Provisoirement non-déportables

Conjoints d’aryennes internés dans les camps du Loiret, déportés sur l’île anglo-normandes d’Aurigny.

Exposition présentée au Cercil du 15 mai au 10 novembre 2013 au Musée-Mémorial des enfants du Vel d’Hiv - 45 rue du Bourdon-Blanc 45000 Orléans - Tél. : 02 38 42 03 91 - www.cercil.fr

 

 

Un aspect peu connu de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah : la déportation des internés juifs

sur l’île anglo-normande d’Aurigny.

 

Près de 5 000 prisonniers du régime nazi, dont 855 Français, ont été déportés sur l'île d'Aurigny pour servir

de main-d’œuvre à l’organisation allemande Todt, dont le rôle était de construire des structures défensives,

telle que la ligne de fortification du Mur de l’Atlantique.

 

Parmi eux, 262 internés juifs des camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, majoritairement des hommes mariés à des femmes non-juives, jugés un temps "non-déportables".

 

C’est pendant l’été 1943 que les « conjoints d’aryennes » arrivent dans l’un des camps de l’île. Il est dirigé par deux SS, Adam Adler et Heinrich Evers, qui répondront, en 1949, lors d’un procès, de leurs actes de violence.

 

"Jamais je n’ai eu tant de souffrance que depuis que je suis sur cette ile…"

- 21 septembre 1943, Georges Kovacs à Gilberte, sa femme.

 

Abraham Noz est arrêté le 18 juillet 1942 à Bresles (Oise). Interné de longs mois à Drancy, puis du 9 mars au

12 juillet 1943, au camp de Beaune-la-Rolande, avant d’être renvoyé à Drancy. Le 16 juillet, il est transféré dans

un camp près de Cherbourg, avec de nombreux Juifs qui, comme lui, ont une femme qui n’est pas juive.

 

Le 12 août 1943, il est déporté sur l’Ile anglo-normande d’Aurigny.

 

En septembre 1944, de retour sur le continent, il s’évade d’un camp du Pas-de-Calais.

 

Georges Kovacs, Juif hongrois, quitte son pays où sévit la Contre-Révolution néo-fasciste dite "Terreur Blanche"

en 1920. Il commence ses études de médecine à Prague mais la Tchécoslovaquie impose également en 1922

un numerus clausus. Georges Kovacs doit partir. En France, il reprend son cursus universitaire.

 

Il rencontre une jeune femme catholique, Gilberte Bouquet, qu’il épouse en 1928. Il choisit la nationalité française.

 

C’est seulement en 1935-36 qu’il peut s’installer comme médecin dans la Vienne, puis au Mans, dans la Sarthe.

Il a déjà deux enfants. Très vite, après l’armistice voulu par Pétain, il devient victime des lois antisémites de Vichy

et des lois nazies. C’est en tant que Juif "conjoint d’aryenne" qu’il est interné à Drancy en 1942 puis déporté

sur l’île d’Aurigny en 1943.