Tranchées et boyaux

 

A la guerre de mouvement des mois d'août et septembre, batailles de Belgique, de Loraine, des frontières, de la Marne, suivie de la course à la mer, les tranchées plus ou moins aménagées font leur apparition dès octobre 1914.

 

 Les troupes sont épuisées les pertes énormes, les premiers mois de guerre font l'objet de pertes humaines, tués, blessés, prisonniers et disparus, plus importantes que chacune des années 15-16-17 et 18 où les moyens de destruction, artillerie, gaz de combat et lance-flammes deviennent de plus en plus efficaces et meurtriers.

  • La tranchée aménagée et régulièrement améliorée, feu de combat doté d'abris, d'emplacement de guetteurs et de crénaux de tir

    La tranchée aménagée et régulièrement améliorée, feu de combat doté d'abris, d'emplacement de guetteurs et de crénaux de tir. Source : Conseil Général de la Meuse

  • La bataille de Verdun. 1916. Source : Carte postale



Dans cette guerre de tranchées qui dure de fin 1914 à juillet 1918, les assaillants rencontrent un réseau de barbelés plus ou moins important dont les fils enchevêtrés ralentissent leur avance sous les feux meurtriers de mitrailleuses, fusils-mitrailleurs, lance-grenades, crapouillots et ou minenweefer légers ; sur la lèvre de la tranchée en zig zag ou à angle droit pour éviter les tirs en enfilade, côté ennemi une banquette de tir aménagée (sacs de terre avec créneau) permet de surveiller et de battre le cas échéant le champ de tir plus ou moins profond entre les deux lignes adverses.

 

De proche en proche sont installés des postes de guet pourvus de guetteurs, sentinelles ou observateurs d'artillerie avec ou sans bouclier métallique. Dans un ou deux épis creusés vers I'avant ou tout simplement dans un imposant trou d'obus aménagé s'installe un poste d'écoute d'où l'on peut intercepter des communications téléphoniques ennemies, source de renseignements indispensables en complément de ce que l'on peut observer. Plusieurs épis dits "parallèles de départ" en prévision d'une attaque sont creusés sur ordre du commandement, pour une sortie rapide vers l'ennemi des combattants donnant l'assaut. Au fil du temps et des relèves successives, ces tranchées s'améliorent et se réparent sous les effets des tirs d'artillerie, des intempéries, etc...



L'arrière de cette ligne de tranchée est atteint par des boyaux profonds, permettant relèves, évacuations sanitaires, ravitaillement et acheminement des munitions et matériels nécessaires à l'aménagement de sapes, d'abris, de postes de commandement; etc.. Plusieurs réseaux de tranchées peuvent ainsi se succéder en profondeur, plus ou moins camouflés aux vues et photos aériennes, ce qui offre la possibilité de dispersion des effectifs, rapidement regroupés le cas échéant. Au-delà se situent cuisines roulantes, postes de secours, batteries d'artillerie, bases arrières avancées des unités engagées, antenne chirurgicale. Si à Verdun les tranchées n'existent pas dans les secteurs au coeur de la bataille, en raison des bombardements violents et permanents, des différences d'aménagements de ces tranchées sont encore visibles en Meuse, notamment dans la forêt d'Apremont du Saillant de Saint-Mihiel, de Bois d'Ailly et Brûlé où les allemands utilisent depuis 1914 le mot "Enfer".

 

Source : Conseil Général de la Meuse