Palmarès national 2015-2016 Regards croisés sur le CNRD

Témoignages intergénérationnels

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La Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) du ministère de la défense en partenariat avec l’éducation nationale, les fondations et acteurs impliqués dans le Concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD), souhaite vous présenter les « chevilles ouvrières » du concours : les élèves, les enseignants, les chefs d’établissement et les inspecteurs d’académie.

 

Retrouvez les témoignages et les travaux des élèves dans nos publications (revue Les chemins de la mémoire, site internet Chemins de mémoire www.cheminsdememoire.gouv.fr) et celles auxquelles nous contribuons (brochure pédagogique du CNRD notamment).

 

La DMPA souhaite que se développe ainsi une véritable « mémoire du concours », par la mise en valeur des travaux du CNRD et le recueil de témoignages des acteurs. Cette démarche est d'autant plus essentielle que les témoins directs de l'histoire sont chaque année moins nombreux.

 

La mémoire du CNRD a vocation à se développer, rayonner, pour encourager les participants au concours et mettre en lumière la richesse de ses apports.

 

Le reportage « Regards croisés sur le CNRD », réalisé par l’équipe pédagogique de la DMPA à l’occasion de la remise des prix du concours national en mars 2017, donne la parole à cinq des principaux acteurs du concours : une élève, deux enseignants, un proviseur et un inspecteur pédagogique régional.

Violette CADUDAL ILLY, élève de première au lycée Saint-Sernin de Toulouse

 

 

> Vous êtes lauréate du CNRD pour la 2ème année consécutive, expliquez-nous ce que ce concours représente à titre personnel.

 

En 2015 j'ai participé à ce concours avec ma classe de troisième dans le cadre du dossier collectif et, en parallèle, j'ai réalisé le devoir individuel. J'ai été lauréate au niveau départemental et j'ai donc participé au voyage de mémoire. Puis je me suis à nouveau présentée au concours national de la Résistance et de la Déportation en classe de seconde, en 2016, cette fois uniquement en individuel. J'ai été promue à cette occasion lauréate départementale et nationale, et j'ai de nouveau participé au voyage de mémoire. Et je compte refaire le concours cette année !

 

À titre personnel, ce concours est d'abord un moment privilégié où je me replonge dans cette période qui m'intéresse. Le concours est ainsi pour moi un moyen et non pas un but. Ce n'est pas l'écrit final en lui-même qui m'intéresse mais toute la préparation antérieure. L'heure de préparation hebdomadaire est donc comme une parenthèse historique dans ma journée.

 

Mais c'est également un moyen d'approfondir mes connaissances sur cette période trouble qu'est la Seconde Guerre mondiale et sur ce génocide incompréhensible d'êtres humains. Je refais chaque année ce concours afin de m'instruire et d'avoir les clés pour comprendre le monde passé, celui qui m'entoure, et de me préparer à l'avenir. Les différents thèmes traités chaque année permettent aussi d'aborder plusieurs facettes de l'Histoire.

 

Enfin, je considère ce concours comme un moment de communion avec tous les résistant-e-s et les déporté-e-s, et particulièrement avec Robert Carrière, ancien résistant et déporté à Buchenwald et Dora Mittelbau, qui nous ont accompagnés lors des deux voyages de mémoire. La préparation au concours est tout particulièrement émouvante car nous étudions divers témoignages et histoires. Je me sens très proche de ces femmes et hommes et je tente de comprendre leur histoire personnelle, en passant de l'Histoire à l'histoire.

 


> Pour vous qui appartenez à la « génération 2000 », en quoi est-il important que le CNRD existe en 2017 ?

 

J'appartiens à cette génération que l'on nomme « 2000 », et qui fait vivre le concours national de la Résistance et de la Déportation au cours des ans.

 

Comme souvent dit et répété, mais il est important de le souligner, le CNRD permet aux nouvelles générations de ne pas oublier ce que fut cette déshumanisation des déporté-e-s, cette horreur sans nom, ces régimes autoritaires. Mais il permet également de garder en mémoire les actes de résistance, tant politiques qu'humains. Je suis particulièrement marquée par les différents témoignages car de nombreux résistant-e-s et déporté-e-s étaient très jeunes. Conchita Ramos avait par exemple 19 ans quand elle a été arrêtée pour faits de résistance, Robert Carrière avait lui 17 ans quand il a « élevé sa conscience et fait quelque chose ». Les jeunes qui passent le concours ont donc le même âge que ces résistants. C'est donc à notre tour de nous « indigner », comme l'écrivait Stéphane Hessel. Le passé n'est en fait pas si passé que ça.

 

Je fais en outre partie de la dernière génération qui pourra être en contact avec les déporté-e-s et résistant-e-s survivants. Donc la « génération 2000 » porte dans sa mémoire le témoignage de ces hommes et femmes. Ce concours permet de rencontrer de nombreux témoins, soit encore vivants, soit par leurs écrits. Nous disposons également des supports vidéo recueillis par le Musée de la Résistance et de la Déportation. Il est donc encore temps pour écouter, regarder et retenir les récits des témoins afin d'essayer de les diffuser et de les transmettre autour de nous ainsi qu’aux prochaines générations.

 

Enfin, le CNRD au XXIe siècle est une occasion de rencontre entre des jeunes motivés et à l'écoute les uns des autres et d'eux-mêmes. Il permet ainsi de tisser des liens avec des étudiants portés par les mêmes valeurs et les mêmes intérêts. Des échanges se produisent, des avis s'échangent, des conseils littéraires se donnent. On assiste à la création de groupes soudés qui s'épaulent et recherchent ensemble. Le CNRD crée donc la possibilité de regroupements et de reconnaissance entre lycéens et collégiens.

 

Finalement, si le CNRD existe encore en 2017, c'est notamment grâce aux jeunes qui le font vivre en participant et en s'engageant.

 

 

> Quels enseignements avez-vous tiré de vos participations au CNRD ?

 

J'ai premièrement tiré un enseignement théorique de ce concours, de par les recherches et le suivi de Mme Boudjahlat et de Mme Alzieu qui font la préparation au concours. J'ai donc rencontré, par textes interposés, de nombreux témoins de cette période. J'ai lu leurs écrits, regardé leurs dessins, écouté leurs poèmes. J'ai appris des dates, des noms, des lieux, des chiffres, mais j'ai surtout appris l'humain. J'ai participé aux trois thèmes du CNRD, en 2015 (La libération des camps, le retour des déportés et la découverte de l'univers concentrationnaire), en 2016 (Résister par l'art et la littérature) et enfin en 2017 (La négation de l'homme dans l'univers concentrationnaire nazi). Ces trois thèmes m'ont permis d'aborder des thématiques très différentes et complémentaires qui m'ont beaucoup apporté.

 

Mais si ce concours est très important pour moi, c'est surtout à travers le voyage de mémoire qu'il s'exprime vraiment. La découverte sensitive des restes des camps de concentration est éprouvante, et être accompagnée d'un ancien déporté l'est encore plus. Robert est pour moi un homme marquant et marqué. Son témoignage est essentiel et je ne l'oublierai jamais. Je suis d'autant plus réceptive à son discours que nous sommes nés le même jour, le 2 novembre, à 75 ans d'écart.

 

J'ai finalement compris la force d'un groupe soudé et uni. Je tiens ici à remercier Alice, Amandine, Carla, Guilhem, Julie, Anne, Julie, Laure, Luc, Margot, Mathilde, Mélissa, Nicolas, Nina, Pauline, Victor, Anaëlle, Anne, Clara, Danka, Emeline, Eva, Faustine, Guéhane, Léa, Lila, Louise, Ludivine, Marjolaine, Maud, Thomas, Yazid et tous les autres avec qui j'ai partagé ces voyages émouvants, passionnants et bouleversants. Je tiens à rester en contact avec tous ces  lauréats le plus longtemps possible. La Résistance et la Déportation n'ont jamais été des actes solitaires : les résistant-e-s s'organisaient par groupe et les déporté-e-s se soutenaient mutuellement. De même, marcher sur leurs pas nécessite un accompagnement par les professeurs, les personnels du musée de la Résistance, et aussi un réconfort par les autres étudiants.

 

Le CNRD m'a donc enseigné l'Histoire, l'histoire de ces femmes et hommes, et mon histoire.

 

 

Dominique Chassain, professeur de lettres, Nadine Motard, professeur d’histoire-géographie au collège Rabelais de Niort

 

 

> Pour quelles raisons avez-vous choisi de participer au CNRD ?

 

Nous avions la volonté de mener un projet interdisciplinaire permettant d’interroger la notion d’engagement en croisant l’histoire, l’histoire des arts, la littérature, chaque discipline apportant son éclairage. Participer au CNRD dont le thème était « Résister par l’art et la littérature » s’est imposé comme une évidence. Les élèves allaient ainsi pouvoir découvrir que la Résistance s’est faite aussi par les armes de l’esprit et que les artistes, les écrivains, célèbres ou anonymes, ont défendu les valeurs humanistes de la culture française. C’était aussi l’occasion de leur faire découvrir un patrimoine littéraire et artistique d’une grande richesse et variété.


> Quel a été votre rôle en tant qu’enseignant dans la préparation du concours ?

 

Tout d’abord, cela nous a demandé un travail important en amont pour sélectionner des artistes et des documents, construire des outils qui allaient permettre de guider les élèves dans leur démarche.

 

Notre rôle face à eux a été essentiellement de les accompagner dans ce travail tout en leur apprenant l’autonomie. À cela, s’ajoutait l’apprentissage de la gestion du temps puisqu’il y avait une date butoir pour rendre leur production.

 


> La réalisation de ce travail collectif a-t-elle eu un impact sur la vie de la classe ?

 

Oui bien évidemment. Comme dans tout travail collectif, il a permis d’améliorer « le vivre ensemble » dans la mesure où les élèves ont construit des compétences liées à l’attitude et au comportement. Ils ont appris à développer des collaborations, des coopérations et des solidarités nécessaires à la réalisation d’une production commune. Car même si chaque élève avait des tâches précises à réaliser, s’il était responsable de sa production, il a dû interagir avec les autres pour que notre réalisation - un abécédaire - soit cohérente dans son contenu et dans sa forme. Etablir la charte graphique et assembler les différents éléments de ce livre « animé » les ont amenés à argumenter, à défendre une idée tout en acceptant celle d’autrui, à s’écouter, négocier, concéder. Alors, bien évidemment, le degré d’implication individuel a été inégal. Mais au final, tous les élèves ont construit des compétences intellectuelles qui leur ont permis de s’inscrire dans une démarche citoyenne. À l’issue de ce concours, quatre élèves se sont portés spontanément volontaires pour participer aux commémorations du 8 mai.

 

Tous ont été particulièrement heureux d’être reçus à la préfecture de Niort pour leur prix académique et regrettent que ce ne soit pas le cas pour le prix national.

 

 

Didier Drusch  -  proviseur du lycée professionnel Sophie Germain de Thionville

 

 

> Que représente le CNRD dans la vie de votre établissement ?

 

Le CNRD et, plus généralement, le devoir de mémoire, sont une préoccupation constante au sein du lycée Sophie Germain. Situé en Lorraine, terre fortement marquée par les deux derniers conflits mondiaux, le lycée a la possibilité de faire découvrir des lieux emblématiques de ces guerres dans un environnement proche. L’histoire locale rencontre la grande Histoire sur les sites et dans les témoignages toujours vivants de ceux qui ont vécu ces drames.

 

C’est pourquoi, depuis le début des années 1990, un partenariat existe entre le « Souvenir Français » de Thionville et le lycée Sophie Germain. Ce partenariat prend la forme d’actions régulières impliquant les élèves lors de la cérémonie du 11 novembre. Depuis la cérémonie de passation d’octobre 2016, un des élèves du lycée Sophie Germain est officiellement le porte drapeau de l’association. Il symbolise la transmission et le maintien du souvenir auprès des jeunes générations. Depuis 2007, c’est un nouveau projet qui émerge chaque année dans le cadre de ce partenariat : résister dans les camps nazis, la libération des camps, quel sort pour les déportés ?....

 

C’est donc tout naturellement que le thème du concours national de la Résistance et de la Déportation trouve sa place dans les actions du lycée. À son annonce, une enseignante de lettres-histoire, Madame Steinmetz, s’en est saisie. Son histoire personnelle la rend tout particulièrement sensible à la nécessité d’entretenir cette mémoire. Elle est en effet petite-fille de déporté et, à ce titre, est active dans le milieu associatif local du Souvenir Français. Elle engage avec elle toute une équipe d’enseignants très impliqués qui se mobilisent alors, nouvelles forces vives dans ce projet.

 


> Quel regard portez-vous sur les lauréats ?

 

L’établissement est un lycée professionnel où l’ambition première est de former les élèves en vue d’une insertion professionnelle rapide, tout en leur permettant de construire le parcours citoyen. Notre public d’élèves est spontané, créatif mais aussi attentif aux remarques et aux conseils des enseignants lorsqu’il est canalisé. Les lauréats du concours sont issus d’une classe de première bac professionnel commerce. L’enseignante qui a pris en charge ce projet a opéré le choix de la classe avec laquelle elle allait travailler. Un des paramètres de ce choix a été la motivation témoignée par les élèves et leur capacité à appréhender un thème difficile et ambitieux. Celui-ci a été traité dans le cadre d’un accompagnement personnalisé car il n’appartient pas aux programmes en vigueur à ce niveau d’études.

 

C’est sur la mutualisation, les interactions et inévitablement un tri dans ce foisonnement d’idées que s’est construit le travail réalisé. Ceci justifie le choix du travail de groupe. Les lauréats se sont investis dans la tâche à des degrés divers, chacun trouvant matière à progresser dans son parcours citoyen. Au final, ce projet a constitué un véritable challenge qui s’est concrétisé de manière remarquable. Au-delà de la réussite de cette classe, c’est toute l’image du lycée professionnel qui se trouve valorisée.

 


> Selon vous, quelles qualités et quelles compétences ont été mises en œuvre pour faire de cette participation au concours une si belle réussite ?

 

La réussite au concours est le résultat de contributions diverses qui, mises en synergie, ont permis à nos jeunes lycéens d’obtenir une récompense nationale. Je peux ainsi citer :

 

une équipe de direction attentive au projet et à sa réalisation ;

 

un travail collaboratif avec à sa tête une enseignante très impliquée, motivée, volontaire qui a su fédérer d’autres personnels et, parmi eux, la professeur documentaliste ;

 

une visite et un travail de recherche dans les archives du musée « Association pour la Conservation de la Mémoire de la Moselle » (AS.CO.M.E.MO.) à Hagondange. Ce musée a pour vocation de maintenir à l’esprit des citoyens et, surtout, des jeunes générations, le souvenir des sacrifices de la population mosellane de septembre 1939 à mai 1945. Il rappelle l’histoire de la Moselle annexée durant la Seconde Guerre mondiale et propose aux chercheurs et aux lycéens un fonds documentaire important. Le sérieux et la qualité globale du travail fourni par les élèves témoignent d’une maturité inattendue dans ce domaine. Je pense que ces « jeunes » ont fortement progressé dans la construction de leur parcours citoyen. Ils ont amené leur enseignante à se dépasser et à associer à la classe les compétences de l’ « informaticienne » de l’établissement dans la réalisation du « produit fini ».

 

La récompense aujourd’hui obtenue, au-delà du mérite de la classe concernée, est le fruit du dynamisme de l’établissement et de sa capacité à promouvoir ses élèves.

 

 

Rachid Azzouz, IA-IPR d’histoire-géographie de l’académie de Paris

 

 

> En tant que représentant du Recteur, quel est votre rôle dans le CNRD ?

 

Les Recteurs de Paris François Weil et Gilles Pécout ont souhaité que le concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD) s’adresse à tous les élèves de l’académie : de la classe de troisième aux terminales des lycées généraux, professionnels et technologiques sans oublier les CFA. Le recteur Gilles Pécout préside le concours, il est représenté par deux inspecteurs : R. Azzouz, IA-IPR d’histoire-géographie et C. Glaymann, IEN-ET EG lettres-histoire-géographie.

 

Le pilotage du CNRD nécessite de l’anticipation, de l’écoute et de l’inventivité. Au-delà de la gestion des candidatures désormais totalement dématérialisées grâce à une application informatique, notre rôle consiste à informer et accompagner les enseignants, élaborer les sujets et assurer la délibération du jury, organiser la remise des prix et valoriser le travail des élèves.

 

L’information des enseignants dès le début de l’année scolaire constitue un moment crucial. La circulaire académique adressée à tous les établissements rappelle les modalités de participation, le calendrier de l’année et incite les enseignants à s’engager dans une approche pluridisciplinaire. Nous rappelons aux professeurs qu’ils peuvent prendre appui sur les EPI au collège ou les TPE au lycée.

 

L’accompagnement des enseignants. Dès le mois d’octobre, Christine Levisse-Touzé, historienne et conservatrice du musée du Général-Leclerc-de-Hauteclocque-et-de-la-Libération-de-Paris-musée Jean-Moulin, partenaire du concours dans l’académie de Paris, assure une présentation du thème de l’année. Ce moment constitue une occasion unique car il permet à des jeunes générations de rencontrer des témoins comme A. Bessière, R. Esrail, J. Fleury, P. Morel, etc. Vers le mois de novembre, une autre réunion à destination uniquement des enseignants est organisée. Elle associe d’autres partenaires comme le mémorial de la Shoah ou l’INA. Elle consiste en une mise au point scientifique et à la proposition de pistes de réflexion. Nous rappelons aux professeurs que le jury n’attend pas nécessairement des productions académiques dans les travaux collectifs et qu’il convient de ne pas brider la créativité des élèves.

 

La délibération du jury. Face à la forte hausse des candidatures au cours de ces dernières années, le jury de l’académie de Paris s’est étoffé puisqu’il se compose désormais de 46 membres avec des profils variés : anciens Résistants et Déportés, enseignants de différentes disciplines, des chefs d’établissement ; des représentants d’institutions (mémorial de la Shoah, fondation Leclerc, France Télévisions, INA, ONACVG, musée du Général-Leclerc-de-Hauteclocque-et-de-la-Libération-de-Paris-musée Jean-Moulin, la France libre et l’Historial de Gaulle). Cette diversité est très enrichissante, elle permet de croiser les regards sur les travaux proposés.

 

La cérémonie de remise des prix et la valorisation du travail des élèves. Tous les établissements qui ont participé au concours reçoivent un diplôme signé par le Recteur qui atteste de leur participation. Au-delà de l’aspect symbolique, ce document constitue une marque de reconnaissance du jury envers des élèves qui ont fait montre d’une forte implication. Lors de la cérémonie de remise des prix aux lauréats, présidée par le Recteur de Paris, quelques productions d’élèves sont présentées et le premier prix est souvent remis par un grand témoin. En juin 2015, R. Badinter s’est prêté à cet exercice après un discours inoubliable. Chaque lauréat est appelé individuellement et reçoit un diplôme nominatif. C’est aussi l’occasion pour le Recteur de remercier les professeurs de leur implication et de reconnaître le travail remarquable réalisé avec les élèves.

 


> Quelle utilité revêt selon vous le CNRD aujourd’hui ?

 

Le CNRD contribue à la formation intellectuelle, citoyenne des élèves mais aussi à la promotion de la culture de l’engagement.

 

La formation intellectuelle. La participation à ce concours permet de fédérer la classe autour du thème annuel comme l’a bien montré le film Les Héritiers sorti en 2014. Il permet aux élèves d’échanger sur un  temps plus long avec leurs camarades et leur professeur sur les grands textes ou œuvres artistiques de G. Tillion, E. Thomas, G. de Gaulle-Anthonioz, R. Char, R. Desnos, P. Éluard, P. Lévi, E. Wiesel, I. Kertész, B. Taslitzky, D. Olère, etc. C’est aussi une occasion de faire œuvre d’historien en travaillant sur les archives notamment audiovisuelles mises en ligne par l’INA.

 

La formation citoyenne et la promotion de l’engagement. La dimension civique de ce concours est indéniable. Le CNRD s’inscrit dans le parcours citoyen de l’élève. Plus qu’un simple concours «académique», cet événement est un trait d’union entre les générations, entre le passé et l’avenir de notre pays. Il vise à transmettre aux jeunes générations l'histoire et la mémoire de la Résistance et de la Déportation. Ce concours permet aux jeunes collégiens et collégiennes, lycéens et lycéennes d’emprunter chaque année les sentiers de la mémoire et de l’histoire. Il constitue, pour les jeunes générations de notre pays, une occasion unique de réfléchir sur le sens de l’engagement et du sacrifice individuel en faveur de la liberté, de la justice et de l’ensemble des idéaux démocratiques et républicains qui sont les nôtres.

 

Le CNRD constitue incontestablement un moment important de la vie scolaire des élèves. Le Président de la République François Hollande, le 8 mai 2015 à l’Élysée lors de la remise des prix aux lauréats nationaux du CNRD, rappelait avec force la dimension civique de ce concours qui : «ravive chaque année la flamme, la flamme de l’engagement, la flamme de la liberté, la flamme du progrès à travers la jeunesse qui s’engage.»

 

Pour conclure, nous reprendrons une citation de la grande résistante Lucie Aubrac, qui n’a jamais ménagé sa peine pour aller témoigner devant les élèves : « Le verbe Résister se conjugue toujours au présent ».

 


> Quelles sont les actions conduites dans l’académie de Paris pour encourager les participations au CNRD ?

 

Les actions conduites dans l’académie de Paris pour encourager les participations sont variées. L’information des chefs d’établissement est essentielle car ils jouent un rôle fondamental pour mobiliser les équipes dans les établissements.

 

Dans la lettre de rentrée adressée à tous les enseignants par les deux représentants du Recteur, le thème du concours est rappelé. Lors de nos visites dans les établissements, nous abordons systématiquement le CNRD.

 

Nous avons surtout souhaité démythifier le mot « concours » en rappelant que tous les élèves peuvent être candidats et que leur participation fait sens. Le jury s’efforce de valoriser le travail de tous les élèves. La diversité du palmarès adresse un signal fort aux enseignants. Enfin, la cérémonie de remise des prix aux lauréats constitue une sorte de « vitrine » du concours. Elle valorise les élèves et les professeurs.

 

 

Propos recueillis par l'équipe de rédaction du bureau des actions pédagogiques et de l'information (BAPI) de la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) du Ministère de la défense à l’occasion de la remise des prix aux lauréats du Concours National de la Résistance et de la Déportation.

 

Contact mail : dmpa-bapi.chemins.fct@intradef.gouv.fr