Village détruit de Louvemont

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Le village a été détruit par les combats de la guerre 14/18 et n'a pas été reconstruit. La Côte-du-Poivre, resta toujours aux mains des Français...

Historique

 

Lupinus-Mons (1041 ), Lupemons (1047), Lovus-Mons (1049), Lovonimons (1100), Lovemont (1242), Loupvemont, (1642), Louvemont puis Louvemont-Côte-du-Poivre (1922) Patron : St-Pierre-ès-Liens : 1er août

 

 

Un village très ancien

 

Le village est situé à 11 km au nord de Verdun à la naissance de la fontaine de Louvemont qui se perd dans les terres avant d'arriver à la Meuse. Il comprend deux fermes isolées : Mormont et Haudromont. Situé sur une voie antique d'ordre inférieur, le site existait déjà à l'époque gallo-romaine (2e siècle). Une église construite au Xl° siècle fut consacrée à St-Pierre par un évêque romain nommé Azon. En 1265, Robert de Milan, évêque de Verdun, affranchit le village. Au XVII° siècle est érigé le choeur d'une nouvelle église, la nef et le clocher viendront en 1778. Le village est organisé en étoile : plusieurs rues convergent vers une place où se situent la mairie-école entourée du cimetière. Au XIX° siècle, la population du village atteint son plus haut niveau en 1846 (300 hbts), puis régresse régulièrement.

 

 

183 habitants en 1914

 

L'annuaire de la Meuse indique à la veille de la guerre :

 

  • Agriculteurs-propriétaires : Beaumont E., Boulanger M., Colson E., Colson J., Louis C, Legendre E., Legendre M., Mazuet M., Mouteaux L, Siméon E.
  • Aubergiste : Lelorrain, Trouslard, Véry
  • Buraliste : Véry Boulanger: Colson
  • Epicier : Trouslard.
  • Nouveautés: Ligony
  • Serruriers : Jacquemin, Péridon, Véry
  • Notable et rentier : Geoffroy F.
  • Préposé forestier : Hargé
  • Maire, délégué cantonal et membre de la chambre consultative d'agriculture : Beaumont
  • Maire adjoint : Lefèvre A.
  • Instituteur : Bourguignon
  • Curé : Abbé Jullot (paroisse de Beaumont)

 

  • Plan de situation

    Plan de situation. Source : Conseil général de la Meuse

  • Louvemont village détruit en 1916

    Louvemont village détruit en 1916. Source : Conseil général de la Meuse

Source : Conseil général de la Meuse

 

Cinq jours d'une bataille effroyable

 

Après la bataille des frontières (août 1914), le front se situe à 6,7 km du village, au nord de Beaumont. Pour les habitants, le lendemain est incertain, ils vivent au son du canon. La circulation des civils est restreinte, tout déplacement nécessite un laisser-passer. En octobre 1914, une poussée française éloigne de quelques kilomètres le front qui se stabilise.
Pourtant, début 1916, la tension monte. Les Allemands vont attaquer. Mais où ? Quand ? Avec les premiers beaux jours sans doute. Le 12 février, l'autorité militaire donne l'ordre aux habitants d'évacuer Louvemont dans les 24 heures. La préfecture de la Meuse a des difficultés pour trouver des points de chute à ces nouveaux réfugiés. Le 21 février 1916, dès 6h 30, Louvemont subit un bombardement terrible. Après la chute du Bois des Caures, de Beaumont, d'Ornes, le Colonel Bourgues croit le village perdu dès le 24. En fait, les défenseurs de Louvemont résistent jusqu'au 25 au soir : «Le village était un enfer ; à des intervalles de quelques minutes, on voyait le tir de l'artillerie allemande s'allonger et une vague d'assaut s'élancer en avant. Les défenseurs sortaient aussitôt à la baïonnette, et tout se perdait dans la fumée et la neige qui commençait à tomber très fine. Quelques instants plus tard, la même scène recommençait.»

 

 

Près de dix mois pour la reconquête

 

Pendant des mois, des combats acharnés se livrent dans le secteur : la côte du Poivre est réoccupée, puis reperdue. Les 15 et 16 décembre 1916, enfin, le général Mangin avec quatre divisions, fait un bond en avant de Vacherauville au bois d'Hardaumont ; les Allemands abandonnent définitivement la Côte du Poivre, Louvemont et Bezonvaux en ruines.
 

 

1919 - L'après guerre Le bonheur de la paix ... La désolation du retour

 

L'Armistice signé, les réfugiés n'ont de cesse que de retrouver leur maison. Hélas, les 825 ha du village, totalement détruit, sont classés en zone rouge : impossibilité absolue pour quiconque de réinvestir les lieux, «risque d'explosion», «le sol est empoisonné». La totalité de la commune est plantée d'épicéas. Les habitants, éparpillés, sont relogés dans des baraques provisoires en bois... avant de pouvoir reconstruire une maison. En 1922, les habitants peuvent enfin se rendre à la perception de Bras pour être payés des réquisitions militaires subies durant la guerre : vache sur pied, foin, bois,... A cette date, la gestion municipale se fait encore de Rigny-la-Salle près de Vaucouleurs.

 

 

Pour le souvenir

 

Le 9 septembre 1920, Louvemont est cité à l'ordre de l'armée par André Lefèvre, Ministre de la guerre. Le 4 mai 1930, Louvemont inaugure un monument à ses morts. En présence de MM. Remy, adjoint au maire de Louvemont, Colson, représentant les anciens combattants, Victor Schleiter, député-maire de Verdun, de l'abbé Bonne, curé de Bras et de la population de Louvemont venue de tous les points de la région. Un hommage de ceux qui restent aux milliers d'hommes tombés sur ce territoire, aux enfants du pays -Boulangé Joseph, Colson Emile, Colson Joseph, Lefèvre Georges, Legendre Jules, Siméon Ernest, Simon Jules, Trouslard-, ainsi qu'aux deux civils, -Jacquemin Céline et Caillas Victor-, qui avaient refusé de quitter leur village. Le 31 Juillet 1932, la chapelle de Louvemont est inaugurée. Située sur l'emplacement de l'église rasée, elle veille sur l'ancien cimetière dont la plupart des tombes n'ont pu être retrouvées. La chapelle est ornée de deux oeuvres de Lucien Lantier.

 

 

Un projet pour resituer le village dans cet écrin de verdure

 

Grâce à l'O.N.F., la Communauté de Communes du Verdunois, au S.l.V.O.M. des villages Détruits en 1916, à la Commission Municipale de Louvemont, et au fond F.E.O.G.A., diverses réalisations permettent aux visiteurs d'imaginer ce que fut Louvemont.

 

  • Une double rangée de tilleuls et d'érables» figurent l'accès au coeur du village depuis la route d'Ornes, reconstituée à l'aide de pierres issues des ruines du village, la fontaine à deux bacs s'écoule comme autrefois
  • Derrière le mur de la chapelle, deux lignes de frênes rappellent la Grande Rue,
  • Des pierres matérialisent la mairie-école,
  • Enfin les ifs et des tuyas géants soulignent le monument aux morts sur un fond de plantations forestières.

 

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