L'Australie et la Nouvelle-Zélande dans la Grande Guerre

Dès le début des hostilités en août 1914, comme l'ensemble de l'Empire britannique, l'Australie et la Nouvelle-Zélande s'engagent aux côtés de la Grande-Bretagne. Aujourd'hui, dans nombre de communes de la Somme et du Nord, les habitants transmettent le souvenir de ces soldats venus du bout du monde défendre la liberté.

 

Programme des commémorations 2018

Soldats de l'Anzac. Source : SHD

 

 

Fin octobre 1914, des troupes australiennes et néo-zélandaises font route vers l'Europe.

L'entrée en guerre de la Turquie aux côtés des puissances centrales amène le commandement britannique à les diriger vers l'Égypte.

 

En accord avec les gouvernements australiens et néo-zélandais, les Britanniques créent alors l'Australian and New-Zealand Army Corps, placé sous les ordres du général anglais Birdwood. Ces troupes vont devenir célèbres sous le nom abrégé d'Anzac. En 1915, 50 000 hommes sont réunis à Alexandrie sous le commandement de Ian Hamilton. Le Corps britannique et l'Anzac vont être rejoints par les Français, troupes métropolitaines et de marine, troupes coloniales. Le 25 avril 1915, aux côtés de leurs alliés, les combattants de l'Anzac affrontent à Gallipoli dans les Dardanelles les troupes turques. Les combats se poursuivent d'avril à décembre 1915 et se soldent par de lourdes pertes.

 

Depuis, le 25 avril est célébré sous le nom d'Anzac Day en Australie et en Nouvelle-Zélande.

 

Après avoir évacué les Dardanelles, l'Anzac est transféré sur le front français au début de 1916. En mars, ses troupes forment deux corps d'armée, le 1er corps sous les ordres du général Birdwood et le 2e sous ceux du général Godley. Ils vont être engagés dans la fournaise de la Somme. Dès le mois de juillet 1916, les Australiens participent à la bataille de Fromelles au cours de laquelle ils subissent d'importantes pertes. En juillet et août 1916, les divisions australiennes attaquent le moulin de Pozières, défendu par les troupes de la garde prussienne et des régiments brandebourgeois. Des combats acharnés s'y déroulent pendant 45 jours. La position est conquise au prix de 23 000 morts parmi les Australiens. Quant à la division néo-zélandaise, qui tient un secteur autour d'Armentières, elle attaque le 15 septembre 1916 avec le soutien des premiers chars de combats. Les tanks font une énorme impression autour du village de Flers mais la percée ne peut être exploitée. La bataille de la Somme cesse fin novembre.

 

Du 17 au 19 mars 1917, l'Anzac, dans le cadre de la 5e armée britannique, réoccupe le territoire évacué par les Allemands autour de Bapaume et se trouve ensuite au contact de la ligne Hindenburg. Le 11 avril, les Australiens attaquent cette ligne fortifiée dans le secteur de Bullecourt ; ils s'emparent d'une partie de la ligne de front. Début juin, l'Anzac est engagé dans la bataille des Flandres, symbolisée par les noms de Messines et Passchandaele. Dans la région d'Ypres, les soldats sont dans la boue et sous les obus à gaz moutarde ; l'ypérite tuera ou laissera invalides des dizaines de milliers d'entre eux. C'est à cette époque que les troupes néo-zélandaises et australiennes sont séparées et que l'expression Anzac cesse d'être utilisée. Les deux dominions reprennent leur identité.

 


A la mi-avril 1918, les troupes australiennes mènent un combat très dur pour arrêter l'avance allemande vers Amiens ; elles libèrent Villers-Bretonneux le 25 avril. En juillet, sous le commandement du général Monash, elles s'emparent du Hamel et en août enfoncent le front allemand avec les Canadiens, puis progressent vers Roye et se battent dans l'Aisne en octobre et novembre. De leur côté, les néo-zélandais avancent en direction du Quesnoy qu'ils prennent en novembre 1918.

Par ailleurs, des troupes australiennes et néo-zélandaises se battent de 1916 à 1918 dans les rangs de l'armée britannique sur le front anglo-turc.

 

Plus de 416 000 Australiens, dont 313 000 sur le front occidental, ont été engagés ainsi que 128 000 Néo-Zélandais, dont plus de 90 000 ont combattu en France et en Belgique entre 1914 et 1918. Sur tous les fronts de la Grande Guerre, 60 000 Australiens et Néo-Zélandais ont trouvés la mort. Dans ces régions, de nombreux lieux de mémoire rappellent aujourd'hui le souvenir des Anzac. Ainsi, par exemple, à la demande des Australiens, un mémorial national a été élevé à Villers-Bretonneux à la mémoire de leurs soldats, les Diggers, morts au combat en France et en Belgique.

 

Mémorial australien, Villers-Bretonneux. Source : DR

 



Il a été inauguré en 1938 par le roi George VI et le président français Albert Lebrun. Une cérémonie s'y déroule chaque année le 25 avril.

 

Dans la Somme, au cimetière Caterpillar-Valley près de Longueval, reposent 125 soldats néo-zélandais, et un monument à la mémoire des disparus néo-zélandais porte les noms de 1 205 combattants tombés dans les batailles de la Somme en 1916.

 

Cimetière Caterpillar-Valley près de Longueval.Source : Conseil général de la Somme

 

 

En outre, en signe de reconnaissance aux soldats australiens, le gouvernement français a fait ériger à Cambera, un mémorial franco-australien inauguré en 1961.

 

Aujourd'hui, une politique de mémoire partagée se développe avec plusieurs pays dont l'histoire a un jour croisé celle de la France, comme par exemple l'Australie et la Nouvelle-Zélande avec lesquelles ont été signés des accords.

 

 

La bataille de Fromelles (19-20 juillet 1916)



Le 1er juillet 2006 à Fromelles, dans le Nord, une cérémonie a réuni le ministre français délégué aux anciens combattants et son homologue australien, en présence d'autorités militaires et civiles, pour rendre hommage aux soldats qui, il y a 90 ans, ont combattu dans ce secteur.

 

Mémorial australien. Source : Photo Corinne Hilaire

 

Lors du déclenchement de l'offensive alliée sur la Somme, l'état-major décide d'engager des attaques de diversion sur d'autres points du front. L'une aura lieu à Fromelles, menée par des brigades britanniques et australiennes. Elle se déroule autour d'une position forte allemande surnommée par les Anglais Sugar Loaf (Pain de Sucre). Dans la nuit du 15 au 16 juillet, un nuage de gaz asphyxiant est lancé sur le Pain de Sucre, entraînant en riposte un bombardement des lignes australiennes. Le 19, l'artillerie alliée bombarde les lignes allemandes avec une efficacité relative. Lorsqu'ils s'élancent vers 18 h dans le No man's land détrempé par les pluies, les Alliés affrontent un feu nourri. Sur le front britannique, un bataillon atteint la première ligne allemande mais un autre s'y fait décimer, alors que deux brigades sont clouées sur place. L'attaque directe du Pain de Sucre est confiée aux Australiens ; certains bataillons sont massacrés avant d'atteindre les lignes allemandes tandis que d'autres emportent difficilement la première ligne ennemie.


Peu avant minuit, les Allemands lancent une série de contre-attaques. À la faveur de l'obscurité, ils s'insinuent dans les rangs adverses, reconquièrent divers secteurs et isolent les Australiens menacés d'encerclement. L'ordre de repli est donné aux derniers combattants alliés vers 5 h du matin.

 

Le bilan humain est très lourd : les Britanniques ont perdu plus de 1 400 officiers et soldats et les Australiens plus de 5 500. Du côté des Allemands, les pertes s'élèvent à plus de 1 200.

 

 

site internet externe : Ambassade de New Zealand

 

 

Source : Revue "Les Chemins de la Mémoire n° 165" - octobre 2006 pour MINDEF/SGA/DMPA