L'art et la mémoire de 1914-1918 dans le Var

Sylvie Mattone-Vastel - Georges Meissonnier

La couverture de l'ouvrage. Photo éditions CDIHP

Auteur Sylvie Mattone-Vastel - Georges Meissonnier
Éditeur CDIHP

L'incommensurable traumatisme de la Grande Guerre a trouvé une forme d'expression dans les monuments aux morts. Les communes du département ont répondu à la loi incitative du 25 octobre 1919 en érigeant des monuments à la gloire des Morts pour la France au cours de la Grande Guerre. Ce phénomène est unique par l'ampleur et le nombre. La Seconde Guerre mondiale n'a pas donné matière à de tels ouvrages. Le monument étant déjà érigé, il n'a pas été nécessaire d'en construire un autre. Le plus souvent, on s'est contenté d'apposer l'inscription 1939-1945 et les noms des disparus se sont ajoutés à ceux de 1914-1918. Le cénotaphe de la guerre de 1914-1918 est par conséquent le symbole représentant tous les sacrifices humains du XXe siècle. Dans le département, deux communes seulement ne possèdent pas de monument ou de plaque : Riboux et Artigues, pour la seule raison qu'ils n'ont pas eu de morts.

Patrimoine mésestimé, le monument commémoratif de 1914-1918 raconte et donne une image de la mentalité de l'entre-deux guerres, témoigne de l'ampleur du deuil collectif, il est le symbole matériel du dialogue que la nation française a voulu entretenir avec les morts et les générations futures. De plus, il exprime l'identité de la nation à travers les nuances régionales. Le but de cet ouvrage, outre le recensement des monuments, est d'analyser ces édifices sous le rapport artistique. Ignorés par l'histoire de l'art, ces cénotaphes sont cependant les derniers témoignages d'art collectif et figuratif. Ils sont la dernière marque d'uniformisation des communes après l'église ancestrale, la fontaine publique, la mairie et l'école. Ainsi, à partir d'un repérage photographique minutieux (certains hommages cependant ont pu nous échapper), d'une recherche documentaire auprès des archives communales et départementales, il convient de reconstituer les caractéristiques du phénomène sous tous ses aspects, en insistant sur le caractère artistique des oeuvres. En fin d'ouvrage, chaque monument est restitué, sous la forme d'une brève monographie. Ainsi deux approches se succèdent : l'une globale et l'autre individuelle. Il est possible que des lacunes ou des erreurs se soient glissées dans le corps du texte. Toute personne qui s'en apercevra, voudra bien nous les signaler. Puisse cette étude inviter chacun à regarder d'un oeil nouveau ces témoignages, à en saisir pleinement le sens, à entretenir la flamme du souvenir...

L'art et la mémoire de 1914-1918 dans le Var