Éduquer pour un futur meilleur

le rôle des sites historiques et des musées dans l’enseignement de l’Holocauste

Le 26 janvier dernier, l’UNESCO organisait une journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Dans ce cadre, l’historien Jean-Yves Potel animait une table ronde* intitulée : « Éduquer pour un futur meilleur : le rôle des sites historiques et des musées dans l’enseignement de l’Holocauste ».

Serge Klarsfeld et Jacques Fredj y témoignaient de l’importance de leur première visite du camp d’Auschwitz-Birkenau dans leurs parcours respectifs, cette visite ayant été à la source de leurs engagements personnels et professionnels.

Pour Agnès Sajaloli, directrice du Mémorial du camp de Rivesaltes, la visite de ce camp du sud de la France confronte tout visiteur à la responsabilité qu’il a face à la souffrance.

 

Les participants à la table ronde s’accordent à penser que la visite d’un lieu de mémoire doit s’accompagner, en amont, d’un véritable travail de préparation assuré au premier chef par les professeurs d’histoire. De fait, la visite du camp d’Auschwitz est complémentaire, et non concurrente, de la fréquentation des livres d’histoire. Elle ouvre des perspectives différentes en ce qu’elle permet de comprendre, par exemple, la dimension européenne de la Shoah : Auschwitz est bien au cœur de l’Europe.

 

Quant à la France, les intervenants constatent que quasiment chaque lieu d’arrestation de Juifs comporte aujourd’hui une plaque, un monument, une stèle… La responsabilité de Vichy y est rappelée systématiquement. Visiter les lieux de mémoire de la Shoah en France permet aux élèves de comprendre le processus d’extermination nazi dans sa continuité, de comprendre que l’exclusion et la déportation ont commencé en France.

 

Le travail des lieux de mémoire vis-à-vis des jeunes est de leur donner des repères et de favoriser leur parole à travers des échanges avec, notamment, les derniers témoins. Enseigner l’histoire de la Shoah permet d’éduquer au « plus jamais ça », mais aussi d’être vecteurs de valeurs d’engagement, de solidarité et de tolérance. C’est aussi, bien sûr, une manière de lutter contre le racisme et l’antisémitisme.

  

 

 

 

*Intervenants :

 

  • Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah

 

  • Serge Klarsfeld, ambassadeur honoraire et envoyé spécial de l’UNESCO  
    pour l’enseignement de l’histoire de l’Holocauste et la prévention du génocide

 

  • Dorit Novak, directrice générale de Yad Vashem

 

  • Agnès Sajaloli, directrice du Mémorial du camp de Rivesaltes