Petites histoires des lieux de mémoire

Découvrez ou redécouvrez, sous un angle original et sur un rythme bimensuel,
une nécropole, un site, un haut-lieu de notre patrimoine de pierre.

Ce mois-ci, une pyramide dans la nécropole de Saint-Mandrier sur Mer

Crédit photos : Guillaume Pichard

Située sur une petite colline surplombant la rade de Toulon, cette nécropole est des plus insolites.

 

Tout au bout de la presqu’île de Saint-Mandrier, entouré de pins parasols, au centre du cimetière militaire, l'un des plus beaux de France, s’élève un mausolée en forme de pyramide haut de 8 mètres orné de deux sphinx, érigé en septembre 1810. C'est le tombeau de l'amiral Louis-René Levassor Comte de Latouche-Tréville, amiral prestigieux de Bonaparte, commandant en chef des forces navales de la Méditerranée, décédé en rade de Toulon le 17 août 1804.

De part et d’autre de cette pyramide, se trouvent des sépultures françaises et italiennes. Dans la partie française, reposent des soldats et des marins tués au cours, ou des suites, de la Première guerre mondiale, notamment sur le front d’Orient : 1024 Français, 22 combattants serbes, 18 Grecs, 16 Russes, et 1 Bulgare reposent en tombes individuelles. Les restes mortels de 777 combattants français tombés lors de la Grande Guerre ont été rassemblés dans un ossuaire. On y trouve également le tombeau renfermant la dépouille de Marie-Nicolas Ravier, capitaine de l’Armée d’Orient, mort pour la France le 8 octobre 1917.

En 1961, la partie sud-est a été mise à disposition du gouvernement italien. Celui-ci a ainsi déposé, dans un columbarium, les restes de 975 soldats, dont les corps n’ont pas été restitués à leurs familles, et qui avaient péri dans le sud de la France au cours de la Seconde guerre mondiale.