
Albias (82)
Albias
Le monument aux morts est situé au centre de la place de la Libération. Il emprunte la forme
d'un pilier sculpté qui se dresse sur un socle à degrés. La partie inférieure de la base reçoit
sur chacune de ses faces le nom d'une bataille : Marne, Verdun, Champagne et l'Yser.
Sur la face principale est gravée :
"AUX ENFANTS DE LA COMMUNE D'ALBIAS MORTS POUR LA FRANCE 1914-1918".
En dessous, une couronne s'entrecroise avec une palme et une épée et une croix de guerre.
Le sommet de la couronne porte un casque.

Asques (82)
Asques
Le monument aux morts est situé devant l'église du village et à côté du cimetière. Il s'inscrit dans une symbolique à la fois religieuses et funéraire, signe d'un attachement des populations à la tradition du culte des morts. Il occupe le cœur spirituel de la commune, sur une zone de passage puisqu'il est proche de la route qui traverse le village. Il prend ainsi à témoin les habitants dans leurs déplacements quotidiens. L'espace "sacré" du monument est délimité par une grille qui l'entoure. Il est construit en pierre et reprend la forme classique d'un obélisque. Le seul symbole présent est une grande palme qui représente la victoire sur la mort, l'immortalité (les rameaux). L'expression "Honneur et patrie", traditionnellement présente sur les monuments commémoratifs de la guerre de 1870, est gravée sur la face avant de l'obélisque. Deux formules d'hommage présentent les morts dont les noms sont gravés sur les deux faces latérales de l'obélisque : "morts au champ d'honneur" et " morts pour la patrie " prolongent la sobriété apparente de la formule " hommage de la commune d'Asques à ses enfants ". Au-delà de l'apparente sobriété du monument, a priori assez classique dans un style funéraire, l'appel au champ d'honneur et à la patrie pour célébrer les sacrifices humains de la commune montre l'état d'esprit des habitants de l'époque. Le conseil municipal a décidé de construire ce monument lors de la séance du 25 novembre 1921 et il est inauguré lors de la cérémonie du 11 novembre 1922. Onze noms figurent sur le monument, classés par ordre alphabétique. Pour une si petite commune cela représente 4,4% de la population de l'époque, un chiffre élevé. Dès lors on comprend mieux la tonalité guerrière donnée à ce modeste monument.

Aucamville (82)
Aucamville
Monument de type Obélisque sur lequel est sculpté le buste d'un poilu sous la croix de guerre. Devant l'obélisque se tient une allégorie. Au dos du monument est gravé : "Aucamville a ses enfants morts pour la France"

Balignac (82)
Balignac
Le lieu de mémoire consacré à la Grande Guerre se trouve au centre du village, le long de la route qui le traverse, près de la mairie. Il se limite à une plaque de marbre fixée sur le socle d'une croix de mission comme cela se produit souvent dans les très petites communes, par souci d'économie. Le choix du marbre blanc, les caractères gravés en doré, la présence de la croix latine devant un halo de rayons et le rameau, symbole d'immortalité, laissent penser que la plaque se trouvait à l'origine dans l'église. L'empreinte de la religion est particulièrement nette. Beaucoup de paroisses avaient gravé sur leurs murs les noms des soldats tombés au combat avant que les monuments ne soient érigés par les municipalités. C'est peut-être après-coup qu'il a été décidé de mettre dans l'espace public cette plaque destinée à l'église. Cinq noms figurent sur le monument sous la formule classique " aux enfants de Balignac morts pour la France ". Un sixième nom a été ajouté. Cela représenterait 7,6% de la population totale, plus du double de la moyenne nationale. Une croix de guerre, décoration décernée à partir de 1915 pour acte de bravoure achève de rappeler la tragédie de la Grande Guerre.

Beaumont-de-Lomagne (82)
Beaumont-de-Lomagne
Un petit jardin clos par une grille de fer forgé constitue l'espace "sacré", mis à l'écart de l'espace "profane". Le monument se compose d'un mur rehaussé d'un fronton rectangulaire dans sa partie centrale. Chaque détail a une portée symbolique. - Deux flammes de pierre le surmontent pour symboliser le souvenir. Ce souvenir ne s'éteindra jamais, comme la flamme qui brûle sous l'arc de triomphe à Paris. Plusieurs éléments décoratifs sont en bronze, métal semi précieux, pour accentuer la valeur de l'attachement au culte des morts. - De part et d'autre figurent deux faisceaux de lances, symbole du pouvoir de l'Etat dans la Rome antique et repris lors de la Révolution française pour symboliser la République. Ils sont surmontés d'un bonnet phrygien symbole de la liberté. - Au-dessus se trouve une croix de guerre, décoration militaire instituée en 1915 pour honorer la bravoure militaire. - De chaque côté du bas-relief principal, des tresses de laurier figurent l'idée de gloire, les lauriers de la victoire. Tous ces détails associent les noms des morts de la guerre à l'idée de l'engagement civique, de la défense de l'Etat et de ses valeurs, notamment la liberté. Il est important dans les années d'après-guerre d'entretenir le message que le sacrifice n'a pas été vain et que la guerre fut juste et légitime. Le monument construit la mémoire d'une guerre de la liberté contre l'oppression, de l'Etat démocratique contre la tyrannie impériale. L'intérêt majeur du monument aux morts de Beaumont réside dans son bas-relief en bronze réalisé par le sculpteur André Abbal. Originaire de Montech il a connu une certaine notoriété dans l'Entre-deux-guerres, comme un défenseur de la taille directe. Un musée lui est consacré à Carbonne (31390). Il a sculpté les bustes de Jaurès, Ingres et contribué aux monuments aux morts de Lafrançais ou de Toulouse. Un Poilu occupe la place centrale de ce tableau, reconnaissable à son équipement de soldat : casque, fusil, baïonnette, sac à dos et souliers cloutés. Son visage est grave et son regard se perd en direction du nord-est, vers les champs de bataille. Il porte l'épaisse moustache des hommes de l'époque. Derrière lui deux scènes montrent l'attachement de ce soldat à sa terre. A gauche une femme sème des graines dans les sillons d'un champ labouré par un attelage de bœufs, lui-même conduit par un homme âgé ; à droite une vieille femme mène elle aussi un attelage de bœufs, peut-être pour recouvrir les sillons du champ ensemencé. Les travaux agricoles sont mis à l'honneur pour marquer le caractère fortement rural du bourg de Beaumont dans ces années 1920. Les morts sont ainsi rapprochés symboliquement de leurs racines paysannes. On observe aussi que ce sont des personnes âgées et des femmes qui se chargent désormais des travaux des champs. Les hommes valides mobilisés pendant la guerre, disparus ou invalides à la suite du conflit, il incombe désormais aux femmes et aux personnes âgés de les remplacer au travail. 112 noms sont classés par ordre alphabétique avec un hommage sobre : "Beaumont de Lomagne à ses enfants morts pour la France". Petit centre urbain au cœur du monde rural, la commune a été plutôt moins touchée que les villages alentours (3,1% de la population). En revanche l'investissement consacré à la mémoire des fils disparus est significatif, 67409 Francs soit près de 20F par habitant, justifiant un emprunt sur 30 ans. L'inauguration du monument s'est faite tardivement, le 6 novembre 1927. La presse relate une foule de 2000 personnes et la présence de nombreux officiels : préfet et sous-préfet, sénateur et député, conseiller général. Dix discours sont prononcés, la Marseillaise est jouée et un banquet républicain clôt la cérémonie. On notera le caractère laïc de la cérémonie. Aujourd'hui deux drapeaux tricolores marquent l'hommage de la nation et le drapeau européen célèbre l'ère de paix et d'unité entre les peuples jadis ennemis.

Beaupuy 82600 (82)
Beaupuy
A deux cent mètres de l'église et de la mairie il tient une position centrale entre le pouvoir politique républicain et le coeur religieux de la vie locale, mais à l'écart du cimetière (situé à deux kilomètres). Il occupe un espace de trente mètres carrés délimité par des grilles en fer forgé avec un portail pour l'accès. A chaque coin il y a un obus pour marquer le lien avec la Guerre de 14-18 qui a tué tant de soldats lors des tirs d'artillerie. Des arbustes sont plantés a l'extérieur de cette enceinte sacrée. Le monument fait 4m50 de haut. C'est un obélisque en béton qui repose sur un socle carré, représentation classique et relativement peu onéreuse pour les petites communes rurales. Au sommet il y a une croix de guerre, décoration instituée dès 1915 pour récompenser une acte de bravoure. Ainsi tous les morts de la commune sont-ils rassemblés sous ce symbole de l'héroïsme. Sur la face sud sont présentés : - une inscription "aux enfants de Beaupuy morts pour la France" ; très sobre, elle n'évoque ni le sacrifice ni la bravoure, juste le deuil. - la couronne de laurier représente la victoire et la gloire militaire ; on retrouve là la volonté de construire le souvenir d'une victoire militaire. - le casque qui représente le soldat et en particulier le fantassin des tranchées à qui ce monument rend hommage. - les dates du début et de la fin de la guerre. Sur la face ouest il y a une croix catholique, chose assez rare pour l'époque puisque l'Etat laïc avait pris soin, en instituant une commission d'esthétique qui vérifiait tous les projets, d'éviter toute présence d'un symbole religieux sur les monuments aux morts. Au dessus, une plaque de marbre mentionne les noms des soldats morts, seize au total. Les noms sont classé d'après la date de décès. Il n'y a pas d'autres mentions. Beaupuy a ainsi perdu 4,95% de sa population (moyenne nationale 3,54%). Le monde rural a payé un lourd tribu à cette guerre.

Belbese (82)
Belbese
Le monument aux morts est situé à l'entrée du village, à côté de la mairie et devant l'ancienne école du village, non loin de l'église mais à l'écart du cimetière qui se trouve à la sortie du village. Le monument se trouve sur une zone de passage entre le centre civique et le centre religieux de la commune. Il est délimité par des grilles pour soustraire à l'espace public ce territoire "sacré". Une colonne de pierre repose sur un large socle et soutient une urne funéraire en bronze drapée du voile du deuil. La face avant de la colonne porte, sculptée en bas-relief, une palme entrecroisée avec une branche de laurier. La première symbolise l'immortalité, la gloire et la seconde la victoire. Associées sur une colonne de style classique elles rattachent l'hommage aux soldats au culte funéraire. D'ailleurs une croix latine est gravée au sommet de la colonne comme pour veiller sur ces morts. L'inscription sur le monument est la suivante : "Aux enfants de Belbeze morts pour la patrie". France cède ici la place à " patrie ", seule concession nationaliste de ce monument tout en sobriété. Les noms sont classés par date de mort et il y a six noms pour 1914-1918. L'inauguration a eu lieu le 17 avril 1921.

Bouillac (82)
Bouillac
Le monument aux morts de Bouillac se trouve au cœur de l'espace public, sur la place du village. Entre la mairie et l'école, il témoigne de l'attachement républicain de la municipalité de l'époque pour rendre hommage aux soldats de la Grande Guerre. L'espace " sacré " est délimité par une grille en fer forgé. Le monument se compose d'une colonne de pierre ayant le profil d'un obélisque. Il est orné d'une sculpture en bas-relief figurant un personnage féminin ailé. La main droite sur le cœur, la main gauche tenant une couronne de laurier, elle regarde vers la terre, celle qui recueille la dépouille des morts. Ses ailes sont dressées vers le ciel. On peut y voir une allégorie de la victoire telle que la représentaient les Anciens, Grecs et Romains. Une branche de laurier en bronze, métal prestigieux et symbole antique là encore représente la victoire et la gloire militaire. En avant de cette colonne est sculpté en haut-relief un soldat, l'arme au pied, avec son équipement complet (casque pour se protéger des obus, manteau chaud pour le froid, chaussures cloutées, fusil et baïonnette). Il a l'air grave et son regard est porté vers le nord-est, l'Allemagne, la Belgique, le front ; il semble monter la garde. Derrière lui une lance porte un drapeau et sur la lance il y a le sigle R.F (République Française). La mise en scène indique clairement que le culte des soldats " morts pour la France " est associé à l'idée d'une victoire militaire sur l'ennemi. Le soldat en arme reste sur ses gardes, une branche de laurier à ses pieds. On se trouve ici devant un monument d'influence patriotique, où la mémoire rejoint l'exaltation de la victoire. Au dos du monument au mort on peut voir la croix de guerre (croix de malte avec des glaives entrecroisés et au milieu une tête de femme, Marianne ou la République). Cette décoration militaire a été instituée en 1915 pour honorer les actes de bravoure. 32 noms figurent sur le monument, ce qui fait 4,11% de la population de l'époque, un chiffre relativement élevé. L'âge est précisé pour chacun d'eux ce qui rend l'hommage encore plus édifiant. Le monde rural a payé un lourd tribut à cette Grande Guerre. On comprend alors la volonté d'exalter la victoire pour donner du sens à ce sacrifice.

Canals (82)
Canals
Monument de type Obélisque. Sur une plaque de marbre est gravé : "Commune de CANALS a ses morts de la GRANDE GUERRE 1914-1918". En dessous, une autre plaque porte l'inscription : "Souvenir aux victimes des conflits 1939-1945 INDOCHINE 1946-1954 AFRIQUE DU NORD 1952-1962".

Castéra Bouzet (82)
Castéra Bouzet
Le monument aux morts se trouve à côté de l'église, sur un parking, adossé au mur du cimetière. On retrouve ici une localisation habituelle dans les petites communes rurales. Les soldats morts pour la France sont placés sous la protection de l'Eglise et à proximité des défunts pour compenser l'éloignement de leurs sépultures. L'espace sacré est délimité par une grille. Le monument se compose d'une stèle en pierre en forme d'obélisque ornée de motifs de chaque côté, volutes ou moulures. Deux tresses végétales encadrent sur le soubassement la formule d'hommage récemment restaurée. Une croix de guerre, symbole classique des combattants de la Grande, Guerre est sculptée sur la partie haute. L'hommage est sobre : " La commune de Castéra Bouzet à ses enfants morts pour la France ". Les noms sont gravés sur une plaque de marbre ornée d'une branche de laurier, symbole de victoire, à moins que ce soit un rameau, symbole plus religieux d'immortalité. Les dix-sept noms sont classés par date de mort et représentent 5,15% de la population de l'époque. Le sacrifice de cette petite commune a été particulièrement cruel.

Cazals (82)
Cazals plaque
Plaque commémorative dans l'église Eglise de CAZALS (82) Guerre 1914-1918 (Autre monument existant sur la place de la commune)

Comberouger (82)
Comberouger
Au centre du ce village-rue, le long de la route D3 qui le traverse, le monument aux morts offre une perspective intéressante face à la mairie et devant une statue de la Vierge placée là lors d'une mission du XIXe siècle. D'une certaine manière il a détrôné le repère religieux placé au second plan. Au centre d'un espace sacré délimité par une grille il est constitué d'une colonne carrée surmontée d'une urne drapée, symbole du deuil. Une palme et une branche de laurier ornent la colonne ; elles étaient initialement sculptées mais sont désormais en bronze. Les communes n'abandonnent pas leurs morts ! En haut une croix latine gravée achève d'inscrire ce monument de facture classique dans un registre purement funéraire. Sur le socle quatre plaques de marbre portent l'hommage de la commune aux seize " morts de la patrie ", soit 4,65% de la population de l'époque, un chiffre assez élevé. L'ensemble est dû à Reilhes et Vidal, entrepreneurs spécialisés dans les monuments funéraires à Beaumont de Lomagne.

Coutures (82)
Coutures
Le monument aux morts se trouve au centre du village, sur une petite place à proximité de l'église et du cimetière. La commune a choisi d'honorer ses morts entre le cœur religieux du village et l'espace consacré aux morts. Cette localisation est habituelle dans les petites communes. L'espace sacré est délimité par une grille. Le monument est mis en hauteur sur quelques marches. Il s'agit d'un obélisque en pierre de taille modeste orné d'une palme - symbole de gloire et d'immortalité - et d'une croix de guerre - symbole de la bravoure militaire. L'ouvrage est humble et reste dans la tradition funéraire classique (obélisque, palme, décoration militaire). La formule d'hommage s'inscrit dans la même simplicité "Coutures à ses enfants morts pour la France". Cinq noms sont inscrits, sans ordre apparent.

Cumont (82)
Cumont
Le monument aux morts se trouve devant l'église, près du cimetière. Dans les petites communes cette localisation reste fréquente, la place de l'église offrant à la fois l'espace et la solennité. L'espace "sacré" - soustrait à l'espace public pour bien marquer la mise en valeur du monument, si modeste soit-il - est ici formalisé par deux niveaux de marches. Le monument consiste en un obélisque en pierre taillée avec une face sculptée en bas relief. On reconnaît des symboles guerriers, croix de guerre soutenue par un ruban sous un sabre et une épée entrecroisés, le tout entourée par une couronne de chêne et de laurier, symboles végétaux de la force et de la gloire immortelle. Au sommet de l'obélisque sont gravées des croix latines et sur la face principale une croix de Lorraine ; est-ce une transformation suite à la guerre 39-45 ? L'ensemble du monument a lourdement subi les assauts du temps et il a été rénové par l'ajout de plaques de marbres pour toutes les parties comportant des inscriptions. Cela rappelle l'engagement de l'état à assurer l'entretien perpétuel des sépultures et de la mémoire des " morts pour la France ". La formule d'hommage est sobre " Aux enfants de Cumont morts pour la France ". Dix noms sont classés simplement par ordre alphabétique. Notons le chiffre exceptionnel de 6,7% de la population emportée sur les champs de bataille. Dès lors on comprend mieux l'engagement financier de la commune, 3000F soit 20F par habitant, un chiffre là encore assez élevé. Le monument a été réalisé par Reilhes et Vidal, sculpteur et tailleur de pierre à Beaumont de Lomagne.

Dieupentale (82)
Dieupentale
Monument de type Obélisque blanc avec palme en bronze et laurier sculpté.

Escazeaux (82)
Escazeaux
A mi-chemin entre l'église et la mairie, le monument aux morts se trouve dans la partie ancienne du village, sur un joli promontoire dominant les coteaux de la Gimone. La commune a choisi un emplacement de choix pour rendre hommage à ses enfants "morts pour la patrie". On retrouve dans cette petite commune les caractéristiques d'un monument funéraire sobre et classique. Dans un espace sacré délimité par une grille en fer forgé, un socle porte un obélisque orné d'une palme et d'une branche de laurier sculptées dans la pierre. Une croix latine complète la composition. Les morts son ainsi placés sous le signe de la gloire éternelle et du souvenir perpétuel. Les vingt noms sont gravés sur les faces du socle, dont six "disparus", comme pour marquer encore davantage l'horreur de cette guerre qui a privé certains de sépulture. La population de l'époque a perdu 5% de son effectif dans cette Grande Guerre, moyenne exceptionnellement élevée. Cela explique peut-être que le monument ait été financé essentiellement par une souscription et que le conseil municipal ait finalement voté un supplément de dépense pour "avoir l'honneur d'ériger un monument plus important". A un siècle de distance on mesure encore le traumatisme de ces petites communes rurales qui ont perdu tant de fils dans les tranchées. Dans la facture, on retrouve la touche des entrepreneurs Reilhes et Vidal de Beaumont de Lomagne.

Esparsac (82)
Esparsac
Le monument aux morts d'Esparsac est situé sur une place, face à l'église et au cimetière, derrière la mairie. Il occupe donc une position centrale par rapport aux trois lieux symboliques de la commune, le pôle religieux, le pôle funéraire et le pôle civique. La tradition villageoise et l'enracinement républicain sont ainsi respectés. En revanche la structure du monument est ostensiblement placée sous l'égide de la religion catholique. Cela s'explique par le choix de la municipalité de se limiter à une plaque de marbre pour inscrire le nom des soldats morts pour la France. L'emplacement a dû faire débat mais il a finalement été apposé sur le socle d'une croix de mission. La formule est extrêmement sobre et dépouillée " à la mémoire de nos morts pour la France ", sans les mots " enfants " ou " soldats " ni aucun qualificatif. Les noms sont classés par ordre alphabétique et il y a 22 morts pour la guerre de 14-18 ce qui fait 4,6% de la population de l'époque, un chiffre assez élevé. On imagine dès lors le traumatisme qu'a représenté cette guerre pour les habitants. La plaque a été inaugurée le 28 novembre 1922.

Fajolles (82)
Fajolles
L'hommage de Fajolles aux victimes de la Grande Guerre se limite à une plaque commémorative scellée au dessus de la porte de la mairie, en arrière-plan des drapeaux français et européen. La localisation obéit à un impératif civique - au cœur de l'espace public - et républicain sur la façade de la maison commune. La plaque de marbre blanc est ornée de la croix de guerre au-dessus de deux rameaux ou palmes. L'association de ces symboles de la bravoure militaire et de la gloire immortelle est fréquente sur les monuments aux morts. Le souvenir de la guerre est ainsi empreint d'héroïsme et de victoire, comme pour conjurer l'idée d'un sacrifice vain. La formule "aux morts de la Grande Guerre" évite tout patriotisme et fait des morts les victimes d'une guerre qui les a dépassés. Les neuf noms classés par ordre alphabétique représentent un chiffre assez élevé, 4,5% de la population de l'époque.

FAUDOAS (82500) (82)
Faudoas
Situé face à la mairie, sur une petite place à l'ombre de l'église, le monument aux mort occupe une place on ne peut plus centrale dans le village. L'espace " sacré " est simplement délimité par un piédestal de quelques marches entouré d'une chaîne. Il est néanmoins mis en exergue par cet enclos. A l'échelle d'une petite commune le monument reste sobre et se résume à un obélisque classique, peu onéreux et symbole du rite funéraire. Il est orné d'une palme de bronze entrelacée avec une couronne végétale, laurier ou lierre. L'association de ces deux symboles végétaux demeure habituelle pour évoquer d'une part la gloire, mais aussi l'immortalité, la volonté de ne jamais oublier ceux qui sont morts. Une croix de guerre, décoration attribuée pour acte de bravoure à partir de 1915, et une croix latine encadrent cette symbolique funéraire pour faire le lien entre la Grande Guerre et la sépulture religieuse. L'inscription rend hommage aux " morts pour la patrie ", seule concession patriotique à cet ensemble. Dix-huit noms classés par ordre alphabétique ornent les trois faces du socle. Le monument a été réalisé par Reilhes et Vidal spécialistes des monuments funéraires à Beaumont de Lomagne.

Garganvillar (82)
Garganvillar
Monument commémoratif 1914-1918 éclairé la nuit "bleu, blanc, rouge"

Gariès (82)
Gariès
Le monument aux mort occupe une place centrale dans le village, le long de la route principale, entre la mairie et l'église et face à une croix de mission du XIXe s. De ce point de vue il concilie tous les repères traditionnels de la communauté. Dans un espace délimité par quatre obus, un obélisque très simple porte sur sa face avant une palme sculptée en bas relief sous une croix latine et l'inscription gravée " honneur et patrie ". Cette dernière se retrouve souvent sur les monuments du souvenir de la défaite de 1870 érigés dans un esprit de revanche au début du XXe s. L'hommage est rendu par la commune " à ses enfants morts pour la patrie ", onze au total, classés par ordre alphabétique sur les deux faces latérales du socle sous l'inscription " morts pour la patrie ". En haut, une frise sculptée reproduit sur la face avant une croix de guerre, décoration attribuée pour acte de bravoure à partir de 1915, encadrée par deux tresses de laurier qui font le tour de l'obélisque. A un ensemble relativement simple reprenant les caractéristiques d'un monument purement funéraire, ces détails confèrent une dimension nettement patriotique (le mot " patrie " apparaît quatre fois), toute à la gloire des soldats tombés au champ d'honneur. Il été érigé tardivement en 1925 avec une dépense non négligeable pour une commune de moins de 300 habitants à l'époque: 5000F (16F /hb).

Gensac (82)
Gensac
Le monument se trouve sur la place de l'église, contre le mur du cimetière. Il obéit ainsi à une localisation centrale dans le village, dans l'espace public, à proximité de la religion et des défunts. De facture très classique il se compose d'un obélisque dressé sur un socle au milieu d'un enclos délimitant un espace sacré. La face avant de l'obélisque porte des décorations en bas relief : une croix de guerre symbole de la bravoure militaire suspendue à un ruban et entourée d'une couronne de laurier et de chêne, d'un côté les lauriers de la victoire, de l'autre la force. Tout en haut, une croix latine associe la sépulture religieuse aux soldats morts loin de chez eux. Cette exaltation de la bravoure militaire se retrouve dans la formule " aux enfants de Gensac morts pour la patrie ". Une plaque de granit, très récente, énumère neuf noms par ordre alphabétique. Les communes entretiennent la mémoire de leurs morts. Il a été réalisé par Reilhes et Vidal de Beaumont de Lomagne

Gimat (82)
Gimat
Le monument aux morts est au coeur du village, au centre d'une placette, le long de la route principale D928 qui le traverse. Devant l'église, à coté de la mairie et du cimetière, entre une statue de la Vierge et une croix de mission, il occupe une place centrale au milieu des pôles religieux, civique et funéraire de la vie communale. La présence du religieux est cependant dominante dans l'entourage immédiat de ce lieu symbolique. L'espace sacré est délimité par une grille. Le monument se compose d'une statue en métal, peinte, représentant un " poilu " avec son équipement complet :vêtements (souliers, bandelettes, uniforme, vareuse), armement (casque, fusil, cartouchières...). Il est en position d'attente, debout l'arme au pied, le regard perdu vers l'horizon ; comme s'il montait la garde sans vigilance particulière. Le socle est une base en pierre ornée d'une branche de chêne et d'une branche de laurier en bronze qui s'entrecroisent sous une croix latine du même métal. Les symboles végétaux de la force associée à la gloire accompagnent le symbole religieux que la commission préfectorale avait désavoué. La proximité avec l'église et le cimetière ont peut-être permis d'arguer d'une symbolique toute funéraire pour imposer le choix d'une croix latine par la commune. En dessous, une longue tresse végétale est sculptée dans la pierre avec les initiales RF (République Française) de part et d'autre. Elles rappellent l'Etat. Le village a fait le choix d'une vision humanisée du soldat mais sans allusion ni à la souffrance ni à l'héroïsme. Représentation atemporelle la statue tente d'ancrer dans la mémoire ce que furent les soldats dans leur dignité, encore vierges des séquelles du feu. L'hommage aux morts est rendu par la formule" A nos morts glorieux ". Les noms sont classés par ordre alphabétique. Il sont treize avec une mention spéciale pour l'Abbé Joseph de Ruble qui était aumônier militaire, peut-être un descendant d'une famille aristocratique locale. Cela expliquerait l'attachement à la religion témoigné dans cette commune à travers le monument aux morts.

Grisolles (82)
Grisolles - Plaque
Plaque de marbre portant l'inscription "Le 6 mai 1944 des Grisollais furent arrêtés sur dénonciation, regroupés dans cette maison et déportés en Allemagne". Suivi des 14 noms.

Grisolles (82)
Grisolles
Sur la plaque est gravé : "A ses héroïques enfants La ville de Grisolles Reconnaissante"

Lamothe (82)
Lamothe
Sur la place de l'église, d'architecture récente, le monument aux morts adopte lui aussi des lignes contemporaines. Fait assez rare, il date de 2001. Derrière une chaîne délimitant l'espace " sacré ", un socle triangulaire soutient une structure en zinc représentant un éclair. Bien que récent le monument reprend en fait des plaques de marbre blanc qui devaient se trouver dans l'église avant sa reconstruction. Elles ont été intégrées au monument aux morts. Elles portent les noms de quatorze soldats classés par date de mort avec leur âge. Si l'on s'en tient à la population de l'époque, 204 habitants, cela représenterait le chiffre exceptionnel de 6,9% de la population du village emportée par la Grande Guerre.

Lamothe (82)
Lamothe
Sur la place de l'église, d'architecture récente, le monument aux morts adopte lui aussi des lignes contemporaines. Fait assez rare, il date de 2001. Derrière une chaîne délimitant l'espace " sacré ", un socle triangulaire soutient une structure en zinc représentant un éclair. Bien que récent le monument reprend en fait des plaques de marbre blanc qui devaient se trouver dans l'église avant sa reconstruction. Elles ont été intégrées au monument aux morts. Elles portent les noms de quatorze soldats classés par date de mort avec leur âge. Si l'on s'en tient à la population de l'époque, 204 habitants, cela représenterait le chiffre exceptionnel de 6,9% de la population du village emportée par la Grande Guerre.

Larrazet (82)
Larrazet
Le monument se trouve au centre du village sur la place et près de la halle, au bord de la route. Il est délimité par des marches qui le placent en hauteur et le séparent de l'espace public. C'est un monument en pierre de grande taille en forme d'obélisque, de forme classique. Il est surmonté d'une urne en bronze drapée d'un voile, symbole de la mort et du deuil. La face avant de l'obélisque est agrémentée de motifs entremêlés sculptés en bas-relief : une palme ou un rameau symbole de l'immortalité, de prestige ; un drapeau symbolisant la nation, la patrie ; un casque rattachant ces symboles à l'armée, aux soldats ; des feuilles de chêne marquant la force, la résistance, l'invincibilité ; dans un médaillon en hauteur sont gravées les initiales de la République Française, plaçant ainsi cette symbolique sous l'égide de l'Etat. Le socle est lui aussi sculpté en bas-relief avec une croix de guerre, médaille décernée depuis 1915 pour acte de bravoure, encadrée par une couronne de laurier, symbole de la victoire et de la gloire militaire. Une inscription indique " Passant souviens toi que vingt trois enfants de la commune sont morts pour la France ", formule sobre jouant davantage dans le registre de l'émotion que dans l'exaltation de la victoire ou du sacrifice. On retrouve là la sobriété d'un monument funéraire très classique et tout en retenue placé au cœur de l'espace public, à la vue de toute la communauté villageoise. Le souvenir associé à la mort a été ici privilégié. Les noms sont classés par date de mort, montrant l'hécatombe des premiers mois de la guerre pour les nombreux fantassins d'infanterie de ce monde rural, 23 au total pour cette commune. Le sculpteur est Reilhes, et le tailleur de pierre Vidal, de Beaumont de Lomagne. Il a été inauguré très tôt, dès le 11 novembre 1920.

Lavit (82)
Lavit
L'emplacement du monument est digne d'intérêt. Il est situé en plein centre du bourg, à proximité des principaux lieux de la commune : face à la mairie qui lui sert d'arrière-plan, à quelques dizaines de mètres du cimetière - traditionnellement consacré au culte des défunts - et à une centaine de mètre de l'église. La commune a délibérément choisi de placer ses morts sous les couleurs de la République, non loin des sépultures et du culte traditionnel des morts et à une distance relative de la religion. On y trouverait certaines caractéristiques du radicalisme rural de ce début des années 1920. Le monument occupe un espace public au milieu d'une grande place piétonne qui surplombe la rue de la République. Il fait face à la halle qui abrite le marché hebdomadaire du vendredi, lieu de passage très fréquenté. Ainsi la population est-elle prise à témoin des sacrifices consentis pour la Grande Guerre. Le monument actuel résulte d'un réaménagement de 1983. Il est constitué d'un socle bétonné de forme triangulaire surmonté d'une statue de Poilu en pierre blanche sculptée. Le soldat porte un casque, un long manteau et un baudrier muni de deux cartouchières ; mais il n'est pas armé. Il semble attendre, un peu las, appuyé sur un fragment de mur en ruine. Incliné vers l'avant il regarde le sol. Doit-on y voir une forme de pacifisme, un refus de la vision héroïque du soldat ? Quatre plaques de marbre blanc portent les noms des 36 morts classés par ordre alphabétique ; au centre la formule "A la mémoire glorieuse des enfants de Lavit morts pour la France" est toute en retenue. Cet ensemble constitue un monument plutôt digne, affligé, monument civique sans excès. La dépense, 17.000F, a été couverte à hauteur de 70% par des dons et des souscriptions publiques alors même que la commune a été plutôt épargné (3% de la population).

Le Causé (82)
Le Causé
Non loin de l'école maternelle et de la mairie, le monument aux morts a été construit à la fin des années 1970 le long de la route principale. Il obéit en ce sens à une logique civique entre les deux bâtiments publics du village sur une voie de passage. L'espace sacré du monument est délimité par des chaînes. Une stèle de granit rectangulaire avec le sommet en pointe, en forme d'obélisque, est posée sur une base carrée taillée dans le même matériaux. Les noms sont gravés comme pour une pierre tombale. Tous ces détails montrent une volonté d'associer le culte des "morts pour la France" au culte funéraire, bien que le monument n'ait pas été placé dans le cimetière. Une branche de laurier en bronze orne le haut de la stèle ; on retrouve la symbolique de la gloire militaire et un métal semi-précieux qui, avec le granit, traduisent la longévité, le côté inaltérable de la mémoire collective. Les noms des douze morts sont classés par date, du 24 août 1914, dès les premiers combats, au 8 novembre 1918, trois jours avant l'armistice. 4% de la population de ce village a péri dans la Grande Guerre, chiffre relativement élevé qui montre le lourd tribut payé par le monde rural. Il a été inauguré en 1977.

Marsac (82)
Marsac
Le monument aux morts se situe au centre du village en face l'église, sur une petite place. Il occupe ainsi une place centrale dans la communauté villageoise, en contrebas du château qui domine le site. L'espace sacré du monument est délimité par une grille en fer forgé et renforcé par quatre marches portant un obélisque assez massif. En haut du monument se trouve la croix de guerre symbole depuis 1915 de la bravoure militaire. Juste au-dessous l'inscription "Aux Morts Pour La Patrie 1914-1918" est sculptée en bas relief. Ces deux éléments renforcent la dimension patriotique de l'ensemble. Au milieu de la base une grande plaque de marbre blanc est gravée avec les noms des soldats morts à la guerre 14-18. Détail assez rare, ces noms sont classés par grade militaire, officiers puis sous-officiers et ensuite les soldats du rang. Doit-on y voir, dans l'ombre du château tout proche, un certain attachement à la hiérarchie ? Quatorze noms figurent sur le monument. La base de l'obélisque est ornée sur ses quatre faces d'une flamme stylisée symbolisant le souvenir perpétuel.

Mas Grenier (82)
Mas Grenier
Une sculpture trés originale,un poilu nu inspiré du David de Michel Ange à Florence, par un des co-fondateurs de la Société des Artistes Méridionaux à Toulouse, sa ville natale.

Mas-Grenier (82)
Mas-Grenier 2
Mas Grenier a choisi d'honorer ses morts de la Grande Guerre à l'écart de la communauté villageoise et des lieux habituels de l'espace civique (place, mairie). Le monument se trouve à l'écart du bourg dans le cimetière parmi les autres sépultures, comme pour placer ses morts inhumés loin de chez eux au milieux des leurs. D'ailleurs le monument n'est pas séparé par une clôture symbolique délimitant un espace sacré. Construit contre le mur de l'ancien cimetière, agrandi depuis, il fait partie intégrante du cimetière. Il se présente comme une grande stèle murale surmontée d'une imposante corniche. L'ensemble se veut monumental, reprenant des éléments de style antique, édifiant par sa taille et celle des inscriptions, visibles de loin. L'ornementation consiste en une grande croix latine sculptée en bas-relief avec en arrière plan des rameaux de laurier, symbole de la gloire et de la victoire militaire. La présence d'une référence explicite à la religion, pourtant scrupuleusement surveillée par les commissions préfectorales chargées de veiller sur le respect de la laïcité, peut s'expliquer par la localisation au milieu des sépultures chrétiennes du cimetière. Ce monument s'inscrit dans une tradition purement funéraire, sans symbole explicite faisant référence à la guerre. L'inscription gravée dans la pierre dresse la liste des " enfants de Mas Grenier morts pour la France ". L'hommage n'est pas directement adressé à ces morts. La dimension édifiante se trouve renforcée par cette absence de la préposition " aux ". Les morts sont ainsi énumérés sous forme de liste, inventaire froid et douloureux. Trente huit noms figurent, classés par ordre alphabétique, pour la guerre 14-18 ; un chiffre légèrement inférieur à la moyenne nationale. Commune située dans la vallée de la Garonne, Mas Grenier a payé un tribut moins lourd que ses homologues de la Lomagne, plus à l'écart des grands axes. Doit-on y voir un signe de modernité, une qualification plus grande ou une position économique plus avantageuse de ses habitants auxquels aurait été épargnée plus facilement la première ligne ? Toujours est-il que la manière dont la commune a rendu hommage à ses fils porte la marque d'un deuil douloureux.

Maubec (82)
Maubec
La commune de Maubec a choisi de placer son monument aux morts dans la cour de l'école, à la sortie du village. Sans être tout à fait original, ce choix n'est pas anodin, d'autant que le cœur du village aurait disposé d'espaces propres à accueillir le monument. On retrouve ici la volonté de prendre à témoin les jeunes générations. Cette présence d'un monument du souvenir ainsi que les commémorations se déroulant dans l'espace dévolu à l'éducation (dans les années 1920 on dit encore "instruction") contribue à les associer, dans une démarche à la fois édifiante et pédagogique, à la contribution mémorielle de la commune. Au centre d'un espace sacré délimité par une grille de fer forgé, le monument reprend la forme classique d'un obélisque sur un piédestal de marches, mais avec des ornements qui lui font dépasser la dimension strictement funéraire. Sur la face principale sont sculptées en bas-relief une palme et une couronne de laurier, association de la gloire et de l'immortalité. Une croix de guerre, symbole militaire de la bravoure domine cet ensemble. Enfin une sculpture figurant un coq arrogant, ailes en partie déployées, bec ouvert et cou tendu coiffe l'obélisque. Ce symbole national tout en provocation exprime le ressentiment vis à vis de l'adversaire en même temps que l'idée d'une victoire, ce qui était loin d'être acquis le jour de l'armistice. Ainsi se trouve-t-on en présence d'un monument largement empreint de nationaliste voire de chauvinisme. La formule d'hommage répétée sur les quatre faces rappelle autant de fois l'expression "morts pour la patrie". Inauguré tardivement le 10 octobre 1926, il témoigne d'un état d'esprit encore très revanchard.

Maumusson (82)
Maumusson
Le cas de Maumusson est assez exceptionnel. Si l'on en croit les statistiques, la commune comptait 106 hb en 1911. Or le monument comporte dix noms, dix soldats morts pour la France. Avec ce chiffre étonnamment élevé de 9,4% de la population totale décimée, cette minuscule commune de Lomagne peut-être considérée véritablement comme martyre de la Grande Guerre. Le monument a d'ailleurs été placé au cœur du cimetière, parmi les défunts, à l'écart du bourg. Ni proche de l'église pour évoquer un quelconque secours de la religion, ni proche de la mairie pour exalter le souvenir civique du sacrifice ; la population a préféré le deuil, la peine enfouie à jamais, à distance raisonnable du quotidien. Peine juste incarnée dans une symbolique de pierre calcaire grise. Le monument n'est pas, comme c'est si souvent le cas, mis à distance de l'espace public par une grille, une chaîne ou une marche délimitant un espace sacré. Il trône là, au milieu du cimetière, au contact direct des sépultures et des visiteurs. On peut le toucher, l'observer de près. Il fait partie intégrante du monde des vivants et de celui des morts. Le monument mérite en effet plus d'attention qu'il n'y paraît. Assailli par le temps il finit pas se fondre dans le décor. Pourtant un examen attentif fait ressortir de nombreux détails. Le socle porte une base sculptée grossièrement. Au-dessus, des blocs de pierre dressés vers le ciel forment comme une corbeille. L'élément minéral, le plus inaltérable, accueille ainsi la base durable du souvenir. Il soutient un tronc d'arbre sectionné, décapité, comme les silhouettes calcinées des arbres des champs de bataille. Le règne végétal, le vivant, symbolisent ici la mort tragique. Une branche cassée porte des feuilles de chêne et quelques glands. Il s'agit bien de cet arbre si noble, si robuste, symbole traditionnellement utilisé sur les monuments aux morts pour exalter la force. Ici au contraire il est brisé, comme les destins dont il honore la mémoire. Une croix de pierre, renversée, porte l'inscription " aux morts de la Grande Guerre ". Sobre, sans peine ni ressentiment, elle marque la retenue toute paysanne du deuil de la commune. Une palme sculptée, rameau d'olivier ou de laurier, compense discrètement l'aspect funèbre du monument. Elle consacre la gloire éternelle de ces soldats. Tout en aspérité le monument évoque le souvenir rugueux, douloureux et un peu brut que la commune a voulu témoigner à ses fils. Une plaque sculptée dans le même calcaire que le reste du monument porte les noms des dix soldats sous la formule " à la mémoire de ". Il n'est pas même fait référence à l'appellation officielle " morts pour la France " comme si la population avait voulu marquer sa désapprobation vis à vis de la mémoire officielle, la jugeant peut être indécente. Tous ces détails font du monument aux morts de Maumusson un cas singulier digne d'attention.

Montauban (82)
Montauban - Stèle Indochine
Stèle en marbre gris représentant une carte de l'Indochine et portant l'inscription en lettres d'or : "Aux combattants de Tarn et Garonne morts pour la France en Indochine 1939-1956". Au pied de la stèle est inscrit : "Le 7 mai 2004 a été déposé dans cette stèle une urne contenant de la terre de DIEM BIEN PHU".

Montauban (82)
Montauban - Stèle Persécutions
Stèle en graviers cimentés portant une plaque de marbre avec l'inscription : "La République Française en hommage aux victimes des persécutions racistes et antisémites et des crimes contre l'humanité commis sous l'autorité de fait dite "Gouvernement de l'Etat Français" (1940-1944) N'oublions jamais".

Montauban (82)
Montauban - Stèle France Libre
Stèle en pierre portant l'inscription "La Flamme de la Résistance Française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas". Sur la plaque en marbre à gauche est inscrit : "Georges DELRIEU Compagnon de la Libération né à PUYLAROQUE 1919-1944" Sur la plaque en marbre à droite est inscrit : "Jean de MILLERET Compagnon de la Libération né à MONTAUBAN 1908-1980". Au pied de la stèle est inscrit : "Ce socle est constitué de galets qui ont été ramenés de l'île de Sein le 7 avril 1995 par 35 élèves de 4eme des collèges Notre-Dame et Ingres pour perpétuer le souvenir de la France Libre".

Montauban (82)
Montauban - Algerie -Tunisie - Maroc
Monument à la mémoire des combattants morts en Algérie Tunisie et Maroc surmonté d"une statue en bronze. "A nos morts Algérie Tunisie Maroc 1952-1962" En dessous est inscrit "La République Française témoigne sa reconnaissance envers les rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie pour les sacrifices qu'ils ont consentis".

Montauban (82)
Montauban - Plaque Verdun
Plaque de marbre : "Bataille de Verdun 21 Février 1916 24 Octobre 1916 Souviens-Toi !!"

Montauban (82)
Montauban - Plaque Indochine
Plaque en hommage aux militaires morts en Indochine "Aux Officiers, Sous-Officiers et militaires de tous grades de l'Armée de TERRE, de l'AVIATION de la MARINE MORTS pour la FRANCE en INDOCHINE Sept 1940 - Sept 1955 La ville de MONTAUBAN reconnaissante"

Montauban (82)
Montauban
Allégorie en bronze représentant la France aux aguets, les yeux rivés sur l'horizon. Elle écoute la voix du Serpent de la sagesse placé derrière elle. Le Droit est à ses côtés, sous la forme des Tables de la Loi, son bouclier. L'écusson qui le décore figure le combat de saint Michel contre le dragon, symbole de la victoire du bien sur le mal. Elle est devant un temple contenant l'autel des morts.

Montauban (82)
Montauban - Statue L'espoir Enchainé
Statue en pierre blanche représentant l'espoir enchainé. Au pied, une plaque de bronze porte l'inscription : "Aux Martyrs de la Déportation, internés otages et résistants 18 juin 1940 - 8 mai 1945". En dessous, sur une autre plaque plus petite est inscrit : "Aux MARTYRS TOMBES au CHAMP D'HONNEUR de la DEPORTATION 18eme anniversaire du Convoi de la Mort 2 juillet 1944 LES ANCIENS DE DACHAU A Montauban le 1er juillet 1962".

Pompignan (82)
Pompignan
Monument en marbre gris avec palme sur lequel est fixé une plaque où est inscrit la liste des défunts des conflits de 1914-1918, de 1939-1945 et d'Indochine. Le tout précédé de l'inscription : "A la mémoire des enfants de Pompignan morts pour la France". Sur une plaque plus réduite et fixée en dessous et sur la contre-marche est inscrit : "En hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d'A.F.N. (19 mars 1962)".

Saint-Sardos (82)
Saint-Sardos
Le monument aux morts a fait l'objet d'un ré-aménagement récent. La grille délimitant l'espace "sacré" a été remplacée par un dallage de pierre blanche. Il se trouve désormais devant l'école primaire, sur une grande place publique un peu à l'écart du centre du bourg. Il a été placé au cœur de la vie communale, au cœur de la collectivité villageoise pour que chacun s'associe à la douleur. Le monument se compose d'une statue en pierre blanche placée en hauteur sur un socle. Il s'agit d'un soldat fauché dans sa course et qui tombe en arrière, la tête tournée avers le ciel, le poing serré de rage ou de douleur. La représentation est réaliste tant dans la position du soldat que dans son équipement au complet (uniforme, cartouchière, besace, masque à gaz...), fusil à la main. La vision ainsi donnée du Poilu touché à mort, stoppé dans son élan, correspond bien à la réalité de ce qu'a dû être l'instant ultime de la plupart de ces soldats d'infanterie brisés dans leur jeunesse. La représentation est à la fois héroïque mais sans être triomphante. L'accent est mis sur la perte, la mort, le sacrifice dans une forme qui associe les blessés et les victimes de la guerre à ceux qui sont "morts pour la France". La formule "hommage aux enfants de Saint Sardos morts pour la France" est sobre, neutre et les noms des soldats morts au combat sont écrits sur des plaques en marbre aux quatre faces du socle, rangés par dates. Il y a 29 noms pour 1914-1918. Il est précisé aussi que le monument au mort a été inauguré le 24 avril 1921 en présence de M. Puis sous -secrétaire d'état, Zevort Préfet du Tarn et Garonne et Augé Conseiller d'arrondissement pour marquer la présence des représentants de l'Etat. Sur les 15.600F qu'a coûté le monument, les deux tiers sont couverts par une souscription publique. La plaque de l'inauguration mentionne d'ailleurs que "ce monument a été élevé par les habitants de la Commune de Saint-Sardos, le Conseil municipal et l'association des démobilisés". Cela montre à quel point ces monuments ont été érigés par les communes elles-même, sans injonction de l'Etat, modèle s'il en est de la démocratie locale.

Sérignac (82)
Sérignac
Le monument se trouve au centre du village, à coté de la salle des fêtes, sur la place qui fait face à la mairie où trônent aussi une croix de mission et une statue de la Vierge. L'hommage aux morts de la Grande Guerre rejoint ainsi les hauts lieux de la religiosité populaire au cœur même de la communauté villageoise. L'espace sacré du monument est délimité par une grille et rehaussé par deux marches pour le mettre en hauteur. Un socle à quatre piliers d'angle porte une colonne en haut de laquelle trône un coq gaulois, symbole patriotique et revanchard. Un chapiteau circulaire est orné de palmes en bas relief, symbole de l'immortalité et de la gloire. A l'avant du socle, un soldat est sculpté debout, l'arme au pied, le regard perdu vers l'horizon. Avec un grand souci de réalisme dans son expression comme dans son équipement, il rend hommage à ces jeunes hommes fauchés par la guerre. De part et d'autre du personnage le socle est orné de motifs sculptés en bas relief ; à droites feuilles de chêne et de laurier avec une croix de guerre célébrant ensemble la force, la gloire et la bravoure ; à gauche deux épées entrecroisées sur un motif de feuilles de laurier symbolisent les combats victorieux. La sobriété du personnage contraste avec cette exaltation de la victoire et du patriotisme, particulièrement avec la présence du coq. Les dix-neuf noms sont rangés par ordre alphabétique. Décidé en 1920 le monument a été achevé pour la commémoration du 11 nov. 1922

Verdun sur Garonne (82)
Verdun sur Garonne
Monument représentant un poilu montant à l'assaut.