Tour de l'Yser

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La tour de l'Yser a été érigée en mémoire des soldats flamands tués pendant la Première Guerre mondiale.

Un monument pour la paix

Située à Dixmude en Belgique, la tour de l'Yser, érigée en mémoire des soldats flamands tués pendant la Première Guerre mondiale, est le plus grand monument de la paix en Europe. Elle abrite un musée et une chapelle.

  • La tour de l'Yser. © IJzertorenmuseum Diksmuide

  • La tour de l'Yser

    La tour de l'Yser. © IJzertorenmuseum Diksmuide

  • Visite de la tour de l'Yser

    Visite de la tour de l'Yser. © IJzertorenmuseum Diksmuide

  • La tour de l'Yser.

    La tour de l'Yser. © IJzertorenmuseum Diksmuide

Source : Revue "Les Chemins de la Mémoire n° 210" - Novembre 2010 pour MINDEF/SGA/DMPA

 

 

Le 4 août 1914, la Belgique est envahie et, malgré la résistance que l'armée belge oppose aux armées allemandes, la poussée se fait plus forte après la bataille de la Marne.

Le 10 octobre, la chute d'Anvers menace le front allié : le commandement décide alors de créer un front courant le long de l'Yser depuis Dixmude jusqu'à la mer et de le tenir.

Cette région de plaines est le théâtre d'un des derniers affrontements du mouvement de "course à la mer". Du 18 au 26 octobre 1914, les deux armées s'affrontent et multiplient les attaques. A la fin du mois, pour éviter la percée du front, les Alliés et le roi Albert Ier de Belgique font inonder une partie de la plaine afin de stopper définitivement l'avancée allemande. Cette bataille décisive du mois d'octobre 1914 va devenir progressivement un haut-lieu de la mémoire flamande après la guerre.

 

Dès le début du conflit, le roi Albert lance une proclamation "A l'armée de la nation ", exhortant les populations wallonnes et flamandes à venir se battre sous le drapeau uni de la Belgique : "Souvenez-vous, Flamands, de la bataille des Éperons d'or". Cet appel est interprété par de nombreux soldats comme une affirmation tacite de l'identité flamande et la reconnaissance de la langue néerlandaise. Mais durant les quatre années de guerre, un fossé va se creuser entre les communautés. La plupart des officiers, francophones, s'expriment en français alors que les soldats, flamands, ne connaissent pas cette langue.
Beaucoup vont payer de leur vie leur incompréhension des ordres.

À la fin de ce conflit, 70% des victimes sont flamandes. Un Mouvement du front s'est créé parmi les soldats qui ont adressé une lettre ouverte au souverain - le testament de l'Yser - considéré comme un acte fondateur de la politique de mémoire qui sera appliquée dans les décennies suivantes. A partir de 1920, pour honorer la mémoire des soldats flamands morts pendant la guerre, des pèlerinages sont organisés chaque année et un monument est érigé : la tour de l'Yser, surmontée d'une croix, est inaugurée le 24 août 1930. Elle sera détruite lors d'un attentat en 1946. Cinq ans après, une porte de la paix, sur laquelle est inscrit le mot "Pax", est édifiée à partir des ruines de la tour.

 

Ce n'est qu'en 1965, qu'une nouvelle tour, de 84m, est inaugurée. Au sommet de la tour les initiales AW-WK signifient "Tout pour la Flandre, la Flandre pour le Christ". Il est également inscrit, dans les quatre principales langues européennes (néerlandais, français, anglais, allemand), l'inscription "Plus jamais de guerre". Monument pour la paix, la tour de l'Yser est d'abord un lieu de commémoration des soldats flamands morts pendant la Première Guerre mondiale, puis est devenu un haut-lieu du mouvement nationaliste flamand.


En 1997, l'ensemble a été restauré ainsi que la crypte dans laquelle reposent neufs soldats flamands et un soldat wallon. Sur le site d'une superficie de 4 ha, une "passerelle de l'Espoir" - reconstitution d'une passerelle utilisée par les fantassins pour aller de la première ligne à l'avant poste - peut être empruntée par le visiteur. A l'intérieur de la tour, l'Ijzertoren ou musée de la tour de l'Yser propose, sur 22 étages, des expositions temporaires aussi diverses que "la vie souterraine au front", "la boue", "l'art sur le front", "les animaux pendant la guerre"...

L'exposition permanente, quant à elle, retrace l'histoire des deux conflits mondiaux et de l'entre-deux-guerres. Deux étages sont consacrés à l'histoire de la Flandre. Au rez-de-chaussée, une chapelle abrite les vitraux d'Eugeen Yoors et Yan Wouters et un auditorium diffuse en continu un film "la violence n'apporte jamais la paix". Des visites guidées et des actions pédagogiques sont organisées régulièrement. A la fin des années 1990, l'action du musée est reconnue internationalement et il rejoint le Réseau international des musées pour la paix des Nations Unies. À partir de 2004, le musée étend son action aux minorités ethniques et culturelles composant la Flandre d'aujourd'hui, répondant ainsi au vœu des soldats de 1914 : le respect des particularismes.

 


La tour de l'Yser

VZW Ijzertorenmuseum Ijzerdijk 49 8600 Diksmuide (Belgique)

Tél. 051 / 50 02 86

 

 

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