Lettre d'information

19 mars 2020 : message de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées

19 mars 1962 !

 

Ce jour-là, le cessez-le feu, prévu par les accords d’Evian signés la veille, prenait effet. Il mettait fin à huit années de guerre. C’était il y a cinquante- huit ans.

 

Depuis, le souvenir de la Guerre d’Algérie est toujours vivace. Plusieurs millions de femmes et d’hommes, des deux côtés de la Méditerranée, ont vu leur vie bouleversée. Des milliers de familles ont été endeuillées.

 

Aujourd’hui, nous nous souvenons, nous nous recueillons et nous rendons hommage à toutes les victimes militaires et civiles de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

 

Nous honorons la mémoire des combattants. Celle des appelés du contingent, des militaires de carrière, des membres des forces supplétives ou assimilés, celles des forces de l’ordre. Plus de 25 000 sont morts pour la France et plus de 70 000 ont été blessés.

 

Pour des milliers de soldats français, le 19 mars est avant tout la fin des combats. Un jour qui, pour beaucoup, signifiait le retour attendu dans leur famille. Mais, ils sont nombreux à avoir ramené jusque chez eux les douleurs et les traumatismes de la guerre.

 

Le 19 mars annonce l’indépendance de l’Algérie et est apparu comme une promesse de paix. Mais, nous le savons, comme trop souvent la sortie de guerre eut son lot de tragédies et de drames.

 

Nous pensons aux Français d’Algérie. Des familles entières ont quitté leur terre natale, une terre tant aimée, pour recommencer leur vie.

 

Nous honorons les membres des formations supplétives et assimilés qui ont loyalement servi la France. Beaucoup ont été victimes d’exactions, beaucoup d’autres ont été contraints de fuir l’Algérie. Déracinés, ils sont arrivés dans un pays qui n’a pas su les accueillir.

 

De nombreux civils de toutes origines et de toutes confessions ont souffert et ont été les victimes de violences. La France ne les oublie pas tout comme elle n’oublie pas le drame des disparus, dont la trace s’est perdue dans la guerre.

 

La mémoire de la guerre d’Algérie est diverse, plurielle et fragmentée. Elle est encore douloureuse pour beaucoup d’anciens combattants, de rapatriés et de familles. Ce drame – cette déchirure – est désormais une page de notre histoire. C’est pourquoi, il faut l’enseigner et la raconter. C’est pourquoi, il faut transmettre les mémoires et recueillir les témoignages des acteurs encore parmi nous. Le monde combattant et le ministère des Armées participent à cette tâche essentielle.

 

La Nation rassemblée poursuit la construction d’une mémoire apaisée et tolérante tout en développant des liens d’amitié entre les deux rives de la Méditerranée.