L’escadrille La Fayette

dans la Grande Guerre

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Dossier de presse spécial centenaire

©Ministère de la défense - DMPA/SDMAE/BAPI

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Le 4 juillet 1917, une foule immense accompagne le général John Pershing des Invalides au cimetière parisien de Picpus. En fleurissant et en s’inclinant devant la tombe du marquis de La Fayette, il témoigne de la reconnaissance du peuple américain envers  cet officier français qui avait combattu à ses côtés, pour son indépendance. C’est à cette occasion que le colonel Stanton prononce le célèbre : « La Fayette nous voilà ! » Le 6 avril  1917, les Etats-Unis étaient entrés en guerre aux côtés de la France et de ses alliés. Mais quand leurs premières troupes débarquèrent sur le sol français, des citoyens américains combattaient déjà pour la France, dont un certain nombre au sein de l’escadrille La Fayette.

 

En effet, lorsque la guerre éclate, de nombreux jeunes américains résidant en France désirent s’engager en faveur de la République. Certains entrent comme chauffeurs non-combattants dans les services ambulanciers volontaires. D’autres s’engagent dans la Légion étrangère, seule façon de combattre pour la France, tout en préservant leur nationalité américaine. Après avoir combattu dans les tranchées, quelques-uns, pilotes de formation, rejoignent le Service aéronautique français. C’est le cas de William Thaw, et d’Eliot Cowdin. Ces deux pilotes, rejoints par un troisième, Norman Prince, œuvrent sans relâche pour obtenir des autorités françaises la création d’une escadrille entièrement composée de pilotes américains. Ils se rendent aux Etats-Unis en décembre 1915 et y reçoivent un accueil triomphal. Après de longues tractations et une campagne de presse en leur faveur, en France comme aux Etats-Unis, ils obtiennent gain de cause. En mars 1916, le Service aéronautique français décide de rassembler tous les pilotes américains dans une même escadrille qui sera placée  sous le commandement d’un capitaine français.

 

Sept jeunes pilotes américains sont finalement sélectionnés : Prince,  Thaw et Cowdin, les initiateurs du projet, sont rejoints par Victor Chapman, James Mac Connell, Kiffin Rockwell et Bert Hall. Le capitaine Georges Thénault est nommé officier commandant de l’escadrille. Le lieutenant de Laage de Meux devient son adjoint.

 

L’escadrille N°124 est créée le 18 avril 1916 et les premiers pilotes américains intègrent sa baes le 20 avril. Définitivement baptisée escadrille La Fayette le 16 décembre 191, elle choisit comme emblème une tête de chef sioux, symbole de force, de combattivité et de courage.

 

Basée à l’origine à Luxeuil-les-bains, au pied des Vosges, l’escadrille reçoit l’ordre de partir pour Verdun en mai 1916, afin d’y effectuer d’importantes missions d’observation. Elle y reste jusqu’en septembre pour retrouver ensuite sa base de Luxeuil. Le 18 mai 1916, Kiffin Rockwell apporte sa première victoire à l'escadrille en abattant un avion allemand. Très vite, de nouveaux pilotes sont nécessaires pour remplacer ceux qui ne rentrent pas de missions ou sont blessés lors des combats aériens ou par les tirs provenant du sol. Les effectifs de l’escadrille s’étoffent : elle  compte bientôt une quinzaine de pilotes à la fin du mois et l’as français Charles Nungesser l’intègre durant quelques semaines à l’été 1916.

 

Pendant les 23 mois d’engagement dans le conflit, les actions de l’escadrille se déroulent sur tout le front ouest, des Vosges à la Picardie, toujours au contact des premières lignes : les 38 pilotes américains et leurs 5 officiers français effectuent plus de 3 000 patrouilles de combat avec plus de 39 victoires officielles, et jusqu’à 100 non homologuées, sur des avions ennemis. 9 d’entre eux sont morts en combat aérien.

 

L’escadrille La Fayette a contribué à faire évoluer l’opinion publique américaine en donnant l’exemple et en montrant la réalité de l’effort de guerre français. Elle a aussi aidé à lier les deux pays et à faire comprendre que la guerre était plus qu’un simple conflit local entre pays européens. Des deux côtés de l’Atlantique, l’escadrille La Fayette symbolisait l’excellence de l’alliance franco-américaine, vivante depuis 1777, depuis La Fayette et Washington.

 

Les presses américaine et française relayant leurs exploits, un grand nombre de jeunes américains souhaitent rejoindre l’escadrille. Mais la demande excède de beaucoup le peu de places disponibles, raison pour laquelle le corps d’aviation La Fayette est créé, à la mi-juin 1916 : il permettait d’affecter les nouveaux volontaires américains dans d’autres escadrilles françaises. En comprenant l’ensemble des volontaires engagés au sein du La Fayette Flying Corps, le chiffre des pilotes américains ayant combattu pour la France s’établit à 269, répartis dans plus de 24 unités françaises.

 

Avec ses 17 victoires homologuées, dont 16 au sein de l’escadrille La Fayette,  Raoul Lufbery est un des plus grands as américains de la Première Guerre mondiale. Né d’un père américain et d’une mère française, il avait opté pour la nationalité américaine et s’était engagé dans la légion étrangère en août 1914, avant de rejoindre l’escadrille La Fayette, le 24 mai 1916. Titulaire de la croix de guerre, promu chevalier de la Légion d’honneur, il est, avec William Thaw, le seul américain à avoir été élevé à un grade d’officier par l’armée française. Le 10 janvier 1918, il est promu Major dans l’US Air Service. Le 18 février 1918, l’escadrille La Fayette est officiellement transférée à l’armée américaine. Elle devient, sous le numéro 103, la première escadrille de chasse de l’armée de l’air des Etats-Unis.

 

La carrière de Raoul Lufbery prend fin lorsque son avion est abattu le 19 mai 1918. Son corps repose aujourd’hui auprès de ceux de ses camarades au Mémorial de l’Escadrille La Fayette.

  • Balsley, Lufbery, McConnell, Prince

  • Le pilote Andrew Courtney Campbell

  • Les pilotes De Laage de Meux, Johnson, Rumsey, McConnell,Thaw, Lufbery, Rockwell, Masson, Prince,Hall

  • Les pilotes Soubiran, Haviland ou Campbell, Marr, Thaw et Peterson avec leurs mécaniciens français

  • Les "vaillants 38"

  • Le pilote Victor Chapman, blessé à la tête en juin 1916.