Les camps d'internement dans les Hautes-Pyrénées (65)

Gare de Lannemezan
Gare de Lannemezan. Source : Memrial-genWeb
Corps 1

 

Gare de Lannemezan. Source : Memrial-genWeb

 

L'internement dans des Hautes-pyrénées s'inscrit dans la politique générale d'accueil des réfugiés espagnols et polonais du gouvernement Daladier. Le réseau de camps mis en place par le général Ménard est réutilisé par l'Etat français pour sa politique policière et xénophobe. Le maillage constitué dans la région de Tarbes renforce le dispositif du camp de Gurs (Pyrénées Atlantique).

  • Le camp de Bagnères de Bigorre, dit GTE 525, connu par la correspondance est fermé en novembre 1941 et réouvert en mars de l'année suivante.

 

Vue générale de Bagnères-de-Bigorre au début du XXe siècle. Source : Collection privée.

 

  • Situé à Pontis, le camp de Fontbelle est ouvert le 1er avril 1940. Composé de baraques en bois et appelé "compagnie spéciale de travailleurs militaires 1 et 2", il rassemble des hommes de nationalité française au motif de "individus dangereux pour la sécurité nationale". Les détenus ont été transférés à l'été 1940 à Fort Barraux (Isère), en centre de séjour surveillé.
  • Installé dans l'hôpital psychiatrique, le centre de Lannemezan fonctionne de 1941 à 1944. Il accueille 255 pensionnaires, ressortissants du Reich, juifs, Tsiganes, internés provenant de Gurs en raison de leur état de santé. Quatre-vingt-huit juifs y décèderont.
  • La commune de Lourdes a servi de centre d'accueil entre 1941 et l'été 1943 : des Polonais, puis des internés du camp de Gurs en mauvais état de santé. En août 1942 et février 1943 une partie des pensionnaires est transférée à Gurs pour être ensuite déportée.
  • Le "camp de prestataires" de Luz-Saint-Sauveur, ouvert en août 1940 a compté quatorze prestataires dont quelques uns résidaient à Gèdre (Pyrénées Orientales).
  • La CTE de Pragnères, annexe de Gurs, a utilisé la main d'oeuvre internée afin de construire sa centrale hydro-électrique.
  • Saint-Pé-de-Bigorre a abrité le groupement de travailleurs étrangers 318. Fermé en avril 1941, il est à nouveau utilisé en octobre 1942.
  • La cité de Tarbes a été une CTE de 250 personnes à partir du 17 octobre 1939. Elles ont travaillé pour les arsenaux et fonderies de la défense nationale. La prison, dont l'activité est attestée en décembre 1940 a été utilisée comme lieu d'internement pour des hommes français jugés indésirables (militants socialistes, communistes et anarchistes). Ces individus, transférés de l'îlot "D" de Gurs, étaient en attente d'un jugement.

 

Gare de Tarbes. Source : Collection privée

 

Source : Laharie Claude, Le camp de Gurs, 1985.