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La nécropole nationale de Betz

Nécropole nationale de Betz. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Betz

 

Située à quelques kilomètres d’Acy-le-Multien, la nécropole nationale de Betz-Montrolles regroupe les corps de 44 soldats morts pour la France, dont 21 sont inhumés en ossuaire. Les autres combattants, pour la plupart décédés lors de la bataille du Matz (juin 1918) rapatriés à l'ambulance 5/1 de Betz, reposent en tombes individuelles. Ce lieu de mémoire est caractéristique des cimetières militaires du début de la Première Guerre mondiale. En effet, à cette époque, les hommes de troupe sont généralement inhumés en fosse collective. Ce principe subsiste jusqu'en 1915, mais le recours aux tombes individuelles se généralise pour tous les combattants. La loi du 29 décembre 1915 accorde aux soldats morts pour la France le droit à être inhumé en sépulture individuelle.

Rappelant l’engagement des soldats de l'Armée de Paris engagés sur les champs de bataille de l'Ourcq, un monument-ossuaire conserve ainsi les restes mortels de combattants tués entre le 7 et le 9 septembre dans les environs du Bois de Montrolles. Beaucoup de ses hommes étaient originaires de Bretagne.

 

La bataille de l’Ourcq, 5-9 septembre 1914

Le 25 août 1914, ne pouvant stopper la progression des armées allemandes, le général Joffre ordonne le repli des troupes françaises sur une nouvelle ligne de résistance. Près de 500 000 hommes entament un mouvement rétrograde sur une nouvelle ligne allant de Verdun à la Manche. Son objectif est de couper la marche des Allemands pour les repousser plus au nord. Il crée à cette occasion la 6e armée dont le commandement est confié au général Maunoury. Stationnés dans la région de Meaux-Senlis, ces hommes sont chargés de défendre Paris.

Cette opération, prélude du mouvement offensif allié sur la Marne, vise à attaquer le flanc droit découvert de la Ière armée allemande. Le 5 septembre, l’armée Maunoury est au contact de l’ennemi. Dans la vallée de l’Ourcq, chacun des belligérants s'attachent à conquérir les collines car leur contrôle facilite l'observation des mouvements ennemis et le déploiement de l'artillerie. Français et Allemands s'accrochent à leurs positions, notamment sur la ligne de crête située entre Penchard, Monthyon et Montgé-en-Goële. Du côté français, malgré les assauts répétés et l'emploi massif des canons de 75 mm, le sort de la bataille reste indécis.

Pour soutenir au nord de la bataille, l'aile gauche française en difficulté, dans la nuit du 7 au 8 septembre dans la région de Nanteuil-le-Haudoin - Betz, 630 taxis parisiens réquisitionnés par le général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, gagnent Nanteuil-le-Haudouin. Près de 4 000 hommes sont ainsi transportés, créant ainsi le mythe des « Taxis de la Marne ».

Après avoir été traversé par les Anglais fuyant l’avancée de l’ennemi, le village de Betz est au cœur de la bataille. Le 5, les premiers combats se déroulent dans la région. Le 8, au soir, après avoir franchi l’Ourcq, les Allemands tiennent le bois de Montrolles. Grâce aux renforts acheminés par les Taxis de la Marne, les Français attaquent au sud, mais l’ennemi réplique, au nord, en vue d’envelopper les Français. Les combats sont acharnés au bois de Montrolles. Malgré d’importants efforts, les Bretons du 219e, 264e, 316e et 318e régiment d’infanterie (RI) se replient sur Villers-St-Genest et Nanteuil-le-Haudouin. Les combats se poursuivent, au cours desquels disparait le capitaine François Dupont. Né à La Rouxière (44), cet officier du 316e RI repose à Betz, en tombe individuelle. Toutefois, contenus en d’autres secteurs du front, les Allemands abandonnent rapidement le village de Betz, détruit partiellement au terme de huit jours d’occupation.

Sur le reste du front, les Français font volte-face sur la Marne et cherchent à contenir, aux côtés des Britanniques du Corps expéditionnaire, les coups de boutoirs de l’armée allemande. Le mouvement ennemi s'infléchit et le 9, il est contenu en Champagne, notamment dans les Marais de Saint-Gond. Le 10, le général Maunoury relance son offensive. Sur l'Ourcq, le front est rompu. Menacé et risquant d'être coupés de leurs arrières, les Allemands se replient, sur l'Aisne, sur des positions précédemment fortifiées.

Du 5 au 12 septembre, la bataille de la Marne et plus particulièrement la bataille de l’Ourcq, permet de redresser une situation militaire gravement compromise et d’arrêter le plan allemand d’invasion de la France. Paris est sauvée au prix de terribles pertes. 250 000 Français meurent au cours des mois d’août et septembre 1914. Les armées britanniques et françaises, épuisées, ne trouvent pas la force de repousser l’envahisseur au-delà des frontières. Dans un ultime effort, chacun des belligérants se lance dans une course effrénée vers la mer afin de prendre l’armée adverse à revers. Sans succès, ils s’échouent sur les rivages de la Mer du Nord. Le 15 novembre 1914 le front se stabilise définitivement, la guerre de mouvement va faire place à la guerre de position. L'espoir dans chaque camp d'une victoire éclair est désormais perdu. Les armées vont entrer dans la guerre des tranchées et s'enterrer durant 4 ans.

 

  • Nécropole nationale de Betz. © ECPAD

  • Nécropole nationale de Betz. © ECPAD

  • Nécropole nationale de Betz. © ECPAD

  • Nécropole nationale de Betz. © ECPAD

  • Soldats français déployés dans un champ, été 1914. © Collection particulière - FBN  - DR

  • Ruines de la ferme de la grande rue à Betz, septembre 1914. © Collection particulière - FBN  - DR

  • Panorama de la zone des combats à Betz, septembre 1916. © Collections BDIC

  • Ruines de l'hôtel du Cheval Blanc à Betz, 1916. © Collections BDIC

  • Monument érigé à Betz et dédié aux morts de la bataille de la Marne, septembre 1916. © Collections BDIC

  • Exhumation d'une tombe collective dans le secteur de Barcy. © Collection particulière - FBN  - DR

  • Déploiement d'un char d'assaut Saint-Chamont à Betz, juin 1918. © Collections BDIC

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    Betz
    Au sud-ouest de Villers-Cotterêts, D 332

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