Lettre d'information

Un sabre de la guerre de 1870

© Musée Guerre et Paix en Ardennes

 

Le 1er septembre 1870, l’empereur Napoléon III et l’armée de Châlons se retrouvent encerclés par les Prussiens dans la ville de Sedan. Côté français, 120 000 hommes font face aux 240 000 soldats commandés par Von Moltke. Après de rudes combats et des pertes importantes, Napoléon III se constitue finalement prisonnier et signe la capitulation. Il quitte la France le 3 septembre tandis qu’à Paris, Léon Gambetta proclame la République (4 septembre).

L’objet présenté rappelle la tragédie de la guerre de 1870-71 et l’instauration d’un nouveau régime.

Présente dans les collections du musée Guerre et Paix en Ardennes, cette pièce illustre le parcours atypique d’un combattant français. Il s’agit d’un sabre allemand modèle 1852, qui équipe alors la cavalerie prussienne et notamment les Uhlans. Probablement récupéré par un soldat français qui en fait un trophée de guerre, il est gravé sur la garde de certaines des grandes batailles de la guerre de 1870-1871. La charge dite de Reichshoffen y est mentionnée, célèbre épisode de la bataille de Woerth livrée le 6 août 1870 sous le commandement du maréchal de Mac-Mahon. La simple mention de Reichshoffen, inconnue à l’époque des faits, indique un travail de gravure probablement réalisé bien après la guerre de 1870.

© Musée Guerre et Paix en Ardennes


La bataille de Sedan, le 1er septembre, est également mentionnée. S’il y a combattu, notre témoin échappe toutefois à la captivité puisque, malgré le désastre, on le retrouve aux batailles de Toury, d’Arthenay et d’Orléans, livrées au début du mois d’octobre par l’armée de la Loire.

La France connaît ensuite les affres de la guerre civile, avec l’insurrection et la répression sanglante de la Commune de Paris. Le possesseur du sabre semble y avoir participé, probablement du côté des troupes versaillaises, puisque la gravure de la garde évoque le « 2e siège de Paris ». 

Ce sabre a enfin été conservé bien après la fin de la guerre de 1870-1871, puisqu’il mentionne aussi quelques campagnes coloniales de la fin du XIXème siècle : l’Annam en 1885-1886, ainsi que l’Algérie en 1886-1887. On peut donc penser qu’il a bien appartenu à un vétéran de la guerre franco-prussienne dont la carrière militaire s’est poursuivie sous la IIIème république et que ces différentes inscriptions ont toutes été réalisées vers la fin du XIXème siècle.

 

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