Verdun dans le système fortifié Séré de Rivières

 

La première conséquence militaire de la guerre de 1870 est de laisser une armée française totalement désorganisée et vulnérable.

 

En vue de dissuader et de retarder une nouvelle attaque, le Général du Génie Séré de Rivières prévoit en 1873 de doter la France d'une fortification permanente de grande ampleur couvrant non seulement les frontières terrestres de Dunkerque à Nice et aux Pyrénées, mais aussi les principaux ports français.

 

La seconde conséquence de la guerre, c'est que 1'annexion de l'Alsace-Lorraine laisse une frontière française au nord-est ouverte aux invasions. C'est pourquoi les plus grands efforts vont être accomplis en ce point en vue d'occuper par des ouvrages permanents les sites géographiques dominant les principales voies de communications.

 

C'est dans cette perspective que l'on décide , en 1873 , de réoccuper et de construire une fortification moderne autour de Verdun. Le choix de cette ville est fait en fonction de sa position face à la forteresse de Metz annexée par l'Empire Allemand et en fonction de 1'importance stratégique des voies de communications vers Paris.

 

Enfin, le rôle de Verdun est de constituer une tête de pont offensive sur la rive droite de la Meuse et un môle fortifié protégeant les troupes mobiles d'intervention des Hauts de Meuse et de la trouée Verdun - Montmedy. Dès 1873, Verdun constitue dans les projets une position militaire primordiale. Ceci est illustré par l'histoire de la construction des ouvrages de fortification permanente autour de Verdun de 1875 à 1914.

C'est à Verdun que débutent très rapidement, lors de 1' "Alerte" de 1875 les premières fortifications du système (Forts de la Panique).

C'est à Verdun que l'on commence en premier la modernisation des forts avec, en particulier, les premières coulées continues de béton (Douaumont 1888).

C'est Verdun qui reçoit avant la guerre de 1914 la plus grande densité de cuirassement.

 

L'étude de cette fortification amène à poser de nombreux problèmes :

  • les étapes de la construction dans le choix des emplacements stratégiques répondant à la géographie : deux couronnes successives d ' ouvrages construits en 39 ans ,
  • les difficultés résultant des choix militaires, des progrès de l'armement (1885) , des fluctuations diplomatiques, économiques, et de politique intérieure,
  • les coûts de construction moins impressionnants à posteriori que ne le montrent les choix financiers parfois draconiens d'avant 1914,
  • enfin les problèmes humains: expropriations, mais aussi créations d'emplois, rapports population civile et militaire, plans d'évacuation. La guerre allait être la vérification pratique de 39 ans de théorie.

 

 

Source : Colloque international sur la Bataille de Verdun. 6-7-8 juin 1975. Résumé de l'intervention de Jacques Grasser, professeur agrégé d'histoire.