La forteresse à l'épreuve du temps

Ouvrage collectif

Photo de la couverture de l'ouvrage

Auteur Ouvrage collectif
Éditeur Comite Des Travaux Historiques Et scientifiques

Extrait du livre : La destruction des enceintes urbaines dans les anciens Pays-Bas (XIVe-XVe siècle) Jacques Paviot La destruction des villes et des enceintes aux Pays-Bas entendus au sens large est un thème de plus en plus étudié. Non seulement plusieurs communications lui sont consacrées aujourd'hui, mais un colloque lui a été consacré en Belgique il y a peu : Destruction et reconstruction de villes du Moyen Âge à nos jours. Nous pouvons essayer de dresser une rapide typologie des destructions d'enceintes dans les Pays-Bas au XIVe et au XVe siècle. Lorsque le vainqueur de la révolte ou de la rébellion est un souverain lointain ou voisin, comme le roi de France contre les Flamands en 1304 ou le duc de Bourgogne contre les Liégeois en 1408 et dans les années 1460, la sanction est la plus sévère : la destruction des murailles des villes. Lorsque le seigneur naturel a réduit une ville révoltée, comme Louis de Maie, mais, je vous le concède, avec l'aide royale, en 1382 contre Gand, comme Philippe le Bon en 1430 contre Cassel, en 1438 contre Bruges, en 1453 contre Gand, on n'a pas vu de destruction d'enceinte.

Dans les deux derniers cas, il y a eu des destructions et des fermetures symboliques de portes. De toute façon, on s'en prenait à un des symboles les plus forts de l'identité urbaine. C'est une banalité de rappeler l'importance des enceintes ou des portes dans les sceaux des villes. Ainsi, pour les comtés de Flandre et d'Artois, sur un total de soixante-six sceaux de villes, vingt-quatre représentent une porte pour la ville elle-même. Dans ma contribution, j'aimerais me consacrer plus particulièrement à la réalité de l'application des sentences de destruction des enceintes, principalement d'après les sources historiques. Prenons comme premier exemple les villes du comté de Flandre au début du XIVe siècle. Après les Matines brugeoises du 18 mai 1302 lors desquelles la garnison française fut égorgée dans la ville, après la victoire des Éperons d'or à Courtrai par les milices brugeoises sur la chevalerie française le 11 juillet suivant, après les victoires françaises sur les Flamands révoltés, sur mer au nord à Zierikzee le 10 août 1304, et sur terre au sud à Mons-en-Pévèle le 18 août suivant, le roi Philippe le Bel, par le traité d'Athis-sur-Orge du 24 juin 1305, à côté d'une amende de quatre cent mille livres à payer en quatre ans, de pèlerinages expiatoires, d'un serment de fidélité, imposait d'abattre les forteresses des cinq bonnes villes de Flandre, Douai, Lille, Ypres, Bruges et Gand, avant la Saint-Jean Baptiste suivante (24 juin 1306), soit un délai d'un an, le tout sous peine d'excommunication. La forteresse à l'épreuve du temps Auteur : Gilles Blieck, Philippe Contamine, Christian Corvisier, Nicolas Faucherre, Jean Mesqui Editeur : Comite Des Travaux Historiques Et scientifiques Collection : Actes Congres Societes Histori ISBN 2735506339 Prix : 45 €