L'armée française en 1914

Contrairement à une légende répandue, l'armée française, au début 1914, n'est pas une institution où règnent le calme et la sérénité. Depuis des années, crises et difficultés se multiplient, compliquant notamment le recrutement. Néanmoins, cette armée vaincra sur la Marne en septembre 1914.

Soldats français lors de la mobilisation en août 1914.
Soldats français lors de la mobilisation en août 1914. - © Rue des Archives

Depuis juillet 1911, le général Joffre a été nommé chef d'état-major général et vice-président du conseil supérieur de la Guerre. Il a pour mission de préparer une guerre que la crise d'Agadir rend envisageable. II cumule les responsabilités du temps de paix et du temps de guerre pour l'armée de campagne, mais l'autorité sur les directions d'arme du ministère et sur les places fortes lui échappent. Or, les premières assurent la gestion du personnel et, pour les armes savantes en particulier, disposent d'ateliers, d'arsenaux, de budgets en propre ; tandis que les secondes restent, même en temps de guerre, sous les ordres du ministre alors qu'elles totalisent le quart environ des effectifs et des milliers de pièces d'artillerie.

 

Face à cette situation, qui ne commence à s'améliorer que dans les mois qui précèdent le conflit, les années 1911-1914 sont marquées par l'un des efforts d'adaptation et de modernisation les plus importants de notre histoire militaire récente. Mais il faudra l'épreuve de la mobilisation puis de la guerre pour restaurer les liens, aussi bien internes qu'externes, qui assurent la cohésion de l'ensemble.

 

UNE ARMÉE FACE AUX POLEMIQUES ET AUX DOUTES ?

 

Depuis la fin du XIXe siècle, l'armée française a été traversée par une succession de crises qui entament sa notoriété dans l'opinion et nuisent à sa cohésion interne. Lors de "l'Affaire Dreyfus", une majorité d'officiers, sans s'engager sur le fond dont ils ignorent tout, a le sentiment que les manifestations de sympathie en faveur du capitaine cachent une entreprise de déstabilisation de l'institution militaire, ce qui se traduit par la multiplication des réactions corporatistes de repli, qui ne font qu'alimenter les polémiques. Parallèlement, le développement d'une politique de "républicanisation" du haut commandement sous les gouvernements radicaux, accroît l'impression que l'armée est mal-aimée : le scandale des fiches sous le ministère André, le déclassement des généraux dans l'ordre protocolaire au bénéfice des hauts fonctionnaires et le régime opaque de l'avancement ne font qu'accroitre cette perception. Puis, la loi de séparation des Églises et de l'État est souvent mal comprise dans un premier temps, et ce phénomène est aggravé par la querelle des inventaires puis les ordres d'expulser les congrégations. En proportion, peu d'officiers refuseront formellement d'obéir et quitteront l'uniforme en signe de protestation, mais une opposition diffuse à ces décisions est très largement partagée.

 

De même, puisqu'il n'existe pas à l'époque de forces de police susceptibles d'intervenir à l'occasion des mouvements sociaux, les unités, souvent de cavalerie, sont très fréquemment utilisées pour protéger une usine, voire réprimer des manifestations. Nombreux sont ceux, parmi les jeunes cadres en particulier, qui y voient un emploi contre nature.

 

DES DIFFICULTÉS SOCIALES RÉCURRENTES

 

Depuis plusieurs années, la question des soldes et des conditions de vie des sous-officiers et des officiers subalternes est publiquement débattue. Au printemps 1913, plusieurs journaux proches de l'état-major mettent ce sujet à la Une de plusieurs numéros. Les analyses se succèdent, sous la signature de généraux en deuxième section et de parlementaires réputés, mais le sujet ne commence à trouver de réponse qu'un an plus tard. De même, les questions de l'habillement, de l'alimentation, des primes de campagne, et plus globalement de toutes les questions liées à la vie quotidienne provoquent de nombreuses insatisfactions que le relatif prestige de l'uniforme ne suffit plus à compenser.

 

Plus largement, les questions inhérentes à l'exercice de la liberté d'expression, d'association ou au droit de vote font partie des thèmes récurrents : les militaires seraient-ils, comme les condamnés, des citoyens de second ordre, alors que la République ne cesse de proclamer qu'ils tiennent une place essentielle dans la formation morale et civique des jeunes recrues ? Il est de même nécessaire que le ministre de la Guerre multiplie les circulaires jusqu'à l'automne 1913 pour rappeler que les notations ne doivent pas être établies sur la base de rapports relatifs à la vie privée...

 

DE GRAVES QUESTIONS D'EMPLOI

 

La situation matérielle des sous-officiers et des jeunes officiers ne peut s'améliorer que s'ils se marient avec un "beau parti", et les femmes de militaires sont relativement nombreuses à devoir travailler à une époque où cela reste socialement mal accepté. D'ailleurs, la gendarmerie est chargée d'enquêter sur la dot de la future épouse d'un officier et les capacités financières de sa famille, avant que l'autorisation hiérarchique indispensable ne soit accordée. Situation paradoxale qui exige de pouvoir "tenir son rang" dans la société sans que le salaire versé ne le permette : certains vivent de façon quasi-monacale, d'autres sont perclus de dettes, tous vivent entre eux dès lors qu'ils ne disposent pas de fortune personnelle.

 

L'une des difficultés majeures pour l'état-major général est celle du sous-encadrement chronique des unités. La situation matérielle peu enviable des sous-officiers limite le volume des engagements et des rengagements. Pour tenter de compenser le déficit en sous-lieutenants et lieutenants, toutes les adaptations réglementaires et législatives possibles sont utilisées : les limites d'âge pour que les sous-officiers puissent accéder à l'épaulette sont repoussées, les candidats ayant échoué aux concours d'accès des grandes écoles militaires sont autorisés à se représenter, les élèves-officiers de l'École spéciale militaire sont promus chefs de section dès la fin de la première année, les étudiants des grandes écoles civiles de la République deviennent automatiquement officiers de réserve, etc. Mais il ne s'agit toujours que de mesures partielles, qui permettent d'améliorer les chiffres théoriques totaux dans l'hypothèse d'une mobilisation, sans modifier la réalité quotidienne.

 

Force est de reconnaître que, souvent, l'armée métropolitaine s'ennuie. Les moyens disponibles pour assurer une instruction de qualité sont insuffisants, qu'il s'agisse des munitions d'exercice, des camps d'entraînement ou du nombre de chevaux.

 

L'instruction s'est adaptée à cette pénurie chronique : procédurière et empesée, elle insiste sur la forme, et sur ce qui coûte le moins cher, l'endurance individuelle du soldat. L'essentiel de l'emploi du temps reste consacré à des "revues de détail" et à des services au quartier. C'est ainsi que les exercices se déroulent généralement à proximité de la caserne au niveau de la compagnie et que les grandes manœuvres annuelles, en particulier, sanctionnent davantage l'aptitude à la marche du fantassin que la capacité des artilleurs à tirer juste. Surtout, l'efficacité du travail des états-majors dont les ordres, même les moins pertinents, ne sont suivis jusqu'en 1912 d'aucune sanction, n'est pas analysée.

 

Le commandement porte, sur ce point, une grande part de responsabilité : s'il n'est pas responsable du volume de moyens matériels que la nation attribue à ses armées, du moins l'est-il de l'usage qui en est fait. Or les témoignages abondent sur des généraux qui se révèlent incapables de développer la "coopération des armes" (essentiellement infanterie et artillerie) et qui, pour être sans doute d'excellents fantassins, cavaliers ou artilleurs, ne savent pas combiner l'emploi de moyens différents pour en tirer le meilleur parti. En conséquence, Joffre commence, dès 1912, à procéder à un profond renouvellement du haut encadrement.

 

Il en résulte également que les procédures du travail d'état-major, les questions de renseignement ou l'optimisation des matériels modernes sont relativement peu connues et que leur emploi reste soumis à bien des débats, en dépit de la parution de différents manuels provisoires en 1913 et 1914. Les mitrailleuses ou les véhicules automobiles sont peu intégrés dans la réflexion tactique, et le sont souvent par défaut.

 

DES RÉORGANISATIONS ET MUTATIONS SUCCESSIVES

 

L'armée de terre est organisée depuis la loi du 24 juillet 1873 en régions militaires qui, à la mobilisation, donnent chacune naissance à un corps d'armée (CA). En métropole, on en compte vingt à partir de 1913 avec la mise sur pied d'un 21e corps sur la frontière de l'Est. Il convient d'y ajouter le 19e CA d'Algérie-Tunisie, stationné en Afrique du Nord, et un corps d'armée colonial dont les unités sont stationnées dans les ports de l'Atlantique et de la Méditerranée. Presque tous les corps métropolitains sont identiques, à deux (ou trois) divisions d'infanterie, une brigade de cavalerie et une d'artillerie, un bataillon du génie et un escadron du Train, et l'ensemble des services de soutien. Chaque division dispose par ailleurs de ses propres éléments organiques (escadron de cavalerie, groupes d'artillerie, compagnie du génie).

 

Si cette organisation générale ne connait pas de modifications significatives avant la Grande Guerre, les efforts de modernisation et de rationalisation voulus par Joffre commencent à porter leurs fruits et transforment les grands commandements par touches successives. L'infanterie et la cavalerie voient la création de compagnies de mitrailleuses et de cyclistes ; le génie celle des spécialités de construction de voies de chemin de fer, de télégraphie et communications, d'aérostation. Cinq régiments d'artillerie lourde sont en cours d'équipement lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale et l'aéronautique, encore balbutiante, compte déjà vingt-trois premières escadrilles... Toutes ces créations induisent des mutations nombreuses, des mouvements de personnel, des déplacements de matériel, des changements de garnisons, dont le rythme est accéléré par les nécessités liées au maintien de l'ordre intérieur.

 

Au hasard des réorganisations ou de besoins plus ou moins ponctuels, les batteries, les escadrons et les compagnies, voire les régiments en tant que tels, sont donc soumis à des déplacements fréquents. Il n'est pas rare que la même unité se déplace deux fois au cours de la même année au sein de la même région militaire, ce qui cause de nombreuses difficultés d'adaptation dans des locaux parfois vieillissants, entretenant une lassitude récurrente.

 

ET POURTANT, UNE VÉRITABLE INTÉGRATION DANS LA CITÉ

 

Paradoxalement constituées sur une base de recrutement régional, sinon local, les unités se sont peu à peu enracinées dans leur environnement proche. La présence des soldats en tenue est normale dans la moindre commune, du fait du maillage extrêmement dense sur le territoire des garnisons de quelque 400 régiments et 50 bataillons, parmi lesquels l'infanterie constitue plus des trois quarts. Elle est même plus dense encore dans les régions frontalières du nord et de l'est. Dans les grandes régions fortifiées (Épinal, Toul, Verdun), plusieurs dizaines de milliers d'hommes stationnent dans des communes dont l'essentiel de l'activité économique leur est liée. Au fil des années, les divisions et certains régiments sont fréquemment connus sous le nom de la ville où l'état-major tient garnison : le 41e RI est celui de Rennes, la 2e DC celle de Lunéville. Au total, 750 000 hommes environ sont stationnés en métropole, auxquels il faut ajouter les 65 000 de l'Armée d'Afrique, en Algérie-Tunisie, pour partie employés à la pacification du Maroc.

 

Dans les mois qui précèdent la Grande Guerre, un nouvel attachement de la population à ses soldats semble se faire jour. Cette évolution générale de l'état d'esprit public se manifeste à l'occasion du retour d'exercice à la caserne ou quand la musique régimentaire joue pour la population dans le parc ou sur la place principale de la commune. Si ces marques formelles d'estime, voire d'adhésion populaire, à leurs unités de proximité ne témoigne en rien d'une compréhension précise des questions militaires, elles marquent néanmoins un attachement à "leurs" soldats, qu'illustreront les départs pour la guerre en août 1914 lorsque la foule se massera sur les trottoirs pour accompagner les régiments vers les gares d'embarquement.

 

Au sein de chaque unité, il existe souvent une forte cohésion. La tradition républicaine, renforcée depuis les débuts de la IIIe République, conduit les officiers à traiter leurs hommes en "soldats-citoyens". Au-delà des écrits bien connus d'un Lyautey, toute une littérature s'est développée sur le rôle des cadres dans la formation morale et civique des recrues. Le sentiment d'appartenance à tel régiment est entretenu à la fois par la sacralisation du drapeau et par le recrutement régional évoqué plus haut. Les deux niveaux, national et local, se rejoignent ici, tandis qu'en fonction de l'histoire propre à chaque formation le commandement va rechercher dans les événements du passé des facteurs d'identification brodés en lettres d'or sur l'emblème régimentaire.

 

Ce sujet est d'autant plus souvent traité que les notions de "forces morales" reviennent dans tous les discours. On ne s'interroge pas sur l'aptitude des armées à faire campagne puisque le soldat est tout à la fois soutenu par la conviction qu'il défend une cause juste et est dépositaire de valeurs d'enthousiasme, de courage et de volonté. Personne ne doute de la réalité de la furia francese quintessence de ces qualités qui expliquent et justifient en partie la priorité donnée à l'esprit d'offensive. Les articles dithyrambiques de la grande presse quotidienne, les fréquentes Unes des populaires suppléments hebdomadaires illustrés du Petit Journal ou du Petit Parisien entretiennent cet attachement à l'armée, mais développent aussi de dangereuses illusions sur ses capacités réelles.

 

QUELLES CAPACITÉS OPÉRATIONNELLES ?

 

Si l'on met en balance les aspects évoqués ci-dessus, l'armée française de 1914 offre finalement un visage contrasté. Elle forme dans la nation un corps à part, idéalisé mais aussi soumis à de vives critiques et à de fortes pressions. Ses évolutions sont réelles mais lentes, non pas du fait des seules réticences d'un état-major général qui n'aurait rien compris à la guerre moderne, mais parce qu'en régime parlementaire absolu la moindre adaptation doit faire l'objet du vote d'une loi. Or, à l'Assemblée nationale, les gouvernements successifs peinent à obtenir dans la durée le soutien d'une majorité et les questions militaires ne sont pas traitées sous l'angle technique mais sous le double filtre des luttes idéologiques et des contraintes budgétaires (remplacement du "pantalon rouge", développement de l'artillerie lourde, etc.).

 

Contrairement à ce qui est souvent dit, la doctrine française n'est pas totalement fixée. Si "l'offensive à outrance" connait une indéniable faveur dans le corps des officiers, en cohérence d'ailleurs avec les idées en vogue dans la société civile, les textes réglementaires sont moins nets. Les décrets sur la Conduite des grandes unités et sur le Service des armées en campagne, adoptés à la fin de l'année 1913 et diffusés au début de l'année suivante, énoncent bien toute l'importance d'un esprit offensif résolu, mais ils détaillent aussi au fil des pages les mesures de précaution, préparatoires ou conservatoires, que le commandement doit adopter. Enfin, il faut tenir compte des réalités du rythme d'instruction : l'immense majorité des officiers, sous-officiers et soldats présents sous les drapeaux en août 1914 ont été formés bien avant la publication des nouveaux règlements, dont ils ne connaissent souvent même pas l'existence. Ainsi, la France dispose-t-elle au premier semestre 1914 d'un puissant outil militaire. Mais, il est encore en cours de modernisation et de montée en puissance et doit désormais donner la priorité à la formation des cadres et à l'instruction collective. Le processus n'est pas achevé et cette situation ambiguë se traduit aussi bien dans l'inexistence d'un plan de campagne (le Plan XVII ne concerne que la mobilisation et la concentration des unités) que dans les illusions doctrinales sur l'offensive.

 

LA GUERRE TRANSFORME-T-ELLE TOUT ?

 

À la fin du mois de juillet, les permissionnaires commencent à être rappelés et, soudainement, l'inquiétude se fait jour lorsque, le 30 juillet, est décidée la couverture des frontières. Alors que le pays s'intéressait davantage au procès très médiatisé de madame Caillaux qu'à la dégradation des relations entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie ou entre l'Allemagne et la Russie, l'assassinat de Jaurès le 31 marque une rupture. Devant son cercueil, hommes politiques de gauche comme de droite se recueillent et annoncent l'Union sacrée que le président de la République et le président du Conseil appellent de leurs vœux. Trois millions de réservistes prennent le chemin des casernes, où ils sont équipés et les unités constituées : le pourcentage de réfractaires est extrêmement faible, ce qui témoigne de la confiance que le pays porte à son armée. Les effectifs des régiments d'active sont complétés et les unités dédoublées par la création d'un corps de réserve. En quinze jours, au terme d'un mécanisme d'une extrême précision qui ne connait presque aucun raté, 3 600 000 hommes sont sous les armes, dont 1 700 000 dans la zone des armées. Alors que les travaux des champs battent leur plein, chacun est persuadé de partir pour quelques mois simplement, car la guerre ne peut être que courte entre pays développés, comme le proclament politiques, journalistes, industriels, banquiers et chefs militaires. Les premières semaines du conflit, les plus meurtrières de toute la guerre, assureront dans le sang, à tous les niveaux de la hiérarchie, les apprentissages qui n'avaient pas été au préalable menés en temps de paix.

LCL Rémy Porte - Docteur en histoire

Pour en savoir plus

Dossier en ligne :

L'épreuve du feu, revue CM n° 245

 

Article en ligne :

L'offensive à outrance : une doctrine unanimement partagée par les grandes puissances militaires en 1914, Jean-Marc Marril, Revue historique des armées n° 274/2014.

 

Vidéo :

Histoires filmées de la Grande Guerre – La mobilisation

En résumé

DATE : août 1914

LIEU : Europe

ISSUE : Première Guerre mondiale

FORCES EN PRÉSENCE :

L'entente (France, Royaume-Uni, Russie), 197 divisions

Les Empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie), 188 divisions

Pièce de 75 mm modèle 1897 lors des manoeuvres dans le Sud-Ouest, septembre 1913.

Pièce de 75 mm modèle 1897 lors des manoeuvres dans le Sud-Ouest, septembre 1913.

© Maurice-Louis Branger/Roger-Viollet
Le général Foch.

Le général Foch.

© Albert Moreau/ECPAD
Départ des cuirassiers le 2 août 1914 à Paris.

Départ des cuirassiers le 2 août 1914 à Paris.

© Excelsior/L'Équipe/Roger-Viollet
Lieutenant de Malherbe aux commandes d'un avion Blériot, 1914.

Lieutenant de Malherbe aux commandes d'un avion Blériot, 1914.

© SHD
Une section de mitrailleuses Saint-Étienne modèle 1907.

Une section de mitrailleuses Saint-Étienne modèle 1907.

© SHD
Infanterie française en tirailleurs. Manoeuvres dans le Sud-Ouest, septembre 1913.

Infanterie française en tirailleurs. Manoeuvres dans le Sud-Ouest, septembre 1913.

© Maurice-Louis Branger/Roger-Viollet
L'artillerie lourde tractée lors de la revue de 1914.

L'artillerie lourde tractée lors de la revue de 1914.

© SHD

Chronologie

La marche à la guerre et les premiers combats

Janvier 1913

17 janvier : Raymond Poincaré élu président de la République.

Avril 1913

3 et 13 avril : incidents franco-allemands en Lorraine.

Juin 1913

23 juin : convention navale entre l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie prévoyant une concentration de moyens en Méditerranée en cas de conflit.

29-30 juin : attaque de la Serbie et de la Grèce par la Bulgarie (deuxième guerre balkanique).

Juillet 1913

3 juillet : en Allemagne, loi portant sur l'augmentation des effectifs de l'armée active.

13 juillet : invasion de la Thrace par la Turquie.

Août 1913

7 août : en France, loi portant la durée du service militaire à trois ans.

10 août : traité de paix de Bucarest mettant fin à la deuxième guerre balkanique (défaite bulgare).

Septembre 1913

29 septembre : traité de Constantinople fixant la frontière entre la Bulgarie et l'Empire ottoman.

Janvier 1914

13 janvier : fondation de la Fédération des gauches par Aristide Briand et Louis Barthou.

Mars 1914

17 mars : assassinat à Paris de Gaston Calmette, directeur du Figaro, par Henriette Caillaux, le tenant responsable de la campagne de dénigrement contre son mari, le ministre des finances Joseph Caillaux.

Avril 1914

26 avril - 10 mai : en France, victoire de la gauche (radicaux et socialistes) aux élections législatives contre la “folie des armements”.

Juin 1914

9 juin : en France, Alexandre Ribot président du Conseil.

13 juin : en France, René Viviani président du Conseil.

28 juin : assassinat à Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand, héritier de l'empire austro-hongrois, et de son épouse, la duchesse de Hohenberg, par Gavrilo Princip, un nationaliste serbe.

Juillet 1914

20-23 juillet : visite du président de la république française Raymond Poincaré et du président du conseil René Viviani en Russie.

23 juillet : ultimatum de l'Autriche-Hongrie à la Serbie.

27 juillet : en France, manifestations contre la guerre organisées par les syndicats.

28 juillet : en France, acquittement d'Henriette Caillaux à l'issue d'un procès retentissant.

28 juillet : déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Serbie.

29 juillet : en Russie, mobilisation partielle contre l’Autriche-Hongrie. Réunion à Bruxelles du bureau de l'Internationale socialiste afin de définir sa position face à la crise.

30 juillet : mobilisation générale en Russie.

31 juillet : à Paris, assassinat du dirigeant socialiste Jean Jaurès par le nationaliste Raoul Villain. Ultimatum allemand à la Russie et à la France. Mobilisation générale en Belgique.

Août 1914

1er août : déclaration de guerre de l'Allemagne à la Russie.

2 août : mobilisation générale en France. Invasion du Luxembourg par les troupes allemandes. Ultimatum allemand à la Belgique.

3 août : déclaration de guerre de l'Allemagne à la France et à la Belgique.

4 août : invasion de la Belgique par les troupes allemandes. Déclaration de guerre du Royaume-Uni à l'Allemagne.

4 août : appel à l'Union sacrée du président français Raymond Poincaré.

5 août : en France, loi instituant la censure de la presse.

6 août : déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Russie et de la Serbie à l'Allemagne.

8 août : entrée dans Mulhouse des troupes françaises.

10 août : reprise de Mulhouse par les Allemands.

11 août : déclaration de guerre de la France à l’Autriche-Hongrie.

12 août : mobilisation générale en Russie. Victoire de l'armée belge à la bataille de Haelen.

13 août : déclaration de guerre de l’Angleterre à l'Autriche-Hongrie. 

14  août : en Lorraine, début de la bataille de Morhange.

16 août : prise de Liège par les troupes allemandes.

17 août : offensive russe en Prusse orientale. Victoire allemande à la bataille de Stalluponen.

19 août : entrée à Bruxelles des troupes allemandes.

20 août : échec de la percée française en Lorraine. Sur le front russe, échec allemand à Gumbinnen.

21 août-23 août : bataille de Charleroi. Bataille des Ardennes.

23 août : victoire allemande à Charleroi et à Mons.

24 août : défaite autrichienne sur le front serbe dans les monts Cer. Début de la retraite française jusqu'à la Marne.

24-26 août : victoire française à la bataille de la trouée de Charmes.

25 août : repli des Alliés sur le Grand-Couronné au nord-est de Nancy. Bataille de Rozelieures, en Lorraine.

25 août-9 septembre : Bataille du col de la Chipotte, en Lorraine.

26 août : en France, formation du gouvernement d'Union sacrée. Le général Gallieni nommé gouverneur de Paris. Capitulation des troupes coloniales allemandes à Kamina au Togo.

26-30 août : bataille de Tannenberg

28 août : début du siège de Maubeuge.

29 août : bataille de Guise, dans l'Aisne.

30 août : victoire allemande contre les Russes à Tannenberg.

31 août : les Franco-Britanniques repliés derrière la Marne. Les Allemands à Compiègne, Noyon et La Fère. Défaite autrichienne face aux troupes russes en Galicie.

Septembre 1914

2 septembre : installation du gouvernement français à Bordeaux.

3 septembre : offensive russe en Galicie orientale, prise de Lvov en Galicie autrichienne. Franchissement de la Marne à Château-Thierry par les Allemands.

5 septembre : signature du Pacte de Londres : engagement des alliés à ne pas signer de paix séparée.

6-12 septembre : première bataille de la Marne, repli des Allemands jusqu’à l’Aisne.

8 septembre : prise de Maubeuge par les troupes allemandes.

10-13 septembre : retraite générale des armées allemandes jusqu’à l’Aisne, la Vesle et la Suippe.

12 septembre : victoire russe sur les Autrichiens à Lemberg.

13 septembre : décret sur la première émission des bons de la défense nationale.

14-24 septembre : campagne de Nouvelle-Guinée : débarquement australien.

15 septembre : victoire allemande des lacs Mazuriques, en Pologne, sur les Russes.

16-17 septembre : combat de la Rougemare et des Flamants contre un commando allemand en Normandie.

28 septembre : siège d'Anvers par les Allemands. Entrée des Russes en Hongrie.

Octobre 1914

1er-9 octobre : bataille d'Arras pendant la "course à la mer".

3 octobre : mobilisation d'un premier contingent canadien de 32 000 hommes pour combattre en Europe.

4 octobre : publication en Allemagne du Manifeste des 93, soutien des intellectuels allemands à la politique impériale.

5 octobre : premier combat aérien de l'histoire à Jonchery-sur-Vesle, près de Reims.

9 octobre : l'armée belge se retire d'Anvers.

17-31 octobre : bataille de l'Yser, défaite des Allemands après les inondations déclenchées par les Belges.

20 octobre : retraite des Allemands devant les Russes dans la boucle de la Vistule.

27 octobre-15 novembre : bataille d'Ypres.

Novembre 1914

Novembre : stabilisation du front de la mer du Nord à la Suisse.

1er novembre : entrée en guerre de la Turquie aux côtés des Empires centraux.

2 novembre : déclaration de guerre de la Serbie à la Turquie.

3 novembre : la mer du Nord déclarée "zone de guerre" par l'amirauté britannique.

5 novembre : annexion de Chypres par le Royaume-Uni.

15 novembre : mêlée des Flandres ; victoire des armées française, britannique et belge autour d’Ypres et de Dixmude.

Décembre 1914

2 décembre : prise de Belgrade par les Autrichiens.

6 décembre : prise de Lodz par les Allemands. Arrêt de l'offensive allemande en Pologne russe devant Varsovie.

7 décembre : repli autrichien vers Belgrade.

8 décembre : retour du gouvernement français à Paris. Destruction de la flotte allemande aux îles Falkland.

15 décembre : offensive française en Champagne. Guerre des tranchées  de la mer du Nord à la Suisse. Reprise de Belgrade par les troupes serbes.

25 décembre : trêve de Noël : cas de fraternisation des militaires allemands, britanniques et français dans les tranchées.

Cartes

Les fronts ouest et est en Europe, 1914.
Les fronts ouest et est en Europe, 1914. - © MINDEF/SGA/DMPA/Joëlle Rosello
Les fronts ouest et est en Europe, 1914.

Galeries photos

Sarajevo : Prinzip est arrêté après le meurtre de l'Archiduc d'Autriche-Hongrie, François-Ferdinand, le 28 juin 1914.
Sarajevo : Prinzip est arrêté après le meurtre de l'Archiduc d'Autriche-Hongrie, François-Ferdinand, le 28 juin 1914. - © L'illustration
Le tsar et le Président de la République française passent en revue les marins de la garde à Péterhof, en Russie.
Le tsar et le Président de la République française passent en revue les marins de la garde à Péterhof, en Russie. - © L'illustration
Bataille de la Marne.
Bataille de la Marne. - © SHD
Colonne de marche du 3e régiment de zouaves de la division de Constantine.
Colonne de marche du 3e régiment de zouaves de la division de Constantine. - © ECPAD/Collection Tournassoud
Reproduction d'une attaque par une compagnie de zouaves.
Reproduction d'une attaque par une compagnie de zouaves. - © ECPAD/Collection Tournassoud
L'uniforme du fantassin français en 1914.
L'uniforme du fantassin français en 1914. - © RMN/Musée de l'Armée
Sarajevo : Prinzip est arrêté après le meurtre de l'Archiduc d'Autriche-Hongrie, François-Ferdinand, le 28 juin 1914. Le tsar et le Président de la République française passent en revue les marins de la garde à Péterhof, en Russie. Bataille de la Marne. Colonne de marche du 3e régiment de zouaves de la division de Constantine. Reproduction d'une attaque par une compagnie de zouaves. L'uniforme du fantassin français en 1914.