Osez l'aventure : s’engager, se dépasser, transmettre

Une traversée océanique au profit des blessés de guerre soutenue financièrement par la DPMA

Crédit : tous les visuels utilisés pour cet article : © Rien que du bonheur - Présentation du monotype : Rien que du bonheur” N°64 - Diaporama complet
 
 

Entretien avec Gwénaël

 

Entretien avec Elizabeth

 

Entretien avec Corinne Estrem et Geneviève Pastor du Collège Marracq

 

Entretien avec Karine Rapp de l'école Notre Dame de la Miséricorde

 

Entretien avec Karine Beauchard de l'école publique du Grand Bayonne

 

[ Vidéos ]

 

 
 

Des bras et du cœur, c’est ce que demande l’incroyable défi que s’est lancé Gwénaël, adjudant de l’armée de Terre et ancien blessé de guerre. À partir du 15 décembre et pendant 40 à 60 jours, le skipper, parcourra 1700 kms en solitaire, sans assistance ni escale, du Sénégal à la Guyane, afin de partager sa passion de la vie et du dépassement de soi. >>

 

Habitué des challenges sportifs extrêmes, cet adjudant de 38 ans a déjà effectué la traversée des Alpes, des Pyrénées et bien d’autres. Cette fois-ci, Gwénaël s’attaque à la traversée transatlantique qualifiée d’Everest de la route du Sud.

 

Mais au-delà de l’épreuve sportive remarquable, cette course en solitaire, qui bénéficie du soutien de la direction des patrimoines, de la mémoire et des archives du ministère des armées, est une aventure humaine ponctuée de rencontres et de messages d’espoir. Blessé en 2012 lors d’une mission en Afrique, Gwénaël s’est battu pour surmonter l’épreuve. Aujourd’hui, il désire soutenir à son tour les militaires blessés en soulevant des fonds grâce à son association Rien que du bonheur et en partageant sa philosophie : Osez rêver. Un million de coups de rames sont mis en vente sur son site, 10 centimes chaque coup de rames afin de récolter les fonds au profit d’associations et de structures qui viennent en aide aux blessés.

 

L’aventure ne s’arrête pas là, puisque Gwénaël et son équipe vont également être en lien avec cinq classes d’élèves (du primaire au lycée) afin d’échanger sur les valeurs du skipper, ses motivations et son expérience de militaire et d’aventurier. Ce sont ainsi l’école publique du Grand Bayonne (64), le collège Marracq Bayonne (64), le collège Jacqueline de Romilly (77), l’école Notre-Dame de la Miséricorde (49) et le lycée mermoz (Sénégal) qui se lancent dans la grande aventure de Gwénaël en mettant en œuvre un suivi journalistique pour les uns, des débats sur la citoyenneté pour les autres etc. Ceci grâce à des rendez-vous réguliers par visio-conférence en direct de son canot insubmersible. Le travail pédagogique mis en place par les professeurs et élèves sera diffusé sur notre site Chemins de mémoire à l’issue de la traversée. En effet, un projet aussi audacieux est l’occasion de témoigner des formes que l’enseignement de défense peut prendre, en faisant partager aux plus jeunes des valeurs d’engagement et d’entraide qui contribuent à l’éducation à la citoyenneté.

 

Départ prévu de l’Île de Gorée, le 15 décembre… nous souhaitons à Gwénaël bon vent !

 

 
 
Préparation Traversée de l'Atlantique à la rame  [ Vidéo ]
 
 

Entretien Gwénaël – RETEX

 

Gwénaël est arrivé à Kourou le 03 février dernier après 50 jours, 4 heures et 28 minutes d’efforts à la rame. Le jeudi 22 mars, Gwénaël a remis un chèque de 5 000€ à l’association Terre Fraternité aux Invalides. Il a également présenté la bande annonce du film de ses aventures au milieu de l’océan : « La revanche sur l’Atlantique ». Film qui sera diffusé le 23 juin 2018 à l’occasion de la journée nationale des blessés militaires.

 

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience riche en émotions, plus d’un mois après votre arrivée à Kourou ?

 

Après ces 50 jours de solitude, je prends encore plus conscience qu’en réalité, je n’étais pas seul au milieu de l’Atlantique. L’armée est une grande famille qui était avec moi pour porter ce message à nos blessés. Je suis fier d’être militaire !

 

 

Pensez-vous que certaines de vos aptitudes en tant que militaire de l’armée de terre vous ont aidé dans cette épreuve ?

 

Le courage, l’audace, le dépassement de soi et la détermination sont des valeurs inculquées à l’ensemble de nos militaires. Au fil des années, ces dernières m’ont forgé un mental d’acier qui m’a permis d’aller jusqu’au bout de ce défi.

 

 

Quels enseignements avez-vous réussi à apporter aux cinq classes d’élèves avec qui vous avez été en contact durant cette traversée ?

 

L’enseignement premier est qu’il faut croire en ses rêves et toujours s’y accrocher. Que malgré la difficulté, il faut toujours être positif car cela nous rend la tache plus facile. Qu’oser ce lancer dans de telles aventures nous permet de vivre des instants extraordinaires et contempler ce monde que nous devons préserver.

 

Aujourd’hui, quels sont vos projets pour vos camarades blessés et que pouvons-nous vous souhaiter pour la suite ?

 

Aujourd’hui j’ai comme projet de permettre à un autre blessé de réaliser son rêve de traverser l’Atlantique à la rame en mettant le bateau et notre expérience à sa disposition.

Vous pouvez me souhaiter « Rien que du bonheur ».

 

 

Chiffres clés « La revanche sur l’Atlantique » :

 

4 700km

Un million de coups de rame

5 à 18 heures de rame par jour

2 ans de préparation

Chargement de 1 500kg au départ de Dakar

Budget de 100 000€

 

 

À l’arrivée : c’est que du bonheur !

 

1 million de coups de rame en 50 jours, 4 heures et 28 minutes : à lui seul, ce chiffre résume l’exceptionnelle générosité de l’adjudant Gwénaël. Parti le 15 décembre de Dakar, il a franchi la ligne d’arrivée à Kourou le 03 février dernier après une traversée à la rame de l’océan Atlantique, sans escale ni assistance. Cette performance tant physique que morale, Gwénaël la dédie à ses proches mais surtout aux blessés de guerre au bénéfice desquels il a réuni des fonds via son association Rien que du bonheur.

 

Gwénaël sera prochainement sur Chemins de mémoire, l’occasion de faire un retour sur une expérience riche en enseignements !

 

 
 
 

 

 

 

Entretien avec Karine Beauchard

École publique du Grand Bayonne (64) – 26 janvier 2018

 

 

Depuis le 15 décembre, vous faites participer votre classe de CM2 à l’incroyable aventure de Gwénaël. Vous n’êtes pas étrangère aux projets portant sur l’environnement marin, car votre école est partenaire pour 30 ans de l’équipage de la frégate Aquitaine, fruit d’une collaboration entre la Marine nationale et l’Éducation nationale. Pourquoi avoir choisi ce projet, et qu’est-ce que cela peut apporter aux écoliers ?

 

Ce que je désire développer comme valeurs chez mes élèves c’est la solidarité et cette capacité d’engagement dénué de tout intérêt personnel démontrée par le skipper Gwénaël. Lorsque l’on est en CM2, la micro société que forme la classe est un défi quotidien pour les enfants qui sont naturellement plus individualistes à leur âge. Ce projet leur permet d’ouvrir les yeux sur le monde qui les entoure, par-delà les frontières et d’éveiller leur curiosité, leur donner le goût de l’investissement et de finir ce qu’ils ont commencé.

 

 

La vie quotidienne de la classe se construit autour de la traversée à la rame de Gwénaël. Chaque matin, moi et les élèves avons un petit rituel : nous allons sur le site Rien que du bonheur (https://www.rienquedubonheur.com/) et nous regardons la position GPS du skipper afin de suivre jour après jour son avancée.

Dès le début de l’année scolaire, j’ai apporté à mes élèves une carte géante du monde à colorier. Chaque fois qu’ils finissent un devoir, ils peuvent aller colorier leur personnage respectif en toute autonomie. C’est une vraie opportunité de cohésion et de partage pour les enfants qui apprennent à vivre en communauté, et un moyen ludique d’enseigner la géographie.

Chacun possède un petit carnet spécialement pour le projet de Gwénaël où ils notent leurs idées, et nos préparations. Je ne vérifie pas le français, je veux avant tout qu’ils prennent du plaisir. Nous nous concentrons sur le français lors des dictées, et lorsque nous faisons des devoirs sur le thème de la traversée.

Les enfants sont très impliqués. Avant la visite de Gwénaël à l’école, les élèves avaient préparé des maquettes de bateaux et construit des attrapes-rêves. La veille de son départ, les enfants lui ont envoyé la photo afin qu’il sache qu’ils sont tous derrière lui, à chaque coup de rame.

De nombreuses disciplines sont ainsi incorporées à ce projet : les arts plastiques, la musique, le français, l’histoire, la géographie …

 

 

 

Quelles thématiques de l’enseignement de défense souhaitez-vous développer avec vos élèves au cours de ce projet pédagogique ?

 

L’Enseignement Moral et Civique prend une place importante dans leur apprentissage. Nous leur enseignons la Marseillaise par exemple, afin de leur faire comprendre le sens et l’histoire de l’hymne national. Les enfants sont bien conscients de la fonction de militaire de Gwénaël et de son statut d’ancien blessé. Le fait que le skipper traverse l’océan Atlantique pour ses collègues blessés est souvent rappelé en classe. Ils vont très certainement poser plus de questions à ce sujet durant le troisième trimestre lorsque nous allons aborder la Grande Guerre et la Seconde Guerre mondiale. Encore une fois ce sont les valeurs de solidarité et du goût de l’effort que je désire mettre en avant au cours de cette année.

 

 

 

Comment se préparent les élèves à la visio-conférence ?

 

Nous avons fait une visio-conférence avant les vacances de Noël avec Gwénaël. Les enfants étaient surexcités. Gwénaël, muni de sa caméra à la main, est sorti de son cockpit pour monter sur son embarcation et nous a montré ce qui l’entourait avant de répondre aux questions des élèves. Chacun avait un numéro et une question à poser. Nous avions fait un travail préparatoire pendant plusieurs semaines pour sélectionner les 28 questions, ceci afin de rédiger un article de presse en classe. Ainsi Gwénaël énonçait un numéro, l’élève se levait et posait sa question, et lorsque Gwénaël y répondait, les autres camarades étaient tenus de prendre des notes. C’est un bon exercice d’écoute pour les enfants.

 

 

Quelle a été la réaction de votre classe lorsque vous leur avez appris qu’ils allaient suivre pendant près de deux mois un militaire, ancien blessé, lors d’une aventure au beau milieu de l’Océan Atlantique ?

 

Ils ont été ravis ! Pouvoir suivre Gwénaël dans sa traversée de l’Atlantique les a immédiatement enthousiasmés. C’est un rêve d’enfant qu’il réalise, et mes élèves l’ont bien compris. Cela leur permet de ne pas grandir trop vite dans un monde qui avance à toute vitesse et finalement, d’apprendre tout en s’évadant.

 

 

 

 

 

 

 

 

Entretien avec Karine Rapp

École Notre Dame de la Miséricorde (49) – 19 janvier 2018

 

 

 

Vous avez décidé de suivre avec votre classe le périple de Gwénaël à partir du 15 décembre. Comment avez-vous connu ce militaire et skipper ?

 

 

Ancien militaire, mon mari soutient bénévolement depuis plusieurs années les militaires blessés. Gwénaël s’est adressé à lui pour trouver des sponsors, car mon époux est en lien avec des industriels depuis sa participation à l’organisation d’un salon sur  l’équipement militaire. Il les a alors mis en relation et, très vite, a été captivé par « cette personne hors du commun ». C’est donc par son intermédiaire que j’ai connu l’histoire de Gwénaël, son combat, et sa philosophie.

 

 

Pourquoi avoir choisi ce projet ? Qu’est-ce que cela peut apporter aux écoliers en termes de pédagogie et de développement personnel ?

 

 

Je pense que voir des hommes et des femmes se dépasser et réaliser leurs rêves est primordial dans l’éducation et l’épanouissement de nos jeunes écoliers. Gwénaël s’embarque dans une aventure courageuse. Uniquement armé de sa générosité et de son altruisme, il entraîne dans son sillage tous les autres militaires blessés. C’est une leçon de vie essentielle que je désire apporter à mes élèves. Lorsque l’on a sept ans, s’ouvrir à l’autre n’est pas toujours chose facile. C’est pourquoi cette année, notre projet scolaire est : « Va, pars courir le monde ». Ainsi, suivre l’aventure de Gwénaël par visio-conférence correspond parfaitement à notre thème. Nous allons pouvoir ensemble parcourir deux continents et un océan.

Enfin, nos enfants sont sur-sollicités dans un monde devenu très actif et peinent chaque jour à se concentrer. Seul dans l’océan, à faire et refaire le même geste - ramer pour les autres - est un bel exemple de sérénité. Cela pousse à la contemplation et à l’introspection.

 

 

Quelle a été la réaction de votre classe lorsque vous leur avez appris qu’ils allaient suivre pendant près de deux mois un militaire, ancien blessé, lors d’une aventure au beau milieu de l’océan Atlantique ?

 

 

Les enfants sont très heureux d’accompagner Gwénaël dans sa navigation, de pouvoir soutenir un adulte. Ils sont bien conscients que Gwénaël compte sur leur investissement. Ils ont déjà fabriqué le bateau en maquette papier puis une version en bois. Ils me demandent souvent de ses nouvelles.

 

 

Quelles thématiques de l’enseignement de défense souhaitez-vous développer avec vos élèves au cours de ce projet pédagogique ?  

 

 

L’expérience de Gwénaël nous permet d’enrichir l’enseignement moral et civique dispensé à la classe. Un large chapitre est consacré aux symboles de la République avec le drapeau français, la devise, Marianne, l’hymne national. Nous sensibilisons également les élèves aux 11 novembre et 8 mai, qui tiennent une place prépondérante dans l’histoire de France. Notre but est de donner du sens aux mots « armistice », « poilus », « tranchées », « monuments aux morts », « tombe du Soldat Inconnu », « anciens combattants » etc.  Les écoliers vont ainsi suivre la course à la rame de ce militaire, et ils vont également être conviés aux cérémonies du 11 novembre ou du 8 mai 2018 à Angers afin d’y chanter la Marseillaise.

 

 

 

Entretien avec Corinne Estrem et Geneviève Pastor
– Collège Marracq (64) – 12 janvier 2018

 

 

Documentalistes au collège Marracq, en Aquitaine, vous faites participer une classe de collégiens au périple de Gwénaël depuis le 15 décembre. Comment avez-vous connu ce skipper et qu’avez-vous prévu de faire avec les élèves ?

 

 

Dans un premier temps, ce sont les élèves qui sont venus nous exprimer l’envie de suivre la course de Gwénaël. L’un d’eux avait en effet  rencontré le skipper lors du festival « Bayonne fait le pont » en mai dernier. Il avait alors eu l’occasion de discuter avec lui et de son aventure qui l’avait véritablement enthousiasmée. Les élèves nous ont rapidement convaincues et nous avons mis en place un travail pédagogique avec les intéressés.

 

 

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la tenue d’un journal en ligne Marracq news. Les élèves écrivent des articles et gèrent le journal en autonomie, sous notre responsabilité. Véritables apprentis journalistes, ils sont chargés de proposer des sujets d’articles, de chercher des évènements susceptibles d’intéresser les adolescents de leur âge. Grâce aux interviews menées par visio-conférence et à la rédaction des articles sur la traversée, les élèves développent  des compétences solides en langue française. Concrètement, ils se réunissent  une  ou deux heures sur leur temps libre  afin de préparer les questions qu’ils posent ensuite au navigateur sur un créneau horaire qu’il leur est fixé.

 

 

 

Pour quelles raisons avez-vous accepté que vos élèves suivent, pendant près de deux mois, un militaire ancien blessé, lors d’une aventure au beau milieu de l’océan Atlantique ?

 

 

L’aventure à laquelle s’attèle Gwénaël est à la fois spectaculaire et solitaire, demandant une réelle performance physique  et mentale. Ce sont ces éléments qui nous ont semblé être intéressants pour nos élèves. La passion avec laquelle le navigateur parlait de son périple et de sa préparation nous a tous beaucoup plu. On ne peut ignorer que, sur le plan éducatif, les valeurs véhiculées par le skipper nous semblent exemplaires.

 

 

 

Quelles thématiques de l’enseignement de défense souhaitez-vous développer avec vos élèves au cours de ce projet pédagogique ?

 

 

Dans le cadre de l’Éducation Morale et Civique, la notion d’engagement du citoyen, de la défense, de la sécurité nationale, de la liberté et de la démocratie sur notre territoire ainsi que les valeurs de la République vont être étudiées et mises en avant  par nos petits journalistes. Car à nos yeux ce militaire blessé est emblématique de la défense de ces valeurs.

 
 
 
 

 

 

 
 
 

Entretien avec Elizabeth – 14 décembre 2017

 

 

Gwénaël, votre époux, s’apprête à partir pour une traversée de 4 700 kms à la rame, sans escale ni assistance, de Dakar pour rejoindre Kourou. Quelle fut votre réaction à l’annonce de ce projet ?

 

Je le connais, il est fort mentalement et je sais de quoi il est capable, même si cette fois-ci c’est une première expérience sur l’eau. Je lui fais confiance car il a préparé toute cette aventure de manière encadrée. Il a su s’entourer des personnes qu’il fallait avec des coaches, une kinésithérapeute… C’est un projet mûri, qui n’a pas été décidé du jour au lendemain. Cela fait deux ans que l’on y travaille et le temps passe vite depuis octobre 2015.

 

 

Vous vous joignez à l’aventure de Gwénaël en acceptant la mission de routeur depuis la France. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste et comment vous vous y êtes préparée ?

 

Je ne l’ai pas décidé, c’est Gwénaël qui m’a annoncé que j’allais être son routeur. Il a confiance en moi et il ne voulait pas être pollué par des appels de toute sorte pendant la journée. Il veut vraiment se concentrer sur ce qu’il a prévu de faire : ramer dans un premier temps, filmer son environnement dans un deuxième. Quand il m’a dit que je serai son routeur, j’ai tout de suite accepté même si je ne possédais pas de notions à l’époque. Mais de nature curieuse, j’ai vite découvert cette fonction.

Ma mission est simple. Je vais dans un premier temps enregistrer les coordonnées transmises par un tracker positionné dans l’habitacle du bateau sur un logiciel. Grâce à sa position, il ne me suffira plus qu’à regarder les vents, les courants et la météo, afin de pouvoir l’informer sur les conditions qu’il va affronter. Enfin, le plus important sera de lui donner un cap à suivre en fonction de ces conditions. Nous ne disposons que d’un appel par jour, il faudra alors être concis et complet et surtout ne pas le manquer !

 

 

Avez-vous accompagné Gwénaël dans sa préparation avant son départ ? Qu’avez-vous découvert ?

 

Je suis passée par toutes les étapes, la seule différence entre lui et moi c’est que je ne vais pas ramer (rires). Je lui laisse l’entraînement physique. J’ai appris beaucoup de choses autant sur le milieu marin qu’en communication avec la gestion du site internet et des réseaux sociaux, c’est une expérience très enrichissante. Encore plus insolite, nous avons découvert avec Gwénaël les différentes cuissons du poisson : un ami, chef dans un restaurant, qui nous accompagne depuis le début de l’aventure, a imaginé des types de cuissons réalisables sur le bateau. Il n’y a plus qu’à pêcher pour avoir la matière première !

 

 

En vous associant à ce projet, quelles valeurs partagez-vous avec votre époux, militaire depuis 20 ans dans l’armée de Terre ?

 

Nous avons appris à nous connaître avec Gwénaël à travers ce projet et d’autres aventures sportives. Les valeurs que nous partageons sont assez ancrées dans mon éducation. Fille d’un policier maître-chien, je me retrouve dans le goût du travail et le dépassement de soi. Ce sont des valeurs auxquelles j’ai adhéré car elles ne me sont pas étrangères : Confiance, entraide, respect, courage, volonté, persévérance. Autant de qualités qui doivent être mobilisées et que l’on retrouve dans le sport ainsi que dans la discipline militaire.

 

 

Vous désirez reverser des fonds à des associations soutenant les militaires blessés, en quoi cette cause vous tient-elle à cœur ? 

 

Nous recueillons en effet des fonds pour les reverser à des associations et des structures qui viennent en aide aux blessés via la plateforme de crowdfunding Helloasso. On dit que pour faire 4 700 kms, il y a en moyenne un million de coups de rames, notre objectif est donc de vendre ce million de coups de rames à 10 centimes l’unité.

Nous aimerions donner de la voix à ces militaires, ces hommes et femmes qui sont aussi des époux(ses), des frères et sœurs, des amis, des enfants et qui subissent un chamboulement de leur vie quotidienne avec de grandes souffrances physique et psychologique. Ce sont des personnes volontaires, qui se sont engagées pour défendre nos valeurs. Je trouve donc normal en tant que citoyenne de leur venir en aide. Car ils protègent ma liberté, mes droits tous les jours.

 

 

 
 

Entretien avec Gwénaël – 5 décembre 2017

 

 

Vous êtes un militaire de l’armée de Terre, blessé en mission. Se lancer dans cette incroyable aventure est-il un moyen de prolonger votre engagement ?

 

Oui parfaitement, cette incroyable aventure reflète exactement l'engagement d'un militaire (audace, courage, détermination, ...). À 20 ans de service, ces valeurs sont bien ancrées en moi. Je trouve cela tout à fait normal de les partager afin de donner l'envie d'oser, de se surpasser, à nos jeunes recrues mais surtout inspirer nos blessés de guerre pour démontrer que même les rêves les plus fous sont réalisables. Il faut s'accrocher à ses rêves, car ils donnent un sens à la vie et permettent de se reconstruire. Malgré la difficulté, chaque étape vaincue est une victoire et ce n'est rien que du bonheur.


 

Pourquoi se mettre en lien, via visio-conférence, avec cinq classes d’élèves (de différents cycles scolaires) ?

 

Je trouve cela formidable de partager cette aventure avec des enfants qui débordent d'imagination et voir leurs yeux qui pétillent en répondant instantanément, du milieu de l'Atlantique jusqu'à leur classe d'école, à toutes leurs interrogations.

Le but d'avoir plusieurs classes d'élèves permet également de créer des connexions entre elles et d'échanger sur leurs différents travaux pédagogiques effectués autour de l'océan et son environnement. L'association Itsas arima, partenaire de l'événement aura aussi le rôle de nous aider dans l'identification des animaux que je vais rencontrer afin de mieux les connaître pour mieux les protéger.


 

En tant que militaire et nouvel aventurier, quels messages et valeurs désirez-vous leur transmettre ?

 

En tant qu'homme tout simplement, je désire leur transmettre les valeurs des choses simples de la vie. Apprécier ce que la nature nous offre et la préserver. Leur transmettre ce goût de l'effort qui peut permettre d'atteindre un rêve, qui nous paraissait initialement irréalisable.

Finalement, je désire alimenter leur imagination pour qu'ils fassent de beaux rêves et leur démontrer que ce n'est rien que du bonheur que d'oser les réaliser.

 

 

 
 

 

Ministère des Armées / DPMA / SDMAE / BAPI - Bureau des actions pédagogiques et de l'information - Rédaction : Léa Truchetto