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Les droits et devoirs du citoyen

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L'enseignement de défense est un enseignement obligatoire (article L312-2 du code de l'Éducation nationale) contribuant à une meilleure connaissance par la jeunesse de la défense, à travers son histoire, ses enjeux et, par là même, à l'apprentissage de la citoyenneté. La connaissance des droits et devoirs du citoyen en est un élément essentiel, en particulier dans le lien armées-jeunesse.

 

Être citoyen en France aujourd'hui, c'est agir conformément aux principes et aux valeurs de la République exprimés par la devise "Liberté, Égalité, Fraternité".

 

La Constitution garantit aux citoyens français des droits inaliénables : personne ne peut être contraint à faire ce que la loi n'ordonne pas. La loi est l’expression de la volonté du peuple. Il n’existe donc pas de lois illégitimes au sein de la République française et, si toute loi peut faire l’objet d’un débat, il appartient à chacun de la respecter. C’est elle, en effet, qui fonde les droits et les devoirs du citoyen et, par conséquent, les rapports harmonieux au sein de l’ensemble de la société.

 

Ces droits sont associés à des devoirs qui consistent d'abord à respecter les droits des autres.

 

Être citoyen, c'est ainsi à la fois exercer ses droits et accomplir ses devoirs, c'est comprendre que nos droits ne peuvent être conservés et protégés que si chacun respecte aussi les devoirs qu'il a, c'est montrer son attachement aux valeurs démocratiques qui nous régissent. Les uns ne vont pas sans les autres.

 

Les droits reconnus par la Constitution comprennent tous les droits qui sont expressément consacrés par les textes de valeur constitutionnelle (Constitution de 1958, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, Préambule de la Constitution de 1946, Charte de l'environnement de 2004).

Pour en savoir plus, cliquer sur l'image

 

 

 

 

Le « bataillon auxiliaire ottoman »

Campagne du Mexique - 1861-1867

Plusieurs années d’instabilité politique et de crise financière au Mexique conduisirent son président, Benito Juárez à suspendre en 1861 le remboursement  des prêts contractés auprès des puissances européennes. À cette annonce, les Européens (la France, le Royaume-Uni et l'Espagne), encouragés par les conservateurs malmenés par le régime libéral de Juarez, se décident à intervenir militairement.

C’est ainsi qu’un an avant l’accession au trône d’Égypte du vice-roi Ismail (plus tard « Khédive », 1863-1879), les Français, Britanniques et Espagnols envoyèrent des forces à Mexico en soutien à ce qui sera plus tard connu comme « la folie mexicaine » française. L'affaire se règlera rapidement pour l'Espagne et l'Angleterre, qui se retireront début 1862.  Mais la France décida de rester encore un peu, Napoléon III affichant ouvertement ses ambitions sur le Mexique. En effet,  il souhaitait y  fonder un empire latin, catholique, qui pourrait contrebalancer l'influence des États-Unis. Il désigna Maximilien d'Autriche empereur, qui prit possession du trône en 1864.  Les troupes françaises, sous le commandement de Jurien de la Gravière, furent réduites de plus de la moitié, victimes du rude climat mexicain. Gravière suggéra que des soldats esclaves soudanais musulmans fussent acheminés du Sénégal et des Antilles, dans l'espoir qu'ils sauraient mieux résister aux maladies tropicales qui décimaient de façon terrible les soldats européens. Sur ce, l’émissaire français en Égypte approcha le vice-roi Saïd Pasha (1854-1863), lui demandant le prêt d’un régiment noir pour servir sous le drapeau français. Le 9 janvier 1863, neuf jours avant le décès du vice-roi, le navire militaire « Seine » navigua depuis Alexandrie avec quelque 447 hommes à son bord. Le « Bataillon Auxiliaire Ottoman » comptait 4 compagnies, sous le commandement du l’officier Yarbit-Allah. Le bataillon était composé d’officiers et soldats égyptiens servant au Soudan (alors un protectorat égyptien) et au nord de l’Égypte.

 

Expédition de Mexique, sous le commandement de Jurien de la Gravière (L'Illustration, 1862).

 

Après 44 jours de navigation, le contingent, moins ceux ayant succombé à l’épidémie de typhus pendant la traversée, débarqua à Vera Cruz. Le bataillon égyptien fut alors placé sous le commandement du commandant français Mangin du 3e régiment de zouaves. Pour aider à surmonter la barrière de la langue et faciliter la communication, des soldats algériens furent réquisitionnés. Une fois le bataillon égyptien équipé de nouveaux fusils français (ceux ramenés d’Égypte n’étant pas à la hauteur), les hommes furent redéployés entre le port de Vera Cruz et l’avant-poste de Soledad. Leur mission consistait à protéger le chemin de fer en cours de construction. Mais le périmètre autour de Vera Cruz étant infesté d’une part par des guérilleros et d’autre part par des bandits sous les ordres du nationaliste mexicain Pablo Juarez (1806-1872). Des luttes armées éclatèrent, alors  qu’une épidémie de fièvre jaune et de dysenterie avait déjà décimé plus d’un cinquième du bataillon. Malgré tout victorieux lors de l’attaque du 10 juin sur la ville de Mexico, le général Elias Frédéric Forey continua son avancée sur Tlalixcoyan, où Juarez et ses hommes s’étaient regroupés. Aux côtés de Forey se trouvaient 80 membres de l’infanterie égyptienne, qui « n’étaient pas des combattants, mais des lions », comme les décrit le commandant français.

 

« Volontaires martiniquais et soldats du bataillon égyptien », Signé Henri Boisselier, d’après un dessin paru alors dans l’Illustration.

 

Au même moment, Juarez, alors acclamé comme héros national, reçut le soutien financier et diplomatique des États-Unis, qui refusaient de se voir imposer un Empire européen comme voisin. En effet, la requête française auprès du khédive Ismail (remplaçant son oncle Saïd Pacha à la tête du royaume égyptien) pour l’enrôlement de bataillons égyptiens supplémentaires fit face à une violente protestation de la part du gouvernement américain, sous prétexte que « cela augmenterait la population noire en Amérique ».

La guerre s’éternisant, les conséquences financières commencèrent à peser sur le gouvernement français, auxquelles s’ajouta une montée d’opposition sans précédent sur le territoire, les Français se détournant des affaires mexicaines du fait de la menace prussienne (Bismarck). Napoléon III se retira donc du pays et abandonna son allié Maximilien qui fut exécuté le 19 juin, Juarez étant élu président du Mexique.

 

L’empereur Maximilien Ier

 

Les 326 survivants du bataillon mexicain quittèrent le Mexique en 1867, et, grâce à leur apprentissage du français durant la campagne mexicaine, se trouvèrent  tout à fait à l’aise durant leur escale à Saint-Nazaire sur le chemin du retour. Le 9 mai 1867, l’empereur Napoléon III, accompagné par Shahin Pacha, le commandant en chef de l’armée égyptienne, passa personnellement le bataillon égyptien en revue lors de son passage à Paris. 56 hommes furent décorés de la Légion d’honneur, et Mohammed Almaz reçu la Croix de l’Ordre du mérite des mains de l’empereur lui-même. Les combattants égyptiens démobilisés furent acclamés par la population jubilante d’Alexandrie deux semaines plus tard et furent passés en revue par le vice-roi Ismail à un banquet d’honneur au Palace Ras al-Tin le 26 mai. Almaz fut alors promu colonel et le reste des troupes collectivement promues.

 

 

 

Article source en anglais

Ministère des Armées/DPMA/SDMAE/BAPI - Bureau des actions pédagogiques et de l'information - Rédaction : Vaea Heritier

Les médailles commémoratives françaises

De la Révolution à nos jours

Il semble naturel aujourd’hui que la participation à un conflit ou à une campagne soit marquée par le port d’une médaille commémorative. Pourtant, il s’agit d’une habitude relativement récente.

Sous l’Ancien Régime, les seules décorations existantes, telles que nous les connaissons aujourd’hui, furent les Croix de Saint Louis (créée par Louis XIV) puis du Mérite Militaire (créée par Louis XV), remises seulement aux officiers, et non spécifiques à une campagne, mais récompensant indifféremment les actes de bravoure ou les longs services.

 

Sous le Consulat puis l’Empire, c’est l’ordre de la Légion d’Honneur qui vient récompenser les faits d’armes des militaires de tous grades et il faut attendre le Second empire pour que soit créée la Médaille Militaire, plus spécifiquement destinées aux soldats et sous-officiers. C’est également sous le Second empire que naissent les médailles commémoratives liées à la participation à une campagne spécifique : la première médaille commémorative d’une campagne française est en fait... britannique ! L’armée britannique commémore depuis la fin du XVIIIe siècle par une médaille spécifique chacune de ses campagnes. Il est ainsi pour la guerre de Crimée, à laquelle participe un fort contingent français. En 1856, la médaille de Crimée, puis la médaille de la Baltique sont accordées par l’impératrice et reine Victoria à tous les soldats français ayant participé à ces opérations. Force est de reconnaître que le soldat français ne pouvant prétendre qu’aux seules Médaille Militaire ou Légion d’Honneur, et encore sous réserve de s’être particulièrement distingué au combat, n’arbore pas dans cette période de médailles, contrairement à ses homologues britanniques ou allemands.

 

Le second Empire : Crimée, Sainte Hélène, Baltique, Italie, Chine, Mexique et guerre 1870/1871.

Collection de l’auteur

 

C’est sous le règne de Napoléon III que naissent les premières médailles commémoratives. La première spécifiquement dédiée aux anciens soldats des campagnes de la Révolution et de l’Empire (1792 – 1815) est instituée en 1857, et porte le nom de médaille de Sainte Hélène. Les campagnes d’Italie (1859), l’expédition de Chine (1860) puis celle du Mexique (1862-1867) bénéficient également de la création d’une médaille spécifique. La désastreuse guerre franco-allemande de 1870-1871 sera aussi marquée par la création d’une médaille commémorative... mais instituée en 1911 (40 ans après !).

 

Les campagnes coloniales : Tonkin, Madagascar, Dahomey, Chine, Maroc, Syrie-Cilicie, Corée, Indochine et Suez.

Collection de l’auteur

 

Les campagnes militaires de la IIIe République sont essentiellement coloniales et font l’objet de médailles commémoratives : expéditions du Tonkin, d’Annam et de Chine (1883), de Madagascar (1885 et 1895), du Dahomey (1892), de Chine (1902), du Maroc (1909) puis de Syrie-Cilicie. La multiplication des campagnes coloniales amène, afin de ne créer des médailles commémoratives que pour les campagnes les plus marquantes, à la création de la médaille coloniale en 1893, qui (reprenant une habitude britannique, une fois encore !) permet le port d’agrafes géographiques sur la même médaille... Mais la médaille Coloniale est par essence une commémorative.

 

Les guerres du XXe siècle : 1914-1918 (commémorative de la Grande Guerre, médaille Interalliée,

médailles d’Orient et des Dardanelles), 1939-1945 (commémorative de la guerre avec ses agrafes et médaille d’Italie)

et médaille commémorative des opérations en Afrique du Nord. Collection de l’auteur

 

La Première Guerre mondiale voit la création d’une médaille commémorative française de la Grande guerre, des médailles spécifiques pour les combattants de l’armée d’Orient et du corps expéditionnaires des Dardanelles et d’une médaille commune à tous les alliés : la médaille interalliée.

 

Au titre de la Seconde Guerre mondiale naît en 1946 une médaille commémorative, pouvant arborer sur son ruban diverses agrafes. En 1953, les combattants d’Italie de 1944 se voient attribuer eux aussi une médaille spécifique (directement inspirée dans son graphisme et son ruban de celle instituée en 1859).

 

Les médailles actuelles : médaille commémorative française avec ses agrafeset médaille

de la protection militaire du territoire (avec les agrafes des missions

de l’armée de Terre actuelles, "Sentinelle" et "Harpie"). Collection de l’auteur

 

Les campagnes d’après-guerre n’échappent pas à la règle : guerre de Corée (1952), guerre d’Indochine (1953), opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord (1956), opération de Suez (1957). Alors que la médaille coloniale, rebaptisée d’outre-mer en 1961, continue à commémorer les campagnes réalisées hors du territoire métropolitain, l’intervention des troupes françaises dans le cadre de l’ONU puis de l’OTAN en Europe (en Ex-Yougoslavie en particulier) voit la création d’une nouvelle médaille commémorative française reprenant le principe des agrafes géographiques portées sur son ruban.

 

Dernière venue, la médaille de la protection militaire du territoire. Créée en 2015, elle vient combler l’absence de médaille commémorative pour les opérations intérieures.

LCL M. Joussen-Anglade in "Soldats de France", n° 4/novembre 2017

Georges Picquart

1854 - 1914

Georges Picquart naît à Geudertheim, en Alsace, en 1854. Brillant élève au lycée Impérial de Strasbourg, il voit sa scolarité interrompue par la guerre contre la Prusse, en 1870. Suite à l’annexion de l’Alsace-Moselle, sa famille se replie à Versailles. Le traumatisme de la défaite et du déracinement joue sans doute dans sa décision d’embrasser une carrière militaire qui débute sous les meilleurs auspices : sorti 5e de sa promotion de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, son parcours est sans faille. Brillant officier attaché aux valeurs républicaines, Picquart franchit au pas de course les différents grades. D’une grande culture, polyglotte - il parle couramment six langues – il fréquente assidûment salons, musées et salles de spectacles. Mélomane, il se lie d’amitié avec Gustav Mahler et n’hésite pas à traverser l’Europe pour assister aux concerts que dirige le compositeur et chef d'orchestre autrichien. Après plusieurs campagnes en Algérie et au Tonkin, il intègre en 1893 l’état-major du général Galliffet comme sous-chef de bureau. C’est à ce titre qu’il participe, sans y tenir un rôle central, à l’enquête sur le capitaine Dreyfus, accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne. Alfred Dreyfus est jugé à huis clos par un conseil de guerre qui le condamne fin 1894 à la dégradation et à la déportation à perpétuité en Guyane.

 

 En juillet 1895, en remplacement du colonel Sandherr,  Georges Picquart devient chargé des affaires de contre-espionnage à la direction du Deuxième bureau (dit Section de Statistiques).  Autrement dit, il prend la tête du Service des renseignements. Parallèlement, il enseigne la topographie à l’École supérieure de guerre. Économe en mots, respectueux de l’ordre militaire, il est animé de la volonté de moderniser l’armée dans un souci d’efficacité technique. Le 6 avril 1896, le plus jeune dans ce grade, il est nommé lieutenant-colonel. Il jouit de la confiance de ses chefs, ses feuilles de notation louent son caractère « aimable et sympathique », son jugement « très droit », son éducation « parfaite », son instruction « très étendue » et son intelligence « supérieure ». Il représente incontestablement l’avenir de l’armée française.

 

Tout bascule un an plus tard.

 

En mars 1896, Picquart découvre dans une liasse de documents provenant de l’ambassade d’Allemagne la pièce qui allait relancer l’affaire Dreyfus. Cette feuille de papier – le fameux « petit bleu » - confrontée au « bordereau » injustement attribué à Dreyfus lors de son procès, apporte pour Picquart la preuve irréfutable de l’innocence du déporté de l’île du Diable. Sa conviction faite, Picquart entreprend avec une détermination absolue de faire triompher la vérité. Ce sens du devoir de vérité, cette conception de la justice qu’il place au-dessus de toute autre considération – et au-dessus d’un incertain intérêt supérieur de l’armée – sont des traits déterminants de la personnalité de Picquart. En reprenant l’enquête de son prédécesseur, Picquart est rapidement convaincu de l’innocence du capitaine Dreyfus et de la culpabilité du commandant Ferdinand Esterhazy. Ses conclusions n’allant pas dans le sens de la version officielle de l’affaire, la carrière de Picquart connaît un coup d’arrêt brutal : démis de ses fonctions à la tête du renseignement en octobre 1896, Picquart est envoyé pour une durée indéterminée en mission d’inspection en France puis en Algérie et en Tunisie, dans un secteur si exposé que, le 2 avril 1897, Picquart, qui se sent menacé, rédige son testament.

 

Mais Georges Picquart est un homme obstiné dans sa quête de vérité : les vexations dont il est victime renforcent sa détermination à faire triompher la justice. Il s’engage de plus en plus aux côtés des dreyfusards, ce qui lui vaut à son tour d’être mis en accusation. Il faut dire que le général Mercier, ministre de la Guerre, est un farouche anti-dreyfusard. Quand on sait que le Président de la République, Félix Faure, est également hostile à toute révision du procès de Dreyfus, on peut se faire une idée plus précise de la ténacité de Picquart. Celle-ci lui vaut d’être mis en réforme, c’est-à-dire renvoyé - de l’armée en février 1898, puis d’être arrêté et emprisonné onze mois durant, du 13 juillet 1898 au 9 juin 1899 pour avoir transmis à un homme politique, Auguste Scheurer-Kestner, les preuves dont il disposait pour innocenter Dreyfus.

 

Héros pour les dreyfusards, traître pour leurs adversaires, Picquart est un des acteurs majeurs du procès de Rennes de 1899 qui se conclue par la grâce et l’amnistie de Dreyfus. Pour autant, Picquart, qui ne vit plus désormais que de sa pension de réforme, n’abandonne pas son combat pour la vérité : ce verdict qui ménage l’honneur de l’armée, sans rétablir le sien, lui fait horreur. Picquart l’intransigeant s’oppose de toute son âme à ceux qu’il affuble du terme d’« épongistes » car ils entendent oublier le passé. Durant sa traversée du désert, son seul horizon est la réhabilitation pleine et entière. Dreyfus doit être rejugé pour que son innocence soit enfin reconnue : cela seul pourra effacer l’injustice faite au capitaine dégradé mais aussi réparer l’atteinte portée à l’honneur et à la carrière du lieutenant-colonel réformé. Dans sa quête de vérité, Picquart aura donc lié son destin à celui de Dreyfus.

Le 12 juillet 1906, la Cour de cassation annule le jugement de Rennes, reconnaît l’innocence de Dreyfus et prononce son arrêt de réhabilitation. Picquart, de son côté, n’a pas à être réhabilité car il n’a pas été condamné. En revanche, sa carrière militaire a été stoppée net et il entend bien obtenir réparation. Le 13 juillet 1906, deux projets de loi de réintégration sont déposés, l’un pour Dreyfus, l’autre pour Picquart. Ils sont adoptés à une très large majorité, tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat. On y lit :

« La proclamation de l’innocence de Dreyfus démontre la légitimité des efforts que le lieutenant-colonel Picquart, au risque de briser définitivement sa carrière, tentait loyalement et courageusement dès 1896 pour faire triompher la vérité. Cet officier supérieur, mis en réforme le 26 février 1898, ne peut être réintégré que par la loi dans les cadres de l’activité. Nous vous demandons, en outre, d’effacer définitivement les effets de cette réforme, de lui conférer le grade de général de brigade auquel sont parvenus 64 officiers moins anciens que lui dans le grade de lieutenant-colonel ou d’une ancienneté égale et de faire remonter sa nomination au 10 juillet 1903, veille du jour auquel a été promu le plus ancien de ces officiers généraux. »

 

Justice a été rendue à Picquart. Son honneur est lavé. Sa carrière reprend sa marche en avant. Désormais général de brigade avec une ancienneté, rétroactive, de trois ans, Picquart est promu général de division le 23 octobre 1906. Au même moment, les élections voient la victoire des radicaux de Georges Clemenceau, celui-là même qui travaillait pour L’Aurore, le quotidien qui avait publié le « J’accuse… ! » de Zola. Le « premier flic de France » devient président du Conseil. Il connaît bien le général alsacien dont il a pu apprécier la force de caractère, l’indépendance d’esprit et le courage. À la surprise générale, et en premier lieu à celle de l’intéressé, il en fait son ministre de la Guerre.

 

Plus que tout autre, l’ancien proscrit sait bien que l’Affaire a laissé des traces et des divisions au sein de l’armée. Une fois au gouvernement, il s’efforce de la reconstruire plus démocratiquement. Le nouveau ministre multiplie les visites et les rencontres de terrain et se montre soucieux d’améliorer le sort des hommes de troupe en favorisant les progrès dans les domaines du logement, de l’alimentation, de l’hygiène, des modes de transport et des conditions d’emploi. Il entend montrer au pays que le gouvernement se soucie de ses soldats. Il perfectionne la formation des soldats et s’appuie sur Foch et Joffre pour moderniser les écoles militaires. Il œuvre à la réconciliation de l’armée avec elle-même et avec la nation. Son action apaise les affrontements politiques et affirme la République en son sein. Enfin, le fil rouge de son action en tant que ministre de la Guerre est la volonté de moderniser les matériels militaires, notamment dans le domaine de l’artillerie. Fin juillet 1909, à la chute du gouvernement Clemenceau, c’est presque avec soulagement que le général Picquart quitte ses fonctions ministérielles, en dépit d’un bilan plus qu’honnête.

 

Après quelques mois de liberté passés à voyager, Picquart retrouve un commandement en février 1910. Âgé de 56 ans, il devient – c’est une constante dans son cursus – le plus jeune commandant de corps d’armée en prenant la tête du 2e corps d’armée basé à Amiens.

 

Le 14 janvier 1914, comme tous les jours, Georges Picquart sort à cheval. Il est 7h30, il fait un froid à pierre fendre et le sol est dur, gelé depuis plusieurs jours. Il monte Voltigeur, un cheval notoirement agité. Le général est accompagné de son porte-fanion. Sur un chemin de terre, entre Dury et Saint-Fuscien, alors qu’il est au grand trot, Voltigeur fait une faute suivie d’une ruade. Son cavalier lâche les rênes, passe par-dessus le cheval et tombe sur la tête. Il se relève, reste très flegmatique en dépit d’une hémorragie importante, refuse de se reposer, remonte à cheval et reprend aussitôt la direction d’Amiens. Arrivé à son QG, il descend de sa monture et, comme toujours, ne la quitte pas sans lui avoir donné un morceau de sucre. Le jour-même et le lendemain, le général est à son poste, contre l’avis de son médecin et de ses proches. Mais son état se dégrade : la chute, violente, a engendré un œdème de la face qui s’aggrave et provoque des crises d’étouffement de plus en plus violentes. La dernière lui est fatale. Georges Picquart meurt au matin du 19 janvier 1914. Il n’avait pas 60 ans.

 

Le portrait de Georges Picquart par Eugène Carrière est reproduit avec l'aimable autorisation du Musée Eugène Carrière.

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De la Médaille Coloniale à la Médaille d’Outre-Mer

186 ans d’opérations !

Devant l’essor des campagnes coloniales à la fin du XIXème siècle, et afin d’éviter la multiplication des médailles commémoratives, une Médaille Coloniale est créée en 1893, portant sur son ruban des agrafes correspondant aux opérations effectuées depuis 1830. "Les services de longue durée" ainsi que le personnel blessé lors de faits de guerre aux colonies ou pays de protectorat n’ayant pas été cité avec attribution de la Croix de Guerre se voient récompensés de la médaille sans agrafe. Enfin, en 1944, il est décidé d’autoriser le port de la médaille avec des agrafes afin de récompenser la participation à des opérations de guerre dans des contrées situées hors de l’empire colonial français. Après avoir été attribuée à plus d’un million de titulaires, la Médaille Coloniale devient en 1962 la Médaille d’Outre-Mer, tout en conservant les mêmes principes d’attribution, encore en vigueur aujourd’hui. Médailles Coloniale et d’Outre-Mer, récompensant indifféremment chefs et soldats, sont la réelle marque de l’engagement de nos forces au plus loin de la métropole, avec une forte résonnance de l’histoire. En effet, les agrafes actuelles, sous leurs appellations modernes, sont l’écho des opérations menées il y a un siècle déjà notamment au Sahel, au Sahara, en Afrique occidentale, équatoriale, centrale ou orientale tout comme au Moyen Orient !

 

© Collection de l’auteur

 

Exemples d’agrafes pour la Médaille Coloniale :

Adrar ; Afrique Equatoriale Francaise ; Afrique Francaise Libre ; Afrique Occidentale ; Afrique Occidentale Francaise ; Algerie ; Asie ; Bir Hacheim 1942 ; Bir Hakeim ; Centre Africain ; Cochinchine ; Comores ; Congo ; Cote D'ivoire ; Cote D'or ; Cote Des Somalis ; Cote Des Somalis 1940-1941 Erythree ; Ethiopie ; Extreme Orient ; Fezzan ; Laos Et Mekong ; Libye ; Madagascar ; Maroc ; Maroc 1925 ; Maroc 1925 1926 ; Mission Saharienne ; Nouvelle-Caledonie ; Sahara ; Senegal Et Soudan ; Somalie ; Tchad ; Tonkin ; Tripolitaine ; Tunisie 1942-43.

 

Exemples d’agrafes pour la Médaille d’Outre-mer :

Cambodge ; Liban ; Mauritanie ; Moyen-Orient ; Ormuz ; République Centrafricaine ; République De Côte D'ivoire ; République Démocratique Du Congo ; Rwanda ; Sahel ; Somalie ; Tchad ; Zaïre.

LCL M. Joussen, in Soldats de France, n° 2/mai 2017

La croix de la Valeur Militaire

Depuis 60 ans, la marque du courage

En 1915, devant l’ampleur des actes de bravoure ne pouvant tous être récompensés par la Légion d’Honneur ou la Médaille Militaire, il est décidé d’instituer une décoration spécifique, qui recevra le nom de Croix de Guerre, même s’il a été alors envisagé de la nommer "médaille de la valeur militaire"...

 

Cette Croix sera ensuite attribuée aux combattants pour les théâtres d’opérations extérieurs (TOE) puis pour la seconde guerre mondiale.

En 1956, l’armée française est engagée en Afrique du Nord depuis deux ans dans des "opérations de sécurité et de maintien de l’ordre", et non "de guerre" : en effet, l’Algérie a cette particularité administrative d’être alors part intégrante du territoire national, dont elle forme trois départements. Il est alors impossible de récompenser les actions d’éclat individuelles de nos soldats avec la Croix de Guerre des TOE : c’est pourquoi est créée en avril 1956 la Médaille de la Valeur Militaire, inspirée par la Médaille Coloniale (même ruban, mais où le rouge couleur du sang se substitue au bleu outre-mer), et permettant sur son ruban le port des citations des niveaux régiment/brigade (étoile de bronze), division (étoile d’argent), corps d’armée (étoile de vermeil) et armée (palme de bronze) tel qu’existant pour les Croix de Guerre.

 

Deux modèles d’essai de la future Médaille de la Valeur Militaire (en haut) et le modèle retenu.

En bas, les avers de ces trois médailles (coll. part.)

 

Très vite, six mois après sa création, la médaille est remplacée par une croix, la Croix de la Valeur Militaire telle que nous la connaissons aujourd’hui. À partir de la fin de la décolonisation, la Croix de la Valeur Militaire est remise pour récompenser les actions d’éclat "hors du territoire national, au cours ou à l’occasion de missions ou d’opérations extérieures" (dorénavant sur le territoire national, les citations obtenues sont portées sur le ruban de la Médaille d’or de la Défense Nationale), ce qui explique son attribution aux troupes engagées au Tchad, en Mauritanie, au Cambodge, au Liban, en Somalie, au Rwanda, en ex-Yougoslavie, en Haïti, en Afghanistan et au Sahel notamment.

 

Elle prend place naturellement après les ordres nationaux et la Médaille Militaire et avant les médailles commémoratives, rang qui prouve son importance.

 

Initialement, la Croix de la Valeur Militaire, contrairement aux Croix de Guerre ne pouvait être remise qu’à titre individuel. Depuis 2011, à l’instar des autres Croix, elle peut être remise à des unités à titre collectif, et une unité deux fois citée, ou plus, à l’ordre de l’armée reçoit une fourragère destinée à rappeler les citations obtenues sur la Croix de la Valeur Militaire.

LCL M. Joussen, in Soldats de France, n° 1/février 2017

« La Marseillaise, chant de guerre, chant de liberté »

Colloque scientifique 2016 - Hexagone Balard

« L’année de La Marseillaise » s’est achevée le vendredi 2 décembre 2016 par

un colloque scientifique sur le site du ministère de la Défense.

 

Cette manifestation a regroupée des chercheurs français et étrangers, qui, d’un point de vue historique ou musicologique, se sont penchés sur la longue histoire des significations et des appropriations de l’hymne national.

 

Programme

 

 

La captation de cet événement a été réalisée par l'Établissement de Communication

et de Production Audiovisuelle de la Défense. © ecpad

Sources : ministère de la Défense - SGA / DMPA / SHD / ECPAD

Afrique du Nord

Conquêtes et pacifications 1830-1934

Après un coûteux blocus des côtes algéroises, conséquence de la rupture des relations diplomatiques entre la France et le dey d'Alger, la prise de cette ville est décidée par Charles X.

 

Débarquée le 15 juin 1830 à Sidi Ferruch, l'armée royale du maréchal de Bourmont s'empare d'Alger le 5 juillet. Une politique hésitante conduit à une occupation ponctuelle (Oran, Bône…). La prise de Constantine, le 13 octobre 1837, marque le début d'une conquête plus ambitieuse. Abd el Kader, qui s'oppose aux Français depuis 1832, multiplie les escarmouches et les combats, dont certains vont marquer, en France, l'opinion publique. C’est, par exemple, le cas de la bataille de Mazagran où, en février 1840, 123 chasseurs de la 10e compagnie du 1er BILA (bataillon d'infanterie légère d'Afrique), commandés par le capitaine Lelièvre, vont résister durant plusieurs jours aux assauts de 1 800 Arabes, jusqu'à l'arrivée de la garnison de Mostaganem.

 

En décembre 1840, Bugeaud est nommé gouverneur pour mener une politique de conquête. Il va l'appliquer en adoptant la méthode de Lamoricière : colonnes très mobiles, rezzou, couper l'adversaire de ses bases de ravitaillement.

 

Mascara et la Petite Kabylie sont occupées. Les colons commencent à affluer. Le 16 mai 1843, à Taguine, le duc d'Aumale s'empare de la smala d'Abd el Kader, avec sa famille et ses trésors, faisant 5 000 prisonniers. L'émir se retire au Maroc d'où il continue la lutte. La marine bombarde alors Tanger. Le 14 août 1844, sur l'Isly, Bugeaud, à la tête de 10 000 hommes, bat l'armée marocaine forte de 30 000 guerriers, victoire qui lui vaut le bâton de maréchal et le titre de duc d'Isly. Le sultan du Maroc se voit imposer une frontière entre son pays et 1'Algérie.

 

Le lieutenant Lyautey en Algérie, 1882.

Association nationale Maréchal Lyautey

 

Trois autres années auront été néanmoins nécessaires pour vaincre la résistance d'Abd el Kader, qui se rend le 23 décembre 1847. Interné à Amboise, il est  transféré en 1852 à Damas.

 

Entre-temps, de nombreux combats ont opposé Arabes et Français, dont le fameux épisode de Sidi-Brahim : le 21 septembre 1845, la colonne Montagnac est anéantie dans une embuscade tendue par Abd el Kader ; seuls rescapés, les 80 chasseurs à pied de la compagnie du capitaine de Géreaux se retranchent dans le marabout de Sidi­Brahim où ils résistent héroïquement pendant trois jours. Treize d'entre eux s'en réchappent après une odyssée inouïe. Les restes mortels des chasseurs furent inhumés dans le "tombeau des Braves" non loin de Nemours (Ghazaouet).

 

La pacification entraîne l'armée française - où de nouvelles unités sont créées : zouaves, tirailleurs, spahis, chasseurs d'Afrique - de plus en plus vers le sud. La Grande Kabylie et le Djurdjura sont soumises.

 

Dans le sud, des combats s'éternisent. À l'issue d'un long siège, l'oasis de Zaatcha est conquise le 26 novembre 1849 quand les colonels Bourbaki et Canrobert prennent la ville maison par maison et tuent Bou-Ziane, le chef rebelle. Le 3 décembre 1852, pour éteindre la révolte saharienne, les généraux Pélissier et Yusuf prennent d'assaut Laghouat après un siège terrible. La conquête se termine en 1857 : de mai à juillet, le maréchal Randon conduit l'attaque du massif du Djurdjura qui s'achève par la réduction des dernières tribus kabyles, obtenue par le général de Mac-Mahon.

 

Pendant ce temps, la colonisation du pays, organisé en départements, s'est poursuivie avec l’installation de militaires ayant fini leur engagement, d’ouvriers parisiens de 1848, d’Espagnols et d’Italiens. Après 1871, nombre d'Alsaciens-Lorrains, déracinés par l'annexion prussienne de leurs deux provinces, gagnent l'Algérie.

 

En 1871 précisément, la défaite des Français devant les Prussiens provoque une grande rébellion en Kabylie, fermement réprimée, notamment par des déportations et des expropriations massives de terres. Une dernière révolte éclate en 1881-1882, celle des Bou-Amama, sévèrement matée par 1'armée.

 

A cette époque, l’Algérie est équipée en routes, ponts, voies ferrées, ports et exploitations agricoles. Une structure administrative, comparable à celle de la métropole, voit le jour : le 19e corps d'armée (QG à Alger), est créé, qui recrute indigènes, Français locaux ou engagés volontaires de métropole. Le Sahara est de plus en plus pénétré malgré le massacre de la mission Flatters à Bir el Cherama, en février 1880, par les Touareg.

 

Pour soustraire la Tunisie à l'influence italienne, la France s'engage dans ce pays : le 24 avril l881, sous le prétexte d'intervenir contre les Kroumirs, l'armée française entre dans Tunis. Le 12 mai, le Bey est contraint de signer le traité du Bardo qui assure le protectorat français. Mais en juin, éclate une insurrection qui nécessite, pour en venir à bout, de porter à 50 000 hommes le corps d'occupation. En 1910, après la convention de Tripoli, la zone frontalière du sud est occupée face aux Italiens de Libye. En 1911 des incidents sanglants provoquent un état de siège qui va durer jusqu'en 1921.

 

La rivalité franco-anglaise sert de toile de fond à ces conquêtes : un troc diplomatique, qui dure longtemps, laisse aux Anglais, l'Égypte et aux Français, le Maghreb. Les Allemands, s'immisçant dans le jeu, obtiennent une partie du Congo.

 

Afin de sécuriser l’Ouest de l’Algérie, zone de frictions, le général Lyautey est envoyé dans le sud oranais où il fait poursuivre en territoire marocain les agresseurs par les compagnies montées de la Légion et par les méharistes. La tension monte, aggravée par la visite de l'empereur d'Allemagne à Tanger, mais, en 1906, la conférence d'Algésiras favorise la France qui peut soumettre le Maroc affaibli par une lutte de clans fratricide.

 

Images de la pénétration française au Maroc oriental, 1906-1912. Arrivée d'un convoi de blessés à Colomb-Béchar, Algérie.

ECPAD/Aristide Coulombier

 

L'armée pénètre au Maroc en réponse aux massacres d'Européens perpétrés à Casablanca et, dès 1908, la pacification se développe. Les Français soutiennent le sultan Moulay Hafid. Le 1er juillet 1911, l'arrivée d'une canonnière allemande en rade d'Agadir rappelle les prétentions de Guillaume II, que calme la cession d'une partie du Congo. En 1912, Lyautey dispose de 30 000 hommes et reçoit des renforts amenés par le général Gouraud. Fès et Marrakech sont alors soumises. Le traité de protectorat est accepté par le sultan le 30 mars 1912, mais les opérations continuent : au printemps 1914, elles nécessitent encore la présence de 88 000 hommes, à Taza et à Khénifra.

 

L'éclatement de la Première Guerre mondiale, en août 1914, oblige le 19e CA à envoyer en France de nombreuses troupes, dites  "de marche" ou composites. La Tunisie fournit les 4e et 8e RTT, le 4e spahis, le 4e zouaves ; le Maroc, une brigade de chasseurs indigènes, les futurs RTM ; l'Algérie apporte le plus gros contingent avec ses RTA, spahis, zouaves, chasseurs d'Afrique, où servent de nombreux colons comme cadres de réserve, ou simples soldats, surtout dans les zouaves.

 

De 1914 à 1918, le Maghreb fournit 172 000 indigènes algériens, 54 000 Tunisiens, 37 000 Marocains.

 

Alliés des Empires Centraux, les Turcs ont tenté de rallier le monde musulman en déclarant, depuis Constantinople, la guerre sainte,  le Djihad. Beaucoup de tribus se révoltent contre 1'autorité française. À Rabat, Lyautey dispose de 78 000 hommes - dont des territoriaux venus de métropole et des Sénégalais - commandés par le général Henrys. Le nouveau sultan a une certaine autorité sur ses inféodés mais il est impuissant face à l'hostilité qui grandit. Depuis l'ambassade d'Allemagne à Madrid, une contrebande est organisée par l'ennemi vers le Maroc espagnol pour fournir armes, munitions et argent aux Rifains, Chleuhs, Berabers et Djebalas en révolte, dont les chefs s'appellent Raîssouli, Moha ou encore Abd el Malek. Des légionnaires déserteurs allemands les ont rejoints comme conseillers militaires. Malgré tout, Lyautey continue à administrer.