Verdun dans les Hommes de bonne volonté de Jules Romains

 

La guerre de 1914-1918 se trouve au centre des Hommes de bonne volonté. (27 volumes couvrant 25 années du 6 Octobre 1908 au 7 Octobre 1933).

 

 

C'est Verdun que Jules Romains a retenu comme point culminant de la guerre: Cf. titres "Prélude à Verdun" et " Verdun", volumes parus en 1938.

 

J. Romains est un ancien combattant. Il peint la guerre en historien soucieux d'établir les faits vrais et en romancier unanimiste attaché à montrer comment la guerre et particulièrement la Bataille de Verdun ont été vécues au front, dans les Etats-Majors, à l'arrière dans divers milieux. Il souligne constamment la déformation de 1'image de la Bataille au fil des transmissions et de la difficulté du témoignage pour les témoins même les plus appliqués à cerner la vérité.

 

Les faits et les images présentés par J. Romains vont de l'automne 1915 au 9 avril 1916. Nous les suivrons chronologiquement.

 

1) La menace sur Verdun et 1'impréparation de la Région fortifiée de Verdun. (Problème des responsabilités).

 

2) La journéedu21 février 1916: J. Romains retrace l'écrasement des lignes françaises et la résistance des survivants en montrant des situations individuelles et les réactions collectives (vision unanimiste de la zone de Bataille, dans le respect des faits les mieux établis). -L'image de l'événement se forme difficilement au niveau des Etats-Majors de Dugny, d'Avize, puis du G.Q.G.
 

3) Les événements du 22 Février aux premiers jours du commandement du Général Pétain tels qu'ils sont connus des soldats en marche vers Verdun ( Lieutenant Jerphanion).

 

4) La guerre vue de Paris au même moment par les civils: l'homme d'affaires Haverkamp, le tourneur d'obus Maillecotin.

 

5) Retour aux images directes du front entre le début de Mars et le 9 Avril: expérience du Lieutenant Jerphanion, peinte sur le moment analysée rétrospectivement par lui-même ; autre cas, Wazemmes, le Lieutenant Voisenon de Pelleries, les petits de la classe 16; "On les aura!" - " Pas mal, ce texte..."

 

"Prélude à Verdun" et "Verdun" ne peuvent remplacer les récits des Combattants lorsqu'ils parlent de ce qu'ils ont vraiment vécu. Mais, scrupuleux dans la recherche de la vérité, J. Romains apporte aux soldats de Verdun le témoignage de la solidarité de l'intelligence.

 

Source : Colloque international sur la bataille de Verdun . 6-7-8 juin 1975 - Résumé de l'intervention de Michel Bouty, professeur agrégé des lettres