Un bonnet de police de voltigeur de la Garde impériale


Source iconographique : coll. A.Papillon

Le 2 décembre 1852, jour anniversaire de la victoire d'Austerlitz, du sacre de Napoléon 1er à Notre-Dame et du coup d'Etat qui l'a porté au pouvoir l'année précédente, Louis-Napoléon Bonaparte rétablit le régime impérial. Il débute alors, sous le nom de Napoléon III, empereur des Français, un règne qui ne s'achèvera qu'en septembre 1870 avec la guerre franco-prussienne, la défaite de Sedan et la proclamation de la République.

Sur le plan militaire, le nouvel empereur sait tout le poids des symboles : les aigles impériales sont rétablies sur les drapeaux et le décret du 1er mai 1854 qui, sur le modèle de celle du 1er empire, porte création d'une Garde impériale, vise à cultiver et entretenir le glorieux souvenir de son oncle.

Le bonnet de police est à l'origine une coiffure de repos et de service intérieur porté depuis le milieu du 18ème siècle par les soldats. Devenu très populaire parmi la troupe, il est fréquemment arboré en campagne sous le Second empire et fait même office de coiffure d'ordonnance chez les voltigeurs et grenadiers de la Garde durant la guerre de 1870.

Le bonnet de voltigeur ici présenté est du modèle 1860 à soufflets. Le large galon d'élite est caractéristique de la Garde et la tête garance du pompon distingue le 2ème régiment.

 

La coiffe intérieure en toile de lin est marquée de trois tampons à l'encre: 1er 68 ; 3171 et Gde I le 2e VOL rs  . 

Ces éléments permettent, grâce aux dossiers conservés au Service Historique de la Défense, d'attribuer ce bonnet à Joseph FRICKER, matricule 3171, domicilié à Durrenentzen, canton d'Andolsheim dans le département du Haut-Rhin.

Description physique : 1m64, visage ovale, front rond, yeux roux, petit nez, grande bouche, petit menton, cheveux et sourcils châtains. 

Né le 3 octobre 1838, il entre dans l'armée comme appelé inscrit sous le numéro 2235 de la liste du contingent du département du Haut-Rhin (classe 1858). Il est alors affecté à la compagnie d'infirmiers de la division d'Oran (Algérie). Soldat de 1ère classe le 18 mars 1864, il est libéré le 21 décembre 1865 mais, rentré en France, réintègre l'armée comme engagé volontaire pour 7 ans le 22 août 1866. Il est alors incorporé à la 5ème section d'infirmiers (Colmar).

Il passe voltigeur dans la Garde le 2 février 1868 et reçoit donc à cette époque notre bonnet de police (1er trimestre 1868).

Voltigeur de 1ère classe le 1er septembre 1868, compagnie C, il fait la campagne contre l'Allemagne et part en captivité le 29 octobre 1870 après la capitulation de Metz. Il passe alors au 98ème régiment d'infanterie (matricule 10048) par suite du licenciement des régiments de la Garde.