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Seconde Guerre mondiale : 80e anniversaire de l’année 1942

Le débarquement dans la région d'Oran lors de l'opération "Torch". Les soldats gagnent le rivage.
© Service historique de la Défense, Vincennes
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L’année 1941 est marquée par une mondialisation du conflit. En effet, l’Allemagne nazie envahit l’URSS, tandis que les Japonais attaquent Pearl Harbor et provoquent l’entrée en guerre des Etats-Unis.
Pour la France, 1941 voit la reprise des hostilités par les troupes ralliées au général de Gaulle en Afrique et au Levant. Dans une autre partie du globe, les forces françaises libres rallient l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Enfin, et sur le sol métropolitain, la Résistance se développe, mais manque encore d’organisation.

 

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Paris. "Les Parisiens ont appris par la voix de la radio et la presse du soir l'agression américaine contre l'Afrique du Nord". (Légende d'époque). 09/11/1942
Sipho SA Bruxelles. ©Service historique de la Défense, Vincennes

 

L’année 1942 marque le début des défaites des forces de l’Axe, jusqu’alors dominatrices sur tous les fronts. Dans le Pacifique, les Américains stoppent l’expansion japonaise à la bataille de Midway puis à celle de Guadalcanal.

En Egypte, sur le front oriental, les troupes britanniques remportent la victoire d’El Alamein, tandis que les armées allemandes et italiennes battent en retraite en Libye.
Dans le même temps, les troupes américaines et les FFL débarquent en Afrique du Nord ; c’est l’opération Torch. En représailles, l’Allemagne franchit la ligne de démarcation en France et envahit la zone libre.

Sur le front de l’Est, la bataille de Stalingrad s’engage et prendra fin au début de l’année 1943 par une défaite pour le IIIe Reich.


 

Un cadre chronologique


 

Des articles scientifiques de Chemins de mémoire pour documenter et comprendre les grands événements de l’année 1942

 

Les opérations militaires

Depuis le mois de juillet 1941, Staline demande aux alliés d’ouvrir un front à l’Ouest afin de soulager les armées soviétiques. Mais Roosevelt et Churchill ne s’accordent pas sur le sujet.

La France Libre, elle, a déjà commencé à exploiter le potentiel de son Empire colonial dès la fin août 1940.
En 1942, les forces françaises vont avoir l’occasion de s’illustrer. Sur l’ordre du généralissime anglais Auchinleck, la 1ère brigade du général Koenig se met en mouvement. Elle va relever ses alliés britanniques en s’installant à Bir Hakeim le 14 février 1942. 

 

La bataille de Bir Hakeim
 

Visionner un film sur l'événement !
 

Grâce à la résistance française à Bir Hakeim, la 8e armée britannique a pu se retirer en bon ordre. Mais l’Afrika Korps commandé par Rommel avance toujours. Le 31 août, leur marche est enfin stoppée et permet à l’armée britannique de se renforcer jusqu’en octobre. L’affrontement majeur entre les alliés et les forces de l’Axe à lieu à El Alamein.

Bataille de Bir Hakeim

1942. Bir Hacheim. Tranchée du B.M.2. © ECPAD – Collection SAINT-HILLIER

 

 

La bataille d’El Alamein

Au cours de ces deux batailles les Français ont pu s’illustrer, et notamment la première division française libre (DFL). Créée officiellement en 1942, elle pouvait compter sur des hommes qui n’avaient jamais cessé le combat depuis le début de guerre et qui s’étaient ralliés à de Gaulle avec enthousiasme.

 

Bataille d'El Alamein

Une colonne de prisonniers britanniques. © Photographe inconnu/ECPAD/Défense

 

Bataille d'El Alamein

Le Generalfeldmarschall Rommel donne ses ordres à des officiers. © Photographe inconnu/ECPAD/Défense

 

Retrouvez une synthèse de la situation militaire du front oriental avec notre article « Libye – Egypte (1941-1943) »

 

Constatant le recul des forces et l’Axe et le potentiel stratégique de ce nouveau front, les alliés se mettent finalement d’accord pour faire débarquer des soldats en Afrique du Nord. Le 8 novembre 1942, 100 000 hommes prennent pied en Algérie et au Maroc malgré l’opposition vichyste mais grâce à l’action des résistants français sur place.

 

Opération "Torch"

Tract diffusé par avion par les Américains avant le débarquement en Afrique du Nord.
Sans mention de droits. ©Service historique de la Défense, Vincennes

 

Opération « Torch », les débarquements alliés en Afrique du Nord

 

Opération "Torch"

Opération "Torch".  , Les premiers contingents américains  défilent dans les rues d'Oran après le débarquement. 10/11/1942
Sans mention de droits. ©Service historique de la Défense, Vincennes

 

A la suite de ces débarquements, l’Allemagne et l’Italie envoient des renforts en Tunisie. La conservation du bassin méditerranéen est pour eux primordiale car elle permettrait de contrer ou de retarder les attaques alliées vers l’Europe.

 

Les débarquements alliés en Algérie et au Maroc. © Ministère de la défense/SGA/DMPA/Joëlle Rosello

 

Opération "Torch"

Défilé des troupes américaines à Oran. Aux sons de la musique militaire, leurs étendards claquant au vent, des troupes américaines défilent le long de la rue principale d'Oran tandis que les Algériens marchent à leur côtés ou les regardent du haut de leurs balcons.
Centre culturel américain, reproduction autorisée. ©Service historique de la Défense, Vincennes

 

La campagne de Tunisie (1er décembre 1942 – 13 mai 1943)

>Artillerie lourde camouflée en position de tir, offensive de Zaghouan, mai 1943 © ECPAD

 

Des français sur le front de l’Est

Soucieux de voir la France Libre sur tous les fronts, le général de Gaulle songe à envoyer une unité combattante aux soviétiques. Un groupe de chasse prenant le nom de « Normandie » voit le jour le 1er septembre 1942. Deux mois plus tard, les soixante volontaires du groupe, pilotes et mécaniciens, rejoignent leur nouvelle destination ; Ivanovo, une base aérienne située à 250 km au Nord-Est de Moscou.

Polotniani-Zavod, premier terrain de guerre du "Normandie", 22 mars 1943
Polotniani-Zavod, premier terrain de guerre du "Normandie", 22 mars 1943. Source : Collection du musée de l'Ordre de la Libération

 

L’opération « Jubilee » : une tentative de débarquement sur le sol français

Ouvrir un front à l’Ouest, tel est l’objectif des alliés en cette année 1942. Si les combats au Moyen-Orient et le débarquement en Afrique du Nord ont été un succès, une autre tentative a eu lieu auparavant à Dieppe sur les côtes françaises.

En 1942, l’état des forces ne permet pas encore un débarquement majeur. Mais les Alliés envisagent une première opération de grande envergure afin de tester le système de défense allemand. L’opération « Jubilee » a pour double objectif la destruction des défenses côtières et d’un maximum d’infrastructures stratégiques : aérodrome, station radar, centrale électrique, etc.

Ce débarquement conforte les allemands dans leur idée que les alliés tenteront de débarquer sur les côtes du nord de la France. Hitler intensifie donc la construction du mur de l’Atlantique.

Opération "Jubilée"
Pas de légende. Photographie issue du reportage « A Dieppe, à l'issue de l'opération "Jubilee" durant laquelle des troupes anglo-canadiennes ont débarqué.»
© Photographe inconnu/ECPAD/Défense
 

Rapatriement de blessés à bord d'un navire allié au large de Dieppe. Source : Collection DMPA
 
Opération "Jubilée"
Pas de légende. Photographie issue du reportage « Portraits de prisonniers britanniques et canadiens capturés lors de l'opération "Jubilée" qui se déroule dans Dieppe et sa banlieue dans la matinée du mercredi 19 août 1942. »
© Photographe inconnu/ECPAD/Défense

 


 

Le développement des mouvements et réseaux de Résistance

Le 1er janvier 1942 est marqué par l’arrivée en France de Jean Moulin. Représentant personnel du général de Gaulle, il est parachuté dans le sud du pays avec pour mission de rallier et d’unir les principaux mouvements de résistance.

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Portrait de Jean Moulin avant la guerre.
Mademoiselle Laure Moulin. ©Service historique de la Défense, Vincennes

 

Si la Résistance continue à se développer, elle est aussi freinée par un système de répression allemand efficace. Au mois de septembre, 116 otages sont fusillés au Mont-Valérien (Suresnes) et au camp de Souge (Bordeaux). De toute l’Occupation, c’est la plus importante exécution qui a eu lieu. 

La Résistance française se traduit au travers de différentes actions. Certains décident de prendre les armes (attentats, sabotages, etc), quand d’autres préfèrent des méthodes plus pacifiques. C’est le cas de Jean Bruller, alias Vercors. Le 20 février 1942 paraît sa célèbre nouvelle intitulée « Le silence de la mer ».

 

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La résistance. La presse clandestine. "Vercors", Jean Bruller, auteur du "Silence de la mer".
Sans mention de droits. ©Service historique de la Défense, Vincennes

 

En Allemagne, la Résistance s’organise également. Dès l’été 1942, un groupe d’étudiants de l’université de Munich diffuse des tracts dénonçant le régime hitlérien sous le nom de la « Rose blanche ».

 

Sophie Scholl. Source : Gedenkstätte Deutscher Widerstand Berlin

 


 

Le renforcement des persécutions antisémites

Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee définit les modalités d’application de « la solution finale de la question juive » pour toute l’Europe.

La France vichyste prend part à cette persécution. Ainsi, dès le 27 mars 1942, un convoi de Juifs français part vers Auschwitz. Il est premier des 74 convois en direction de ce camp d’extermination.

 

Wannsee - 1982. Source : MINDEF/SGA/DMPA

 

Le 7 juin 1942, en zone occupée, le port de l’étoile jaune devient obligatoire pour les juifs de plus de 6 ans.
Les 16 et 17 juillet, une des plus grandes rafles de France a lieu. Environ 13 152 personnes sont arrêtées par 4500 policiers parisiens et entassés dans le Vel d’Hiv (vélodrome d’hiver). Ils sont ensuite déportés à Auschwitz, où la majorité est gazée dès l’arrivée.

Différentes catégories de déportés.

Un peu plus tard, le 26 août 1942, la première rafle en zone sud a lieu alors qu’elle est encore sous contrôle français.

Rafle de Juifs à Paris. Source : DR

 


 

Les lieux de mémoire en lien avec l’année 1942 

 

 

 

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Les manifestations et commémorations

  • Programme du colloque Bir Hakeim organisé par la Fondation de la France Libre.
    Mercredi 23 et jeudi 24 novembre 2022. Auditorium Austerlitz, au Musée de l’Armée, à l’Hôtel national des Invalides.

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Retrouvez tous les événements grâce à une carte interactive

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