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Le carnet d’étranger de Mata Hari

© Ministère des Armées - Mémoire des Hommes

Il y a 105 ans, le 15 octobre 1917, Mata Hari est fusillée au petit matin, à Vincennes, après un procès l’ayant déclarée coupable d’espionnage.

Margaretha Geertruida Zelle, de son vrai nom, est née en 1876 en Hollande. A 19 ans, elle se marie avec un officier de la marine néerlandaise, le capitaine Mc Leod, et le suit sur l’Île de Java, où il est affecté. Après son divorce et son retour en Europe en 1903, c’est sous le pseudonyme de Mata Hari (« L'œil du jour » en malais), qu’elle propose des spectacles mêlant danse orientale et effeuillage. Son succès rapide et retentissant lui permet de se produire dans toute l'Europe, de s'enrichir considérablement en un temps record, mais aussi de fréquenter nombre d'artistes, banquiers et officiers de toutes nationalités.

Mais la guerre survient et les contrats se raréfient. Pour autant, Mata Hari ne modifie pas son train de vie. A Paris, elle continue de fréquenter de nombreux officiers dans les hôtels de luxe où elle vit. C’est là qu’elle va rencontrer Vadime de Massloff, un jeune officier russe employé par l’armée française, dont elle va tomber éperdument amoureuse et pour qui elle va prendre tous les risques.
 

Le carnet d’étranger, c’est-à-dire une pièce d’identité délivrée en France pour les ressortissants d’autre pays, présenté ici, fait partie des objets saisis dans la chambre d’hôtel de Mata Hari lors de son arrestation le 13 février 1917.

 

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© Ministère des Armées - Mémoire des Hommes


A cette date, Mata Hari, cosmopolite et polyglotte, a déjà accepté de fournir des renseignements à l’Allemagne et à la France, y voyant un moyen de continuer à gagner sa vie. Mais c’est sa demande, à l’été 1916, d’un laissez-passer pour se rendre à Vittel, sur le front où Vadime a été blessé, qui précipite sa chute.
Les soupçons des services de renseignements français se précisent, ils la font suivre par deux inspecteurs de police qui relatent ses faits et gestes quotidiens, jusqu’à son arrestation puis son procès en juillet 1917, qui la jugera coupable d’intelligence avec l’ennemi.

Dans ce simple document d’identité, on peut déjà se faire une idée de la personnalité de Mata Hari : une femme élégante qui pose avec son chapeau, « artiste danseuse » ; un métier qui lui permet de vivre libre et sans avoir besoin d’être en ménage, ce qui était rare pour une femme à l’époque, mais aussi une personne prête à prendre tous les risques par amour, jusqu’à aller se présenter dans des bureaux militaires, qui l’avaient déjà en ligne de mire, pour tenter de rejoindre son bien-aimé sur le front.

 

Pour en savoir plus :

  • Accédez à son dossier de justice (cotes GR 9 J 1231, GR 9 J 873-7 et GR 9 J 1201-3 en ligne sur le site Mémoire des Hommes, au nom de ZELLE dans les dossiers des fusillés de la 1re Guerre mondiale.
     
  • Consultez la page lui étant consacrée sur le site du Service historique de la Défense.