Lettre d'information

Chapitre 3 : La France : une nouvelle place dans le monde

Visites

Une grande partie des musées associe étroitement les deux conflits de décolonisation – Indochine et Algérie. On renvoie donc aux conseils donnés précédemment.

Il est possible, en revanche, d’y associer les collections du Musée de l’Air et de l’Espace, en soulignant le renouveau de l’aéronautique française au travers les collections permanentes sur la période d'après-guerre. Le musée rassemble dans les halls C et D quelques prototypes français témoins d'une intense activité.

 

Une exposition

Musée de l’Armée : Exposition Algérie 1830-1962 avec Jacques Ferrandez

 

Séquences vidéo

L’ECPAD dispose d’un fonds Algérie très riche en documents

 

Objets

Corps 2

De la conquête à la guerre d’Algérie : la relique du Marabout de Sidi-Brahim (c. 1960) au musée des Troupes de montagne (Grenoble)

Ce coffret en bois peint représente le Marabout de Sidi-Brahim, et les insignes des 11e, 22e et 25e bataillons de chasseurs alpins. Probablement réalisé à la fin de la guerre d’Algérie, il contient de la terre recueillie peu de temps avant le déclenchement du conflit, c’est-à-dire le 26 septembre 1954, par des hommes du 17e bataillon de chasseurs à pied (BCP). Elle a été prélevée sur le site du Marabout de Sidi-Brahim, soit le tombeau à coupole de ce musulman considéré comme un saint, à l’endroit où les soldats français avaient affronté l’émir Abd el-Kader en 1845. Cette bataille, qui a été un désastre du côté français, est malgré tout source de fierté pour les chasseurs qui se sont révélés héroïques dans leur défaite. L’expression « faire Sidi-Brahim » est devenue un symbole chez les troupes de chasseurs qui signifie continuer le combat jusqu’au bout et sans esprit de recul : en 1915, après plusieurs jours de lutte acharnée et à court de munition, le 7e bataillon de chasseurs alpins se bat avec des pierres pour repousser les troupes allemandes dans les Vosges. Cet objet tisse à l’évidence le lien entre la conquête et la guerre d’Algérie à travers le souvenir de ces chasseurs.

 

Missile Pluton au Musée de l’Artillerie (Draguignan)

Le « missile Pluton » est un système balistique nucléaire à courte portée (entre 20 à 120 km), installé sur une rampe lance-missile mobile, reposant sur un châssis de char, l’AMX-30. Entre mai 1974 et 1993, cet équipement constitue la force de dissuasion tactique nucléaire de l’armée de Terre française. Conçu pendant la guerre froide, il est emblématique de la volonté de la France d’assurer sa souveraineté et montre que son armée est prête à affronter un ennemi au sol, dans le cadre d’une guerre symétrique de haute intensité. L’URSS et ses alliés sont alors considérés comme la principale menace jusqu’à effondrement du bloc soviétique entre 1989 et 1991. Cet armement était ainsi censé défendre la frontière historiquement stratégique du nord-est : les 5 régiments qui en étaient équipés y stationnaient.

 

Bibliographie indicative

Pour comprendre l’évolution des opérations, le dictionnaire de Philippe Chapleau et Jean-Marc Marill, Dictionnaire des opérations extérieures de l'armée française. De 1963 à nos jours (Ministère des Armées-ECPAD/Nouveau Monde éditions, 2018) est une base précieuse, comme le sont aussi les propos d’Olivier Schmitt dans Hervé Drévillon (dir.), Histoire militaire de la France, vol. 2 (Paris, Perrin, 2018).

 

La Guerre d’Algérie (1954-1962)

La bibliographie est importante, mais pour comprendre le contexte général, il paraît essentiel de se référer à Raphaëlle Branche et Sylvie Thénault (La guerre d'Algérie, Paris, la Documentation française n°8022, 2001) ou Raphaëlle Branche, La Guerre d'Algérie. Une histoire apaisée ? L'histoire en débat, (Paris, Seuil, 2005) pour saisir les implications notamment mémorielles, qu’on peut rapprocher de Charles-Robert Ageron, « Le "drame des  harkis". Mémoire ou histoire ? » (Vingtième Siècle, no  68 (2000), octobre-décembre, p.  3-15).

La question de la torture est bien évidemment à considérer et la spécialiste en est Raphaëlle Branche, La Torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, 1954-1962 (Paris, Gallimard, 2001).

Sur les affaires politico-militaire, un point a été fait par Michel Hardi, Hervé Lemoine, Thierry Sarmant, Pouvoir politique et autorité militaire en Algérie française. Hommes, textes, institutions, (Service historique de l’armée de terre (SHAT)/L'Harmattan, 2002).

Sur les opérations, on consultera par exemple :

  • « L’ALAT en Algérie », Soldats de France, n° 4, novembre 2017.
  • Contre-Amiral Bernard Estival, La Marine Française Dans La Guerre d'Algérie, Rennes, Marines Editions, 2012.
  • Jean-Charles Jauffret, Maurice Vaïsse (dir.), Militaires et guérilla dans la guerre d'Algérie, Bruxelles, Complexe, 2001

 

Pour aller plus loin

 

Chroniques du CERPA

  • 28 septembre 1952, premier vol du Mystère IV

Le Mystère IV marque la renaissance de l’aéronautique nationale dont le savoir-faire s’exporte désormais à l’étranger.

  • 17 juin 1959 : premier vol du Mirage IV

Le 17 juin 1959, le premier vol du Mirage IV est organisé. Il ouvre la voie à une composante aérienne stratégique supersonique capable d’aller à Mach 2. Il recevra plus tard le missile de croisière ASMP et sera retiré du service en 2005.

  • 19 décembre 1961 : Aubinière, 1er président du CNES

Alors que la compétition entre l’URSS et les USA fait rage pour la conquête spatiale, le général de Gaulle met en place une organisation chargée de centraliser l’ensemble des activités spatiales : le Centre national d’études spatiales (CNES). Le général Aubinière, devient son premier président.

  • 13 février 1960 explosion de la 1ère bombe nucléaire française

En 1952, la conception de la première bombe atomique est demandée au CEA dans l’optique de garantir à la France son indépendance stratégique. Le 13 février 1960, Gerboise bleue explose faisant entrer la France dans le cercle des puissances nucléaires.

  • 29 novembre 1962, signature de l’accord « Concorde »

Alors que les Américains travaillent sur le Lockheed L 2000 et les Soviétiques sur le Tupolev Tu-144, deux avions supersoniques civils, Français et Britanniques se mettent d’accord pour la création du futur Concorde, garantissant l’indépendance des deux nations.

  • 30 mai 1975 : naissance ESA

En juillet 1973, après d’âpres négociations le financement d’un programme spatial européen est lancé. En 1975 L’agence spatiale européenne est mise en place sur les bases de l’organisation européenne de recherche spatiale et de l’organisation de mise au point de lanceurs d’engins spatiaux.

  • 18 mai 1978 : début opération Bonite (Zaïre)

Le 13 mai 1978 des guérillas katangaises au sud du Zaïre prennent en otage des ressortissants européens dont des français. Une opération militaire franco-zaïroise est engagée et le 20 mai les otages sont évacués. Cette opération s’inscrit dans une tradition d’interventions humanitaires post seconde guerre mondiale.

  • 26 novembre 1988 : début mission spatiale avec JL Chrétien

Lors de la mission ARGATZ, Jean-Loup Chrétien, premier spationaute français, établit avec Alexander Volkov un nouveau record du monde de durée pour une sortie extravéhiculaire dans le cadre d’accords franco-soviétiques sur le spatial.

  • 14 avril 1986 : début opération El Dorado Canyon

Dans les années 70, le Colonel Kadhafi entend asseoir son influence au Tchad et dans le golfe de Syrte où il apporte son soutien à des réseaux terroristes. Suite à un attentat dans une discothèque à Berlin où des militaires américains sont touchés, Ronald Reagan décide de lancer une frappe offensive en avril 1986.

 

Carnets du Temps

  • « Les deux premières générations des forces nucléaires stratégiques », n°115, p.10

Sous l’impulsion du Général de Gaulle, la France devient une puissance nucléaire militaire le 13 février 1960. L’armée de l’air française est alors la première au monde à mettre en place un système stratégique piloté aérien et un système balistique sol-sol stratégique qui sont donc les deux premières générations des Forces nucléaires stratégiques.

 

Penser les Ailes Françaises

  • Patrick Facon, « L’armée de l’air et les enseignements de la crise de Suez », PLAF27, pp. 34-43

Les leçons tirées de la Crise de Suez tiennent principalement au fait d’avoir des forces opérationnelles à tout moment et donc également en temps de paix afin de pouvoir se déployer rapidement et efficacement quand cela est nécessaire. Les avions de ravitaillement deviendront un outil de ces projections.

  • Jérôme de Lespinois, « L’emploi de la force aérienne au Tchad (1967-1987) », PLAF06, p 65

Début 1968, le gouvernement tchadien est confronté à des mouvements de guérilla. Ces derniers ont pu être stoppés grâce à l’outil aérien qui en montrant sa supériorité, a permis d’imposer une sortie politique au conflit et a donc agi directement sur le dénouement de la crise.

  • Général Pierre-Henri Mathe, « L’arme aérienne et le fait nucléaire », PLAF09, pp. 71-78

L’arme aérienne convient tout à fait au domaine du nucléaire et plus particulièrement à sa dissuasion. La composante aéroportée est précise, souple, flexible et surtout visible elle permet donc d’établir une intimidation crédible.

  • Adrien Houizot, « La défense aérienne française et l’OTAN de 1949 à 1966 », PLAF09, pp. 83-92

Lors de la création de l’OTAN il est question de réunir les forces aériennes des pays membres de l'organisation. La France a refusé et a conservé l’indépendance de sa Défense Aérienne du Territoire (DAT) et en 1966 elle se retire du commandement militaire intégré de l’OTAN sans pour autant rompre toute coopération avec l’Organisation.

 

Air Actualités

  • « 1965 : la France 3e puissance spatiale mondiale », Air Actualités, Décembre-Janvier 2016, n°687, p. 58-61

L’arrivée au pouvoir en 1958 du général de Gaulle donne un nouvel élan à la recherche spatiale française lancée une décennie plus tôt sous la IVe République. Il s’agit pour la France de mettre au point un engin balistique capable, dans les années 1960 de placer en orbite un satellite.

  • « 2 août 1971, le 1er GMS est opérationnel » in Air Actualités, n°646, novembre 2011, p. 58-61.

La France enrichit sa dissuasion nucléaire avec le déploiement de missiles sol-sol qui complètent la composante aéroportée.

  • « Dissuasion nucléaire : la première prise d'alerte opérationnelle des FAS », in Air Actualités, n°676, novembre 2014, p. 58-61.

Le 8 octobre 1964 commence la permanence des forces aériennes stratégiques (FAS) : sur la base Mont-de-Marsan, un Mirage IV armé de la bombe et un C135 sont en alerte. La dissuasion nucléaire française est opérationnelle.

  • « Création de la BA 188, site géostratégique », Air Actualités, avril 2010, p. 58-61.

Créée en 1946 à Djibouti, cette base acquiert une vocation interarmées et obtient une importance stratégique dans la zone de l’océan indien.

  • « Les bases OTAN en France », Air Actualités, juillet 2010, p. 58-61.

Concrétisation du Pacte atlantique, la France accueille des bases américaines sur son territoire, pour la première fois en temps de paix.

  • « Il y a 50 ans à Colomb-Béchar », Air Actualités, octobre 2010, pp. 58-61.

Au début des années 1960, le Sahara algérien est utilisé pour les essais nucléaires français, mais aussi pour les expérimentations de lanceurs spatiaux et d’engins balistiques.

  • « La coopération aérienne franco-britannique », Air Actualités, décembre 2011, p. 58-61.

L’Entente cordiale d’avril 1904 marque le début de plus d’un siècle de coopération étroite dans le domaine de la défense entre la France et le Royaume-Uni. Ces liens sont particulièrement étroits entre l’armée de l’air et la Royal Air Force.

  • « L’armée de l’air passe Mach 2, le Mirage IIIC », Air Actualités, février 2011, pp. 58-61.

Entré en service au début des années 1960, le Mirage III est capable d’atteindre la vitesse de Mach 2. Cet intercepteur marque un bond capacitaire important pour l’armée de l’air et la défense aérienne française.