Cimetière des "gueules cassées" de Cadillac

Cimetière des Oubliés à Cadillac (Gironde, France). Source : Licence Creative Commons. Photo : Henry Salomé.

L'enceinte de l'hôpital psychiatrique de Cadillac a accueilli 98 mutilés de la face et du cerveau . son ancien cimetière en garde le souvenir.

L'enceinte de l'hôpital psychiatrique de Cadillac-sur-Garonne, bastide fondée au XIIIème siècle avec l'appui du roi d'Angleterre, a accueilli 98 mutilés de la face et du cerveau de la Première Guerre mondiale.

Son ancien cimetière en garde le souvenir ... Parmi les belligérants de la Première Guerre mondiale, ce sont la France et l'Allemagne qui ont mobilisé le plus d'hommes en âge de porter les armes : 80 % des quinze à quarante-neuf ans.

La paix signée, à côté des familles des 1 375 800 morts et disparus, la patrie doit s'occuper de 4 266 000 blessés, au nombre desquels figurent dix à quinze mille mutilés de la face, les "gueules cassées" selon l'expression du colonel Yves Picot, fondateurs de l'union des blessés de la face. Victimes de la brutalisation du premier conflit industriel où 70 % des blessures sont occasionnées par le tir continu de l'artillerie, ces hommes sont désocialisés par la guerre. Ils doivent ré-apprendre la vie civile, composer avec leurs handicaps, affronter le regard d'une nation embarrassée de ces héros non "Morts pour la France", reflets de son état à l'issue du conflit.

 

Entrée du cimetière de l'hôpital. En arrière-plan, le pavillon de l'unité pour malades difficiles. Source : M. Bajolle

 

Au nord-est de la bastide de Cadillac, en Gironde, le carré des "mutilés du cerveau" de l'hôpital psychiatrique rassemble les sépultures de 98 mutilés revenus du front mentalement exsangues, placés là pour finir leur vie, en marge des établissements de Moussy-le-Vieux (Seine-et-Marne) ou de Coudon (Var).

 

Cimetière des Oubliés à Cadillac (Gironde, France). Source : Licence Creative Commons.  Photo : Henry Salomé.

 

Des morts doublement oubliés aussi, car, pensionnaires de l'hôpital psychiatrique, leur décès n'a pas fait l'objet d'un enregistrement par l'officier municipal et, leurs tombes, dont les vignettes d'identification, tombées pour nombre d'entre elles, sont aujourd'hui anonymes.

Deux plaques cependant, offertes en 1937 et en 1956 par les anciens combattants de la Gironde, à l'initiative de l'association cadillacaise Saint-Blaise, rendent hommage "à la mémoire de leurs camarades mutilés du cerveau victimes de la guerre 1914-1918" ...

 

Stèle à la mémoire des anciens combattants 1914-18 « mutilés du cerveau ». Source : Licence Creative Commons.  Photo : Henry Salomé.

 

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