Le 158e Régiment d'Infanterie à Verdun

Insigne régimentaire du 158e RI.

 

Le 158e est un jeune Régiment créé en 1888, il fit d'abord partie de la Brigade régionale de Lyon et tint garnison à Lyon, Modane et dans les forts voisins . de 1910 à 1912 son 3e Bataillon fut détaché à Sidi-Bel-Abbés en Algérie . enfin en septembre 1913 le Régiment entier était envoyé à la Frontière des Vosges : 2e Bataillon et E. M. à Bruyères . 1er Bataillon à Fraize . 3e Bataillon à Corcieux.

 

Le 9 mars 1916. le Régiment était engagé dans la bataille de Verdun.

Corps 1

 

"Verdun ..... nul de ceux qui y furent ne peut entendre les deux syllabes sans un frisson d'horreur. Jamais les vieux du 15-8 échappés, on ne, sait comme, de l'Alsace, de la Marne, do l'Yser. de l'Artois ne. se rappelaient avoir subi pareille avalanche de fer et de feu. Le paysage était comme brûlé, écorché, déchiqueté. dans les entonnoirs qui se touchaient, se mêlaient des branches coupées. des corps roulés, des délais humains et des détritus de toutes sortes . les fonds des vallées étaient rendus impraticables par les gaz . les relèves étaient plus meurtrières que des combats . les voies d'accès étaient jalonnées par des cadavres de pionniers, de ravitailleurs, de cuistots, d'agents de liaison, de brancardiers.

 

C'est dans cet enfer que, à deux reprises différentes, du 9 au 17 mars, puis du 31 mars au 5 avril, le Régiment allait être engagé. Accroupis dans des trous d'obus (car les tranchées n'existaient plus), privés de nourriture et de .sommeil, les nerfs brisés, la pensée broyée par l'assourdissant vacarme des obus, isolés des imités voisines par un terrain boisé, accidenté, bouleversé, propre à l'embuscade et à l'infiltration sournoise, nos soldats allaient endiguer le flot ennemi dans le secteur le plus menacé : village et batterie de Damloup, village et Fort de Vaux.

 

Corps 2


Période du 9 au 17 mars.

 

Attaque du 16 mars. Le Régiment relève des unités de la 303e Brigade exténuées par d'incessants combats autour de Vaux.

Du 12 au 16 mars, le bombardement augmente sans cesse d'intensité : dans la journée du 10, 10 000 obus de tous calibres tombent sur nos premières et 2e lignes : les avions ennemis ne cessent de survoler nos lignes et règlent le tir qui devient d'une précision effrayante : les maisons du village de Vaux s'écroulent : des officiels et des soldats sont écrasés dans leurs abris.

 

Enfin, dans la nuit du 16 au 17 à 20 heures et à minuit 15 deux attaques sont lancées tendant à, encercler le village de Vaux. Elles sont repoussées par le 1er et le 3e Bataillon. Un Sous-Lieutenant de la. 1re Compagnie, à la tête d'une poignée de braves, réussit à s'infiltrer dans les rangs ennemis et y jeter la panique.

 

Les pertes du Régiment, pendant cette période, furent de 20 officiers et de 618 hommes. Période du 31 mars au 5 avril. Le 31 mars, après une courte période de repos relatif, le Régiment remontait en ligne. Pendant la relève, fut tué le Chef de Bataillon Allegre, qui commandait provisoirement le Régiment. Cette période fut marquée par de nouvelles et plus furieuses attaques dans Vaux. Un bataillon s'y défendit jusqu'à la mort.

 

Aucun témoignage plus élogieux de la conduite du 158e à Verdun ne peut être cité que la lettre de félicitation suivante adressée par le Colonel Rondeau, commandant la 86e Brigade au Lieutenant-Colonel commandant le Régiment :

 

«J'ai l'honneur de vous prier de porter à la connaissance de votre Régiment, par la voie de l'ordre, «l'appréciation suivante portée au plus dur moment «du bombardement et des attaques du 10 mars 1916» . - par les Chasseurs du 31e B. C. P. ses voisins de droite : Un Commandant de Cie parlant avec ses cadres et leur exprimant sa crainte de voir la force de résistance des unités du 158e anéantie par le terrible bombardement qu'elles avaient subies chasseurs s'écrièrent autour de lui : «C'est le 15-8, il en a vu bien d'autres», «il tiendra !»