Maillé et son histoire

Dans le petit cimetière communal de Maillé, les noms des 124 victimes sont gravés.
Dans le petit cimetière communal de Maillé, les noms des 124 victimes sont gravés. Source : Jean-François Brillant. Association "Servir & Défendre"

En 1940, lorsque les Allemands s'installent à Maillé et ses environs, la commune compte un peu plus de 500 habitants.

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Le village se trouve sur un axe stratégique, à proximité de la ligne de démarcation, coupé du nord au sud par la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux. Le village est longé par l'ancienne route nationale 10 (RD 910). Et à proximité du village s'étend le camp de l'intendance militaire de Nouâtre.

Le 25 août 1944, pendant que Paris fête sa Libération, Maillé est pratiquement rayé des cartes. Cerné par les troupes allemandes vers 9 heures du matin, le village vit les premiers instants d'un drame qu'aucun objectif militaire ne justifiera. Les habitants de Maillé sont traqués, massacrés dans leurs champs, leurs maisons, leurs jardins, leurs caves... 124 personnes de 3 mois à 89 ans sont sauvagement assassinés : 37 hommes, 39 femmes, 48 enfants de moins de 15 ans dont 26 de moins de 5 ans et 2 nouveau-nés.

 

Le village de Maillé après le massacre des civils par les soldats allemands en août 1944. Photographe : Jean Chauvin/Maison du Souvenir

 

Les seuls qui échappent à la mort sont ceux qui ont pu se cacher avant l'arrivée des Allemands ou qui ont simulé la mort au milieu des cadavres. Le bétail n'est pas épargné. Tout ce qui bouge ce jour là est tué. 52 habitations sont brûlées, il n'en reste que 8 sur la totalité du bourg après le passage de la barbarie nazie.

Seul le sous-lieutenant Gustav Shlueter a été reconnu responsable d'homicides volontaires "accomplis à l'occasion ou le prétexte de l'état de guerre mais non justifiés par les lois et coutumes de la guerre" par le tribunal militaire permanent de Bordeaux. Malheureusement, il n'a jamais été retrouvé, et les troupes qui étaient sous ses ordres ce 25 août 1944 n'ont pas été identifiées.

Le surlendemain, les 124 massacrés sont enterrés dans une fosse commune dans le cimetière du village.

 

La Maison du Souvenir, les enfants. Source : Maison du Souvenir

 

L'entraide est immédiate et les gestes de solidarité sont divers de la parts de particuliers ou d'organisations, locales ou nationales, comme le Secours National, la Croix-Rouge, les communes du département, ainsi que l'A.E.F. (Afrique Equatoriale Française) qui réalisa une importante souscription pour le village.

En octobre 1944, un couple américain, Kathleen et Girard Van Barkaloo-Hale, vont parrainer le village, en fournissant aux habitants une multitude de meubles ou de vêtements venant des Etats-Unis.

Le village sera entièrement reconstruit par l'État, sur les ruines de l'ancien.

La reconstruction sera officiellement terminée en 1960.