assistait les condamnés.


À ce terrible bilan des 99 pendus, il faut ajouter les 20 requis garde-voies qui ont été sommairement fusillés. Enfin, 200 personnes sont déportées parmi les 360 arrêtées et internées à Limoges ; 101 d’entre elles ne reviendront pas.

  • Affiche placardée le 9 juin 1944 sur les murs de Tulle. Copyright musée de la mémoire et des industries tullistes

Vassieux-en-Vercors, village martyr

L’histoire du martyre du village de Vassieux-en-Vercors est indissociable de celle du maquis du Vercors, dont l’existence remonte à la fin de l’année 1942 et au début de l’année 1943. Considéré comme une « forteresse naturelle », le plateau du Vercors doit constituer un point d’appui  pour les Alliés au moment du débarquement. Le village de Vassieux sert aux parachutages d’hommes et de matériels, raison pour laquelle il fait l’objet d’une opération menée par la Milice entre le 16 et le 24 avril 1944. Les exactions commises n’empêchent pas, à l’annonce du D-Day, une  montée au maquis qui  porte ses effectifs à environ 4 000 combattants dont l’enthousiasme ne suffit à pallier ni l’inexpérience militaire, ni la faiblesse de leur armement : dans la nuit du 8 au 9 juin 1944, le Vercors est mobilisé et ses accès sont verrouillés. Le Vercors est alors transformé en véritable camp retranché sous le commandement du commandant François Huet dit Hervieux. La réponse allemande ne se fait pas attendre : le 15 juin, la 157e division de réserve du général Pflaum prend Saint-Nizier après trois jours de combats.


Les 25 et 29 juin les Alliés procèdent à des parachutages d’armes. Le 3 juillet, la République du Vercors est proclamée par des maquisards confiants dans l’imminence d’un débarquement en Méditerranée. Le 7 juillet puis, en plein jour cette fois-ci, le 14 juillet, de nouveaux parachutages, massifs, ont lieu sur le plateau. La Wehrmacht réplique violemment en lançant le 21 juillet la plus grande opération aéroportée contre la Résistance en Europe de l’Ouest. Le général Pflaum lance 40 planeurs sur le plateau pour soutenir les hommes de sa 157e division. Avec l’apport non négligeable de la Milice, ce sont pas moins de 10 000 assaillants, dont des troupes aéroportées d’élite, qui attaquent les 4 000 FFI, défaits en trois jours. Face aux hommes de la 157e division de Pflaum, le maquis du Vercors n’a pu compter sur le soutien de Londres, ni sur celui d’Alger. Si les combats cessent le 27 juillet, la répression, elle, impitoyable, se poursuit jusqu’au 3 août. Le village de Vassieux-en-Vercors est totalement détruit et 73 de ses habitants – hommes, femmes, enfants - sont massacrés. Pendues ou abattues, certaines victimes ont été éventrées, énucluées, émasculées, la langue coupée tandis que d’autres sont retrouvées carbonisées.  Au total, les soldats de la Wehrmacht ont tué 201 des 800 habitants du plateau. Sur les 4 000 combattants FFI, 639 ont perdu la vie. Les survivants participeront à la libération de Romans, Grenoble et Lyon.


Lors de la première commémoration des combats du Vercors, le 5 août 1945, la commune de Vassieux-en-Vercors reçoit la croix de la Libération des mains de Georges Bidault, président du Conseil national de la Résistance (CNR).

  • Vue aérienne de Vassieux-en-Vercors. Copyright collection particulière.

  • Parachutage de containers d'armes à Vassieux, le 14 juillet 1944, par 36 avions alliés. Copyright collection particulière.

  • Caracasses de planeurs allemands à Vassieux-en-Vercors. Copyright collection particulière.

  • Incendie de Vassieux-en-Vercors. Copyright collection particulière.

  • Église incendiée de Vassieux-en-Vercors. Copyright collection particulière.

  • Incendie de Vassieux. Au fond, devant la maison en ruines, M. Galland, instituteur. Copyright collection particulière.

  • Habitants de Vassieux massacrés par les Allemands. Copyright collection particulière.

  • Au pied du calvaire, 17 cadavres gisent dans les décombres. Ce sont les ouvriers qui travaillaient à l'aménagement du terrain d'atterrissage et qui ont été mitraillés par les Allemands. Copyright collection particulière.

  • Les pendus de La Mure. Copyright collection particulière.

  • Cimetière provisoire pour les victimes de Vassieux-en-Vercors. Copyright collection particulière.

  • Le 17 août 1945, le village de Vassieux-en-Vercors reçoit la croix de la Libération. Ici, aux côtés du maire de Vassieux, G. Bidault, R. Courtin et Y. Farge. Copyright collection particulière.

L'épuration

L’idée de purifier la Nation en châtiant les traîtres apparaît dans les milieux résistants dès les premiers mois de l’Occupation. On en retrouve l’écho dans la presse clandestine au début de l’année 1943 et le terme même d’épuration est présent dans l’ordonnance du Comité français de la Libération nationale du 18 août 1943, qui instituait une commission d’épuration. On peut distinguer l’épuration extrajudiciaire de l’épuration légale.

Si d’aucuns pouvaient craindre une insurrection nationale communiste, si quelques Cassandre prédisaient l’embrasement du pays tout entier dans la guerre civile, force est de constater le climat d’union nationale dans lequel se déroula, globalement, la Libération. Le parti communiste avait renoncé à son projet insurrectionnel, comme en témoignait l’attitude de son secrétaire général, Maurice Thorez, de retour d’URSS en France, le 27 novembre 1944. Relayant les directives de Staline rencontré au Kremlin quelques jours plus tôt, il entérinait sans ambiguïté  la dissolution des milices patriotiques communistes. Menée tambour battant par le général de Gaulle, ses préfets et ses commissaires régionaux de la République, l’autorité de l’Etat était rétablie sans trop de heurts. Pour autant, la France a connu des épisodes violents dans lesquels s’inscrit l’épuration.

 


L’idée de purifier la Nation en châtiant les traîtres apparaît dans les milieux résistants dès les premiers mois de l’Occupation. On en retrouve l’écho dans la presse clandestine au début de l’année 1943 et le terme même d’épuration est présent dans l’ordonnance du Comité français de la Libération nationale du 18 août 1943, qui instituait une commission d’épuration. On peut distinguer l’épuration extrajudiciaire de l’épuration légale. La première commence sous l’Occupation puisque sur ses environ 9 000 victimes, 2 200 sont exécutées avant le débarquement de Normandie. Cependant, c’est bien avec la retraite des Allemands que la violence épuratrice s’exerce le plus, dans un contexte rendu particulièrement tendu après des semaines voire des mois de bombardements, combats, massacres. L’épuration extrajudiciaire vise en particulier les derniers soldats allemands, les collaborateurs et toutes celles et ceux qui sont suspectés d’avoir fraternisé avec l’ennemi ou d’avoir d’une quelconque façon profité de sa présence : les traîtres à la patrie. Durant les journées libératrices, ce sont environ 5 000 personnes qui sont exécutées ; de même, les deux tiers des 20 000 femmes tondues entre 1943 et 1946 le furent à la Libération. Par exemple, en Bretagne, 581 personnes sont sommairement exécutées et 270 femmes tondues entre le 6 juin et septembre 1944. Mais dès octobre, les cours de justice sont instituées dans chaque département, ce qui permet les débuts de l’épuration légale, même si 1 800 personnes sont encore exécutées en dehors de tout cadre judiciaire.

 

 

 

À la Libération, c’est le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) qui prend en mains l’épuration judiciaire car son chef, le général de Gaulle, a une idée claire du régalien. Il considère qu’il ne saurait y avoir, en matière de justice, de légitimité autre qu’étatique. Dans son discours devant les corps constitués qu’il prononce le 12 septembre 1944, le Général l’affirme sans ambages : « Le pouvoir de rendre la justice revient exclusivement aux magistrats et aux juges commis pour le faire, par l’Etat. Tous empiètements d’autorité porteraient de graves atteintes à l’effort de guerre et de reconstruction, à la cohésion nationale et à la situation internationale de la France. C’est dire qu’ils seraient condamnables et, tôt ou tard, condamnés ». Le GPRF met en place un dispositif juridique axé autour des tribunaux spéciaux d’épuration que sont les cours de justice et les chambres civiques créées par les ordonnances du 26 juin et du 26 août 1944. Les structures d’épuration s’appuient sur un important corpus légal. Les tribunaux militaires jouent eux aussi un rôle actif. Quant à la Haute Cour de Justice, elle est instituée pour juger les membres des gouvernements ayant exercé entre le 17 juin 1940 et la Libération. Impératif moral, le châtiment des collaborateurs doit être infligé dans le cadre du rétablissement de la légalité républicaine. Le premier haut responsable politique touché par l’épuration légale est Pierre Pucheu, ancien ministre de l’Intérieur de Vichy, qui est condamné à mort par un tribunal militaire à Alger, et fusillé le 20 mars 1944.L’épuration judiciaire est un phénomène massif, avec plus de 311 000 dossiers ouverts (hors tribunaux militaires), concernant 1,3 % de la population justiciable. Mais un grand nombre de dossiers a été monté dans la précipitation et 59 % des affaires sont classées avant jugement, le taux d’acquittement étant de 15,5 % pour les cours de justice et de 25 % pour les chambres de justice. Peine la plus largement infligée, la dégradation nationale a été prononcée à 50 223 reprises. Si 6 335 peines de mort sont prononcées, seules 11 %, soit 767, sont effectivement appliquées. Par exemple, alors que la Haute Cour de Justice avait prononcé 18 condamnations à mort, seul Darnand, de Brinon et Laval sont exécutés. Condamné à mort au terme de son procès, Pétain, nonagénaire, voit sa peine commuée en prison à perpétuité en raison de son âge.



Enfin, l’épuration a un dernier volet, administratif, dont le bilan est plus difficile à établir. Environ 100 000 dossiers sont établis par les ministères et les comités de Libération. Cette épuration devait sanctionner les fonctionnaires qui avaient « soit favorisé les entreprises de toute nature de l’ennemi, soit contrarié l’effort de guerre de la France et de ses alliés, notamment par des dénonciations, soit porté atteinte aux institutions constitutionnelles ou aux libertés publiques fondamentales, soit sciemment tiré ou tenté de tirer un bénéfice matériel direct de l’application de règlement de l’autorité de fait contraire aux lois en vigueur le 16 juin 1940 ». Pour garantir la continuité de l’État, les opérations devaient être conduites en moins de six mois. Les administrations les plus touchées sont la préfectorale, la magistrature et les forces de l’ordre, c’est-à-dire celles qui étaient au cœur de la politique de Vichy. Au final, 28 000 fonctionnaires d’Etat sont sanctionnés, du simple blâme à la révocation. Il s’agit essentiellement d’agents mineurs, facilement remplaçables. En effet, deux logiques contradictoires s’opposaient : d’un côté un impératif moral et une exigence sociale, de l’autre la nécessaire reconstruction et la bonne marche de l’État républicain restauré.

 

 

 

 

 

 

  • Premier procès de l'épuration : à Alger, l'ex-ministre de l'Intérieur de Vichy, Pierre Pucheu, est jugé coupable d'avoir livré des otages aux Allemands. Condamné à mort, il est exécuté le 20 mars 1944. Copyright collection particulière.

  • Premier procès de l'épuration : à Alger, l'ex-ministre de l'Intérieur de Vichy, Pierre Pucheu, est jugé coupable d'avoir livré des otages aux Allemands. Condamné à mort, il est exécuté le 20 mars 1944. Copyright collection particulière.

  • Scène de tonte d'une femme accusée de collaboration à Jonzac (Charente-Maritime), en septembre 1944. Copyright collection particulière.

  • Scène de tonte d'une femme accusée de collaboration à Jonzac (Charente-Maritime), en septembre 1944. Copyright collection particulière.

  • Femme tondue pour faits de collaboration, Jonzac, (Charente-Maritime), septembre 1944. Copyright collection particulière.

  • Cour de justice de La Rochelle, procès de deux responsables de la Milice : Jacques Sidos (fils) et François Sidos (père) sont condamnés respectivement à 10 ans de prison et à la peine capitale, qui sera exécutée le 28 mars 1946. Copyright collection particulière.

  • Cour de justice de La Rochelle, deux membres de la Gestapo de La Rochelle passent en jugement : les lieutenants Koethe et Claessens. Copyright collection particulière.

  • Vue de l'exposistion "Kollaboration" organisée par Combat et le centre de documentation politique du commissariat à l'information. Copyright collection particulière.

  • Extraits du journal Combat relatant le procès d'Albert Gaveau, dénonciateur du réseau du Musée de l'Homme. Arrêté en novembre 1945, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité en novembre 1949. Copyright collection particulière.

La Wehrmacht, instrument de la répression de la Résistance en France

En France, la Wehrmacht était présente sous deux formes : d'une part à travers son administration militaire, d'autre part à travers ses troupes d'occupation stationnées en France. Les commandants militaires successifs en France (Militärbefehlshaber in Frankreich, MbF) dirigeaient une administration militaire dont les effectifs ne dépassèrent pas 100 000 hommes. Cette administration, présente dans chaque département, était chargée du maintien de l'ordre et de la surveillance de l'administration française. Devant l'imminence d'un débarquement allié sur les côtes françaises, Hitler avait décidé d'y renforcer son dispositif militaire. Durant l'année 1944, le nombre des Panzer allemands prêts à combattre à l'Ouest a été doublé et environ 1,5 million d'hommes ont été stationnés en France, principalement sur le littoral. Ces troupes d'opération sont placées sous la direction du haut commandant de l'Ouest (OBW), le maréchal von Rundstedt. A partir de l'été 1943, la lutte contre les résistants est transférée à l'OBW.

 

L'année 1944 a marqué une radicalisation de la répression allemande en France. Le 3 février, le maréchal Hugo Sperrle, adjoint de von Rundstedt, a promulgué un décret valable pour la France et la Belgique qui prescrit à la troupe de répondre immédiatement par le feu en cas d'attaque par la résistance. Si des civils étaient tués, la faute est rejetée sur les "terroristes". Si les tirs provenaient d'un bâtiment, celui-ci devait être incendié. L'instruction dite "Sperrle-Erlass" précisait : "Il ne faut punir que le chef manquant de fermeté et de résolution car il menace la sécurité des troupes qui lui sont subordonnées et l'autorité de la Wehrmacht allemande. Face à la situation actuelle, des mesures trop sévères ne peuvent entraîner de punition pour leurs auteurs. Au contraire, il faudra punir un chef trop souple, car il met la sécurité de ses hommes en danger". Cet ordre, complété par celui du maréchal Keitel qui ordonne de fusiller sur-le-champ les francs-tireurs capturés une arme à la main, explique en partie les crimes allemands de l'année 1944. La progressive radicalisation des troupes allemandes à l'été 1944 s'explique aussi par le contexte militaire qui devenait défavorable, au moment où le régime nazi jouait sa survie. La Wehrmacht était désormais engagée dans une guerre totale et idéologique à l'Ouest et elle appliqua dans sa lutte contre les partisans souvent les mêmes méthodes que sur le front est, mais pour une durée plus brève. Ainsi, le 29 août 1944, des soldats de la 3e division de grenadiers en provenance d'Italie massacrèrent 86 hommes à Couvonges, à Robert-Espagne et dans deux autres villages du département de la Meuse. Les autres massacres de civils français sont avant tout imputables à la SS.

 

  • Arrestation d'un suspect par des soldats allemands (France, 1943). L'armée allemande applique en France une répression de la résistance sans faiblesse. Copyright Archives allemandes

  • Panzer VI (Tigre) dans un village normand, été 1944. Copyright Archives allemandes

  • Lance-roquettes allemand, bataille de Normandie, été 1944. Copyright Archives allemandes

  • Parachutistes allemands sur le front de Normandie, le 21 juin 1944. Copyright Archives allemandes

  • Chasseur parachutiste allemand au combat en Normandie, juin 1944. Copyright Archives allemandes

  • En France, à Villers-Bocage, un Panzer VI Tiger I (juin 1944). Copyright Archives allemandes

  • Parachutiste allemand au combat en France, été 1944. Copyright Archives allemandes

 

L'appel aux supplétifs

La Waffen-SS était devenue moins regardante, à compter de l'automne 1943, sur le recrutement d'étrangers. Si elle pouvait certes compter sur des volontaires qui s'engageaient pour des raisons généralement  idéologiques, elle utilisait aussi les services de reîtres provenant de l'Est européen : des soldats de "l'armée Vlassov" (du nom d'un général soviétique retourné par les Allemands), entre autres des Géorgiens, des Azerbaïdjanais ou encore des Tamouls. Certains d'entre eux furent enrôlés en France dans les troupes d'occupation ; surnommés par les Résistants les "Cosaques", ils faisaient montre d'une férocité sans pareille.

 

 

La Waffen-SS

La Waffen-SS est la branche militaire de la SS. Elle porte tout d'abord le nom de SS-Verfügungstruppe (SS-VT), "troupes SS à disposition". Le 2 mars 1940, un décret rebaptise cette formation militaire Waffen-SS, "SS armée". Véritable "armée dans l'armée" selon le général von Choltitz, la SS est utilisée comme fer de lance des offensives à partir de 1943. A cette date, elle dispose des meilleurs équipements de l'armée allemande et se caractérise par le très fort endoctrinement  de ses recrues. Au cours de la guerre, son recrutement s'internationalise. En 1944, par exemple, est créée la 33e division de la Waffen SS, connue sous le nom de division Charlemagne, composée de volontaires français pour la plupart issus de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF) et de la Milice.

 

Connue pour ses assassinats de masse et ses exactions commises à grande échelle sur le front de l'Est à l'encontre des partisans et des populations civiles, en particulier juives, c'est bien la SS qui commit la majorité des massacres de civils en France à l'été 1944. Ainsi, quatre de ces plus grands massacres ont été perpétrés par des unités de la Waffen-SS : Ascq (86 hommes), Tulle (99 hommes), Oradour-sur-Glane (642 hommes, femmes et enfants), Maillé (124 hommes, femmes et enfants). Par ailleurs, les meurtres de femmes et d'enfants n'ont été commis, à quelques exceptions près, que par la Waffen-SS. Cela s'explique par le haut degré d'endoctrinement idéologique des membres de la SS, mais aussi par l'expérience du front de l'Est, le sentiment d'appartenance à une unité d'élite et l'expérience de la guerre contre les partisans. C'est ce qui caractérisait en particulier la 2e division blindée de SS "Das Reich", responsable des massacres d'Oradour-sur-Glane et de Tulle. Selon le commandement militaire allemand, cette division exécuta à elle seule 4 000 des 7 900 résistants et civils exécutés pour toute la France dans le mois qui suivit le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie.

 

  • Le siège de la LVF, bureau de recrutement pour le front de l'Est. Les membres de la LVF s'engageront dans la Waffen SS. Copyright Collection particulière

  • Affiches de propagande pour le recrutement dans la Waffen SS. Copyright Collection particulière

  • Affiche de recrutement de la Waffen SS. Copyright MRN

  • Deux soldats de la Waffen SS, été 1944, en France. Copyright Archives allemandes

  • Un soldat de la Waffen SS lors de la bataille pour Caen, été 1944. Copyright Archives allemandes

  • À Paris, octobre 1943, un volontaire français pour la Waffen-SS. Copyright Archives Allemandes

  • 21 mars 1944, deux soldats indiens recrutés par l'armée allemande dans une position sur le Mur de l'Atlantique, printemps 1944. Copyright Archives Allemandes

  • Des Indiens de la Légion libre indienne de l'armée allemande, après un match de cricket à Bordeaux, en mars 1944. Copyright Archives Allemandes

  • Des Turkmènes, prisonniers de guerre, enrôlés par l'armée allemande, Normandie, 1944. Copyright Archives Allemandes

  • En février 1944, le maréchal Rommel passe en revue une unité indienne de l'armée allemande, sur le mur de l'Atlantique à Lacanau, en Gironde. Copyright Archives Allemandes

  • Soldats d'une unité de supplétifs allemands, originaires du "Turkestan" (Asie centrale soviétique), en France, 1944. Copyright Archives Allemandes

  • Soldats soviétiques de l'armée de Libération (ROA), prisonniers de guerre enrôlés dans l'armée allemande, France (1944). Copyright Archives Allemandes

  • Soldats soviétiques sous l'uniforme allemand, membres de l'armée de Libération russe (ROA). Ils lisent le journal "Volontaire" publié par la propagande allemande en collaboration avec des journalistes russes. Haute-Normandie, été 1944. Copyright ECPAD. Réf. : DAT 2713 L09

 

L'appel aux supplétifs

La Waffen-SS était devenue moins regardante, à compter de l'automne 1943, sur le recrutement d'étrangers. Si elle pouvait certes compter sur des volontaires qui s'engageaient pour des raisons généralement  idéologiques, elle utilisait aussi les services de reîtres provenant de l'Est européen : des soldats de "l'armée Vlassov" (du nom d'un général soviétique retourné par les Allemands), entre autres des Géorgiens, des Azerbaïdjanais ou encore des Tamouls. Certains d'entre eux furent enrôlés en France dans les troupes d'occupation ; surnommés par les Résistants les "Cosaques", ils faisaient montre d'une férocité sans pareille.

 

 

La Sipo-SD

Si l'Abwehr est un service classique de contre-espionnage, la lutte contre la Résistance et, en général, contre tous les adversaires idéologiques du Reich (communistes, francs-maçons, juifs, réfugiés politiques…) est confiée à la police secrète de campagne (Feldgendarmerie), à la police de sûreté du Reich et au service de sécurité de la SS (Sicherheitspolizei und Sicherheintsdienst, Sipo-SD). A partir de juin 1942, ces services sont placés sous l'autorité de Carl-Albrecht Oberg, le chef supérieur de la SS et de la police (Höherer SS- und Polizeiführer, HSSPF). Ne comptant pas plus de 2 500 individus pour toute la France, la Sipo-SD (souvent confondue, à tort, avec la Gestapo) obtint des résultats importants dans la lutte contre la Résistance. Elle arrêta 22 356 personnes entre janvier et septembre 1943, le rythme des arrestations s'intensifiant ensuite en 1944. Généralisant l'usage de la torture, la Sipo-SD pouvait compter également sur des auxiliaires français ("Gestapo française" de Bonny et Laffont) pour infiltrer les réseaux de Résistance. Elle fut également un acteur de la déportation des juifs de France.

 

Lors des opérations menées contre les résistants, chaque compagnie de la Wehrmacht était accompagnée par un agent de la Sipo-SD à qui incombait la responsabilité des "mesures policières", autrement dit les exécutions et les actions de représailles. A quelques semaines du débarquement du 6 juin 1944, le partage des responsabilités changea : il revenait désormais au commandement militaire de prendre la décision d'incendier les bâtiments et d'exécuter les résistants capturés les armes à la main. La Sipo-SD prenait en charge les civils suspects et les prisonniers qui n'avaient pas été exécutés sur-le-champ. Ce partage des responsabilités s'appliquait probablement aussi lors des opérations militaires menées conjointement par la Waffen-SS et la Sipo-SD. Mais les faibles effectifs du Sipo-SD ne permettaient pas la présence systématique d'un de ses membres lors des toutes les actions contre la Résistance. De ce fait, il est parfois difficile de déterminer si la responsabilité des exécutions lors des terribles massacres de l'été 1944 incombait à la Wehrmacht, à la Sipo-SD ou à la Waffen-SS. On sait en revanche que parmi les dix plus grands massacres de civils de l'été 1944, deux sont directement imputables à la Sipo-SD : celui de Vassieux-en-Vercors (l'opération est menée par la 157e division de réserve commandée par le général Pflaum, les 72 victimes étant assassinées par les paras de la Kampfgeschwader 200 dirigée par le commandant de la Sipo-SD de Lyon) et celui de Mussidan (52 victimes, assassinées par le SD de Périgueux).

  • Août 1944, un membre du SD lors d'une opération militaro-policière en Bourgogne contre un maquis de la Résistance. Copyright Archives allemandes

  • Klaus Barbie, chef du SD de Lyon, responsable de la rafle des enfants juifs d'Izieu en 1944. Copyright Archives allemandes

  • À Mussidan, le 11 juin 1944, la répression est le fait des hommes de la 11e panzer division, de la Sipo-SD et des auxiliaires de la Brigade nord-africaine. Copyright Collection particulière

Les milices des mouvements collaborationnistes

La plupart des partis et mouvements collaborationnistes se sont dotés progressivement de milices qui possédaient chacune un uniforme, un insigne, un emblème distinctifs. Ceux-ci devaient leur donner une visibilité dans l'espace public d'autant plus recherchée que leur audience était faible, voire confidentielle. Pas une de ces milices ne put concurrencer sérieusement la Milice française de Darnand qui échoua, elle aussi, à devenir un mouvement de masse. Néanmoins, elles illustrent la diversité de la sphère collaborationniste qui participa dans son ensemble à la répression de la Résistance et à la traque des juifs. Cette participation explique en partie le soutien financier dont elles bénéficièrent de la part de l'Occupant. En voici deux exemples :

 

- pensé par le collaborationniste Marcel Déat comme devant être l'embryon d'un futur parti unique, le Front révolutionnaire national (FNR) est né en septembre 1942 de la fusion de plusieurs partis de collaboration autour de son propre parti, le Rassemblement national-populaire (RNP). Il s'attache essentiellement à mettre sur pied une Milice révolutionnaire nationale (MRN), en février 1943. En mai suivant, le départ des francistes, qui constituaient avec le RNP l'essentiel des effectifs, marquait l'échec du regroupement voulu par Déat.

 

- En dehors du RNP, l'autre parti collaborationniste de quelque importance fut le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot. Le 16 juillet 1942, 300 à 400 membres du PPF en uniforme prêtèrent la main aux policiers lors de la grande rafle du Vel' d'hiv'. Participant à la traque des juifs, le PPF participait également à la répression de la résistance communiste : ses services de renseignements, dirigés par Albert Beugras, fournissaient par exemple des informations pouvant intéresser le contre-espionnage allemand contre des subventions et des armes. Emanations du PPF, les Groupes d'action pour la justice sociale se mirent au service de la police allemande et participèrent à des opérations de représailles contre la Résistance en pourchassant et réprimant les réfractaires au Service du travail obligatoire (STO).

  • Réunion politique du Parti populaire français (PPF) au Vel' d'hiv'. Paris, décembre 1943. Copyright Collection particulière

  • Réunion politique du Rassemblement national populaire, juin 1943, au stade Courbertin à Paris. Copyright Collection particulière

  • Rassemblement de jeunes du RNP, Saint-Ouen, avril 1944. Copyright Collection particulière

  • Jeunes militantes du Rassemblement national populaire (RNP), avril 1944. Copyright Collection particulière

  • A Grenoble, militants de "l'Europe nouvelle", rattaché au Groupe "Collaboration" dont les membres sont des Grenoblois qui ont adhéré entre avril et juillet 1944 pour combattre les maquis des Alpes. Copyright Collection particulière

  • Propagande du parti populaire français, le PPF de Jacques Doriot. Copyright MRN

  • Affiche de la milice du Rassemblement national populaire (RNP), parti collaborationniste de Marcel Déat. Copyright MRN

  • Affiche du parti populaire français appelant à combattre l'URSS et le communisme. Copyright MRN

  • Propagande du Parti populaire français (PPF), parti collaborationniste. Copyright MRN

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