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Le fort de Queuleu (57)

Situé au Sud-est de Metz, le fort de Queuleu est un des premiers ouvrages construit par Séré de Rivières juste avant la guerre de 1870.

Après la défaite et l'annexion de la Moselle au IIe Reich, l'édification du fort est achevée par les Allemands qui l'appellent alors fort Goeben du nom d'un général prussien qui s'était illustré lors de la bataille du 6 août 1870, à Spicheren.
L'entrée du Fort de Metz-Queuleu
L'entrée du Fort de Queuleu. Source : Amicale des déportés de Metz-Queuleu
Jean Burger
Jean Burger Photo Amicale des déportés de Metz-Queuleu
70 ans plus tard, c'est sur ce site que les nazis installent, en octobre 1943, un camp d'Internement (S.S. Sonderlager) destiné notamment aux résistants et réfractaires à la réannexion de fait de l'Alsace-Moselle.

Les premiers détenus, des résistants de la vallée de l'Orne, sont internés aux alentours du 12 octobre 1943.

Quelques mois plus tard, ce sont les membres du groupe " Mario " qui sont à leur tour emprisonnés dans la casemate A du fort de Queuleu.
Dirigé par Jean Burger, ce mouvement de Résistance, le plus important de Moselle, pratique le combat armé, organise des sabotages, s'occupe de la distribution de tracts et vient en aide aux évadés et aux familles de prisonniers. Les arrestations au sein de ce groupe se succèdent jusqu'en septembre 1944.
Avant d'être conduits vers la casemate A, commandée par le sinistre S.S. Hauptscharfürher Georg Hempen, La plupart des prisonniers séjournent quelques temps au siège de la Gestapo, rue de Metz.
Le transport vers le fort se fait ensuite les yeux bandés, afin que les détenus ne puissent ni reconnaître ni repérer le lieu où ils se trouvent.
En réalité, certains internés gardant leur bandeau plusieurs mois après leur arrivée au camp, on peut penser que cette mesure est également destinée à briser leur moral et leur arracher des aveux lors des interrogatoires.
A l'issue de leur passage au fort, dans des conditions de vie lamentables, soumis à la violence et à la brutalité d'Hempen, les détenus sont transférés vers d'autres camps; celui de Natzweiler-Struthof pour les hommes et ceux de Schirmeck puis Ravensbrück pour les femmes.

A de rares exceptions, c'est vers l'une de ces deux destinations que seront conduits les déportés lors de l'évacuation du fort de Queuleu le 17 août 1944.

Les cellules individuelles
Les cellules individuelles Photo Amicale des déportés de Metz-Queuleu
Condamné à mort par contumace le 10 avril 1951 par le tribunal militaire de Metz, Hempen est retrouvé en 1960 à Oldenbourg où il exerce alors la profession d'officier de police, chargé de la répression de la criminalité juvénile. Après plusieurs années de procès, celui-ci est finalement acquitté des crimes qui lui sont reprochés le 13 mai 1969.
Entre 1 500 et 1 800 personnes sont passées par le fort de Queuleu. 36 d'entre elles décédèrent, victimes des nombreuses tortures et sévices infligés par le commandant du camp, Georg Hempen. Seuls 4 détenus réussirent à s'évader par une cheminée d'aération de la casemate A, le 19 avril 1944.
Le mémorial
Le mémorial Photo Amicale des Déportés de Metz-Queuleu
Afin de préserver la mémoire de tous les camarades disparus au fort et d'y aménager un musée, les anciens détenus ont crée, le 7 mars 1971, "l'amicale des déportés du fort de Queuleu et leur famille" dont le premier président fut Nicolas Firmin.

Le 22 janvier 1973, est crée le "comité mosellan du musée et du mémorial de la résistance et de la Déportation". Regroupant 5 associations dont l'amicale des déportés de Queuleu, le comité a pour but de permettre l'installation d'un musée et l'érection d'un mémorial à l'intérieur du fort inscrit depuis le 24 mai 1971 à l'inventaire des monuments historiques.

Le Mémorial, oeuvre de l'architecte R. Zonca est finalement inauguré le 20 novembre 1977, en présence de Monsieur Beucler, Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants.
Aujourd'hui, 60 années après l'ouverture du camp d'internement, le comité mosellan souhaite réaménager la casemate A afin d'y créer un véritable Musée-Mémorial de la Résistance et de la Déportation.

Le ministère de la Défense, Direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archives, soutient ce projet.

Renseignements pratiques

Ouverte au public d'avril à octobre tous les 1er dimanches du mois, de 14h30 à 17h00

Contact : Mr MICHELETTI Jean-Charles
Tél. : 03 87 34 78 94 ou 03 87 34 78 95

Bibliographie

· Docteur Léon BURGER, Tragédies mosellanes, le fort de Queuleu à Metz, 1973, Metz
· Docteur Léon BURGER, En Moselle, Résistance et tragédies pendant la deuxième guerre mondiale, 1976, Metz
Source : MINDEF/SGA/DMPA - Grand Est

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