Chapitre 1 : La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Visites

Musée de l’Armée (Paris)

Musée de l’Artillerie (Draguignan)

Musée du Génie (Angers)

Au Musée de la Marine (Paris)

Au musée Fesch (Ajaccio)

Au Musée de la Révolution française (Vizille)

 

Images et objets

Au Musée de l’Armée (Paris)

 

Documents iconographiques

 

Bibliographie indicative

Un ouvrage classique :

  • Jean-Paul Bertaud et Daniel Reichel (dir.), L’Armée et la guerre, Paris, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), coll. « Atlas de la Révolution française » (n°3), 1989.

Plus contesté sur l’usage d’un concept comme celui de guerre totale :

  • David Bell, La Première Guerre totale. L’Europe de Napoléon et la naissance de la guerre moderne, Seyssel, Champ Vallon, 2010.

Sur la guerre au cœur des préoccupations révolutionnaires :

  • Roger Dupuy, La République jacobine. Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire (1792-1794), Paris, Seuil, Nouvelle Histoire de la France contemporaine, t. 2, 2005.

La somme de Thierry Lentz (Nouvelle histoire du Premier Empire ; tome 1 : Napoléon et la conquête de l’Europe (1804-1810) ; tome 2 : L’effondrement du système napoléonien (1810-1814) ; tome 3 : La France et l’Europe de Napoléon (1804-1814) ; tome 4 : Les Cent-Jours (1815), Paris, Fayard, 2002-2010) offre des réflexions sur l’emploi de l’outil militaire et la part des conquêtes et de la guerre, mais aussi de la diplomatie, dans l’Europe napoléonienne.

Deux catalogues pilotés par le Musée de l’Armée méritent une attention particulière :

  • Musée de l’Armée, Les Ombres de l’Empire, Approches anthropologiques, archéologiques et historiques de la Grande Armée, Cahier d’études et de recherches du musée de l’Armée, hors-série n° 5, 2009.

Musée de l’Armée, Napoléon et l’Europe, catalogue d’exposition, musée de l’Armée/Somogy, 2013.

 

Conscription et service militaire sous la Révolution et l’Empire

 

 

La Vendée

  • Jean-Clément Martin, La Vendée et la France, Paris, Seuil, 1987.
  • Ibidem, La guerre de Vendée (1793-1800), Paris, Seuil, 2014.
  • Anne Rolland-Boulestreau, « Guerre civile en Vendée » in Bruno Cabanes (dir.), Une Histoire de la Guerre. Du XIXe siècle à nos jours, Paris, Seuil, 2018, p. 588-590.

 

Les campagnes napoléoniennes

  • Marc Belissa, « Du droit des gens à la guerre de conquête (septembre 92-vendémiaire an IV) », dans Michel Vovelle (dir.), Révolution et République : l’exception française, Paris, Kimé, 1994, p. 457-466.
  • Jean-Paul Bertaud, La Vie quotidienne des soldats de la Révolution, 1789-1799, Paris, Hachette, 1985.
  • Nicolas Cadet, Honneur et violences de guerre au temps de Napoléon. La campagne de Calabre. Paris, Vendémiaire, 2015.
  • Jean-François Lemaire, Les Blessés dans les armées napoléoniennes, Paris, Lettrages, 1999.
  • Nathalie Petiteau, Guerriers du Premier Empire. Expériences et mémoires, Paris, Les Indes savantes, 2011.

 

La Marine et les marins sous la Révolution et l’Empire

  • Martine Accera, Jean Meyer, Marines et Révolution, Rennes, Editions Ouest France, 1988
  • Michèle Battesti, La bataille d’Aboukir, 1798 Nelson contrarie la stratégie de Bonaparte, Paris, Economica, 1998.
  • Michèlle Battesti, Trafalgar : les aléas de la stratégie navale de Napoléon, Paris, Napoléon 1er Editions, 2004.
  • Maurice Dupont, L’amiral Décrès et Napoléon, Paris, Économica, 1991
  • Pierre Lévêque, Les officiers de marine du Premier Empire, tome 1 et 2, Vincennes, Service Historique de la Marine, 1998.
  • Rémi Monaque, Latouche-Tréville : 
  • Rémi Monaque, Trafalgar : 21 octobre 1805, Paris, Tallandier, 2005.
  • Anne Pons, Nelson contre Napoléon, Paris, Perrin, 2005
  • Thierry Sarmant, « Napoléon marin, le « Grand Empire » à travers la correspondance  du ministère de la Marine et des colonies 1800-1815 », Revue Historique des Armées, n°291, 2018.
  • Michel Vergé-Francheschi, « Marine et révolution; Les officiers en 1789 et leur devenir », Histoire, économie et société, 1990/2, p. 259-286

 

Pour aller plus loin

 

Une ressource aux Archives du Service historique de la Défense

(cote GR 17 C 294, fol 172) :

la Proclamation de l’empereur Napoléon à ses troupes après la bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805)

Le temps de l’écriture

Les témoins de la bataille du 2 décembre aux alentours du plateau de Pratzen et du village d’Austerlitz nous rapportent que l’Empereur reste au milieu de sa troupe après les combats et se rend de bivouac en bivouac. Ce n’est seulement que dans la nuit ou la matinée du 3 décembre qu’il rejoint le château d’Austerlitz, lieu où il semble avoir dicté cette proclamation. Le document porte en effet la date du 12 frimaire an XIV, soit le 3 décembre 1805. On ne peut exclure cependant que Napoléon ait dicté cette proclamation au bivouac et qu’il l’ait signée au château le lendemain.

La forme du document

Le document conservé au sein de la sous-série C17 des fonds du SHD, dans le registre 294, est la minute officielle de la proclamation rédigée par le secrétaire intime du cabinet de l’Empereur ou le secrétaire du portefeuille : Claude François Méneval. Les lettres de Napoléon ou ordres du jour étaient dictés par Napoléon aux secrétaires de son cabinet ; puis ces brouillons étaient réécrits au propre par ces derniers en plusieurs exemplaires : un exemplaire pour être expédiée (l’original signé), une copie signée pour être conservée dans les minutes des correspondances. La pièce conservée au SHD est une de ces minutes.

La forme ou la diplomatique de ce document est très sombre : ni entête, ni cachet, ni destinataire mentionnée.

Seul le texte est présent, avec la date et le lieu de la rédaction de cette pièce et la signature de l’Empereur. Cette dernière uniquement est de la main de Napoléon. Cette pièce, qui mesure 33 x 20 cm, comporte au crayon deux autres apostilles plus récentes : Le numéro de publication de la pièce dans la Correspondance de l’Empereur éditée sur ordre de Napoléon III ; la date du calendrier grégorien correspondant à la date du calendrier révolutionnaire afin de faciliter le classement des archivistes du XIXe siècle. L’écriture du texte est linéaire, seuls ont été rajoutés au mot « joie », les mots « des transports de », pour renforcer le lyrisme du texte.

Le fonds du document

Cette proclamation s’adresse aux soldats de la Grande Armée qui ont combattu en ce 2 décembre (envoyée à Berthier, major général, cette proclamation sera maintes fois copiée, puis distribuée, et enfin lue sur le front des troupes par les chefs de corps. De même, elle sera imprimée et reproduite dans le Bulletin de la Grande Armée, lui aussi largement diffusé dans l’armée, puis dans le Moniteur largement repris dans la population française).

Le ton de ce texte est paternaliste et emphatique. Ainsi, Napoléon y apparaît comme le père de la Nation, justifie de l’entrée en guerre, légitime son pouvoir et joue de la soif de gloire et de paix de ses troupes, et plus largement des Français. Par cette gloire immortelle, Napoléon, de plus, entretient chez les soldats ce sentiment d’appartenance à la communauté militaire française et à son chef.

Cette proclamation, enfin, contribue à écrire la légende impériale. Les faits rapportés ne sont pas toujours exacts, il suffit qu’ils servent la geste impérial. Ainsi, très peu de soldats coalisés se sont noyés dans les lacs ce jour-là. Mais ce fait rapporté renforce l’idée d’une victoire totale des Français sur ses ennemis, et par là-même, le sentiment d’invincibilité du soldat impérial et son chef….*

Le texte

« Soldats,

Je suis content de vous. Vous avez à la journée d’Austerlitz justifié tout ce que j’attendais de votre intrépidité. Vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire. Une armée de cent mille hommes commandée par les empereurs de Russie et d’Autriche a été en moins de quatre heure ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s’est noyé dans les lacs. 40 drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, 120 pièces de canon, vingt généraux, plus de trente mille prisonniers sont le résultat de cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée et en nombre supérieur n’a pas résister à votre choc, et désormais vous n’avez plus de rivaux à redouter ainsi en deux mois cette troisième coalition a été vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée, mais, comme je l’ai promis à mon peuple avant de passer le Rhin, je ne ferai qu’une paix qui nous donne des garanties et assure des récompenses à nos alliés.

Soldats, lorsque le peuple français plaça sur ma tête la couronne impériale, je me confiai à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux , mais dans le même moment nos ennemis pensaient à la détruire et à l’avilir, et cette couronne de fer conquise par le sang de tant de français, ils voulaient m’obliger à la placer sur la tête de nos plus cruels ennemis, projets téméraires et insensé que le jour même de l’anniversaire du couronnement de votre empereur vous avez anéantis et confondus. Vous leur avez appris qu’il est plus facile de nous braver et de nous menacer que de nos vaincre.

Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France ; là vous serez l’objet de mes plus tendres sollicitations. Mon peuple vous reverra avec des transports de joie, et il vous suffira de dire : j’étais à la bataille d’Austerlitz pour que l’on vous réponde : voilà un brave.

De notre camp impérial d’Austerlitz, le 12 frimaire an 14.

Napoléon »

Bibliographie spécifique

  • Bertrand Fonck, « La Proclamation d’Austerlitz », dans Hervé Drévillon, Bertrand Fonck et Michel Roucaud (dir.), Guerres et Armées napoléoniennes. Nouveaux regards, Paris, Nouveau monde éditions, 2013.
  • Jacques Garnier, Austerlitz. 2 décembre 1805, Paris, Fayard, 2005.
  • Jean Tulard, Proclamations, ordres du jour, bulletins de la Grande Armée, Paris, Union générale d’éditions, 1964.
  • Jacques-Olivier Boudon, Discours de guerre de Napoléon, Paris, Éditions Pierre de Taillac, 2011.
  • Jean-Paul Bertaud, « Napoléon journaliste : les bulletins de la gloire », Le Temps des médias, 2005-1, p. 10-21.
  • Jacques Garnier, Les Bulletins de la Grande Armée. Les campagnes de Napoléon au jour le jour, Saint-Cloud, Éditions Soteca, 2013