Fille d'un riche fabricant de chapeaux et de capes, la future
Mata Hari montre un penchant précoce pour l'affabulation et la mise en scène. Ses parents se séparent le 4 septembre 1890. Sa mère décède huit mois plus tard.
En mars 1895 la future Mata Hari épouse un capitaine de vaisseau de l'armée royale des Indes. En 1897, la famille s'embarque Java. La jeune femme s'intéresse aux danses balinaises et prend le pseudonyme de Mata Hari. En mars 1902, la famille retourne aux Pays-Bas et ils divorcent cinq mois plus tard.
En 1903, Mata Hari entame une carrière de danseuse de charme sous les apparences d'une princesse javanaise. Elle débute dans des salons privés sous son pseudonyme javanais de " Mata Hari". Sa représentation en princesse indienne totalement nue marque le début de sa vie mondaine. Le spectacle est un succès.
En 1916, lors d'un voyage en Allemagne, Mata Hari, endettée est contactée par Cramer, consul allemand à La Haye. Celui-ci lui propose de régler ses dettes en échange de renseignements sur la France. Mata Hari devient ainsi l'agent H 21.
De retour à Paris, Mata Hari noue des contacts avec les officiers alliés. Elle entre alors en relation avec le contre-espionnage français. Il lui propose d'espionner le Kronprinz.
A Madrid, Mata Hari noue des contacts avec l'attaché militaire de l'ambassade d'Allemagne, et communique aux services français une liste d'agents, un procédé d'encre sympathique et un lieu de débarquement au Maroc. Entre-temps les services britanniques interceptent et déchiffrent les câbles de l'attaché allemand à Berlin. Ils confondent les identités de l'agent H 21 et de Mata Hari et obtiennent ainsi la preuve qu'elle est un agent double. Mata Hari est arrêtée le 13 février à Paris. Le procès, à huis clos, commence le 24 juillet 1917 au Palais de justice de Paris. Aucun de ses anciens amants de Mata Hari n'accepte de témoigner en sa faveur.
L'affaire Mata Hari, personnage au comportement pour le moins ambigu, est une occasion pour renforcer la cohésion nationale.
Au terme du procès, le tribunal reconnaît Mata Hari coupable d'intelligence avec l'ennemi et la condamne à être passée par les armes.
Au matin du 15 octobre 1917, à Mata Hari est transférée en voiture cellulaire au polygone de Vincennes où l'attendent soldats et badauds. Mata Hari refuse qu'on lui bande les yeux. Onze balles et le coup de grâce asséné par un officier de cavalerie rassasient la vindicte populaire.
Mata Hari (1876-1917)