Vassieux-en-Vercors, village martyr

L’histoire du martyre du village de Vassieux-en-Vercors est indissociable de celle du maquis du Vercors, dont l’existence remonte à la fin de l’année 1942 et au début de l’année 1943. Considéré comme une « forteresse naturelle », le plateau du Vercors doit constituer un point d’appui  pour les Alliés au moment du débarquement. Le village de Vassieux sert aux parachutages d’hommes et de matériels, raison pour laquelle il fait l’objet d’une opération menée par la Milice entre le 16 et le 24 avril 1944. Les exactions commises n’empêchent pas, à l’annonce du D-Day, une  montée au maquis qui  porte ses effectifs à environ 4 000 combattants dont l’enthousiasme ne suffit à pallier ni l’inexpérience militaire, ni la faiblesse de leur armement : dans la nuit du 8 au 9 juin 1944, le Vercors est mobilisé et ses accès sont verrouillés. Le Vercors est alors transformé en véritable camp retranché sous le commandement du commandant François Huet dit Hervieux. La réponse allemande ne se fait pas attendre : le 15 juin, la 157e division de réserve du général Pflaum prend Saint-Nizier après trois jours de combats.


Les 25 et 29 juin les Alliés procèdent à des parachutages d’armes. Le 3 juillet, la République du Vercors est proclamée par des maquisards confiants dans l’imminence d’un débarquement en Méditerranée. Le 7 juillet puis, en plein jour cette fois-ci, le 14 juillet, de nouveaux parachutages, massifs, ont lieu sur le plateau. La Wehrmacht réplique violemment en lançant le 21 juillet la plus grande opération aéroportée contre la Résistance en Europe de l’Ouest. Le général Pflaum lance 40 planeurs sur le plateau pour soutenir les hommes de sa 157e division. Avec l’apport non négligeable de la Milice, ce sont pas moins de 10 000 assaillants, dont des troupes aéroportées d’élite, qui attaquent les 4 000 FFI, défaits en trois jours. Face aux hommes de la 157e division de Pflaum, le maquis du Vercors n’a pu compter sur le soutien de Londres, ni sur celui d’Alger. Si les combats cessent le 27 juillet, la répression, elle, impitoyable, se poursuit jusqu’au 3 août. Le village de Vassieux-en-Vercors est totalement détruit et 73 de ses habitants – hommes, femmes, enfants - sont massacrés. Pendues ou abattues, certaines victimes ont été éventrées, énucluées, émasculées, la langue coupée tandis que d’autres sont retrouvées carbonisées.  Au total, les soldats de la Wehrmacht ont tué 201 des 800 habitants du plateau. Sur les 4 000 combattants FFI, 639 ont perdu la vie. Les survivants participeront à la libération de Romans, Grenoble et Lyon.


Lors de la première commémoration des combats du Vercors, le 5 août 1945, la commune de Vassieux-en-Vercors reçoit la croix de la Libération des mains de Georges Bidault, président du Conseil national de la Résistance (CNR).

  • Vue aérienne de Vassieux-en-Vercors. Copyright collection particulière.

  • Parachutage de containers d'armes à Vassieux, le 14 juillet 1944, par 36 avions alliés. Copyright collection particulière.

  • Caracasses de planeurs allemands à Vassieux-en-Vercors. Copyright collection particulière.

  • Incendie de Vassieux-en-Vercors. Copyright collection particulière.

  • Église incendiée de Vassieux-en-Vercors. Copyright collection particulière.

  • Incendie de Vassieux. Au fond, devant la maison en ruines, M. Galland, instituteur. Copyright collection particulière.

  • Habitants de Vassieux massacrés par les Allemands. Copyright collection particulière.

  • Au pied du calvaire, 17 cadavres gisent dans les décombres. Ce sont les ouvriers qui travaillaient à l'aménagement du terrain d'atterrissage et qui ont été mitraillés par les Allemands. Copyright collection particulière.

  • Les pendus de La Mure. Copyright collection particulière.

  • Cimetière provisoire pour les victimes de Vassieux-en-Vercors. Copyright collection particulière.

  • Le 17 août 1945, le village de Vassieux-en-Vercors reçoit la croix de la Libération. Ici, aux côtés du maire de Vassieux, G. Bidault, R. Courtin et Y. Farge. Copyright collection particulière.