Lettre d'information

La médaille de la Résistance

Source : collection Maurice Bleicher

 

Le contexte

Début 1943, de nombreux Français sont engagés dans la lutte contre l’occupant, que ce soit sous l’égide de la France libre ou dans la Résistance intérieure.

Le 9 février 1943, à Londres, le général de Gaulle crée alors la médaille de la Résistance française afin de « reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui, en France, dans l'Empire et à l'étranger, auront contribué à la Résistance du peuple français contre l'ennemi et contre ses complices depuis le 18 juin 1940 ». C'est la seconde et seule autre décoration créée, après l'ordre de la Libération, par le général de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il s’agit aussi, à travers cette décoration, de disposer d’un instrument pour renforcer sa légitimité comme chef de toute la Résistance alors que celle-ci est mise à mal, à la fois par les conséquences du débarquement en Afrique du Nord (les Alliés, notamment Roosevelt, lui préfèrent le général Giraud) et par la contestation qui se développe à son égard, en métropole, chez certains chefs de mouvements (Henri Frenay notamment) qui lui reprochent de vouloir « confisquer » la Résistance.

 

Les bénéficiaires

La médaille de la résistance est attribuée :

  • A des membres de la Résistance intérieure, mouvements, groupes francs, réseaux et maquis ainsi qu’à des membres de la France libre. Les titulaires de la médaille de la Résistance sont demeurés en nombre limité : au total, 65 068 personnes en ont été décorées, dont 4 555 personnes avec rosette (grade supérieur) et 25 655 à titre posthume.

  • A des unités militaires qui se sont distinguées au sein des troupes françaises libres, ont combattu en Afrique et au Levant ou, pour certaines unités de l’armée métropolitaine, ont mené des actions clandestines et participé aux combats de la Libération. La brigade de gendarmerie de la Chapelle-en-Vercors (Drôme) l’a également reçue.

  • A des communes particulièrement impactées par le conflit, que ce soit à cause des opérations militaires ou des représailles menées par l’occupant. Outre 17 communes métropolitaines, le Territoire de Nouvelle-Calédonie a également reçu cette distinction pour son ralliement à la France libre en 1940.

  • A des collectivités civiles enfin, ce qui permet à travers elles de distinguer différents ensembles de population : les cheminots, les fonctionnaires des PTT, les membres de la presse clandestine, les policiers et pompiers, les membres des professions de santé et ceux des communautés religieuses. Ce sont toutes les formes de résistance qui sont ainsi distinguées : propagande et presse clandestine, protection apportée aux Juifs, aux prisonniers évadés et aux aviateurs abattus, récupération de parachutages, sabotages, combat dans les maquis, soins et hébergement clandestins aux blessés, mais aussi soutien apporté à la France libre à travers le monde et aide aux Alliés.

 

La symbolique

Comme pour la Croix de la Libération, la maquette de la Médaille de la Résistance a été réalisée par le lieutenant Mella, des Forces françaises libres, dessinateur et décorateur de profession, avant d'être soumise à l'approbation du général de Gaulle. La réalisation des premiers exemplaires fut assurée par la maison londonienne J.R Gaunt and Son.

Le décret du 9 février 1943 prévoit la forme de la médaille :

  • L'insigne est en bronze, d'un module de 37 millimètres. Il porte à l'avers un bouclier frappé de la croix de Lorraine avec, en arc de cercle en bas, la date XVIII VI MCMXL, et au revers, une banderole en trois parties portant l'inscription "Patria non immemor" ("La Patrie n'oublie pas").

  • Les couleurs rouge et noir du ruban symbolisent le deuil et le sang versé pour la Libération du pays.

Une ordonnance du 2 novembre 1945 institue un grade supérieur - avec rosette - pour les résistants particulièrement méritants. La rosette, de couleur rouge et noire, est apposée sur le ruban.


 

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