Lettre d'information

La croix de guerre d’un combattant de la Première Guerre mondiale

À la fin de l’année 1914, l’échec des plans de guerre établis dans les deux camps conduit à un enlisement des opérations. La guerre s’installe dans la durée et plus personne ne se risque à prévoir la date du retour dans leur foyer des millions d’hommes mobilisés.

Dans ce contexte, et face à un conflit qui s’annonce si radicalement différent de ceux qui l’ont précédé, il apparaît vite nécessaire de créer une récompense spéciale destinée aux militaires titulaires d'une citation.

La campagne de presse lancée à cette fin par l’écrivain Maurice Barrès aboutit le 8 avril 1915 à la loi portant création de la croix de guerre. Celle-ci doit "commémorer, depuis le début des hostilités, les citations individuelles pour faits de guerre à l'ordre des armées de terre et de mer, des corps d'armée, des divisions, des brigades et des régiments".

La croix de guerre, dont le modèle est dû au sculpteur Bartholomé, est en bronze florentin du module de 37mm à quatre branches, avec entre les branches, deux épées croisées. Le centre représente, à l'avers, une effigie de la République coiffée du bonnet phrygien et couronnée de lauriers avec la légende "République française". Elle porte au revers, selon les modèles successifs, les dates 1914-1915, 1914-1916, 1914-1917 ou 1914-1918.

La croix de guerre est suspendue à un ruban vert avec liseré rouge à chaque bord et comptant cinq bandes rouges.

Des palmes et des étoiles sont placées sur le ruban suivant la nature des citations obtenues (palme de bronze pour une citation à l'ordre de l'armée, étoile de vermeil pour une citation à l'ordre du corps d'armée, étoile d'argent pour une citation à l'ordre de la division et étoile de bronze pour une citation à l'ordre de la brigade ou du régiment).

Plus de deux millions de citations sont attribuées durant la première guerre mondiale à des militaires français et étrangers, à des civils ainsi qu'à des unités militaires et des communes. Maurice Genevoix, un parmi « ceux de 14 » qui entre au Panthéon le 11 novembre 1920, le jour de la commémoration du centenaire du soldat inconnu, en est titulaire.